La situation à Campos del Paraíso, province de Cuenca, soulève de vives craintes : la construction d’une seconde plante de biogás pourrait transformer ce paisible village. Les résidents, inquiets pour leur environnement et leur qualité de vie, s’organisent face à ce défi industriel croissant.
Un deuxième projet près de la première installation
La construction d’une deuxième usine de biogaz à Campos del Paraíso, dans la province de Cuenca, suscite de vives inquiétudes au sein de cette communauté rurale. Un premier projet est en cours de traitement environnemental, et les habitants, ainsi que des associations, craignent que leur région ne devienne un centre de ce type d’installations industrielles. Loin d’être considéré comme un cas isolé, une partie importante de la population perçoit un changement dans le modèle d’occupation du territoire, avec des conséquences potentielles sur l’environnement naturel, l’économie locale et la qualité de vie. Le débat a rapidement pris une dimension institutionnelle et sociale, avec le mairie, des groupes de citoyens et des organisations écologistes intervenant ces dernières semaines.
La nouvelle usine se situerait à proximité de la première installation en cours d’autorisation. Bien que les détails de ce premier projet soient accessibles dans les registres publics, le second semble se développer dans une certaine opacité administrative, selon les plaintes des citoyens.
Le deuxième projet dispose déjà d’un rapport de compatibilité urbanistique, même si les collectifs citoyens affirment ne pas avoir trouvé d’informations environnementales accessibles au public, contrairement à ce qui est le cas pour la première usine. Cette situation nourrit la méfiance et le sentiment que le territoire pourrait être entouré de plusieurs installations similaires à court ou moyen terme.
Les associations, ainsi qu’une bonne partie des résidents, pensent que la combinaison d’une installation de biométhane et de production de biofertilisants placerait cette commune sur la carte des zones industrielles liées au traitement des déchets agro-alimentaires, avec des effets dépassant largement la simple production d’énergie renouvelable.
Préoccupations liées aux odeurs, au trafic lourd et aux risques environnementaux
La nouvelle Association des résidents de Campos del Paraíso et le collectif Cuidemos Campos del Paraíso ont préparé des rapports d’évaluation des effets potentiels des deux installations. Leurs conclusions préliminaires font état de problèmes graves d’odeurs qui, selon leurs estimations, pourraient s’étendre sur plusieurs kilomètres.
Ils estiment également que l’exploitation conjointe de ces usines pourrait entraîner le passage d’environ 7 000 camions par an, ce qui augmenterait considérablement le trafic lourd sur les routes locales et les chemins ruraux. Cela pourrait entraîner plus de bruit, une détérioration des voies, des risques pour la sécurité routière et rompre le caractère tranquille de l’environnement.
Une autre source d’inquiétude majeure concerne la possible contamination des aquifères et l’impact sur le paysage. Les résidents affirment que la gestion de grands volumes de déchets et de digestats, ainsi que la production de biofertilisants, pourraient entraîner des fuites ou des déversements affectant les eaux souterraines et les sols agricoles, essentiels pour l’économie locale.
Les groupes communautaires soulignent que les conséquences ne sont pas seulement techniques ou environnementales ; elles alertent également sur les effets sur la cohésion sociale et le sentiment de sécurité dans ces petits villages, où une modification aussi brusque de l’environnement risque de créer des tensions, une division des opinions et un sentiment de perte de contrôle sur leur territoire.
Dans ce contexte, ils insistent sur le fait qu’ils n’assaillent pas le débat autour des énergies renouvelables, mais exigent un plan d’urbanisme plus équilibré, qui ne concentre pas des projets à fort impact dans peu de municipalités rurales, tout en prenant en compte la capacité réelle de la région à les accueillir.
Position du maire et assemblée extraordinaire
Le maire de Campos del Paraíso, Javi del Saz, a exprimé sa ferme opposition à l’installation de cette seconde usine et a promis que la municipalité fera tout son possible pour arrêter le projet si sa mise en œuvre est confirmée.
Pour aborder cette question de manière officielle, la mairie a convoqué un plénier extraordinaire le vendredi suivant, destiné à examiner l’impact des deux projets, à étudier les compétences municipales et à discuter des voies d’action administratives et politiques envisageables.
Parmi les options qui pourraient être discutées figurent la révision des instruments d’urbanisme, l’émission de nouveaux rapports municipaux, la demande de plus d’informations auprès des administrations compétentes en matière environnementale, et la coordination avec d’autres municipalités de la région potentiellement touchées par le trafic et les impacts indirects.
