Les Certificados de Ahorro Energético (CAE) sont devenus un enjeu majeur de la politique de l’efficacité énergétique en Espagne, permettant aux entreprises de transformer leurs économies d’énergie en revenus et avantages fiscaux. Encadrés par le Ministère pour la Transition Écologique (MITECO), ils ouvrent un marché dynamique et en pleine croissance.
Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) ont rapidement évolué en Espagne, passant d’un outil méconnu à un élément central de la politique d’efficacité énergétique. Entreprises, administrations publiques et divers acteurs du secteur énergétique commencent à les considérer comme une véritable opportunité pour transformer les économies d’énergie en revenus et avantages fiscaux, ainsi qu’un moyen efficace de respecter les objectifs de décarbonisation.
Ce mécanisme, soutenu par le Ministère de la Transition Écologique et du Défi Démographique (MITECO), est intégré dans le Système National d’Obligations d’Efficacité Énergétique (SNOEE). Il permet la certification officielle des économies réalisées suite à une mesure d’efficacité. Ces économies peuvent être vendues ou utilisées pour répondre aux obligations d’économie imposées aux acteurs obligés, ouvrant ainsi un marché de l’efficacité énergétique de plus en plus dynamique.
Définition et fonctionnement des Certificats d’Économie d’Énergie

Un Certificat d’Économie d’Énergie est, en essence, un document électronique qui atteste qu’un nouveau gain d’énergie finale a été réalisé grâce à une mesure d’efficacité. Chaque CEE équivaut à 1 kWh d’énergie finale économisée; ainsi, si un projet génère une économie annuelle de 500 kWh, il est possible d’émettre 500 certificats correspondants à cette action.
Ce système repose sur l’idée que l’efficacité énergétique peut également devenir un actif économique. Les entreprises ou entités effectuant des investissements comme l’amélioration de l’isolation, le renouvellement d’équipements industriels ou domestiques, des systèmes de climatisation plus efficaces ou le changement d’éclairage peuvent demander l’émission de CEE et, par la suite, les céder ou les vendre à ceux qui ont des obligations d’économie.
Le mécanisme est conçu pour que toute organisation réalisant des actions éligibles ait la possibilité de monétiser les économies d’énergie, récupérant ainsi une partie du coût de l’investissement. Cela rend économiquement viables de nombreux projets qui auparavant semblaient éloignés ou peu rentables.
Dans la chaîne de valeur du système CEE, plusieurs acteurs interviennent. Les agents obligés (généralement des commerçants et autres acteurs énergétiques) doivent justifier un certain volume d’économies annuelles, tandis que les agents délégués sont des entreprises spécialisées qui aident à concevoir, vérifier et traiter les projets pour que ces économies se transforment en certificats reconnus par l’Administration.
Parallèlement, le système s’intègre à d’autres outils comme des incitations fiscales et des programmes d’aide publique, augmentant ainsi l’attrait des investissements en efficacité. Dans certains cas spécifiques, les économies d’énergie réalisées donnent également droit non seulement à des CEE, mais aussi à des déductions fiscales sur l’impôt sur les sociétés ou d’autres avantages fiscaux.
Un marché en plein essor : croissance des CEE et données récentes

Depuis son lancement en 2023, le système de CEE a montré une évolution très rapide en Espagne. En seulement deux années de fonctionnement et de déploiement progressif, le volume des économies demandées à travers ce mécanisme a atteint des chiffres remarquables, confirmant l’existence d’un réel intérêt de la part des entreprises et des administrations.
En 2025, les projets gérés par le système ont accumulé 5.790 GWh d’économies demandées, soit plus du triple des environ 1.900 GWh de l’année précédente. Ainsi, le total depuis le début du système dépasse déjà 7.710 GWh, un volume qui témoigne de la consolidation de ce marché de l’efficacité énergétique.
Considérant que le prix moyen lié à ces économies est compris dans une fourchette d’environ 115 à 140 euros par MWh, la valeur économique associée aux actions certifiées se situe dans une plage estimée entre 886,6 et 1.079 millions d’euros. Il ne s’agit pas seulement d’une économie sur la facture énergétique, mais d’une masse critique d’investissement et de retour économique qui commence à devenir pertinente pour la planification de nombreuses entreprises.
