InkLeaf mise sur 2 écrans E Ink Carta de 10,3 pouces, 8,4 mm d’épaisseur une fois fermé, 480 g sur la balance et un prix d’environ 395 € pour repenser la prise de notes. Conçu par Kameron Yu, ce modèle pliable permet enfin de lire et d’écrire en même temps.
Le pari d’InkLeaf : corriger la vraie limite des tablettes E Ink
Les tablettes à encre électronique savent déjà bien lire. Elles savent aussi bien écrire. En revanche, elles gèrent mal l’aller-retour permanent entre les deux. C’est précisément le point qu’InkLeaf veut attaquer avec un format encore rare : un carnet E Ink pliable à double écran de 10,3 pouces par dalle, pensé pour afficher une source à gauche et les notes à droite, selon le site officiel du produit. Là est la bonne idée : ne plus forcer l’utilisateur à jongler entre un PDF, un manuel, un article ou un brouillon de réponse, puis une page de notes séparée.
La promesse n’a rien d’abstrait. Le site officiel d’InkLeaf montre un usage simple : lire un manuel, annoter un PDF, rédiger un résumé ou faire défiler une page d’un écran à l’autre au stylet. Cette logique répond à un besoin concret chez les étudiants, les chercheurs, les rédacteurs, les consultants ou les juristes qui travaillent encore avec deux supports en parallèle : une tablette d’un côté, un cahier de l’autre. Je trouve l’approche plus crédible que beaucoup de concepts E Ink qui cherchent surtout à impressionner sur le design.
Deux écrans de 10,3 pouces, un format livre et un châssis très fin
Sur le plan matériel, le produit reprend les éléments déjà évoqués dans la source d’origine, mais le site officiel permet de mieux cadrer la proposition. InkLeaf annonce deux écrans E Ink de 10,3 pouces, un poids de 480 grammes, une épaisseur fermée de 8,4 mm et une charnière 180 degrés qui permet une ouverture à plat. Le constructeur insiste aussi sur un format “hardcover”, autrement dit proche d’un livre relié, facile à glisser dans un sac.
Ce format compte plus qu’il n’y paraît. Une tablette E Ink classique de 10,3 pouces impose un compromis : bonne surface d’affichage, mais un seul espace de travail. Ici, la diagonale cumulée atteint 20,6 pouces. Ce n’est pas une diagonale utile comme sur un écran unique, mais cela donne une idée du volume visuel disponible. En rapportant le poids total à cette surface cumulée, on obtient environ 23,3 g par pouce d’écran, sur la base des 480 g annoncés par InkLeaf. C’est un indicateur imparfait, mais il illustre un point clair : la machine cherche à maximiser l’espace de travail sans dériver vers un poids de tablette PC.
Autre métrique dérivée utile : avec un tarif communiqué “autour de 450 dollars”, le produit revient à environ 394 € au taux de la Banque centrale européenne du 10 juillet 2026, soit 1 € = 1,1430 $. Cela place le ratio à environ 19 € par écran de 10,3 pouces ou, dit autrement, à près de 0,046 pouce d’écran par dollar. Ce n’est pas une mesure standard du marché, mais elle permet de comparer l’idée d’un “double espace de travail” à budget contenu.
Un avantage concret face aux modèles à écran unique
Le discours marketing d’InkLeaf tient surtout parce qu’il s’appuie sur un défaut bien connu de la catégorie. Une reMarkable 2 propose un écran monochrome de 10,3 pouces en 1872 x 1404 pixels, 226 ppp, pour 403,5 g et 4,7 mm d’épaisseur, selon reMarkable. Une Kindle Scribe monte à 10,2 pouces et 300 ppp avec éclairage avant automatique, selon Amazon. Une BOOX Note Air4 C ajoute la couleur sur 10,3 pouces, 300 ppp en noir et blanc, 150 ppp en couleur, 6 Go de RAM, 64 Go de stockage et Android 13, selon BOOX. Toutes ont un point commun : un seul écran.
C’est là que le produit d’InkLeaf se différencie sans détour. Quand il faut lire un PDF tout en rédigeant des notes, les concurrentes imposent soit le split-screen logiciel, soit des allers-retours entre applications, soit un second support physique. Le double affichage natif d’InkLeaf évite ce détour. À mes yeux, c’est son meilleur argument, bien plus que le simple fait d’être pliable.
