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Home Design

Impression 3D couleur : HeyGears fait chuter le prix de 42 800 € à 4 280 €

Dominique Bernard by Dominique Bernard
25 août 2026
in Design
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Impression 3D couleur : HeyGears fait chuter le prix de 42 800 € à 4 280 €
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De l’impression 3D couleur longtemps réservée à des machines dès 50 000 $ — soit 42 867 € — à une solution desktop annoncée à 10 % du coût, la HeyGears G1 Series promet aussi UV, texture 3D et textile, avec jusqu’à 12× plus de vitesse.

La promesse n’est pas la couleur. C’est la compacité.

HeyGears attaque un segment qui restait jusqu’ici dominé par des machines industrielles lourdes, coûteuses et peu adaptées à un atelier léger. Avec la série G1, la marque ne vend pas seulement une imprimante 3D couleur de bureau. Elle pousse une plateforme hybride capable de cumuler impression 3D couleur, impression UV 2D, textures en relief et impression textile DTF/DTG, dans un châssis annoncé à 580 × 660 × 510 mm, pour 45 kg sur la version full-color 3D, selon le store officiel de HeyGears. Ce point compte plus que le discours marketing : on parle ici d’une machine qui reste transportable à deux personnes et qui tient sur un plan de travail renforcé, là où de vraies références industrielles dépassent largement ce cadre.

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Le positionnement prix va dans le même sens. HeyGears affichait le G1X à 2 799 $, soit 2 400 € au taux de référence de la BCE du 24 août 2026 (1 € = 1,1664 $), avec un MSRP annoncé à 4 999 $. La promesse de départ du papier source — une impression 3D couleur autrefois réservée à des machines à partir de 50 000 $ — reste donc cohérente sur le plan du ticket d’entrée : 50 000 $ représentent environ 42 867 €, soit un niveau de prix environ 17,9 fois supérieur au tarif Kickstarter du G1X. Dit autrement, l’écart atteint 94,4 % versus ce seuil de 50 000 $. Ce n’est pas un détail : sur le papier, la barrière budgétaire change d’ordre de grandeur, pas seulement de palier, selon HeyGears et la BCE.

Ce que la machine sait réellement faire

La fiche officielle de HeyGears décrit deux niveaux dans la gamme : une base UV et une déclinaison capable d’aller jusqu’à la 3D couleur. Sur le G1X, la tête Epson i3200 pilote 8 canaux d’encre, avec un profil annoncé en CMYKWV + Lc + Lm pour l’UV, et CMYK + W×2 + V + S pour la partie résine 3D couleur. La précision UV monte à 1 440 × 2 400 DPI et l’épaisseur de couche 3D est donnée à 10–20 µm sur la page produit HeyGears. Le fabricant mentionne aussi une hauteur de texture recommandée de 5 mm, ainsi qu’une zone standard de 420 × 330 × 130 mm sur la configuration full-color 3D.

Ce mélange de fonctions mérite d’être lu froidement. En UV 2D, le G1X couvre une surface de travail de 138 600 mm², soit 0,1386 m². Cela place la machine dans un vrai usage de personnalisation de séries courtes : plaques, coques, objets déco, signalétique légère, goodies, petite maroquinerie. En 3D couleur, la machine vise des pièces finies sans peinture, avec support hydrosoluble. Et en textile, HeyGears distingue clairement l’encre UV pour supports rigides de l’encre aqueuse pour le True DTF. Cette séparation technique est saine : les promesses « tout-en-un » échouent souvent quand les consommables essaient de tout faire à la fois.

Le bloc d’impression n’est pas anodin

Le choix de la tête Epson i3200 explique une bonne partie du discours qualité. La documentation technique du constructeur mentionne 3 200 buses, 8 rangées, une largeur utile de 33,8 mm et jusqu’à 8 couleurs, avec différentes tailles de gouttes selon le mode de fonctionnement. Ce n’est pas une tête “maker” rebadgée : on est sur une brique industrielle bien connue de l’écosystème jet d’encre, selon Epson. C’est précisément ce qui rend crédible la montée en gamme du G1X sur la restitution des dégradés, des tons chair et des aplats clairs grâce aux canaux light cyan et light magenta.

