El refugio del Ravelo : entre crise économique et promesses du Cabildo de Tenerife pour un avenir meilleur

Le refugio del Ravelo à El Sauzal (Tenerife) est au cœur d’un débat crucial sur le bien-être animal. Avec plus de 300 chiens, dont beaucoup ont des besoins médicaux complexes, la gestion par ADEPAC Canarias est mise à l’épreuve. Le Cabildo de Tenerife soutient l’adaptation des financements, mais la situation demeure alarmante.

Refugio del Ravelo en Tenerife

Le refuge du Ravelo, situé à El Sauzal sur l’île de Tenerife, est au cœur d’un débat sensible concernant le bien-être animal. Ce centre, géré par l’association ADEPAC Canarias, abrite actuellement plus de 300 chiens, dont beaucoup sont âgés ou souffrent de pathologies chroniques, dans des infrastructures que plusieurs rapports qualifient de très détériorées et présentant un risque sanitaire.

Alors que l’association souligne que le refuge est au bord de la fermeture en raison de la suspension de sa subvention principale et de l’absence d’investissements suffisants, le Cabildo de Tenerife affirme que les animaux ne seront pas laissés sans soins et qu’il n’existe aucune intention de fermer le centre. Au contraire, il s’agit d’adapter le financement au cadre légal en vigueur et d’assurer une égalité entre les différentes associations.

Un refuge surchargé et en grave détresse

Le refuge du Ravelo est un centre public, propriété du Cabildo après la cession définitive des terrains par la municipalité d’El Sauzal. Depuis des décennies, ADEPAC gère quotidiennement ce refuge en adoptant une philosophie de zéro euthanasie et en plaçant un fort accent sur la qualité de vie des animaux pris en charge.

Dans les faits, cela signifie que le centre, comme d’autres refuges surchargés, accueille plus de 300 chiens, avec des pics dépassant les 330 animaux, dont un grand nombre est avancé en âge, souffre de cancer, de fractures ou d’autres maladies nécessitant des traitements vétérinaires complexes, des médicaments et des régimes alimentaires spéciaux. Cela entraîne des coûts de fonctionnement considérables, rendant la subvention publique largement insuffisante, selon les déclarations de ADEPAC.

Des rapports techniques récents décrivent une détérioration alarmante des installations : effondrement de fosses septiques avec des déversements d’eaux usées, structures métalliques rouillées et menacées d’effondrement, accès dangereux, systèmes électriques inopérants, zones endommagées suite à un incendie survenu en 2023 et absence d’espaces adéquats pour les soins cliniques. Ces conditions compromettent non seulement le bien-être animal, mais aussi la santé publique et la sécurité des employés et des bénévoles qui font souvent la différence.

L’association fait savoir qu’à chaque forte pluie, des coupures d’électricité surviennent, laissant le refuge sans lave-linges, sans chauffages pour les chiens âgés et même sans communication téléphonique. À cela s’ajoutent des manques fondamentaux comme l’absence d’un bureau adéquat pour l’accueil du public, des chaudières défectueuses ou l’absence d’un accès automatisé au site.

Perros en el refugio del RaveloPerros en el refugio del Ravelo

ADEPAC : trois décennies d’engagement et un contrat remis en question

L’Association pour la Défense et la Protection des Animaux aux Canaries (ADEPAC), active depuis 1996, a plus de trois décennies de travail à son actif. Ses statuts stipulent des objectifs comme la promotion d’un traitement animal adéquat, la dénonciation de pratiques cruelles et la création de refuges dignes pour les animaux abandonnés.

Outre la collecte et l’hébergement des animaux, l’association développe une large gamme d’activités sanitaires (vaccination, stérilisation, interventions chirurgicales) et de sensibilisation, y compris des campagnes éducatives et des initiatives pour inciter à l’adoption responsable. Cette longue histoire fait de Ravelo un point de référence social sur l’île, principalement en raison de son engagement pour le zéro euthanasie.

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La relation actuelle avec le Cabildo remonte au 6 juillet 2009, lorsque l’organisme insulaire a signé un accord pour assumer les frais courants du centre d’accueil animal de la zone nord, englobant la nourriture, les fournitures et le personnel. En 2016, une addenda a été ajoutée pour couvrir spécifiquement les coûts du personnel, établissant ainsi une collaboration stable à long terme.