Comparatif chiffré : finesse, poids, formats et concessions
La source initiale avançait déjà des comparaisons d’épaisseur. Elles tiennent face aux fiches officielles disponibles pour les concurrents. Chaque panneau ouvert d’InkLeaf mesure 4,2 mm, contre 4,7 mm pour la reMarkable 2, 5,8 mm pour la BOOX Note Air4 C et 5,4 mm pour la Kindle Scribe selon la source d’origine. Cela correspond à un avantage d’environ 10,6 % en finesse par panneau face à la reMarkable 2, et à environ 27,6 % face à la BOOX Note Air4 C. Même en reprenant la valeur de 5,4 mm citée dans la source pour la Kindle Scribe, l’écart reste d’environ 22,2 %.
En revanche, le poids doit être lu différemment. À 480 g, InkLeaf reste plus lourd qu’une reMarkable 2 à 403,5 g selon reMarkable, et plus lourd qu’une BOOX Note Air4 C à 420 g selon BOOX. C’est logique : il embarque deux dalles. Le vrai sujet n’est donc pas le poids brut, mais le rapport entre ce poids et la capacité à maintenir deux pages actives en parallèle. Si cet usage devient quotidien, le surpoids se justifie. Si l’utilisateur travaille surtout sur une page à la fois, l’intérêt diminue vite.
Android, formats ouverts et recherche manuscrite : ce que cela change vraiment
La fiche du produit met en avant un système sous Android, la compatibilité avec les formats PDF, EPUB, MOBI et TXT, ainsi qu’une recherche manuscrite assistée par IA. Ce point mérite d’être souligné, car l’ouverture logicielle reste un vrai critère de choix sur ce segment.
Chez BOOX, Android 13 et le support d’applications tierces constituent déjà un argument fort, avec une longue liste de formats pris en charge : PDF, EPUB, MOBI, DOC, DOCX, PPT, PPTX et d’autres, selon la fiche officielle. Chez Amazon, l’écosystème est plus fermé mais optimisé pour la lecture et l’annotation dans l’univers Kindle. Chez reMarkable, l’approche reste volontairement minimaliste, avec une forte priorité donnée à la concentration et à l’écriture manuscrite.
InkLeaf essaie de se placer entre ces trois lignes. Il reprend l’idée de focus chère à reMarkable, l’ouverture de fichiers attendue sur Android, et un usage lecture/annotation plus naturel qu’une liseuse grand public. Sur le papier, c’est cohérent. Reste une inconnue majeure : la profondeur réelle du logiciel. Le constructeur communique l’idée générale, mais plusieurs éléments restent non communiqués à ce stade : processeur, mémoire vive, capacité de stockage, batterie, résolution précise, présence ou non d’un éclairage frontal, connectivité détaillée, compatibilité Bluetooth, Wi‑Fi, ou prise en charge d’applications externes au-delà d’Android.
Un produit qui mise sur des cas d’usage précis, pas sur le grand public
Le produit ne vise pas tout le monde. Son intérêt devient évident dans cinq cas d’usage très concrets.
1. Annotation de PDF académiques
Lire un article scientifique à gauche et prendre des notes de synthèse à droite reste l’usage le plus naturel. C’est aussi le plus crédible pour un écran E Ink, car il réduit la fatigue visuelle et limite les distractions.
2. Travail éditorial
Un rédacteur peut garder le brief, les sources ou la structure à gauche, puis écrire son texte à droite. Pour un métier de production, ce flux est plus efficace qu’un simple split-screen sur une tablette LCD.
3. Lecture de manuels ou d’ouvrages techniques
Le format “livre ouvert” colle bien à cet usage. Garder le chapitre sous les yeux tout en résumant, schématisant ou listant des points clés évite de perdre sa place.
4. Mobilité légère
Le site officiel présente aussi l’appareil comme un second écran portable. L’idée est séduisante en café, en déplacement ou à l’hôtel. En pratique, tout dépendra de la mise en œuvre logicielle, qui reste partiellement non communiquée.
5. Prise de notes longue durée
Le stylet sensible à la pression, livré d’office selon la source, joue ici un rôle central. Sur ce segment, l’inclusion du stylet dans la boîte reste un avantage simple mais concret.
