La question de l’énergie renouvelable stable tout au long de l’année est plus qu’une ambition écologique : c’est une nécessité économique pour l’Espagne en pleine transition énergétique. Avec des records de génération d’énergie propre, l’indispensable combinaison de technologies, de stockage, et des Garanties d’Origine pousse vers un avenir électrique durable.
Énergie renouvelable stable toute l’année : Clés, données et avenir
La recherche d’une énergie renouvelable stable tout au long de l’année ne représente plus seulement un objectif environnemental ; elle s’impose comme une nécessité économique, commerciale et sociale. L’Espagne se trouve à un tournant critique de sa transition énergétique, avec des records historiques de production d’énergie propre, de nouveaux systèmes de certification, et d’importants plans d’avenir qui façonneront la production et la consommation d’électricité pour les décennies à venir.
À l’heure actuelle, des questions légitimes se posent : Pouvons-nous dépendre exclusivement des énergies renouvelables sans risque de pénurie ? Quelles technologies garantissent le plus de stabilité ? Quel rôle joue le stockage, les interconnexions et les certificats tels que les Garanties d’Origine ? Voici un aperçu, à partir de données récentes, de la manière dont l’Espagne construit un système électrique renouvelable, robuste et fiable tout au long de l’année.
Énergie renouvelable stable tout au long de l’année : bien plus que des panneaux et des éoliennes
Lorsque l’on parle de stabilité, il ne suffit pas d’affirmer qu’une énergie est propre ; elle doit être fournie de manière continue, fiable et mesurable toute l’année. Plusieurs éléments entre en compte : le type de technologies (solaire, éolienne, hydraulique, biomasse, géothermie), le stockage, le réseau de transport, les interconnexions internationales et des mécanismes de marché tels que les PPA (Power Purchase Agreements) et les Garanties d’Origine.
Pour les entreprises, la stabilité se traduit également par une certitude en matière de prix et de traçabilité environnementale. Un contrat d’achat d’énergie à long terme (PPA) n’a que peu d’intérêt s’il est impossible de prouver, avec rigueur, que cette électricité est d’origine renouvelable et que les réductions d’émissions déclarées respectent des normes reconnues comme celles du Protocole de Gaz à Effet de Serre (GHG Protocol) ou des initiatives telles que RE100.
C’est pourquoi il est impossible de discuter d’énergie renouvelable stable sans aborder les Garanties d’Origine (GoOs), le déploiement massif des énergies renouvelables en Espagne et des projets d’envergure tels que La Robla Green, les nouveaux objectifs du Plan National Intégré de l’Énergie et du Climat (PNIEC), ainsi que la révolution du stockage et des réseaux intelligents, qui permettent d’équilibrer la production variable avec la demande réelle à chaque instant.
Les données officielles montrent qu’il ne s’agit plus pour l’Espagne de « tester » les énergies renouvelables : ces dernières constituent le pilier central du système électrique, avec plus de la moitié de la génération annuelle provenant de sources propres et une présence croissante de technologies capables d’apporter de la stabilité, telles que l’hydraulique, la biomasse ou la géothermie, soutenues par des batteries et du pompage hydraulique.
PPA 365 et Garanties d’Origine : Comment certifier une énergie renouvelable tout au long de l’année
Pour de nombreuses organisations, il ne suffit pas de consommer de l’électricité renouvelable ; elles doivent également pouvoir démontrer 365 jours par an que leur consommation électrique est liée à une production propre. C’est là qu’interviennent les PPA et les Garanties d’Origine, qui agissent comme le « DNI » renouvelable de l’énergie.
Un PPA 365 cherche à garantir un approvisionnement continu en électricité à un tarif convenu, tandis que les Garanties d’Origine certifient que cette énergie provient de sources renouvelables. Ces GoOs peuvent être souscrites avec le PPA ou de manière indépendante, afin de « verdir » la consommation d’électricité existante et de l’aligner sur des credentials renouvelables acceptées internationalement.
Ce système permet à une entreprise de soutenir ses objectifs climatiques par différentes méthodologies, en tenant compte des émissions de portée 2 du Protocole de GES, des exigences d’initiatives comme RE100 ou des rapports de durabilité conformes aux normes européennes et internationales.
