Trois fonctions iOS 27 manquent encore à l’appel après la WWDC 2026 : un cadran simplifié pour l’Apple Watch Ultra, des extensions Siri pour ChatGPT, Gemini et Claude, et une app Caméra personnalisable. Apple viserait toujours un lancement en septembre.
Trois fonctions d’Apple encore absentes d’iOS 27, mais toujours attendues d’ici septembre
La keynote WWDC 2026 a fixé le cap logiciel d’Apple pour les prochains mois. Le groupe a surtout mis en avant Siri AI, la stabilité générale du système et l’intégration plus poussée de l’intelligence artificielle. Pourtant, tout n’a pas été montré. Selon les informations relayées par Mark Gurman, trois nouveautés restent encore dans les cartons : un cadran inspiré de Modular Ultra pour davantage de modèles d’Apple Watch, une ouverture plus large de Siri à des IA tierces et une app Appareil photo entièrement réorganisable.
Le point intéressant, c’est que ces fonctions ne relèvent pas du gadget. Chacune touche un usage quotidien : consulter plus d’informations au poignet, déléguer une requête à un autre modèle d’IA, ou déplacer des commandes photo selon sa prise en main. Dit autrement, Apple n’a pas seulement retardé trois options annexes. La marque a laissé de côté trois briques d’ergonomie qui peuvent peser dans l’expérience réelle.
Un cadran dérivé de Modular Ultra : petite nouveauté, vrai impact au quotidien
Premier ajout attendu : une version simplifiée du cadran Modular Ultra. Jusqu’ici, ce cadran reste associé aux modèles Apple Watch Ultra. Son intérêt est clair : une grande horloge centrale, une densité d’informations élevée et une lecture rapide en extérieur. La version évoquée serait plus légère, avec la grande heure conservée mais sans la deuxième rangée de complications.
Sur le papier, le changement paraît mineur. En pratique, c’est probablement la nouveauté la plus cohérente du lot pour les utilisateurs de montres non Ultra. Le cadran Modular Ultra a été pensé pour exploiter un grand écran et afficher un maximum de données en un coup d’œil. Adapter cette logique à une montre plus fine ou plus compacte répond à une demande simple : afficher l’essentiel sans saturer l’interface.
Le vrai manque du papier d’origine, c’est le contexte matériel. Selon Apple, l’Apple Watch Ultra 2 offre jusqu’à 36 heures d’autonomie en usage normal et jusqu’à 72 heures en mode économie d’énergie. Selon le communiqué français d’Apple sur l’Apple Watch Series 10, cette génération met surtout en avant un design plus fin, un écran plus grand et une recharge plus rapide, avec un prix de départ fixé à 449 €. En face, l’Apple Watch Ultra 2 démarre à 799 dollars aux États-Unis, soit environ 691 € au taux de la BCE du 12 juin 2026 (1 € = 1,1567 $), avant taxes locales.
Cette comparaison fait ressortir une première métrique dérivée utile : l’écart de prix de base entre une Apple Watch Ultra 2 à 691 € convertis et une Apple Watch Series 10 à 449 € atteint environ 242 €, soit près de 54 % de plus pour le modèle Ultra. Autrement dit, réserver l’expérience visuelle du cadran Modular Ultra au seul segment Ultra revenait aussi à réserver une partie de la valeur perçue à la tranche la plus chère.
Deuxième métrique dérivée : si l’on rapporte le prix converti de l’Apple Watch Ultra 2 à ses 36 heures d’autonomie annoncées, on obtient environ 19 € par heure d’autonomie théorique. Ce calcul ne dit pas tout, mais il rappelle un point simple : sur une montre haut de gamme, l’affichage et l’interface doivent justifier le surcoût. Ouvrir une version simplifiée de ce cadran à d’autres montres permettrait à Apple de mieux diffuser cette valeur perçue dans le reste de la gamme.
À mon sens, ce cadran a plus d’intérêt qu’il n’y paraît. Les interfaces d’horlogerie connectée stagnent vite. Un bon cadran change pourtant la relation au produit : moins d’allers-retours dans les apps, lecture plus directe, priorisation immédiate des infos utiles. Si Apple le lance en septembre, ce sera moins une surprise qu’un rattrapage logique.
Extensions Siri pour IA tierces : le vrai dossier stratégique
Le deuxième chantier est de loin le plus important. L’idée serait de permettre à des apps tierces d’exposer leurs fonctions à Siri via une logique d’extensions, au lieu de passer par un partenariat sur mesure comme celui noué avec OpenAI. C’est ce point qui peut transformer la manière dont les utilisateurs arbitrent entre l’assistant maison et des modèles externes comme ChatGPT, Gemini ou Claude.
