La société danoise Ørsted a obtenu le feu vert judiciaire pour reprendre la construction de son projet d’énergie éolienne en mer, Revolution Wind, aux États-Unis. Ce parc, crucial pour l’approvisionnement électrique du nord-est du pays, illustre l’impact des tensions politiques sur l’expansion des énergies renouvelables.

Ørsted relance son grand parc éolien offshore aux États-Unis après le blocage fédéral

La société danoise Ørsted a obtenu le feu vert judiciaire pour reprendre la construction de l’un de ses principaux projets d’énergie éolienne en mer aux États-Unis, après plusieurs semaines d’incertitude réglementaire. Le jugement du Tribunal de District des États-Unis pour le District de Columbia permet de reprendre certains travaux du parc Revolution Wind, situé au large de la côte du Rhode Island, et considéré comme crucial pour l’approvisionnement électrique du nord-est du pays.

Cette décision fait suite à la suspension du projet par un arrêté de la Bureau of Ocean Energy Management (BOEM), une agence relevant du Département de l’Intérieur américain, dans le cadre d’une offensive plus large du gouvernement fédéral contre plusieurs parcs éoliens en mer en raison de prétendus risques pour la sécurité nationale. Ce cas est devenu un indicateur de l’influence de la politique intérieure américaine sur l’expansion des énergies renouvelables soutenues par des acteurs européens.

Qu’est-ce que Revolution Wind et pourquoi est-il si pertinent pour Ørsted ?

Revolution Wind est un projet d’énergie éolienne marine de 704 mégawatts (MW) développé au large de la côte du Rhode Island, dans l’Atlantique nord américain. L’initiative est détenue à 50 % par Ørsted et à 50 % par Skyborn Renewables, par le biais d’une coentreprise soutenue par Global Infrastructure Partners, l’un des fonds d’infrastructure les plus actifs au niveau mondial.

Son principal objectif est de fournir une énergie renouvelable, stable et à des prix compétitifs à plusieurs États du nord-est des États-Unis, une région à forte demande électrique avec des politiques climatiques relativement ambitieuses. Ce projet s’inscrit dans la stratégie d’Ørsted de se positionner comme un acteur mondial de l’éolien offshore, un domaine dans lequel l’Europe, et particulièrement des pays comme le Danemark, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, ont longtemps été à la pointe sur le plan technologique et réglementaire.

Pour le secteur européen, Revolution Wind représente une plateforme d’internationalisation : des entreprises basées dans l’UE exportent savoir-faire, équipements et services à grande échelle, tirant parti de l’expérience accumulée en mer du Nord et dans la mer Baltique. De tels projets génèrent un flux constant de contrats pour la chaîne de valeur européenne, allant des fabricants d’éoliennes aux ingénieries spécialisées et services maritimes.

Vous aimerez aussi :  Températures de l'eau de mer en Espagne : un nouveau record suscite des alertes environnementales

De plus, la présence d’Ørsted aux États-Unis est interprétée en Europe comme un indicateur de confiance dans le potentiel du marché éolien offshore américain, malgré les fluctuations politiques. Pour l’Espagne, où plusieurs entreprises participent à des fournitures et services offshore, ces développements représentent des opportunités indirectes de business et d’emploi qualifié.

L’ordre de suspension : sécurité nationale contre énergie propre

Fin décembre 2025, le gouvernement des États-Unis a émis une ordonnance pour arrêter immédiatement les travaux sur cinq grandes concessions de parcs éoliens offshore en cours de construction dans le pays. Cette décision a été justifiée par des « risques pour la sécurité nationale » et a affecté tous les baux de projets offshore à grande échelle, y compris Revolution Wind.

La BOEM a formalisé l’ordre de suspension le 22 décembre 2025, laissant les calendriers de chantier, les contrats avec les fournisseurs et les prévisions de mise en service dans l’incertitude. Dans le cas de Revolution Wind, l’arrêt impliquait des retards potentiellement coûteux et une plus grande incertitude réglementaire.

Auparavant, le 22 août 2025, la BOEM avait déjà pris une décision pertinente concernant le projet, poussant ses promoteurs à préparer une stratégie juridique pour défendre la continuité du parc. Ces décisions s’inscrivaient dans un contexte de contrôle politique accru sur les énergies renouvelables aux États-Unis, malgré les objectifs officiels de décarbonisation du secteur électrique.