Les groupes de citoyens voient d’un bon œil la tenue de ce plénier, l’interprétant comme une réponse directe à la mobilisation sociale observée ces dernières semaines. Cependant, ils font valoir que le débat doit aller au-delà d’un seul dossier et revêtir une approche globale du positionnement de la commune par rapport à la possible prolifération d’installations de biogaz autour de son territoire.
La question de la participation citoyenne dans le processus décisionnel est également sur la table, avec des demandes pour que la mairie mette en place des mécanismes de consultation, d’information transparente et de coordination avec les associations et plateformes issues de ces projets.
Assemblée régionale avec des experts et des organisations sociales
En parallèle de la voie institutionnelle, le mouvement citoyen a organisé une assemblée ouverte à toute la région, prévue pour le 14 février à 11h00 au Silo de Carrascosa del Campo, l’une des localités de Campos del Paraíso.
Cette rencontre rassemblera des représentants de Pueblos Vivos Cuenca et de Ecologistes en Acción, ainsi que le professeur et chercheur Máximo Florín de la Université de Castilla-La Mancha. L’objectif est d’offrir une analyse sous trois angles complémentaires : le technique-environnemental, le légal-administratif et le social-territorial.
Les organisateurs soulignent que l’assemblée vise à être un espace d’information rigoureuse et de coordination collective, ouvert non seulement aux habitants de Campos del Paraíso mais aussi aux résidents d’autres municipalities voisines potentiellement affectées par ce modèle d’implantation d’installations de biogaz dans la province de Cuenca.
Parmi les thèmes abordés figurent le fonctionnement de base des usines de biogaz et de biométhane, les obligations légales en matière d’impact environnemental, les droits des citoyens dans les procédés de participation, et l’expérience d’autres villages confrontés à des projets équivalents, ainsi que les outils à la disposition des municipalités pour réguler leur territoire.
L’association des résidents met l’accent sur son objectif principal : défendre la qualité de vie, l’environnement rural et la capacité de décision locale quant au modèle de développement, appelant à l’unité du quartier et à une collaboration institutionnelle pour se confronter à une situation qu’ils considèrent déterminante pour l’avenir de la région.
Le débat autour de la deuxième usine de biogaz à Campos del Paraíso soulève des questions fondamentales quant à la manière dont les infrastructures énergétiques sont implantées en milieu rural, quel est le rôle des petites communes dans les décisions les concernant, et si les bénéfices de ces investissements compensent les impacts subis par les collectivités locales.
Mon avis :
La proposition de construction d’une seconde plante de biogaz à Campos del Paraíso suscite des préoccupations parmi les habitants concernant l’impact environnemental, la prolifération industrielle et les nuisances olfactives, tout en offrant un potentiel en énergie renouvelable et en biofertilisants. Un équilibre rigoureux entre développement économique et protection de la qualité de vie est essentiel.
Les questions fréquentes :
Quels sont les principaux préoccupations des habitants de Campos del Paraíso concernant la construction de la seconde plante de biogaz ?
Les habitants craignent que leur région devienne un point de concentration de plusieurs installations industrielles de biogaz, affectant ainsi leur environnement naturel, leur économie locale, et leur qualité de vie. Ils s’inquiètent également des problèmes potentiels tels que les mauvaises odeurs, l’augmentation du trafic lourd, et la contamination des ressources en eau.
Quel est le statut de la première plante de biogaz dans la région ?
La première plante de biogaz est actuellement en phase de tramitación environnementale, tandis que le projet de la seconde plante semble être entouré d’une certaine opacité administrative. Les citoyens s’inquiètent du manque de documentation publique accessible concernant ce nouveau projet.
Quelle a été la réaction de l Ayuntamiento de Campos del Paraíso face à ces projets ?
L’Ayuntamiento, dirigé par le maire Javi del Saz, s’est opposé à la construction de la seconde plante et a convoqué un pleno extraordinaire pour discuter de la situation. Ils envisagent diverses options, y compris la révision des instruments d’urbanisme, afin d’examiner les impacts potentiels sur la commune.
En quoi consiste l’assemblée comarcale organisée par les mouvements citoyens ?
L’assemblée, qui aura lieu le 14 février, inclura des représentants d’organisations écologiques et des experts pour discuter des aspects techniques, juridiques et sociaux des projets de biogaz. L’objectif est d’informer et de coordonner les efforts pour défendre la qualité de vie et l’intégrité de l’environnement rural.







