Avec ses deux capteurs, ses focales 20 mm et 60 mm f/1.8, son enregistrement 10 bits D-Log 2 et ses 103 Go intégrés, le DJI Osmo Pocket 4P vise clairement les créateurs exigeants. D’après le test de Yanko Design, ce format poche convainc surtout en portrait, malgré un gabarit plus haut perché.
DJI Osmo Pocket 4P : une caméra de poche pensée pour les visages, pas seulement pour l’action
L’idée du DJI Osmo Pocket 4P est simple : corriger le défaut classique des caméras compactes, des action cams et des smartphones, à savoir leur dépendance au grand-angle. Sur ce point, le produit va droit au but. Là où beaucoup de caméras miniatures étirent les visages et aplatissent les plans, ce modèle ajoute une vraie optique 60 mm f/1.8 en complément d’un module 20 mm f/2.0. Ce choix change le rendu, mais aussi la manière de filmer.
Le point fort n’est donc pas seulement la stabilisation mécanique sur 3 axes, déjà attendue dans cette gamme. C’est la polyvalence de perspective. Selon DJI, l’Osmo Pocket 4P repose sur un capteur principal 1 pouce pour le grand-angle et sur un second capteur 1/1,28 pouce pour l’optique medium-tele 60 mm. La marque annonce aussi jusqu’à 17 stops de plage dynamique sur ce modèle, contre jusqu’à 14 stops pour l’Osmo Pocket 4 standard et 12,5 stops pour l’Osmo Pocket 3 affichés dans le comparatif officiel de la boutique DJI. Cette hiérarchie dit clairement où se place le 4P : plus ambitieux en image, plus orienté portrait, et moins gadget que les anciens Pocket. ([store.dji.com](https://store.dji.com/sg/event/dji-osmo-pocket-series?from=site-nav&set_region=SG))
Design : plus sérieux, plus dense, plus lisible
Visuellement, l’Osmo Pocket 4P conserve la silhouette verticale propre à la série, avec un écran rotatif compact et une tête stabilisée au sommet. Mais la présence de deux optiques change immédiatement la lecture du produit. On ne voit plus seulement une mini-caméra pour vlog rapide. On voit un outil qui assume des choix de cadrage.
Je trouve ce repositionnement pertinent. Le design reste sobre, mais il gagne en crédibilité. Le bloc optique double donne au produit une allure plus photographique, presque plus “caméra” que “gimbal avec capteur”. C’est utile pour un créateur qui veut alterner plan d’ambiance, face cam, plan produit et portrait sans sortir un boîtier plus lourd.
Le vrai intérêt se joue aussi dans la cohérence des accessoires. La source d’origine insiste sur cet aspect, et c’est un point juste : la lampe d’appoint, la poignée filetée, le mini-trépied et la télécommande FrameTap prolongent le produit sans casser sa logique. On est loin des montages bricolés que l’on voit souvent sur les action cams.
Ergonomie : rapide à sortir, moins légère à tenir
L’ergonomie reste fidèle à l’ADN Pocket : on sort, on allume, on filme. C’est précisément ce qui fait la différence face à un hybride ou à un smartphone équipé d’un stabilisateur. Le bon appareil est souvent celui qu’on déclenche à temps.
En revanche, il faut être honnête : l’ajout d’un second module optique alourdit la tête. La source de test le souligne, et c’est crédible au vu du positionnement du produit. L’Osmo Pocket 4P sera moins neutre en main qu’un Pocket plus simple. Cet embonpoint n’est pas gratuit, mais il existe.
La comparaison avec l’DJI Osmo Pocket 3 aide à mesurer l’évolution. Selon la fiche technique officielle de l’Osmo Pocket 3, celui-ci pèse 179 g. Pour l’Osmo Pocket 4P, le poids exact est non communiqué dans les sources consultées ici. En revanche, l’endurance progresse nettement : selon le support officiel DJI, l’Osmo Pocket 4P peut filmer jusqu’à 210 minutes en 1080p/24 i/s sur une charge, contre 166 minutes pour l’Osmo Pocket 3 selon sa fiche officielle. Cela représente une hausse d’environ 27 %. C’est une amélioration concrète pour le tournage mobile. ([repair.dji.com](https://repair.dji.com/help/content?customId=01700043704&documentType=&lang=en&paperDocType=FAQ&re=US&spaceId=17&utm_source=openai))
Capteurs, focales, profils couleur : le 4P va plus loin que la simple double caméra
Sur le papier, le duo 20 mm + 60 mm est la vraie rupture. Le 20 mm sert aux plans larges, à la marche, au vlog, au décor. Le 60 mm sert aux visages, aux détails et aux plans de coupe plus valorisants. Ce n’est pas un zoom marketing. C’est un second langage visuel.
La focale 60 mm apporte une compression naturelle des plans. En clair, les proportions du visage paraissent plus équilibrées qu’en ultra grand-angle, les bords du cadre déforment moins, et l’arrière-plan se détache mieux. Pour du face caméra, de l’interview solo, du beauty content ou du produit tenu à la main, ce choix a plus de valeur qu’une surenchère en définition.
