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Home Design

Cette montre connectée solaire a tenu 9 mois sur batterie, puis son panneau a pris le relais

Dominique Bernard by Dominique Bernard
18 juin 2026
in Design
0
Cette smartwatch solaire a tenu 9 mois sur batterie avant la recharge par panneau solaire
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Avec LightInk, Daniel Ansorregui promet jusqu’à 10 mois d’autonomie sur une batterie de 100 mAh, dont 9 mois déjà atteints, grâce à un écran E-Ink 1,54 pouce et à la recharge solaire. Ce prototype open source repense la smartwatch autour d’un objectif simple : réduire enfin la contrainte de recharge quotidienne.

Le vrai problème des montres connectées, c’est toujours la batterie

La plupart des montres connectées promettent beaucoup. Elles suivent l’activité, affichent les notifications, pilotent la musique, parfois même le GPS et le paiement sans contact. Mais elles ont presque toutes le même défaut : elles réclament une recharge fréquente. Selon Apple, l’Apple Watch Series 10 vise jusqu’à 18 heures d’autonomie en usage normal, ou 36 heures en mode économie d’énergie. Selon Samsung, non communiqué ici faute de source officielle exploitée pendant cette recherche. Selon Garmin, une Instinct 2 Solar peut tenir jusqu’à 40 jours en mode montre connectée et même aller vers une autonomie illimitée avec apport solaire dans certains scénarios d’usage. L’écart entre les approches est donc massif.

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C’est précisément là que le projet LightInk, conçu par Daniel Ansorregui, devient intéressant. L’objectif n’est pas de battre une montre OLED sur la fluidité ou les apps. L’objectif est plus brutal : garder une montre utile au poignet pendant des mois, pas pendant une journée.

LightInk attaque le sujet par la sobriété, pas par la surenchère

Le concept part d’une idée simple : reprendre la logique des montres solaires des années 1990 et la remettre au goût du jour. La montre embarque un écran E‑Ink de 1,54 pouce, un microcontrôleur ESP32, le Wi‑Fi, le Bluetooth, une radio LoRa via le module Seeed Studio Wio‑SX1262, ainsi qu’une alimentation optimisée sur mesure. Selon la page projet publiée sur Hackaday.io, le développement a démarré en 2019 avec un objectif initial très concret : envoyer des paquets LoRa vers un récepteur à la maison.

L’intérêt de cette architecture est clair. Un écran E‑Ink ne consomme de l’énergie que lorsqu’il change d’état. Il peut donc afficher l’heure en continu sans drainer la batterie à chaque seconde. C’est un choix cohérent pour une montre qui se met à jour une fois par minute, pas 60 fois par seconde.

Le créateur a aussi abandonné les cartes prêtes à l’emploi après avoir atteint leurs limites. Il a conçu son propre PCB autour d’un convertisseur buck‑boost Texas Instruments TPS63900. Selon la fiche technique de Texas Instruments, ce composant accepte une tension d’entrée de 1,8 V à 5,5 V et affiche un courant de repos de 75 nA. Ce point compte beaucoup : sur un objet qui dort presque tout le temps, chaque fuite énergétique devient visible.

La vraie percée se joue au démarrage du microcontrôleur

La partie la plus instructive du projet n’est pas le panneau solaire. C’est l’optimisation du démarrage de l’ESP32. Selon la description de Daniel Ansorregui sur Hackaday.io, l’ESP32 mettait environ 28 ms à démarrer, avec une consommation d’environ 1 mA pendant cette phase. Plus gênant encore, ce simple cycle de boot représentait à lui seul environ 60 % de la consommation totale de la montre, sans améliorer l’affichage.

La solution retenue est technique, mais elle change tout : contourner le boot classique et exécuter directement le code depuis la mémoire RTC via un wake stub. Cela a obligé le développeur à réécrire la communication SPI dans cet espace mémoire très contraint, car rien d’extérieur à cette zone ne peut s’exécuter à ce stade.

Le gain est net. Toujours selon la source d’origine relayant les données du projet, la séquence complète démarrage, envoi de données et rafraîchissement d’écran passe sous la barre de 1 ms. Si l’on compare 28 ms à moins de 1 ms, on obtient une réduction d’au moins 96 % du temps actif sur cette étape critique. C’est une métrique dérivée absente de l’article initial, mais elle résume mieux que tout l’intérêt du travail logiciel.

Le créateur indique aussi avoir divisé la consommation par deux sur une itération du projet. C’est cohérent avec le résultat final : selon Hackaday.io, la montre atteint 6 à 10 mois d’autonomie avec une batterie de 100 mAh.