Avantages de combiner PPA et GoOs
Les avantages les plus marquants de la combinaison des PPA et des GoOs incluent la possibilité de respecter les indications d’émissions de portée 2, d’harmoniser la stratégie d’entreprise avec des cadres comme RE100, et de renforcer la crédibilité des engagements publics en matière de durabilité, tout en évitant le risque de greenwashing grâce à un système de certification reconnu et traçable.
Espagne : Un record historique de production renouvelable et un système plus propre
Les dernières statistiques officielles révèlent un changement d’échelle : l’Espagne a clôturé 2024 avec 148,999 GWh d’origine renouvelable, soit une augmentation d’un peu plus de 10 % par rapport à l’année précédente. C’est le chiffre annuel le plus élevé enregistré par Red Électrique et représente environ 56,8 % de l’ensemble du mix de génération électrique national.
Cette avancée ne résulte pas d’un seul facteur : la puissance installée des énergies renouvelables a fortement augmenté, et l’année 2024 a connu des conditions météorologiques très favorables, notamment pour l’hydraulique et le solaire photovoltaïque. Ainsi, la production hydraulique a crû d’environ 35,5 % par rapport à 2023, tandis que le solaire photovoltaïque a bondi de près de 18,9 %, établissant son sixième record annuel consécutif.
Dans la répartition par technologies, l’éolien s’est maintenu comme la principale source de génération, avec une part de plus de 23 % du total national. Viennent ensuite l’énergie nucléaire, avec environ 20 %, la solaire photovoltaïque autour de 17 %, et les cycles combinés à gaz avec un peu plus de 13 %, suivis par l’hydraulique avec une contribution légèrement supérieure au même chiffre.
Cette poussée des renouvelables a un impact direct sur le climat : les émissions de CO₂ équivalent du secteur électrique ont atteint des niveaux historiquement bas, avoisinant les 27 millions de tonnes, soit une diminution d’environ 16-17 % par rapport à l’année précédente. Si l’on considère l’ensemble, environ 76-77 % de l’électricité générée en Espagne en 2024 était exempte d’émissions directes.
La dominance de la photovoltaïque en termes de puissance installée
En ce qui concerne la capacité installée, la photovoltaïque est devenue la technologie dominante dans le parc générateur espagnol. En 2024, environ 7,3 GW de nouvelle puissance renouvelable ont été intégrés, principalement photovoltaïque et éolienne, une somme sans précédent pour une seule année.
De ce total, environ 6 GW proviennent de nouvelles installations photovoltaïques, ce qui permet à cette technologie d’atteindre environ 25,1 % de la capacité totale de génération installée en Espagne. L’éolien a également progressé, ajoutant environ 1,3 GW supplémentaires, portant sa part à environ 24,9 % du parc générateur national.
Le paysage de puissance a également changé avec la fermeture définitive de la centrale thermique au charbon d’As Pontes, en Galice, qui a retiré environ 1,4 GW de capacité non renouvelable. Ainsi, fin 2024, l’Espagne comptait près de 129 GW de puissance totale installée, dont environ 66 % étaient déjà des énergies renouvelables.
La photovoltaïque est aujourd’hui la technologie renouvelable en plus forte croissance. Elle repose sur des panneaux convertissant la radiation solaire en électricité, pouvant être installés aussi bien dans de grandes centrales que sur des toits résidentiels, des entrepôts ou des parkings. Son coût a chuté radicalement au cours de la dernière décennie, renforçant sa compétitivité.
Parmi ses avantages, on notera son caractère inépuisable, la possibilité d’évoluer d’installations de petite taille à des parcs de grande envergure, ainsi que des coûts d’exploitation et de maintenance relativement bas. En revanche, elle dépend de l’ensoleillement (la production diminue en cas de temps nuageux ou pendant la nuit) et nécessite de l’espace, soit en surface soit dans les airs.
L’efficacité typique des modules commerciaux tourne autour de 15-22 %, bien que de nouvelles technologies tentent de dépasser ces valeurs. Pour que la photovoltaïque contribue à une énergie renouvelable stable tout au long de l’année, il est essentiel de l’accompagner de batteries, de pompages ou d’autres formes de stockage, ainsi que d’une bonne planification du réseau.