HeyGears met aussi en avant un gain de vitesse UV jusqu’à 3× par rapport à d’autres imprimantes UV desktop sur sa page produit, alors que l’article source parlait de 12× dans certaines configurations internes. Faute de protocole de test public détaillé, la donnée exploitable reste celle de la page officielle : jusqu’à 3× versus d’autres UV desktop. C’est un point à garder en tête : la machine semble surtout solide sur la polyvalence et la qualité de sortie, alors que la promesse de vitesse dépend fortement du mode, des encres et de la configuration de canaux. Quand le constructeur ne publie pas de benchmark normalisé, il faut rester prudent.

La vraie nouveauté est économique, pas seulement technique

Le store officiel de HeyGears donne plusieurs prix de consommables qui permettent de sortir du discours flou. Le kit de 3 × 300 ml d’encre UV blanche est affiché à 69 $, soit 59 €, pour un coût annoncé de 0,076 $/ml. Le kit CMYK UV 4 × 300 ml est à 109 $, soit 93 €, pour 0,091 $/ml. Côté résine UV 3D, 3 × 1000 ml sont aussi affichés à 69 $, soit 59 €, avec un coût de 0,023 $/ml. La résine CMYK UV 3D 1000 ml est donnée à 109 $, soit 93 €, pour 0,027 $/ml, selon HeyGears.

Deux métriques dérivées ressortent immédiatement. Premièrement, sur les tarifs affichés par HeyGears, le coût au millilitre de la résine UV 3D blanche/support à 0,023 $/ml est environ 69,7 % plus bas

que celui de l’encre UV blanche à 0,076 $/ml. Deuxièmement, le kit CMYK UV 3D à 0,027 $/ml coûte environ 70,3 % de moins par millilitre que le kit CMYK UV 2D à 0,091 $/ml. En clair, la marque pousse un argument simple : la partie 3D couleur ne repose pas seulement sur le matériel, mais sur une structure de consommables annoncée comme beaucoup plus accessible qu’on pourrait l’imaginer sur ce segment.

Autre lecture utile : avec une surface standard de 420 × 330 mm, le ticket d’entrée du G1X à 2 400 € représente environ 17 € par 1 000 cm² de surface UV utile. Ce ratio ne dit rien de la qualité finale, mais il aide à comparer un investissement productif sur des cas d’usage de personnalisation à plat.

Face aux machines établies, le compromis est clair

Pour juger la proposition de HeyGears, il faut la confronter à des références établies. Chez 3D Systems, la ProJet CJP 660Pro reste une imprimante 3D couleur professionnelle bien identifiée. La brochure officielle mentionne un volume utile de 508 × 381 × 229 mm, une résolution de 600 × 540 DPI, une couche de 0,1 mm, une vitesse verticale maximale de 28 mm/h et un poids de 363 kg hors caisse. La machine mesure 119 × 116 × 162 cm. On n’est pas du tout dans le même gabarit, ni dans la même logique d’installation, selon 3D Systems.

La comparaison brute donne un angle intéressant. Le plateau standard du G1X en UV représente environ 71,6 % de la surface XY de la ProJet CJP 660Pro si l’on compare 420 × 330 mm à 508 × 381 mm. En revanche, le poids annoncé de 45 kg contre 363 kg signifie que la machine de HeyGears pèse environ 87,6 % de moins. C’est là que la proposition devient crédible : le volume n’égale pas les machines industrielles, mais l’écart d’encombrement et de logistique est énorme.

Chez Mimaki, la 3DUJ-2207 se présente aussi comme une imprimante 3D couleur compacte, capable de produire plus de 10 millions de couleurs par procédé jet d’encre UV. Le constructeur affirme également une expression couleur haute définition environ deux fois supérieure au binder jetting plâtre, selon Mimaki. Cela montre que HeyGears n’entre pas sur un marché vide. En revanche, son angle diffère : là où Mimaki et 3D Systems restent centrés sur l’impression 3D couleur, la série G1 cherche à mutualiser plusieurs métiers de l’impression dans une seule machine.