Le rapport de clôture d’exercice du Ministère indique également un développement inégal selon les territoires. La Communauté de Madrid figure en tête avec environ 1.150 GWh d’économies demandées via le système en 2025, suivie par la Catalogne avec plus de 750 GWh. D’autres régions comme la Castille-et-León ou la Galice montrent également une activité considérable, tandis que des communautés avec une densité industrielle ou économique plus faible, comme l’Estrémadure ou les Baléares, ainsi que Ceuta et Melilla, se positionnent en bas du tableau.
Cette disparité territoriale indique qu’il existe encore un potentiel de croissance très important dans certaines zones, où le système CEE pourrait stimuler des projets qui ne se concrétisent pas aujourd’hui. Pour de nombreux acteurs du secteur, le défi réside dans la meilleure diffusion du fonctionnement du mécanisme, la simplification des démarches et l’apport d’une plus grande sécurité juridique aux investisseurs.
Réformes en cours : adaptation à la directive européenne et amélioration du système
La croissance significative du système et l’approbation récente de la Directive (UE) 2023/1791 relative à l’efficacité énergétique ont incité le MITECO à lancer une révision de la réglementation qui soutient les CEE. Cette directive, qui fait partie du paquet européen « Fit for 55 », renforce les objectifs d’économies d’énergie finale et exige des États membres une méthodologie rigoureuse et traçable pour comptabiliser et notifier les économies à Bruxelles.
Dans ce contexte, le Ministère a ouvert un processus de consultation publique préalable afin de recueillir des contributions sur la modification du Real Decreto 36/2023, du 24 janvier, qui régule le système CEE, et de l’Ordre TED/815/2023, du 18 juillet, qui le développe partiellement. La période de participation s’étend de février à mars 2026, et les contributions doivent être soumises via un formulaire web disponible sur les portails ministériels.
L’objectif de cette révision n’est pas de repartir de zéro, mais d’introduire des ajustements dans les procédures de gestion pour rendre le système plus efficace, transparent et durable à long terme. Le MITECO a signalé que l’expérience accumulée pendant les deux premières années de fonctionnement a permis de détecter des goulets d’étranglement administratifs, des interprétations divergentes entre organismes et des besoins de clarification réglementaire.
La consultation publique cherche à permettre aux acteurs impliqués — entreprises, associations sectorielles, administrations autonomiques, agents délégués et obligés — d’exprimer leur avis sur les problèmes à corriger, la nécessité de la réforme et les alternatives réglementaires possibles, toujours dans le cadre des compétences étatiques reconnues par la Constitution.
En parallèle, le Ministère a précisé que seules les contributions de personnes dûment identifiées seront prises en compte, bien que les réponses puissent être publiques. Les organisations participant au processus peuvent marquer comme confidentiels les éléments de leur contribution qu’elles jugent sensibles, facilitant ainsi une discussion ouverte sans exposer d’informations stratégiques.
Propositions du secteur : simplification, sécurité juridique et numérisation
Parmi les entités ayant pris position dans ce débat, Asdae, la plateforme regroupant de nombreux agents délégués du système CEE, a articulé ses demandes autour d’un ensemble de dix lignes directrices visant à « débloquer » le fonctionnement du système, réduire l’insécurité juridique et homogénéiser les critères entre les administrations.
Une des demandes les plus souvent répétées concerne la nécessité d’établir des délais maximaux pour les liquidations et l’émission des certificats, incluant la possibilité qu’au-delà d’un certain temps sans résolution, le CEE soit considéré comme émis par silence administratif. Pour les gestionnaires de projets, cette mesure donnerait de la prévisibilité, faciliterait la planification et minimiserait les retards dans la valorisation des économies.
Asdae insiste également sur l’importance d’accélérer la numérisation des démarches et de renforcer la plateforme technologique du Ministère. L’objectif est que les dossiers qui nécessitent actuellement un intense échange de documents et des révisions successives puissent être gérés de manière plus fluide, avec traçabilité et moins de lourdeurs bureaucratiques tant pour l’Administration que pour les entreprises.