Il faut ici remettre les bases à plat. Selon la documentation Apple Developer, le framework App Intents sert déjà à rendre les actions d’une app accessibles à Siri, à Spotlight, à l’app Raccourcis et à d’autres expériences système. Apple explique aussi que, avec les évolutions liées à Apple Intelligence, Siri peut suggérer des actions d’apps et agir dans et entre les applications. En clair, la brique technique pour exposer des capacités applicatives au système existe déjà. Le sujet n’est donc pas la faisabilité de principe. Le sujet est le niveau d’ouverture qu’Apple acceptera réellement pour des IA concurrentes.
La différence avec l’intégration initiale de ChatGPT est centrale. Dans son annonce de juin 2024, Apple précisait que les utilisateurs de ChatGPT via Siri bénéficiaient par défaut de garde-fous spécifiques : adresse IP masquée et absence de journalisation des requêtes par OpenAI, hors connexion volontaire à un compte. Ce cadre relevait d’un accord ciblé. Avec un système d’extensions ouvert à plusieurs acteurs, ce niveau d’alignement ne serait pas automatique.
C’est précisément là que le dossier devient politique, réglementaire et commercial. Le 8 juin 2026, Apple a confirmé officiellement que Siri AI ne sera pas disponible sur iPhone et iPad dans l’Union européenne au lancement d’iOS 27 et d’iPadOS 27, en invoquant le DMA. La société affirme aussi qu’elle n’a pas obtenu de validation de ses propositions auprès de la Commission européenne. Pour les utilisateurs français, le calendrier compte : même si certaines briques avancées de Siri existent ailleurs cette année, elles ne seront pas disponibles de la même façon sur iPhone dans l’UE au lancement.
Autre point concret, souvent absent des papiers de rumeur : selon Apple, les développeurs situés dans l’UE ne pourront pas tester ni utiliser les nouvelles fonctions Siri AI pour leurs apps sur iOS 27, iPadOS 27 et watchOS 27. Cette précision change la lecture du dossier. On ne parle plus seulement d’un retard produit côté grand public. On parle aussi d’un frein côté écosystème logiciel.
Face à cela, la comparaison avec Google est utile. Dans sa documentation d’aide, Google explique que Gemini peut agir comme assistant IA intégré sur Android, écouter même si une autre app est ouverte et exploiter automatiquement une extension lorsqu’elle est disponible. C’est un écart d’approche net : chez Google, l’assistant tiers ou remanié se place déjà au centre du système mobile ; chez Apple, l’orchestration reste beaucoup plus verrouillée.
Ce décalage nourrit un vrai risque de perception. Si Apple retarde trop l’arrivée d’extensions tierces, Siri peut vite apparaître comme une couche de routage fermée, quand Android avance vers un modèle plus souple. À l’inverse, si la firme ouvre trop vite, elle affaiblit son discours sur la confidentialité et sa maîtrise de l’expérience. Mon avis est simple : Apple ne cherche pas seulement à intégrer plus d’IA, elle cherche surtout à choisir le moment exact où ces IA peuvent devenir visibles sans voler la vedette à son propre assistant.
Ce que cela changerait vraiment pour l’utilisateur
Un système d’extensions bien conçu aurait au moins quatre usages concrets. D’abord, basculer une requête complexe vers un modèle plus performant en rédaction ou en raisonnement, sans lancer une app séparée. Ensuite, appeler un moteur spécialisé pour un cas précis, par exemple le code, la synthèse documentaire ou l’analyse d’image. Troisième cas : conserver Siri comme point d’entrée vocal tout en changeant de backend selon la tâche. Enfin, créer une logique de concurrence visible entre fournisseurs d’IA directement depuis l’iPhone.
Le papier d’origine évoque cette possibilité, mais sans la détailler. C’est pourtant le cœur du sujet. Si Apple ouvre cette porte, Siri devient moins un modèle unique qu’un routeur d’expériences. C’est puissant, mais aussi délicat : plus l’utilisateur peut choisir, plus la valeur spécifique de l’assistant natif doit être démontrée.
Une app Appareil photo personnalisable : la fonction la plus attendue par les usages terrain
Troisième nouveauté encore absente : une app Appareil photo entièrement personnalisable, avec des contrôles déplaçables. Là encore, l’idée semble modeste jusqu’au moment où l’on regarde l’usage réel. Sur smartphone, la prise de vue se joue en une fraction de seconde. Le placement des boutons, l’accès au mode voulu et la capacité à garder les options utiles à portée de pouce changent directement le résultat.
Selon les informations disponibles, la première bêta développeur n’intègre pas cette personnalisation complète, même si la présence de Siri dans l’app photo a bien été montrée. Ce décalage a du sens. L’IA attire les projecteurs en keynote. L’ergonomie fine, elle, demande plus de tests et génère moins d’effet d’annonce. Pourtant, sur le terrain, c’est souvent elle qui reste.