Chez Stratasys, la famille J reste une autre référence du haut de gamme couleur/multi-matériaux. La documentation officielle de la J35 Pro insiste sur la compacité bureau, les pièces multicolores et multi-matériaux, ainsi que le support soluble SUP706B, selon Stratasys. Mais ici encore, la logique n’est pas celle d’un atelier de personnalisation hybride. HeyGears ne vise pas le bureau d’études premium classique ; la marque vise la micro-production créative et commerciale.

Le logiciel et la maintenance comptent presque autant que la tête

L’autre angle à ne pas négliger concerne l’exploitation quotidienne. HeyGears parle d’un écosystème logiciel articulé autour de Blueprint Studio et de HeyVerse, avec préparation, layout, génération texte-vers-3D et image-vers-3D. L’intégration d’un module LiDAR figure aussi dans le package G1X listé sur la boutique officielle. Sur le terrain, ce type d’équipement sert moins à impressionner qu’à stabiliser la répétabilité et le placement.

La maintenance a souvent ruiné la promesse de nombreuses petites UV. Ici, HeyGears met en avant chauffage de tête, agitation de l’encre blanche, routines de nettoyage, mode d’humidification prolongée et filtres à air de remplacement. Le constructeur annonce par ailleurs une durée de vie de tête de 12 à 24 mois. Cette plage reste large, donc dépend forcément du volume, des cycles d’arrêt et du sérieux d’entretien. Mais au moins, la donnée est publique. Beaucoup de fabricants restent vagues sur ce point.

À qui la machine parle vraiment

Le meilleur cas d’usage n’est pas l’usine. C’est le petit atelier qui facture de la variété. Boutique cadeau, studio de props, créateur Etsy, signalétique premium, personnalisation de mugs, plaques, emballages rigides, miniatures et objets déco : la série G1 colle à cette économie de séries courtes à forte valeur perçue. Selon HeyGears, la machine accepte plus de 400 substrats. Même si ce chiffre demande toujours une validation matière par matière, il donne un cadre d’usage large : bois, acrylique, métal, céramique, verre, cuir et film de transfert.

Le point fort est simple : une seule machine peut produire dans la même journée un objet rigide personnalisé, un relief décoratif et une figurine 3D couleur sans peinture. Le point faible l’est tout autant : si votre besoin principal est une production 3D industrielle volumique, une machine dédiée comme une 3D Systems ou une Mimaki gardera une meilleure lisibilité process. HeyGears vend un compromis intelligent, pas une substitution universelle.

Ce qui manque encore pour un jugement définitif

Plusieurs données restent non communiquées ou insuffisamment détaillées dans les sources primaires consultées : consommation électrique précise, cadence standardisée en 3D couleur, coût complet par pièce type, taux d’échec moyen, niveau sonore en fonctionnement, et protocole public derrière les promesses de vitesse « jusqu’à 12× » ou « jusqu’à 3× ». Pour un acheteur professionnel, ces absences comptent.

Reste que les faits disponibles suffisent à cerner la machine. HeyGears a compressé le ticket d’entrée, le volume physique et le nombre de machines nécessaires pour lancer une activité de personnalisation multi-supports. C’est une proposition plus concrète qu’un simple effet d’annonce, surtout au vu des spécifications officielles, des consommables listés et du positionnement face à 3D Systems, Mimaki et Stratasys.

Source autorité : fiche officielle HeyGears G1 Series

Mon avis :

La promesse est crédible sur la polyvalence : réunir UV, texture 3D, DTF/DTG et impression 3D couleur sur un format desktop répond à un vrai besoin de mutualisation. En revanche, le discours marketing reste peu vérifiable : Kickstarter, durée de tête annoncée 12–24 mois et “10 % du coût” sans prix final clairement établi inspirent prudence.

Dominique Bernard

Dominique Bernard

Dominique Bernard est rédacteur(trice) spécialisé(e) dans le lifestyle français et les voyages en France. Sur plare.fr, il/elle partage des guides pratiques, des inspirations culturelles et des critiques de gastronomie locale pour aider les lecteurs à découvrir le patrimoine et le savoir-faire français. Son expertise inclut la rédaction d'articles accessibles et bien documentés qui allient conseils pratiques et découvertes authentiques.

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