La suspension a suscité des inquiétudes en Europe, où il est perçu que des changements brusques dans la politique énergétique américaine pourraient entraver les investissements de plusieurs milliards de groupes européens. Les secteurs industriels espagnols liés à l’éolien offshore ont observé la situation avec prudence, craignant un ralentissement des commandes de composants et services associés à ces parcs.

La bataille judiciaire et la mesure conservatoire cruciale pour Ørsted

Pour répondre à l’ordre de la BOEM, Revolution Wind a déposé une demande complémentaire le 2 janvier 2026 devant le Tribunal de District des États-Unis pour le District de Columbia. Dans cette demande, elle contestait la suspension du bail prononcée le 22 décembre 2025 et demandait l’octroi de mesures conservatoires permettant de maintenir les activités du projet en attendant la résolution du fond du dossier.

Le tribunal a finalement donné raison à la coentreprise d’Ørsted et de Skyborn sur ce point préliminaire, accordant une mesure conservatoire qui autorise la reprise immédiate des activités affectées par l’ordonnance de la BOEM. Ainsi, les travaux sont débloqués, du moins temporairement, pendant que se poursuit la procédure judiciaire qui examine la légalité des décisions réglementaires d’août et de décembre.

Vous aimerez aussi :  L'eau potable, l'efficacité énergétique et les bâtiments durables : les clés d'un avenir responsable.

Dans un communiqué, Ørsted a souligné que cette action judiciaire permet de réactiver les travaux de construction dès que possible, en mettant la sécurité et le respect de la réglementation en priorité. L’entreprise a également mentionné que Revolution Wind explorera la meilleure façon de coopérer avec le gouvernement américain pour atteindre une solution « rapide et durable » qui apportera de la stabilité au projet.

La mesure conservatoire ne résout pas encore le conflit de fond, mais elle envoie un signal significatif au marché : les juges estiment qu’il existe suffisamment de fondements pour éviter un blocage total du parc tout en examinant les arguments concernant la sécurité nationale et la politique énergétique. Cette interprétation est suivie avec attention en Europe, où l’on craint que des tensions géopolitiques croissantes puissent être utilisées pour ralentir les investissements dans les énergies renouvelables.

Impact sur les marchés et sur la stratégie éolienne européenne

Après la publication du jugement du tribunal de Washington, les actions d’Ørsted ont grimpé jusqu’à 6,6 % à la Bourse de Copenhague, reflétant le soulagement des investisseurs face à la possibilité de poursuivre l’un des projets phares du groupe aux États-Unis. La réaction du marché indique une évaluation significative du risque de retards prolongés ou d’annulations.

Pour l’écosystème éolien européen, l’affaire Revolution Wind rappelle l’importance d’un cadre réglementaire stable dans le processus d’expansion internationale. Les entreprises d’Espagne, du Danemark, de l’Allemagne ou de la France, qui participent directement ou indirectement à la chaîne d’approvisionnement de projets offshore, dépendent du maintien de règles claires et prévisibles par les pays récepteurs.

Dans le contexte européen, où de nouvelles zones de développement éolien offshore sont encouragées dans la mer du Nord, la mer Baltique et l’Atlantique, la situation d’Ørsted aux États-Unis est vue comme un test de stress pour le modèle de collaboration public-privé. L’expérience acquise en Europe, avec des cadres plus établis, peut jouer en faveur des entreprises du continent lors de la négociation de garanties contre les risques réglementaires dans d’autres marchés.

Du point de vue espagnol, la reprise de Revolution Wind est significative car elle renforce la position de l’éolien offshore comme technologie stratégique dans laquelle l’Espagne aspire à jouer un rôle croissant, notamment dans des solutions flottantes. Bien que le projet soit situé aux États-Unis, une partie du savoir-faire, de l’ingénierie et d’éventuels approvisionnements proviennent d’Europe, et dans certains cas, d’entreprises ayant une présence en Espagne.

Révolution éolienne en mer et leçons pour l’Espagne et l’Europe

La dispute entourant Revolution Wind met en lumière que, bien que la transition énergétique bénéficie d’un large soutien politique dans de nombreuses régions, elle n’est pas exempte de tensions lorsque la sécurité nationale ou des intérêts stratégiques sont en jeu. Ce type de conflit pourrait se multiplier à mesure que l’infrastructure renouvelable prend de l’importance dans des systèmes électriques de plus en plus électrifiés et numérisés.