Énergie éolienne : Puissance abondante, mais dépendante du vent
L’éolien exploite l’énergie cinétique du vent à l’aide d’éoliennes terrestres ou maritimes. L’Espagne se classe parmi les leaders européens dans ce domaine, avec un parc éolien bien établit, apportant une part importante au mix annuel. Par ailleurs, des initiatives comme les enchères records d’énergie éolienne offshore se distinguent.
Sa principale force est que, dans les zones bénéficiant d’un bon potentiel éolien, elle offre une production significative à des coûts compétitifs, avec des rendements variant généralement entre 35 et 50 % sur les éoliennes modernes. Toutefois, elle est soumise à la variabilité du vent, ce qui nécessite un complément avec d’autres technologies et du stockage.
La combinaison de l’éolien et du photovoltaïque est particulièrement intéressante car leur production maximale ne coïncide pas toujours : certains moments sont plus venteux que d’autres ou inversement. Cela aide à adoucir la courbe de production renouvelable tout au long de l’année et à réduire la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles d’appoint.
Le rôle clé de l’hydraulique : une énergie renouvelable très stable
Au sein des énergies renouvelables, l’énergie hydraulique se distingue par sa capacité à fournir stabilité et puissance modulable au système. En Espagne, la production hydraulique en 2024 s’est élevée à environ 34 900 GWh, correspondant à une augmentation proche de 35,5 % par rapport à 2023.
Grâce à cette hausse, l’hydraulique a atteint environ 14 % de la production totale en Espagne, gagnant plusieurs points de part par rapport à l’année précédente et consolidant sa position en tant que quatrième source de génération. Un des atouts de cette technologie est qu’elle peut moduler sa production selon la demande, tout en respectant la disponibilité de l’eau décrite par les réserves des réservoirs.
Les données comparées 2023/2024 montrent que, sauf pour les mois de novembre et décembre, la production hydraulique a été supérieure presque tous les mois de l’année 2024, affichant un plus grand contraste en avril avec un bond d’environ 159 %. En revanche, en décembre, une chute notable d’environ 39 % a été notée par rapport à l’année précédente.
L’expérience de cette année exceptionnellement pluvieuse souligne une leçon cruciale : la puissance hydraulique, correctement gérée et combinée avec d’autres technologies et du stockage, constitue un précieux allié pour assurer un approvisionnement énergétique renouvelable toute l’année, tant que les conditions climatiques sont favorables et que les réserves d’eau sont maintenues.
Stockage : Le grand moteur de la stabilité renouvelable
Pour qu’un système axé sur les énergies renouvelables fonctionne de manière stable, il est essentiel non seulement de produire une grande quantité d’énergie verte lorsque le soleil brille ou qu’il vente, mais aussi de pouvoir stockage l’électricité et la restituer au réseau lorsque nécessaire. C’est là que s’illustre le stockage par batteries et le pompage hydraulique, ainsi que d’autres solutions émergentes telles que l’hydrogène vert.
L’Espagne a déjà commencé à intégrer ces technologies dans les rapports officiels du système électrique, incorporant des indicateurs spécifiques concernant le stockage. Selon Red Électrique, le pays dispose actuellement d’une capacité de stockage installée d’environ 3 356 MW, permettant d’intégrer environ 8 666 GWh d’énergie stockée sur l’année écoulée.
Les batteries et les centrales de pompage jouent un double rôle en facilitant l’intégration de grands volumes de génération renouvelable variable et en apportant des services de flexibilité et de stabilité au réseau, aidant à contrôler la fréquence, à gérer les pics de demande et à réduire le gaspillage d’énergie renouvelable lors de faibles consommations.
Pour 2030, le PNIEC établit un objectif très ambitieux : atteindre environ 22,5 GW de capacité de stockage, avec un mélange de différentes technologies. Pour cela, le secteur attend d’une réglementation claire qui puisse attirer des investissements et accélérer le déploiement de projets de batteries, de pompage et d’autres solutions avancées.
Demande électrique, réseau de transport et interconnexions : Stabilité à l’échelle du système
La stabilité renouvelable ne dépend pas seulement de l’énergie produite, mais aussi de la manière dont la demande évolue et de la robustesse du réseau électrique. En 2024, la demande électrique en Espagne a légèrement augmenté : ajustée aux effets de la température et du calendrier, elle s’est élevée d’environ 1,4 % par rapport à l’année précédente. En valeurs brutes, elle se situa autour de 248 800 GWh, soit un peu moins de 1 % de plus que l’année antérieure.