Autre point fort : la gestion couleur. Selon DJI, l’Osmo Pocket 4P prend en charge le 10-bit D-Log 2 pour des workflows d’étalonnage plus souples. La limite reste connue : la source d’origine précise que le 60 mm ne profite pas du D-Log 2 mais d’un 10-bit D-Log “classique”. Il faut donc penser sa post-production en conséquence si l’on mélange les deux optiques sur un même tournage.
Cette nuance compte. Un créateur qui filme en mode standard n’en souffrira presque pas. En revanche, un monteur exigeant remarquera l’écart de latitude entre les deux modules. Ce n’est pas bloquant, mais ce n’est pas neutre non plus.
Des données concrètes que la source d’origine ne donnait pas
La fiche d’assistance officielle de DJI ajoute plusieurs éléments absents du test initial. D’abord, l’Osmo Pocket 4P intègre 103 Go de stockage interne. Ensuite, cette capacité permet, selon la marque, d’enregistrer environ 570 minutes de vidéo en 1080p/24 i/s ou 210 minutes en 4K/60 i/s au débit standard. Enfin, la poignée batterie peut ajouter 130 minutes d’autonomie supplémentaires. ([repair.dji.com](https://repair.dji.com/help/content?customId=01700043704&documentType=&lang=en&paperDocType=FAQ&re=US&spaceId=17&utm_source=openai))
Ces données permettent de calculer deux métriques utiles. Premièrement, le stockage embarqué offre environ 5,5 minutes de vidéo 1080p/24 par Go. Deuxièmement, en 4K/60, on est autour de 0,49 Go consommé par minute de tournage. Ce type d’indicateur parle davantage à un vidéaste qu’une simple capacité brute, car il donne une idée de la place réellement disponible selon l’usage. ([repair.dji.com](https://repair.dji.com/help/content?customId=01700043704&documentType=&lang=en&paperDocType=FAQ&re=US&spaceId=17&utm_source=openai))
Autre chiffre utile : le tarif. Selon la boutique DJI en version internationale consultée, l’Osmo Pocket 4P Standard Combo est affiché à 609 dollars et le Vlog Combo à 689 dollars. Avec le taux de change de référence de la Banque centrale européenne du 27 juillet 2026, soit 1 euro = 1,1389 dollar, cela correspond à environ 535 € pour le Standard Combo et 605 € pour le Vlog Combo. ([store.dji.com](https://store.dji.com/sg/event/dji-osmo-pocket-series?from=site-nav&set_region=SG))
Face à l’Osmo Pocket 3 : l’écart n’est pas seulement optique
Le concurrent le plus logique du 4P, c’est d’abord le modèle de la génération précédente. Selon la fiche officielle de l’Osmo Pocket 3, on retrouve déjà un capteur 1 pouce, une focale 20 mm f/2.0, un écran OLED 2 pouces, l’enregistrement jusqu’en 4K/120 i/s, un débit vidéo maximal de 130 Mb/s, un logement microSD jusqu’à 1 To, une batterie de 1 300 mAh pour 10,01 Wh et une charge à 80 % en 16 minutes. ([dji.com](https://www.dji.com/osmo-pocket-3/specs))
Mais le 4P apporte plusieurs choses que la source d’origine ne mettait pas en perspective face au Pocket 3 :
- une seconde focale 60 mm dédiée au portrait ;
- jusqu’à 17 stops de dynamique annoncés par DJI, contre 12,5 stops pour le Pocket 3 dans le tableau comparatif de la marque ;
- 103 Go de stockage intégré, alors que l’Osmo Pocket 3 n’a pas de stockage interne selon sa fiche technique ;
- une autonomie annoncée de 210 minutes en 1080p/24 contre 166 minutes pour le Pocket 3 ;
- un Vlog Combo à 689 dollars contre un Osmo Pocket 3 Creator Combo à 629 dollars sur la boutique DJI.
Le dernier point mérite un calcul. L’écart de prix entre le Vlog Combo 4P et le Creator Combo Pocket 3 atteint environ 9,5 %. Dit autrement, DJI demande un surcoût mesuré pour une formule qui ajoute une vraie seconde optique, plus de stockage interne et une autonomie supérieure. Ce surcoût reste défendable si l’usage portrait est central. ([store.dji.com](https://store.dji.com/sg/event/dji-osmo-pocket-series?from=site-nav&set_region=SG))
Face à une action cam premium : l’Insta360 Ace Pro 2 ne joue pas le même match
Pour un acheteur hésitant, l’autre comparaison utile est celle avec une action cam haut de gamme. La candidate naturelle est l’Insta360 Ace Pro 2. Selon les fiches officielles Insta360, elle embarque un capteur 1/1,3 pouce, une focale équivalente 13 mm, une ouverture f/2.6, un poids d’environ 182 g, une batterie de 1 880 mAh, une autonomie d’environ 112 minutes et une recharge rapide en 47 minutes. Son stockage interne est absent, mais elle accepte les cartes microSD jusqu’à 1 To. Son prix de base affiché en France est de 399 €. ([onlinemanual.insta360.com](https://onlinemanual.insta360.com/acepro2/en-us/specs/hardware/ace-series-hardware?utm_source=openai))
Le match est donc très clair. L’Ace Pro 2 coûte moins cher et assume mieux la logique pure action cam. Mais elle reste sur une focale très large de 13 mm. C’est excellent pour le sport, le POV, le casque, le vélo ou la fixation externe. C’est moins flatteur pour un visage filmé à bout de bras. À l’inverse, l’Osmo Pocket 4P coûte plus cher, mais il couvre mieux les usages face caméra, les portraits et le contenu plus posé.