Des chiffres d’autonomie qui replacent le marché en perspective

Sur le papier, 6 à 10 mois avec 100 mAh semblent presque absurdes face aux produits grand public. Pourtant, ce chiffre tient parce que LightInk coupe tout ce qui n’est pas essentiel. Une révision matérielle a même tourné 9 mois sur batterie seule avant d’être remplacée par une version plus récente, selon le billet source.

On peut en tirer une seconde métrique dérivée. Avec une batterie de 100 mAh et une autonomie de 6 à 10 mois, la consommation moyenne théorique se situe entre environ 0,56 mAh par jour sur 6 mois et 0,33 mAh par jour sur 10 mois, en supposant des mois de 30 jours. À l’échelle d’une montre connectée, c’est minuscule.

La comparaison avec des produits connus éclaire encore mieux le projet :

  • Selon Apple, l’Apple Watch Series 10 vise jusqu’à 18 heures d’usage standard.
  • Selon Garmin, l’Instinct 2 Solar monte jusqu’à 40 jours en mode montre connectée avec suivi d’activité et fréquence cardiaque au poignet 24 h/24, avec prolongation solaire.
  • Selon Casio, la G‑Shock GBD‑H2000 tient environ 2 mois en mode montre avec mesure cardiaque désactivée, et jusqu’à environ 23 mois avec économie d’énergie activée, hors apport solaire et à partir d’une charge complète. En suivi d’activité avec GPS et cardio, elle tombe entre environ 14 et 19 heures selon le mode de réception.

Dit autrement, LightInk ne concurrence pas directement une montre multisport premium. Elle prouve plutôt qu’une montre connectée légère en fonctions, mais bien pensée, peut sortir du cycle quotidien de recharge qui plombe encore le segment.

Le solaire aide, mais l’E‑Ink fait l’essentiel du travail

Le panneau solaire intégré ressemble davantage à celui d’une calculatrice qu’à une cellule massive de montre outdoor. Il ne faut donc pas le surestimer. Sans architecture ultra‑sobre, ce type de panneau ne suffit pas. Dans LightInk, il devient utile parce qu’il vient soutenir une base déjà très frugale.

C’est là que la différence avec certaines montres solaires du commerce saute aux yeux. Chez Garmin, l’énergie solaire prolonge une base déjà solide, mais la plateforme reste riche en capteurs, GPS multibande, interface graphique et fonctions sport. Chez Casio, le solaire stabilise l’usage quotidien, mais les fonctions d’entraînement avancées réclament toujours la batterie. Chez LightInk, le solaire ne compense pas une gourmandise native : il vient au contraire pousser un système déjà optimisé vers une autonomie potentiellement quasi continue.

Autre point à retenir : selon la documentation produit de Casio, la montre GBD‑H2000 conserve l’affichage de l’heure grâce au solaire même quand la batterie est faible, tandis que la charge USB sert aux fonctions d’entraînement, GPS, notifications et podomètre. Cette séparation des usages montre bien la limite actuelle du solaire sur les montres modernes : il maintient les fonctions simples plus facilement que les fonctions intelligentes lourdes.

La radio LoRa change les cas d’usage

Là où LightInk se distingue vraiment, c’est avec LoRa. La montre ne se contente pas d’être économe. Elle peut aussi parler à longue distance avec très peu d’énergie via le module Wio‑SX1262. Selon la fiche technique Seeed Studio, ce module repose sur une architecture SX1262 et vise des usages IoT basse consommation. Le document mentionne aussi un boîtier SMD 12 broches et recommande une interface antenne à impédance 50 ohms avec réseau d’adaptation π réservé sur le PCB.

Ce choix ouvre des usages très différents d’une montre classique. Concrètement, un utilisateur peut imaginer des remontées de présence, de télémétrie légère ou de messages courts vers un point fixe à domicile, sans dépendre en permanence du smartphone. Pour la randonnée, l’expérimentation radio, la domotique ou le suivi d’événements simples, c’est pertinent. Pour de la cartographie riche, du streaming ou des apps complexes, non.

Le GPS, lui, existe en option, mais le concepteur lui-même juge ce choix peu convaincant au regard de l’encombrement et de la consommation. C’est un aveu utile. Beaucoup de projets DIY veulent tout intégrer. LightInk progresse justement parce qu’il accepte de renoncer.

Ce que les spécifications ajoutent au portrait technique

Les éléments techniques disponibles permettent de compléter l’article d’origine avec plusieurs points concrets absents du texte initial :

  • Selon Texas Instruments, le convertisseur TPS63900 travaille sur une plage de 1,8 V à 5,5 V avec 75 nA de courant de repos.
  • Selon Seeed Studio, le module Wio‑SX1262 utilise un boîtier SMD 12 broches et une interface RF pensée pour une impédance 50 ohms.
  • Selon Casio, une montre solaire connectée orientée sport comme la GBD‑H2000 pèse 63 g et mesure 59,6 × 52,6 × 19,4 mm, avec étanchéité 20 bar.
  • Selon Garmin, la fēnix 8 Solar atteint jusqu’à 21 jours en mode montre connectée sur la version 47 mm, et jusqu’à 28 jours avec énergie solaire dans les conditions définies par la marque.
  • Selon Apple, l’Apple Watch Series 10 récupère jusqu’à 80 % de charge en environ 30 minutes.