Un autre volet central des propositions concerne la clarification des fonctions et des responsabilités entre le MITECO, les vérificateurs et les organes compétents au niveau régional. La coexistence de niveaux administratifs différents, ajoutée à des interprétations parfois discordantes de la réglementation, engendre des situations où un même type de projet peut recevoir des traitements variés selon la communauté où il se trouve.
Pour réduire ce risque, la plateforme propose la création d’un comité d’arbitrage spécifique au système CEE, avec des protocoles clairs pour résoudre les conflits techniques ou procéduraux. Cet organe pourrait établir des critères homogènes, assurer la sécurité juridique des acteurs et éviter que les divergences ne bloquent les projets ou allongent les délais plus que nécessaire.
L’indépendance des vérificateurs est une autre préoccupation majeure du secteur. Asdae propose de protéger l’impartialité de ces entités et d’élaborer un Guide National de Vérification unifiant les critères d’accréditation des économies, la définition des bases de calcul, les exigences documentaires et la fréquence des inspections, minimisant ainsi les différences d’interprétation.
Au niveau régional, on appelle à progresser vers des guichets uniques et des exigences homogènes, avec des délais maximaux pour les inspections et les résolutions, ainsi qu’un ensemble de documents communs à présenter sur tout le territoire. Pour de nombreux opérateurs, la fragmentation actuelle constitue une barrière supplémentaire à l’escalade de projets à l’échelle nationale.
La plateforme a également mis en avant la nécessité d’exiger des critères clairs de solvabilité technique et financière à tous les acteurs pouvant participer à l’émission des CEE, pas seulement aux agents délégués. À son avis, le seuil permettant aux agents obligés de demander des certificats directement pourrait être revu pour éviter l’entrée d’opérateurs aux capacités limitées, ce qui pourrait entraîner des dossiers incomplets ou de mauvaise qualité.
Enfin, il est demandé que la réglementation clarifie certaines questions légales du Real Decreto 36/2023 et de l’Ordre TED/815/2023—surtout en matière de notifications, de contrats et de régime de sanction—et qu’elle définisse un itinéraire spécifique pour que les administrations publiques puissent émettre des CEE. En l’absence d’une procédure claire, on risque que des projets réalisés par des entités publiques durant les premières années du système ne puissent bénéficier de la monétisation de leurs économies.
CEE et transition énergétique dans les communautés autonomes : l’exemple de la Navarre
Tandis que le gouvernement central travaille à la mise à jour du cadre normatif, certaines communautés autonomes utilisent les CEE comme levier pour renforcer leur propre stratégie de transition énergétique. La Navarre est l’un des exemples les plus illustratifs, avec un programme combinant instruments financiers, aides directes et certification des économies pour accélérer la décarbonisation du tissu productif.
Lors d’une récente journée consacrée au secteur entrepreneurial navarrais, le conseiller de l’Industrie, de la Transition Écologique et de l’Entrepreneuriat Numérique, Mikel Irujo, a souligné que la double transformation—énergétique et numérique—avance rapidement, et que le déploiement de nouveaux instruments est essentiel pour que l’industrie puisse s’adapter à temps. Cette rencontre, organisée avec la société publique Sodena, a réuni plus d’une centaine de participants souhaitant découvrir ces outils en détail.
La directrice du Service de Transition Énergétique, Esperanza Aristu, a précisé que la région disposait pour 2026 d’un budget de 8,8 millions d’euros en aides et incitations fiscales destinées à des projets d’efficacité énergétique et de changement climatique. À ces fonds s’ajoutent l’émission de Certificats d’Économie d’Énergie et de nouvelles déductions fiscales en vigueur depuis cette année, renforçant la viabilité économique de plusieurs investissements.
Dans ce même esprit, la directrice générale de la Transition Énergétique et de l’Entrepreneuriat Numérique, I+D+i Entrepreneurial et Économie Sociale, Garbiñe Basterra, a insisté sur le fait que le succès de la transition dépend d’une collaboration étroite entre l’industrie et l’Administration. La combinaison de CEE, d’aides et d’avantages fiscaux constitue un ensemble intégré pour accompagner les entreprises dans la réduction de leurs consommations et de leurs émissions.