Le contexte de marché donne du sens à ce format
Le timing n’est pas absurde. E Ink Holdings, acteur de référence du papier électronique, a publié le 3 juillet 2026 ses résultats consolidés du premier trimestre 2026 via son espace investisseurs. Sans entrer ici dans des chiffres non extraits directement du document, ce simple calendrier confirme un point : le marché continue d’exister et de se structurer autour de plusieurs familles de produits, du reader pur à la tablette de prise de notes, jusqu’aux écrans couleur et usages professionnels.
En parallèle, la concurrence s’est segmentée. reMarkable pousse la sobriété et le focus. Amazon valorise l’intégration Kindle et la lecture enrichie. BOOX mise sur Android, la couleur et la polyvalence. InkLeaf, lui, tente de créer une quatrième voie : la productivité en double page. Je pense que c’est l’un des rares angles encore peu exploités dans l’E Ink.
Prix, conversion en euros et positionnement face aux rivaux
Le prix communiqué “autour de 450 dollars” équivaut à environ 394 € (taux BCE du 10 juillet 2026 : 1 € = 1,1430 $). À ce niveau, InkLeaf entre frontalement dans la zone de prix des grosses tablettes E Ink premium, mais avec une proposition matérielle distincte : deux écrans au lieu d’un.
Ce tarif appelle toutefois deux remarques. D’abord, il s’agit d’un prix “reportedly” dans la source de départ, donc à considérer avec prudence tant que la fiche commerciale finale ne l’a pas verrouillé. Ensuite, le coût total côté acheteur européen peut évoluer avec la TVA, les frais d’import et les conditions de livraison, qui sont pour l’instant non communiqués.
Ce que l’article d’origine ne disait pas, et ce qu’il faut surveiller avant achat
Les recherches ajoutent plusieurs éléments absents de la source initiale.
Premier point nouveau : le site officiel d’InkLeaf parle d’un lancement en août 2026 et d’un appareil présenté comme “the only foldable E Ink tablet you can buy”. Cette formulation place clairement le produit comme une offre pionnière sur une niche encore vide.
Deuxième point nouveau : les concurrents officiels affichent des fiches techniques plus complètes. La BOOX Note Air4 C détaille par exemple 6 Go de RAM, 64 Go de stockage, une batterie de 3 700 mAh, le Wi‑Fi, le Bluetooth 5.1, un port USB‑C, un lecteur microSD et Android 13. Sur ce terrain, InkLeaf communique encore peu.
Troisième point nouveau : la reMarkable 2 impose des limites hors abonnement sur certains services cloud et sur les applications de prise de notes synchronisées, selon reMarkable. InkLeaf insiste au contraire sur l’absence de frais d’abonnement pour lire ses propres fichiers. C’est un argument commercial clair.
Quatrième point nouveau : la Kindle Scribe conserve un avantage pratique que la source de départ n’évoquait pas assez chez les rivaux, à savoir un éclairage avant intégré et une résolution de 300 ppp selon Amazon. Pour la lecture nocturne ou dans les transports, ce point reste très concret.
Cinquième point nouveau : le positionnement “double écran” ne dispense pas des questions classiques. Sans résolution officielle détaillée, sans autonomie annoncée, sans capacité de stockage, sans date précise de disponibilité commerciale au-delà d’août 2026, l’acheteur manque encore d’éléments pour trancher. Sur un produit de niche, ces absences pèsent.
Verdict par usage : une excellente idée, à condition que la fiche finale suive
InkLeaf a au moins un mérite : proposer autre chose qu’une simple variation autour de la tablette E Ink classique. La machine ne cherche pas à tout faire. Elle tente de mieux faire une tâche précise : consulter une source et écrire en parallèle. C’est un angle fort, rationnel et utile.
Mais un bon concept ne suffit pas. Pour convaincre au-delà de la curiosité, InkLeaf devra encore publier une fiche technique complète, clarifier son environnement logiciel, confirmer son prix final et détailler ses conditions de commercialisation. En l’état, l’appareil semble pertinent pour les profils qui vivent déjà dans la double page, beaucoup moins pour ceux qui veulent simplement une liseuse grand format.
Source de référence : https://useinkleaf.com/
Mon avis :
L’idée est juste : deux écrans E Ink 10,3 pouces côte à côte règlent enfin le vrai problème de ces appareils, lire et annoter sans basculer d’une app à l’autre. En revanche, à 394 € pour un produit annoncé seulement aux premiers backers en août 2026, le risque d’exécution reste élevé.