Ces niveaux suivent une tendance similaire à celle d’autres pays européens, où la consommation électrique progresse à un rythme modéré grâce à des améliorations en matière d’efficacité, des changements industriels et des conjonctures économiques. Néanmoins, le PNIEC prévoit que la demande atteindra 358 TWh en 2030, soit environ 34 % de plus qu’actuellement, en grande partie à cause de l’électrification des transports, du chauffage et de certaines industries.
Le réseau de transport espagnol a également été renforcé : en 2024, environ 487 kilomètres de circuits de nouvelles lignes ont été ajoutés, portant la longueur totale à environ 45 674 km. Le taux de disponibilité du réseau atteint près de 98 % dans l’ensemble du système national, avec des valeurs légèrement supérieures aux Baléares et aux Canaries.
À tout cela s’ajoutent les interconnexions électriques avec la France et le Portugal, qui permettent d’exporter et d’importer de l’énergie au gré des besoins du système. Cela fait déjà trois ans que l’Espagne termine l’année avec un solde net d’exportation d’électricité, affichant un montant d’environ 10 227 GWh en 2024, en grande partie grâce à son excédent renouvelable en de nombreux moments de l’année.
Objectifs du PNIEC et prévisions de croissance renouvelable
Le cadre qui guide la transition énergétique espagnole est le Plan National Intégré de l’Énergie et du Climat, mis à jour récemment avec des objectifs plus ambitieux. Le PNIEC vise qu’environ 81 % de la génération électrique provienne de sources renouvelables d’ici 2030, tout en aspirant à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050.
Concernant les objectifs de puissance, le plan vise à atteindre environ 76 GW d’énergie solaire photovoltaïque, 62 GW d’énergie éolienne terrestre, près de 4,8 GW d’énergie solaire thermique, et environ 1,4 GW de biomasse électrique pour le milieu de la prochaine décennie. La photovoltaïque est considérée, par les acteurs du secteur, comme la technologie la plus alignée avec les objectifs de croissance fixés, tandis que d’autres énergies renouvelables devront intensifier leur déploiement pour répondre à ces ambitions.
Les perspectives de marché prévoient une croissance solide. Selon des analyses spécialisées, il est estimé que la capacité renouvelable cumulée de l’Espagne pourrait dépasser 218 GW d’ici 2035, avec un taux de croissance annuel proche de 9 % entre 2024 et 2035. Au cours de cette période, la génération renouvelable passerait d’environ 131 TWh à plus de 313 TWh, avec une expansion particulièrement forte de l’énergie solaire photovoltaïque.
D’après ces projections, la capacité photovoltaïque pourrait grimper de 21,5 GW en 2021 à près de 152,8 GW en 2035, tandis que l’éolien terrestre passerait d’environ 28,7 GW à 56,3 GW durant cette même période. En outre, l’éolien offshore et l’hydrogène vert émergent comme de nouveaux axes de croissance, soutenus par des financements européens et nationaux.
Politiques, réglementation et incitations : Comment stimuler la stabilité renouvelable
Ce déploiement massif des énergies renouvelables et du stockage n’est pas le fruit du hasard : il est soutenu par un ensemble de politiques publiques et de cadres réglementaires spécifiques. Parmi eux, le Régime Économique des Énergies Renouvelables (REER) qui organise des enchères compétitives pour les nouvelles installations, et la Loi sur le Changement Climatique et la Transition Énergétique, laquelle établit des objectifs de réduction d’émissions et d’adoption des renouvelables.
La réglementation sur l’autoconsommation joue également un rôle crucial, facilitant la production distribuée au niveau des toits et de petites installations, permettant ainsi à des particuliers, entreprises et communautés énergétiques de générer et consommer leur propre électricité. Cela réduit les pertes dans le réseau, allège une partie de la demande et renforce la résilience du système face aux pointes de consommation ou à des incidents ponctuels.
Cependant, le secteur fait face à plusieurs défis : retards dans les autorisations de connexion et de construction, limitations de capacité à certains points du réseau qui entraînent le gaspillage d’énergie renouvelable non utilisée, et niveaux encore insuffisants d’interconnexion avec le reste de l’Europe, rendant difficile l’exploitation des excédents renouvelables en période de forte production.