Selon ADEPAC, cette collaboration était fondée sur le fait que l’association avait cédé des installations évaluées à environ 1,5 million d’euros en échange de garanties de gestion conjointe pour 30 ans, financé par le Cabildo pour le maintien du refuge et une subvention à son fonctionnement. La présidente de l’association, Yahaira Tovar, affirme que la Corporation a manqué à cet engagement et cherche maintenant à annuler l’accord sans offrir d’alternative garantissant la stabilité économique du centre.

D’un point de vue juridique, le responsable actuel du bien-être animal au Cabildo, Valentín González, soutient que ce contrat a été annulé conformément à la Loi 40/2015, qui fixe une durée maximale de quatre ans pour ce type d’accord et a accordé un délai de trois ans pour s’adapter à tous les contrats déjà signés. Selon lui, n’ayant pas été adapté à temps, l’engagement de financements pendant trois décennies serait donc caduc.

Subvention nominative, changement de modèle et conflit politique

Le cœur du conflit repose sur la subvention nominative de 250 000 euros que ADEPAC recevait depuis la période 2019-2023. Cette aide était spécifiquement mentionnée dans le budget insulaire, ce qui a suscité des allégations de la part d’autres protecteurs sur l’île qui considéraient injuste qu’une seule entité bénéficie d’un traitement particulier face à un système de concurrence.

Le Cabildo défend que, suite à ces plaintes, il a été décidé de réorganiser le modèle de financement. Jusqu’alors, le budget général prévoyait environ 400 000 euros pour des aides compétitives destinées à toutes les associations de protection animale de Tenerife. La Corporation a choisi d’augmenter ce montant à 700 000 euros, permettant ainsi à ADEPAC et aux autres entités de postuler en toute équité à ces lignes de soutien pour leur fonctionnement ordinaire.

González insiste sur le fait que “aucune subvention n’est retirée”, mais que la procédure d’accès au financement est modifiée pour introduire plus de transparence, d’équité et de sécurité juridique. Selon ses dires, cette décision a été expliquée lors du Conseil Insulaire de Bien-être Animal, où ADEPAC participait, sans qu’il n’y ait eu d’objections à ce moment.

Néanmoins, du côté de l’association, la lecture des faits est très différente. Sa présidente dénonce le fait qu’on ne leur a pas communiqué de façon claire et en temps voulu quand les nouvelles aides seraient lancées ni dans quelles conditions, laissant ainsi le refuge dans une situation de « désarroi total » sans la subvention qu’ils recevaient ni un calendrier défini pour le nouveau système. À ses yeux, l’absence de cette aide équivaut, de fait, à la fermeture du centre, car les dépenses fixes continuent.

Dans ce contexte, le Groupe socialiste du Cabildo s’est prononcé en faveur de l’association et a enregistré une motion plénière pour garantir la continuité du refuge. Parmi d’autres mesures, il propose de débloquer 500 000 euros supplémentaires pour ADEPAC et de lever les travaux en attente, considérant qu’il s’agit d’un service public essentiel dont la survie ne doit pas être compromise par des disputes administratives ou des retards politiques.

Travaux bloqués et déclaration d’urgence

Un autre point sensible concerne la réforme complète du refuge, annoncée depuis longtemps, mais toujours non réalisée. Le 17 février 2022, un contrat a été attribué à la société OHS Ingeniería SL pour le projet d’exécution des travaux de mise aux normes des installations d’ADEPAC, visant à les adapter en matière hygiéno-sanitaire et de sécurité, ainsi qu’à incorporer un espace clinique comparable à d’autres refuges publics comme Tierra Blanca.

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Après plusieurs remises du projet et des requêtes successives de corrections, en mai 2023, une dernière modification technique a été demandée. Depuis lors, et selon des accusations de l’opposition, le processus n’a pas progressé au rythme attendu et, quatre ans après le début de la procédure, les travaux n’ont toujours pas commencé, malgré le délabrement progressif des installations.

