Dans un procès crucial, l’équipe juridique du PDG de Tesla, Elon Musk, demande la récusation de la chancelière Kathaleen McCormick en raison d’une réaction suspecte sur LinkedIn concernant une victoire judiciaire contre Musk. Ce mouvement intensifie les tensions déjà présentes avec la justice du Delaware.
Demande de récusation d’Elon Musk contre la chancelière McCormick
Le directeur général de Tesla, Elon Musk, a récemment déposé une motion demandant à la chancelière du Delaware, Kathaleen McCormick, de se récuser dans un procès de grande envergure intenté par des actionnaires de Tesla. Cette motion, soumise le 25 mars, soulève des préoccupations concernant l’impartialité judiciaire.
Contexte de la demande
La demande de récusation fait suite à une réaction « soutien » apparente sur LinkedIn émanant du compte de McCormick, concernant un post qui célébrait un verdict de jury de 2 milliards de dollars (environ 1,85 milliard d’euros) contre Musk dans une affaire distincte de fraude sur valeurs mobilières en Californie. Cette situation exacerbe des tensions déjà existantes entre Musk, Tesla, et le système judiciaire du Delaware, où McCormick a précédemment présidé une contestation majeure du package de rémunération record de Musk, d’une valeur de 56 milliards de dollars (environ 51,9 milliards d’euros) en 2018.
Détails de la publication LinkedIn
La publication en question a été rédigée par Harry Plotkin, un consultant en jury de Californie qui a assisté les plaignants dans le procès contre Musk concernant des tweets de 2022 relatifs à son acquisition de Twitter. Plotkin a fait l’éloge de l’équipe du procès pour avoir « défendu les petits contre l’homme le plus riche du monde ».
Un bandeau sur le post indiquait que Katie McCormick soutenait ce propos, utilisant l’icône de « soutien » de LinkedIn, considérée comme un appui plus significatif qu’un simple « j’aime ». Les avocats de Musk soutiennent que cette action crée « une perception de biais contre M. Musk », justifiant ainsi une récusation immédiate pour préserver l’impartialité judiciaire.
Réaction de McCormick
McCormick a rapidement démenti avoir intentionnellement apporté son soutien. Dans une lettre adressée aux avocats, elle a déclaré qu’elle n’était pas consciente de l’interaction jusqu’à ce que LinkedIn l’en informe. Elle a écrit : « Je n’ai soit pas cliqué sur l’icône de ‘soutien’ du tout, soit je l’ai fait accidentellement. Je ne crois pas que je l’ai fait par inadvertance. »
Son explication a été accueillie avec scepticisme, notamment par des alliés de Musk, qui jugent cette version peu crédible compte tenu de l’interface intentionnelle de la plateforme.
Rôle central de McCormick
Le rôle central de la chancelière dans les litiges sur le package de rémunération de Tesla souligne l’importance de la situation. Dans l’affaire Tornetta c. Musk en janvier 2024, elle a jugé que l’octroi d’options d’achat d’actions basé sur la performance de 2018, d’une valeur potentielle de 56 milliards de dollars à l’époque et maintenant évaluée bien plus haut, était invalide. Ce package se composait de 12 tranches d’options, chacune acquérant valeur uniquement après que Tesla ait atteint des jalons ambitieux de capitalisation boursière et opérationnels.
McCormick a estimé que Musk exerçait un « contrôle transactionnel spécifique » sur Tesla en tant qu’actionnaire majoritaire, et que le conseil d’administration manquait de suffisamment d’indépendance. De plus, les divulgations aux actionnaires concernant la procédure étaient matériellement déficientes. En appliquant la norme d’équité totale, elle a conclu que les défendeurs n’avaient pas prouvé que l’accord était juste tant en termes de processus que de prix, ordonnant une annulabilité totale, une réparation considérée comme « inimaginable » mais nécessaire pour dissuader les violations des obligations fiduciaires.
Après sa décision, les actionnaires de Tesla ont ratifié le package une seconde fois en juin 2024. McCormick a rejeté cette ratification en décembre 2024, estimant que les votes post-procès ne pouvaient pas corriger les défauts constatés.
Tesla a interjeté appel de cette décision. Le 19 décembre de l’année précédente, la Cour suprême du Delaware a unanimement annulé la mesure de rescission tout en maintenant largement les conclusions de responsabilité de McCormick. La haute cour a jugé que l’annulation totale était inéquitable et impraticable, rétablissant le package tout en accordant au plaignant uniquement des dommages et intérêts nominaux de 1 dollar (environ 0,93 euro) ainsi que des honoraires d’avocats réduits. Musk a finalement perçu l’intégralité de la récompense.
Contexte actuel
La demande de récusation actuelle se manifeste dans un autre procès dérivé de Tesla devant McCormick. Les observateurs juridiques affirment que l’acceptation de cette motion pourrait signaler une surveillance accrue des activités judiciaires sur les réseaux sociaux. En revanche, un refus pourrait renforcer les perceptions d’un système judiciaire du Delaware hermétique et déconnecté.
Les répercussions plus larges incluent une migration accélérée des entreprises hors du Delaware. Musk lui-même a transféré l’incorporation de Tesla au Texas après le premier jugement, ravivant le débat sur le fait de savoir si les tribunaux spécialisés de l’État restent la référence en matière de litiges sur la gouvernance d’entreprise.
Une décision sur cette demande de récusation est attendue prochainement. Quelle que soit l’issue, cet épisode souligne l’équilibre fragile entre l’indépendance judiciaire et la confiance du public dans les litiges à fort enjeu.
Mon avis :
Elon Musk demande la récusation de la juge McCormick dans une affaire d’actionnaires de Tesla, citant un soutien sur LinkedIn à un verdict défavorable. Bien que cela soulève des questions sur l’impartialité du système judiciaire, cela pourrait également remettre en question les normes de communication sur les réseaux sociaux. Les implications pourraient affecter la perception des tribunaux de Delaware.