Mon opinion est tranchée : Apple a trop longtemps protégé l’interface de son app photo au détriment de profils d’usage très différents. Un utilisateur qui filme souvent en vertical, un créateur qui alterne entre photo, vidéo et commandes manuelles, ou un utilisateur gaucher n’ont pas les mêmes besoins. Une interface figée simplifie la démonstration marketing, pas forcément la prise de vue.
Le contexte marché plaide pour cette évolution. Les concurrents ont déjà avancé sur la modularité logicielle et l’assistance IA dans la capture. Chez Google, Gemini peut déjà intervenir comme assistant au-dessus d’autres apps sur Android. Chez Apple, l’enjeu consiste à relier la capture, la compréhension du contexte et les actions système, sans casser la simplicité historique de l’iPhone.
Un cas d’usage concret permet de mesurer l’intérêt de cette personnalisation. Prenons un créateur qui passe plusieurs fois par jour du mode photo standard à la vidéo, puis au réglage de minuterie ou à un raccourci spécifique. Si ces commandes peuvent être repositionnées et gardées visibles, il réduit les gestes parasites, le temps de manipulation et le risque de rater une scène. Aucun chiffre officiel n’est communiqué sur ce gain de temps, donc il faut écrire ici « non communiqué ». Mais l’intérêt ergonomique, lui, est évident.
Ce que l’article d’origine ne disait pas, et qui change la lecture du dossier
Plusieurs éléments nouveaux ressortent des recherches et complètent fortement le tableau.
Premier ajout : le blocage européen n’est pas une simple hypothèse. Apple l’a formalisé le 8 juin 2026 pour iPhone et iPad dans l’UE, avec une conséquence directe aussi sur watchOS 27 lorsque la montre dépend d’un iPhone compatible Siri AI. Pour le marché français, ce point est décisif.
Deuxième ajout : le cadre technique d’intégration applicative existe déjà chez Apple via App Intents. Cela renforce l’idée que le retard n’est pas seulement technique ; il est aussi stratégique et réglementaire.
Troisième ajout : l’intégration historique de ChatGPT chez Apple reposait sur des garanties de confidentialité spécifiques, selon Apple. Une future ouverture plus large à des apps IA tierces ne bénéficiera pas mécaniquement du même niveau de protection. C’est un point concret pour l’utilisateur, pas un détail juridique.
Quatrième ajout : Google a déjà installé Gemini comme assistant IA intégré sur Android, avec des extensions automatiquement exploitées lorsqu’elles sont disponibles. Le différentiel concurrentiel ne se limite donc plus aux modèles IA. Il touche aussi l’architecture d’accès aux fonctions.
Cinquième ajout : le contexte produit autour de l’Apple Watch compte réellement pour comprendre l’intérêt du futur cadran. Entre une Series 10 à partir de 449 € selon Apple France et une Ultra 2 à 799 dollars aux États-Unis, soit environ 691 € convertis selon la BCE, l’ouverture d’une expérience visuelle premium à des montres moins chères peut améliorer la perception de gamme.
Sixième ajout : l’autonomie officielle de l’Apple Watch Ultra 2, 36 heures en usage standard et 72 heures en mode économie d’énergie selon Apple, rappelle que le positionnement Ultra ne repose pas que sur le boîtier. Si Apple récupère une partie de son identité logicielle pour d’autres montres, elle rééquilibre un peu l’écosystème sans toucher au hardware.
Le scénario le plus crédible avant septembre
Le scénario le plus crédible est le suivant. Apple garde pour septembre les fonctions qui complètent le récit matériel de la rentrée : nouveau cadran pour élargir l’attrait de l’Apple Watch, app photo repensée pour accompagner l’iPhone de nouvelle génération, et clarification partielle sur les extensions tierces de Siri. En revanche, pour l’Union européenne, il faut rester prudent : la disponibilité locale de la couche Siri AI sur iPhone et iPad est officiellement sans calendrier à ce stade selon Apple.
En clair, les trois fonctions absentes ne se valent pas. Le cadran est plausible et facile à déployer. L’app photo personnalisable semble presque inévitable. Les extensions IA tierces, elles, touchent au cœur du modèle de contrôle d’Apple sur l’assistance vocale, la confidentialité et l’accès système. C’est donc la nouveauté la plus intéressante, mais aussi la moins simple à lancer proprement en Europe.
Pour plus d’informations officielles sur le cadre développeur qui structure déjà les actions d’apps dans Siri et les expériences système, voir la documentation Apple Developer : https://developer.apple.com/documentation/appintents/.
Mon avis :
Apple affine intelligemment son écosystème : l’ouverture de Siri à des extensions tierces et une app Caméra plus modulable répondent à de vrais usages. Mais ce papier reste très spéculatif, fondé sur des fonctions absentes de la bêta WWDC 2026 et sur des arbitrages Apple encore incertains, notamment en Europe.