Vous aimerez aussi :  Bien sûr ! Pour générer un titre SEO accrocheur, pourriez-vous me fournir le titre d'origine ou des détails spécifiques sur les avancées récentes et les défis locaux ? Cela m'aidera à créer un titre adapté et pertinent.

L’Europe, avec une expérience plus longue dans la planification et la réglementation de parcs éoliens en mer, observe ce cas comme une opportunité de renforcer ses propres cadres normatifs et de protéger la sécurité juridique des projets. Des pays comme l’Espagne, qui développent leurs premiers appels d’offres spécifiques pour l’éolien offshore, peuvent intégrer les leçons de ce genre de litiges internationaux dans leurs futurs documents et contrats.

Pour le tissu industriel européen, la continuité de projets comme Revolution Wind est cruciale car elle maintient une chaîne de valeur hautement spécialisée active, incluant depuis de grandes éoliennes jusqu’aux monopieux, câbles sous-marins, logistique maritime et services d’exploitation et de maintenance. Bon nombre de ces capacités ont été développées dans des ports et chantiers navals européens qui aspirent à continuer à exporter des solutions vers d’autres marchés.

Dans ce contexte, la décision du tribunal de Washington d’autoriser Ørsted et son partenaire à reprendre les travaux au Rhode Island est interprétée comme un souffle d’oxygène pour l’offensive internationale de l’éolien offshore européen. Si une solution stable est finalement consolidée entre les entreprises et les autorités américaines, cela enverrait un signal positif aux futurs investisseurs, y compris espagnols, intéressés par la participation à l’expansion des énergies renouvelables de l’autre côté de l’Atlantique.

Mon avis :

La reprise du projet Revolution Wind par Ørsted après une suspension judiciaire souligne l’importance des énergies renouvelables face aux enjeux de sécurité nationale. Bien que la décision offre une opportunité de croissance pour l’éolien maritime aux États-Unis, elle met en lumière les incertitudes réglementaires qui peuvent freiner les investissements européens, affectant ainsi les chaînes d’approvisionnement.

Les questions fréquentes :

Qu’est-ce que le projet Revolution Wind et pourquoi est-il important pour Ørsted ?

Revolution Wind est un projet éolien marin de 704 MW développé au large de la côte de Rhode Island, aux États-Unis. Il est co-développé par Ørsted et Skyborn Renewables. Ce projet vise à fournir de l’énergie renouvelable à des prix compétitifs aux États du nord-est des États-Unis, où la demande électrique est élevée. Il s’inscrit dans la stratégie d’Ørsted de devenir un leader mondial dans l’éolien marin.

Quelle a été la raison de la suspension des travaux sur le projet ?

La suspension des travaux sur Revolution Wind a été causée par une ordonnance d’arrêt émise par la Bureau of Ocean Energy Management (BOEM), invoquant des "risques pour la sécurité nationale". Cette décision a entraîné une pause dans plusieurs grands projets d’énergie éolienne marine aux États-Unis, imposant une incertitude quant aux calendriers d’achèvements et aux contrats de fournisseurs.

Quel a été l’impact de la décision judiciaire récente concernant Ørsted ?

La récente décision du tribunal au District de Columbia a permis à Ørsted de reprendre immédiatement les activités de construction du projet Revolution Wind. Cette mesure cautelaire a été perçue comme un signal positif pour le marché, indiquant que les juges considèrent qu’il existe suffisamment d’arguments pour éviter un blocage total tout en examinant les préoccupations de sécurité nationale.

Comment le cas Revolution Wind affecte-t-il le secteur éolien européen ?

Le cas de Revolution Wind est vu comme un indicateur de l’importance d’un cadre réglementaire stable pour les investissements dans les projets d’énergie renouvelable. Les entreprises européennes impliquées dans l’éolien marin, y compris celles d’Espagne, du Danemark et d’Allemagne, peuvent apprendre des enjeux autour de la réglementation et sécuriser des opportunités d’affaires à l’international, surtout face aux défis politiques aux États-Unis.

Share.
Leave A Reply