Le marché oppose souvent smartphone, action cam et appareil hybride. En pratique, l’Osmo Pocket 4P se place dans un quatrième segment : la caméra créateur ultra compacte qui veut produire une image plus valorisante sans passer par un setup complet.
Cas d’usage : qui profite vraiment du 60 mm ?
Le 60 mm n’est pas un bonus cosmétique. Il cible des usages précis.
Vlog en face caméra
Pour une personne seule qui filme en marchant ou en parlant à la caméra, le 20 mm reste utile pour se cadrer facilement. Mais dès qu’il faut isoler le visage, calmer l’arrière-plan ou enregistrer un commentaire plus posé, le 60 mm donne un rendu plus propre.
Portrait et beauty
C’est probablement le cas le plus évident. Le grand-angle est rarement flatteur à courte distance. Une focale plus longue limite les déformations du nez, du front et des bords de visage. Le résultat paraît plus naturel, surtout avec une ouverture f/1.8.
Plan produit
Pour montrer un objet à la main, une montre, un accessoire ou un détail de texture, le 60 mm aide à isoler le sujet. Le produit prend de la présence. Le 20 mm, lui, garde son intérêt pour replacer l’objet dans son contexte.
Voyage
En déplacement, l’intérêt est de couvrir deux écritures sans changer d’optique. Plan large pour la ville, portrait compressé pour un compagnon de voyage, plan serré pour un détail architectural ou culinaire. C’est ici que la double caméra prend tout son sens.
Prix, valeur et arbitrage
Le tarif du Vlog Combo place l’Osmo Pocket 4P dans une zone moins impulsive que celle des anciennes Pocket. En conversion euro, on parle d’environ 605 € pour le pack vlog au taux de la BCE retenu ici. Le Standard Combo tourne autour de 535 €. ([store.dji.com](https://store.dji.com/sg/event/dji-osmo-pocket-series?from=site-nav&set_region=SG))
Ce niveau de prix peut sembler élevé face à une action cam à 399 € ou face à un Pocket 3 vendu à partir de 499 dollars sur la boutique DJI, soit environ 438 € avec le même taux. Mais la valeur du 4P ne se juge pas uniquement à la fiche brute. Elle repose sur l’intégration : double focale, stabilisation mécanique, stockage interne, accessoires cohérents et usage immédiat. ([store.dji.com](https://store.dji.com/fr/product/osmo-pocket-3-vlog-combo?vid=163851))
Mon avis est net : pour filmer surtout du sport ou du POV, une action cam reste plus logique. Pour filmer surtout du vlog, du portrait, du produit et du voyage sans sortir un hybride, l’Osmo Pocket 4P est plus cohérent. Son intérêt n’est pas d’être la caméra la moins chère. Son intérêt est d’éviter de multiplier les appareils.
Ce que le test de départ ne disait pas assez
La source initiale identifiait bien les forces du produit, mais elle laissait de côté plusieurs informations qui changent le jugement d’achat :
- le prix officiel des différentes versions chez DJI ;
- la comparaison tarifaire directe avec l’Osmo Pocket 3 ;
- la présence de 103 Go de stockage interne et son impact réel en minutes d’enregistrement ;
- le gain d’autonomie chiffré face à l’Osmo Pocket 3 ;
- la confrontation avec une concurrente directe du marché comme l’Insta360 Ace Pro 2 ;
- la différence de philosophie entre caméra portrait stabilisée et action cam ultra grand-angle.
Une fois ces éléments ajoutés, le positionnement devient beaucoup plus clair : l’Osmo Pocket 4P n’est pas une Pocket légèrement améliorée. C’est une déclinaison spécialisée qui transforme la série en outil de narration plus crédible pour les créateurs qui filment des personnes.
Lien de référence
Fiche officielle produit et environnement de la gamme sur le site DJI : https://store.dji.com/sg/event/dji-osmo-pocket-series?from=site-nav&set_region=SG
Mon avis :
Le DJI Osmo Pocket 4P vise juste : son vrai atout, c’est le duo 20 mm + 60 mm f/1.8, rare sur un format poche, qui produit des portraits nettement plus flatteurs qu’une optique ultra grand-angle. Sa limite reste concrète : la seconde caméra n’offre pas le D-Log 2, ce qui casse l’homogénéité en workflow vidéo pro.