Le programme de l’événement comportait deux tables rondes : l’une centrée sur l’industrie et la mobilité, où la relation entre mobilité efficace, circularité et économie d’énergie a été mise en avant, et l’autre consacrée à l’édification et au secteur tertiaire. Des représentants de clubs sportifs, d’institutions publiques, d’entreprises d’ingénierie et de groupes de renouvelables ont présenté des projets concrets illustrant comment diverses entités peuvent participer à la transition énergétique en utilisant les CEE et d’autres instruments.
Monétiser les économies : investissements, déductions fiscales et enregistrement des CEE
L’un des aspects suscitant le plus d’intérêt chez les entreprises est la possibilité de récupérer une partie des investissements en efficacité énergétique grâce aux Certificats d’Économie d’Énergie et aux déductions fiscales associées aux économies enregistrées dans le système.
Par exemple, en Navarre, les nouvelles déductions permettent que certaines investissements entraînant une réduction de la consommation d’énergie finale d’au moins 30.000 kWh par an puissent bénéficier d’une bonification de 15 %, à condition que cette économie soit dûment certifiée et inscrite dans le système CEE. Le montant maximum de la déduction ne peut pas dépasser 1.500.000 euros par action.
Pour profiter de ce schéma, les entreprises doivent soumettre leur demande auprès du Service de Transition Énergétique, qui délivre un rapport attestant quelles investissements remplissent les conditions pour la déduction. Par la suite, le droit de bénéficier de l’incitation fiscale se déclenche quand les certificats d’économie liés au projet sont effectivement inscrits dans le Registre des CEE.
Au-delà de la Navarre, ce modèle illustre comment les communautés autonomes peuvent combiner des instruments financiers et le système de certificats pour promouvoir une culture énergétique plus efficiente. Simultanément, cela démontre l’importance de disposer de procédures administratives claires et agiles afin que les entreprises ne ratent pas des opportunités à cause du manque d’informations ou de la complexité des démarches.
En pratique, ces mesures encouragent des secteurs variés—de l’industrie manufacturière au petit commerce, en passant par les installations sportives ou les bâtiments publics—à envisager des projets de renouvellement d’équipements, d’enveloppes et de systèmes de climatisation qui auparavant semblaient difficiles à justifier d’un point de vue économique.
Flottes de transport : double rentabilité en combinant CEE et économies de carburant
Un des domaines où les CEE commencent à montrer un potentiel particulièrement intéressant est celui des flottes de transport routier. Dans ce secteur, le carburant représente traditionnellement l’un des principaux coûts opérationnels, de sorte qu’une réduction de la consommation a un impact direct sur les résultats financiers.
Des solutions de gestion de flottes comme celles proposées par Webfleet permettent de surveiller et d’optimiser le comportement des véhicules, améliorant les itinéraires, les styles de conduite et les temps d’inactivité. Grâce à ces ajustements, de nombreuses entreprises de transport parviennent à réduire mesurablement leur consommation de carburant, permettant ainsi de certifier ces économies via le système CEE.
Dans le cadre d’une table ronde récente, Webfleet a rassemblé divers acteurs de la chaîne de valeur des certificats—agents obligés, agents délégués et entreprises de transport—pour expliquer comment réaliser une « double rentabilité » : économiser sur le carburant tout en gagnant des revenus supplémentaires grâce à la vente de CEE.
Parmi les expériences partagées, on trouve les cas de Transnaba et Transfarm, deux entreprises de transport qui ont utilisé les données générées par le système de gestion de flottes pour démontrer les économies réalisées. Transnaba, avec une flotte de grands tonnages, a obtenu environ 50.000 euros de revenus supplémentaires grâce à la monétisation de ces économies, tandis que Transfarm, avec une flotte de fourgons, a réalisé environ 16.500 euros selon une logique similaire.
Dans les deux cas, la gestion des certificats a été soutenue par CERTEX innova en tant qu’agent délégué, chargé de structurer le processus d’émission des CEE, en collaboration avec Axoil en tant qu’agent obligé, qui a acquis les certificats pour compenser sa propre empreinte environnementale. Ce type de schéma montre comment le système peut générer des synergies entre des entreprises de secteurs très divers.