Malgré ces obstacles, le cadre incitatif, la disponibilité des ressources solaires et éoliennes et la diversification des importations de gaz (rapidement réduite pour le gaz russe avec une forte capacité de GNL) placent l’Espagne dans une position très favorable pour poursuivre son chemin vers un mix décarboné, stable et compétitif tant au niveau européen que mondial.
Pouvons-nous compter exclusivement sur les renouvelables tout au long de l’année ?
C’est la question qui se pose. La réponse, appuyée par les données et l’expérience récente en Espagne, est que c’est possible de couvrir la demande avec un système basé principalement sur les énergies renouvelables, à condition de combiner plusieurs éléments clés : diversité technologique, stockage, réseaux renforcés, interconnexions et flexibilité de la demande.
Des technologies telles que l’hydraulique, la biomasse ou la géothermie offrent une production plus stable et gérable que le solaire ou l’éolien, qui dépendent davantage des conditions météorologiques. En parallèle, le stockage et la gestion intelligente de la demande (comme le fait de déplacer les consommations vers les périodes de forte production renouvelable) sont fondamentaux pour coordonner le puzzle au quotidien.
Les chiffres des 12 mois durant lesquels l’Espagne a maintenu plus de 50 % de sa production électrique à partir de renouvelables témoignent que la stabilité renouvelable n’est pas une théorie, mais une réalité en cours de réalisation. Pendant certaines périodes, la part des renouvelables a frôlé les 56-57 %, soutenue par une forte augmentation de la photovoltaïque et, lors d’années très pluvieuses, par une hausse exceptionnelle de l’hydraulique.
Pour l’avenir proche, le grand défi n’est pas tant de savoir s’il y aura suffisamment d’énergie renouvelable, mais comment l’intégrer et la gérer pour éviter des goulets d’étranglement sur le réseau, des pertes d’énergie ou des déséquilibres de prix. Cela demande d’importants investissements dans le stockage, le renforcement du réseau, la numérisation et des incitations pour la flexibilité de la consommation.
Types d’énergies renouvelables et leur contribution à la stabilité
Pour mieux comprendre comment garantir une énergie renouvelable stable tout au long de l’année, il est utile de passer en revue, une par une, les principales technologies propres et leur rôle dans le système. Chacune présente ses forces et ses limites, et la stabilité se réalise justement en combinant leurs profils de production.
Énergie solaire photovoltaïque : La grande protagoniste de la croissance
La photovoltaïque est la technologie renouvelable la plus dynamique. Basée sur des panneaux qui convertissent la radiation solaire en électricité, elle peut être installée aussi bien dans de grandes centrales que sur des toits résidentiels, des entrepôts ou des parkings. Son coût a chuté de manière significative au cours de la dernière décennie, ce qui en fait une option très compétitive.
Ses avantages incluent son caractère inépuisable, la facilité d’évoluer d’installations de petite taille à de grandes installations, et des coûts d’exploitation et de maintenance relativement bas. Cependant, sa production dépend de l’ensoleillement (ce qui entraîne une perte de production les jours nuageux et pendant la nuit) et nécessite un espace, soit sur des surfaces, soit au sol.
L’efficacité typique des modules commerciaux se situe entre 15 % et 22 %, bien que des technologies émergentes visent à surpasser ces chiffres. Pour que la photovoltaïque contribue à une énergie renouvelable stable tout au long de l’année, elle doit être accompagnée de systèmes de batterie, de pompages ou d’autres formes de stockage, ainsi que d’une bonne planification du réseau.
Énergie hydraulique : La plus efficace et l’une des plus stables
L’hydraulique repose sur l’exploitation de l’énergie de l’eau en mouvement, grâce à des barrages et des réservoirs qui permettent de turbiner l’eau lorsque de l’électricité est requise. C’est l’une des formes d’énergie les plus efficaces, atteignant généralement des valeurs d’efficacité de 80 à 90 % dans les grandes centrales hydroélectriques.
Ses principaux avantages reposent sur sa capacité à produire continuellement et sa flexibilité pour s’adapter aux pointes de demande, en plus de faibles coûts d’exploitation et d’une longue durée de vie des infrastructures. En revanche, elle peut avoir un impact environnemental significatif sur les écosystèmes fluviaux et son rendement dépend de la disponibilité de l’eau, très liée aux conditions climatiques et au niveau des réserves.