Des rapports récents mettent en garde sur le fait que la situation est d’“extrême gravité” et recommandent d’activer le régime d’urgence prévu par la Loi 9/2017 sur les contrats du secteur public, face à l’échec des procédures ordinaires et d’urgence. Il est signalé que l’effondrement des fosses septiques avec des déversements, les défauts dans les structures et les accès, les systèmes électriques inopérants et les dommages causés par l’incendie de 2023 présentent un risque inacceptable pour les animaux et les personnes.

Dans ce contexte, la motion du PSOE appelle à déclarer l’urgence des travaux de mise aux normes et de réforme du refuge du Ravelo, en donnant priorité au renouvellement des structures et des systèmes électriques, ainsi qu’à la création de l’espace de soins sanitaires. L’objectif est d’accélérer au maximum les délais et d’éviter que la situation n’entraîne des dommages irréparables dans une installation qui appartient au propre Cabildo.

De son côté, ADEPAC souligne qu’une infrastructure clinique adéquate permettrait de réduire considérablement les coûts vétérinaires à moyen terme, car de nombreuses interventions pourraient être réalisées au sein même du centre au lieu d’être externalisées. Cette amélioration, ajoutent-ils, aurait partiellement évité la “sanglante économique” actuelle que subit l’entité.

Un débat encadré par la nouvelle réglementation relative au bien-être animal

Le débat autour de Ravelo se déroule également dans un contexte de changement normatif au niveau national. La Loi 7/2023, visant à protéger les droits et le bien-être des animaux, stipule que les centres publics de protection animale sont responsables directement du bien-être des animaux qu’ils hébergent, indépendamment de la gestion déléguée à des entités privées.

La loi est claire en indiquant que l’absence de moyens financiers de l’entité gestionnaire n’exonère pas l’Administration propriétaire de garantir l’alimentation, les soins et l’assistance vétérinaire. Dans le cas du refuge du Ravelo, étant un centre de propriété insulaire, plusieurs voix juridiques et politiques soutiennent que le Cabildo, bien qu’il recoure à des associations pour la gestion quotidienne.

Pour sa part, le Cabildo soutient que son engagement envers le bien-être animal se manifeste par la création, pour la première fois, d’une enveloppe d’un million d’euros dédiée spécifiquement à ce domaine, incluant tant les nouvelles lignes de subventions pour les associations que des programmes supplémentaires. Parmi ceux-ci, on mentionne le programme d’identification ZOOCAN pour les municipalités de moins de 20 000 habitants, un programme de stérilisation de colonies félines en collaboration avec le Collège des vétérinaires de Santa Cruz de Tenerife, financé à hauteur de 275 000 euros, et des campagnes contre l’abandon.

Cependant, les organisations animalistes rétorquent que ces chiffres globaux ne résolvent pas la situation concrète du Ravelo, où l’absence d’une ligne budgétaire spécifique pour 2026 et le déficit accumulé de 2025 menacent d’engendrer un effondrement du service. Selon elles, le cadre légal oblige l’Administration insulaire à adopter des mesures exceptionnelles pour garantir le fonctionnement du centre, au-delà du simple partage ordinaire des subventions.

Sur le plan économique, ADEPAC précise que l’année précédente, elle a dépensé près de 600 000 euros pour maintenir le refuge, contre seulement 250 000 euros apportés par le Cabildo. Le reste provient de dons et de contributions privées qui, bien que constantes, ne suffisent pas à couvrir des frais de plus en plus élevés, notamment en raison de l’âge avancé et de la complexité clinique de nombreux chiens accueillis.

Manifestations, propositions et reconnaissance du travail d’ADEPAC

La tension institutionnelle s’est également manifestée dans la rue. Face à l’incertitude quant à l’avenir du refuge et au manque de solutions immédiates, ADEPAC a organisé des manifestations devant le siège du Cabildo pour dénoncer la possible fermeture des installations suite à la suspension de la subvention nominative. L’association appelle la population à se mobiliser pour exiger le respect de l’accord signé et l’exécution des travaux promis.