Ces chiffres montrent une chose simple : l’industrie a déjà de très bons résultats sur l’endurance, mais au prix de boîtiers plus gros, d’écosystèmes fermés ou de compromis d’usage. LightInk, elle, cherche une autre voie : minimiser la dépense au lieu d’augmenter la réserve.

Un projet ouvert, donc utile au-delà du produit lui-même

Le boîtier est imprimé en 3D en deux parties et accepte des bracelets standards de 22 mm. Le firmware, les schémas PCB et les fichiers du boîtier sont open source, selon la page projet de Hackaday.io. C’est un détail crucial. La valeur de LightInk n’est pas seulement dans l’objet fini. Elle est dans la méthode.

Pour un développeur embarqué, le projet sert de démonstrateur sur trois sujets précis : la gestion agressive du sommeil profond, l’usage intelligent de l’E‑Ink, et l’intérêt de traiter le temps de boot comme une dette énergétique. Pour un maker, il sert de base pour une montre spécialisée plutôt qu’une montre universelle. Pour un industriel, il rappelle qu’un produit portable n’a pas besoin d’imiter un mini‑smartphone pour être pertinent.

Face au marché, LightInk a une force et une limite

Sa force est évidente : elle répond frontalement à la lassitude liée à la recharge. Entre une montre qui demande un câble tous les jours et un prototype qui tient des mois avec 100 mAh, le message est limpide. Le secteur n’a pas un problème de batteries trop petites. Il a aussi un problème d’architectures trop gourmandes.

Sa limite l’est tout autant : ce n’est pas un produit prêt pour le grand public. Le prix final n’est pas communiqué. Le niveau de finition industrielle n’est pas celui d’une grande marque. Les performances radio, l’étanchéité finale, la robustesse en usage long terme et la maintenance restent celles d’un projet open source, pas d’un produit distribué à grande échelle.

Mais même dans ce cadre, LightInk pose une question gênante au marché : si une montre DIY open source peut tenir entre 6 et 10 mois sur 100 mAh, pourquoi tant de montres haut de gamme restent-elles prisonnières d’une autonomie de 18 heures à quelques jours ? La réponse est connue : écrans lumineux, capteurs permanents, OS complets, radios multiples toujours prêtes et attentes logicielles élevées. Le mérite de Daniel Ansorregui, c’est d’avoir montré qu’une autre hiérarchie des priorités produit est possible.

Repères chiffrés pour situer le projet

  • Autonomie annoncée de LightInk : 6 à 10 mois sur batterie 100 mAh, selon Hackaday.io.
  • Révision observée sur batterie seule : 9 mois, selon le texte source.
  • Temps de séquence optimisée : moins de 1 ms après contournement du boot classique, selon le projet.
  • Réduction dérivée du temps actif sur cette séquence : au moins 96 % par rapport aux 28 ms initiaux.
  • Consommation moyenne dérivée de la batterie : environ 0,33 à 0,56 mAh par jour sur la base de 100 mAh pour 10 à 6 mois.
  • Autonomie Apple Watch Series 10 : jusqu’à 18 heures en usage normal, selon Apple.
  • Autonomie Garmin Instinct 2 Solar : jusqu’à 40 jours en mode montre connectée, selon Garmin.
  • Autonomie Casio GBD‑H2000 : environ 2 mois en mode montre sans cardio, ou environ 23 mois en économie d’énergie, sans solaire, selon Casio.

Référence utile

Pour consulter la source primaire du projet : https://hackaday.io/project/205564-lightink/details

Mon avis :

LightInk vise juste : l’E‑Ink, le solaire et l’optimisation extrême de l’ESP32 attaquent enfin le vrai défaut des montres connectées, l’autonomie, avec 6 à 10 mois annoncés sur 100 mAh. Mais ce prototype reste un démonstrateur exigeant : écran lent, boîtier imprimé 3D et fonctions riches, comme le GPS, peu réalistes énergétiquement.

Dominique Bernard

Dominique Bernard

Dominique Bernard est rédacteur(trice) spécialisé(e) dans le lifestyle français et les voyages en France. Sur plare.fr, il/elle partage des guides pratiques, des inspirations culturelles et des critiques de gastronomie locale pour aider les lecteurs à découvrir le patrimoine et le savoir-faire français. Son expertise inclut la rédaction d'articles accessibles et bien documentés qui allient conseils pratiques et découvertes authentiques.

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