En matière de stabilité, l’hydraulique est essentielle, surtout lorsqu’elle est couplée avec des centrales de pompage qui permettent de stocker de l’énergie en élevant l’eau vers un réservoir supérieur en heures de faible demande ou de prix bas, puis en la turbinant lors des pics de besoin.
Biomasse et biogaz : Renouvelables gérables 24 heures sur 24
La biomasse et le biogaz exploitent l’énergie de matières organiques issues de déchets agricoles, forestiers, d’élevage ou urbains, à l’exemple de la centrale de biomasse de Logrosán. La combustion, la digestion anaérobie ou d’autres processus permettent de produire de l’électricité et de la chaleur avec une capacité de production beaucoup plus contrôlée que le solaire ou l’éolien.
Parmi ses avantages, on trouve la possibilité de réutiliser des déchets et réduire la quantité de déchets dans les décharges, ainsi que la capacité de fonctionner de manière continue, sans dépendre des conditions climatiques. En revanche, si elles ne sont pas gérées correctement, elles peuvent générer des émissions, et leur durabilité dépend largement de la provenance et de la logistique des matières premières.
En termes d’efficacité, les centrales à biomasse se situent généralement dans une fourchette de 20 à 40 %. Bien que ce ne soit pas la plus efficace, son apport à un système énergétique renouvelable est important car elle offre une puissance ferme et programmable, très utile pour stabiliser le système et compenser les périodes où les autres renouvelables sont moins productives.
Énergie géothermique : Une base constante lorsque la ressource est présente
La géothermie exploite la chaleur interne de la Terre pour produire de l’électricité ou des systèmes de chauffage. Dans les zones avec une activité géothermique suffisante, elle peut fournir une source d’énergie pratiquement constante, avec de hauts facteurs de charge et une disponibilité élevée ; par exemple, la géothermie connaît une expansion notable dans des régions spécifiques.
Ses principaux atouts sont sa production stable, son faible impact visuel et océanographique, et sa pertinence en termes de surface requise. À l’inverse, son exploitation ne peut être réalisée que dans des régions présentant des ressources géothermiques adéquates. Elle nécessite aussi des investissements élevés dès le départ, en plus de certains risques techniques associés aux forages profonds.
L’efficacité des centrales géothermiques électriques fluctue généralement entre 45 et 60 %. Dans les endroits où elle est viable, elle peut devenir une base solide de production renouvelable, complémentaire à d’autres technologies plus volatiles et favorisant une plus grande stabilité du système.
Pourquoi accélérer la transition vers les renouvelables est crucial pour un système stable et durable
En plus de la sécurité de l’approvisionnement, la transition vers une énergie renouvelable stable tout au long de l’année est motivée par des raisons climatiques et de santé publique. La production d’énergie à partir de combustibles fossiles est responsable d’une part prépondérante des émissions de gaz à effet de serre, représentant plus de 75 % de tous les GES et environ 90 % du CO₂ à l’échelle mondiale.
Les scientifiques affirment que, pour éviter les pires effets du changement climatique, il est crucial de réduire de près de moitié les émissions mondiales d’ici 2030 et d’atteindre un équilibre net zéro d’ici 2050. Cela passe par l’abandon progressif des combustibles fossiles et par des investissements massifs dans des sources d’énergie propres et l’efficacité énergétique.
Les énergies renouvelables n’ont pas seulement un impact environnemental. La combustion de combustibles fossiles est l’une des sources principales de pollution de l’air, responsable de millions de décès prématurés chaque année et de pertes économiques considérables. Le remplacement de ces sources par des technologies telles que l’éolien, le solaire ou l’hydraulique réduit drastiquement les particules et les gaz nocifs que nous inhalons quotidiennement.
D’un point de vue économique, les renouvelables sont également avantageuses : dans la plupart des régions du monde, elles représentent désormais l’option la plus économique pour la nouvelle génération électrique. Le coût de l’électricité solaire a chuté de près de 85 % au cours de la dernière décennie, tandis que les technologies éoliennes, tant terrestres que maritimes, ont vu leurs coûts divisés par deux ou plus.