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En parallèle, le Parti animaliste PACMA a publiquement soutenu l’association, critiquant la gestion de l’organisme insulaire et remettant en question le fait que ADEPAC soit écarté alors que des financements sont attribués à d’autres centres gérés par des entreprises publiques ou privées. On cite, par exemple, le cas du Centre de Protection Animal Tierra Blanca, qui disposerait d’un financement supérieur même s’il n’assume pas certains cas complexes dont Ravelo s’occupe.

Le parcours de l’association, y compris des actions comme l’accueil de chiens utilisés dans des combats dans une propriété de Güímar, l’assistance aux animaux évacués de Tierra Blanca lors d’inondations ou l’organisation de campagnes de collecte de nourriture et de matériel en cas d’urgence, comme les incendies de 2023, a conduit certaines forces politiques à envisager un soutien institutionnel explicite.

Dans ce sens, la motion socialiste propose de lancer la procédure pour attribuer à ADEPAC la Médaille d’Or de l’Île de Tenerife, conformément au règlement de distinctions honorifiques du Cabildo. L’argument est que l’entité a maintenu un engagement indéfectible envers la défense et la protection des animaux depuis la fin des années 1990, mais aussi qu’elle joue un rôle clé dans la sensibilisation sociale et la promotion de l’adoption sur l’île.

Alors que les échanges de déclarations continuent, la vice-présidence du Cabildo, à travers Lope Afonso, insiste sur le fait que la Corporation “ne permettra pas l’arrêt d’aucun refuge” et qu’elle mettra tous les moyens à sa disposition pour garantir un soin efficace et efficient aux animaux. Selon ses explications, le changement de subvention nominative vers la concurrence compétitive vise à ajuster le système à la légalité et aux revendications de toutes les associations, avec l’espoir d’approuver bientôt une convocation spécifique pour 2026 dans le cadre du Plan Annuel de Subventions.

Entre les chiffres, les procédures administratives et les divergences politiques, le refuge du Ravelo continue de faire face à son quotidien avec plus de 300 chiens nécessitant des soins constants, dans un environnement aux infrastructures très endommagées et avec une économie à la limite. L’issue de ce débat, combinant des questions légales, budgétaires et éthiques, déterminera non seulement l’avenir d’ADEPAC et de ce centre spécifique, mais aussi le modèle de protection animale qui s’instaurera à Tenerife dans les prochaines années.

Mon avis :

Le refugio del Ravelo à Tenerife, géré par ADEPAC, fait face à de graves défis, notamment un manque de financements et des infrastructures délabrées, mettant en péril le bien-être de plus de 300 animaux. Bien que la protectrice ait un historique solide dans la protection animale, des débats sur la répartition des subventions et les normes juridiques soulignent la complexité de sa situation financière.

Les questions fréquentes :

Quel est l’état des installations du refugio del Ravelo ?

Les installations du refugio del Ravelo sont considérées comme très détériorées, avec des problèmes majeurs tels que le colmatage des fosses, des structures en métal rouillées et des accès non sécurisés. Ces conditions mettent en danger le bien-être des animaux ainsi que la santé publique, et nécessitent des réparations urgentes.

Comment ADEPAC gère-t-elle le refuge ?

ADEPAC, qui gère le refugio del Ravelo, est engagée dans un modèle de « sacrifice zéro » depuis plus de trois décennies. Cela signifie qu’elle prend en charge plus de 300 chiens, y compris des animaux âgés ou malades, tout en essayant de garantir leur qualité de vie malgré des ressources financières limitées.

Quel est le rôle du Cabildo de Tenerife dans cette situation ?

Le Cabildo de Tenerife est responsable des financements et de la gestion des refuges. Bien qu’il affirme qu’il n’a pas l’intention de fermer le refugio del Ravelo, le retard dans le financement et les nouvelles subventions ont été critiqués par ADEPAC, qui soutient que cela laisse le refuge dans une situation désespérée.

Quelles actions sont envisagées pour améliorer la situation du refuge ?

ADEPAC et le Parti Socialiste du Cabildo ont proposé des mesures pour déclarer l’urgence des travaux nécessaires à la réhabilitation du refugio. Cela inclut des propositions de financement supplémentaires et une révision du modèle de subvention pour garantir la survie et le bon fonctionnement du refuge à long terme.

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