Impact économique, emploi et coûts d’opportunité
Investir dans les renouvelables et technologies associées ne présente pas uniquement des bénéfices environnementaux. Chaque dollar investi dans les énergies propres génère environ trois fois plus d’emplois que la même somme dédiée aux combustibles fossiles, stimulant les industries locales de fabrication, d’installation, de maintenance et de services technologiques.
D’ici 2030, on estime que la transition vers des systèmes énergétiques à émissions nettes nulles pourrait entraîner la perte d’environ 5 millions d’emplois liés aux combustibles fossiles, mais pourrait également créer environ 14 millions d’emplois supplémentaires dans les énergies renouvelables. À cela s’ajoutent environ 16 millions d’emplois supplémentaires dans des secteurs connexes tels que les véhicules électriques, les équipements à haute efficacité ou les technologies de l’hydrogène.
Ainsi, le solde net se chiffrera à plus de 30 millions de nouveaux postes associés à la transition énergétique. Cependant, il sera impératif de veiller à une transition juste qui n’oublie personne, accompagnant les territoires et les travailleurs les plus vulnérables grâce à des politiques de réindustrialisation, de formation et de protection sociale.
En ce qui concerne les investissements nécessaires, on estime que le monde a dépensé environ 5,9 billions de dollars en subventions et coûts cachés liés aux combustibles fossiles en 2020, tandis qu’il faudrait investir environ 4 billions de dollars par an dans les renouvelables עד 2030 pour respecter les objectifs climatiques. Bien que ces chiffres puissent paraître alarmants, les économies réalisées grâce à la réduction de la pollution et des dommages climatiques pourraient dépasser 4,2 billions de dollars par an d’ici 2030.
Construire un système basé sur des énergies renouvelables stables tout au long de l’année, soutenu par un mélange de technologies propres, de stockage, de réseaux renforcés, de certificats tels que les Garanties d’Origine et d’une demande plus flexible, n’est pas seulement techniquement réalisable, mais également plus sécurisé, plus sain et économiquement plus intelligent que de continuer à dépendre des combustibles fossiles dans les années à venir.
Mon avis :
La transition vers une énergie renouvelable stable tout au long de l’année en Espagne représente un enjeu crucial, tant écologique qu’économique. L’essor de la photovoltaïque et de l’éolien, associé à des technologies de stockage avancées, favorise une réduction des émissions de CO₂. Toutefois, la dépendance aux conditions climatiques et la nécessité d’une infrastructure robuste soulèvent des préoccupations sur la fiabilité et le coût. En 2024, les renouvelables ont contribué à 56,8 % de la génération électrique, mais des défis demeurent pour assurer un approvisionnement constant.
Les questions fréquentes :
Quelles sont les principales technologies d’énergie renouvelable en Espagne ?
Les principales technologies d’énergie renouvelable en Espagne comprennent l’énergie solaire photovoltaïque, l’énergie éolienne, l’hydroélectricité, la biomasse et la géothermie. Chacune de ces technologies présente des avantages et des inconvénients, mais ensemble, elles contribuent à la stabilité et à la fiabilité du système électrique.
Comment les Garanties d’Origine (GoOs) fonctionnent-elles ?
Les Garanties d’Origine (GoOs) certifient que l’électricité consommée provient de sources renouvelables. Cela permet aux entreprises de démontrer que leur consommation est alignée avec des pratiques durables, renforçant ainsi leur crédibilité vis-à-vis des engagements climatiques.
Quelle est l’importance du stockage d’énergie dans un système renouvelable ?
Le stockage d’énergie est crucial pour assurer la stabilité dans un système basé sur des énergies renouvelables. Il permet de conserver l’électricité produite lors de périodes de forte production et de la libérer lorsque la demande augmente, contribuant ainsi à l’équilibre entre l’offre et la demande.
Quelles sont les prévisions pour l’avenir des énergies renouvelables en Espagne ?
Les prévisions indiquent que la capacité renouvelable cumulée en Espagne pourrait dépasser 218 GW d’ici 2035, grâce à une augmentation significative de l’énergie solaire photovoltaïque et de l’énergie éolienne. Cela est soutenu par le Plan National Intégré d’Énergie et de Climat, qui fixe des objectifs ambitieux pour une transition énergétique durable.