La session, sous forme de webinaire gratuit, s’est concentrée sur la clarification des aspects pratiques : quelles données sont nécessaires, comment est calculée l’économie, quels sont les délais et quelles étapes doivent être suivies pour que les projets d’efficacité dans les flottes se traduisent en certificats valides et en revenus pour les entreprises de transport.
Industrie et centres de données : projets tirant parti des CEE
Le secteur industriel commence également à s’appuyer sur les CEE pour intégrer ses plans de décarbonisation. Les grandes installations consommatrices d’énergie, comme les usines, les centres de logistique ou les centres de données, trouvent dans ce mécanisme un allié pour justifier les investissements dans des équipements plus efficaces et des systèmes de réfrigération avancés.
Un exemple représentatif est celui de ENGIE et sa collaboration avec Nabiax, un opérateur de centres de données avec plusieurs campus en Espagne. Dans le cadre d’un projet mené dans le Campus de Alcalá Data Center, des systèmes de climatisation de très haute efficacité ont été installés dans les bâtiments de l’installation, visant à réduire la consommation énergétique associée à la réfrigération des serveurs.
Grâce aux actions entreprises, Nabiax a réalisé une réduction de la consommation d’environ 1,8 GWh par an, une économie qui s’est traduite par l’obtention de Certificats d’Économie d’Énergie attestant l’impact de l’investissement. Ce type de projet démontre qu’il est possible de concilier la croissance du secteur numérique avec la réduction des émissions et de la consommation électrique.
ENGIE, accrédité par le MITECO en tant qu’agent délégué dans le système CEE, a géré l’émission des certificats découlant du projet. Son rôle consiste, entre autres, à définir la méthodologie de calcul des économies, coordonner la vérification des données et traiter la documentation nécessaire auprès des autorités compétentes.
Au-delà du secteur des centres de données, l’entreprise collabore avec de nombreuses industries pour identifier les actions éligibles et maximiser la valeur des CEE dans le cadre de leurs stratégies d’efficacité énergétique. Pour de nombreux grands consommateurs, les certificats deviennent un élément à prendre en compte lors de la conception de plans d’investissement à moyen et long terme.
Ces initiatives s’inscrivent dans la philosophie générale du système : promouvoir des investissements qui réduisent les consommations et les émissions sans freiner l’activité économique, en exploitant la valeur économique des économies pour réduire les délais de retour sur investissement.
Défis à relever et perspectives d’avenir pour le système CEE
Malgré la forte croissance observée et l’intérêt suscité auprès des entreprises et des administrations, le système des Certificats d’Économie d’Énergie doit encore surmonter des défis importants pour se consolider pleinement comme un outil structurant de la politique énergétique espagnole.
Un des défis les plus souvent évoqués par les acteurs du secteur est la nécessité d’accélérer les procédures administratives. Des délais de traitement longs peuvent décourager les entreprises qui ont besoin de certitudes concernant la récupération de leur investissement. Ainsi, de nombreuses propositions sectorielles se concentrent sur des délais maximaux, un silence administratif et une plus grande automatisation des processus.
Il est également crucial de renforcer la coordination entre l’Administration générale de l’État et les communautés autonomes. L’existence d’interprétations différentes selon les territoires complique les projets exécutés sur plusieurs régions ou pouvant être reproduits dans d’autres communautés. L’homogénéisation des critères et la création d’espaces de dialogue technique émergent comme des priorités récurrentes.
Au niveau européen, la nécessité de respecter les objectifs de la Directive sur l’efficacité énergétique et de rapporter à la Commission européenne des économies bien justifiées et traçables ajoute une couche supplémentaire d’exigence. Le système CEE doit être capable de générer des données solides, vérifiables et comparables, de manière à servir non seulement à monétiser des économies au niveau national, mais aussi à soutenir les engagements internationaux de l’Espagne.
Par ailleurs, le développement du marché des certificats pourrait être stimulé par une sensibilisation accrue au système parmi les PME, les administrations locales et les secteurs moins familiers avec l’efficacité. De nombreuses opportunités d’économie restent inexploitées en raison d’un manque d’informations ou de la perception que le procédé est trop complexe, ce qui pourrait être corrigé par des programmes spécifiques de formation et d’accompagnement.
Dans l’ensemble, la combinaison de réformes normatives, d’une numérisation accrue, de clarifications des règles et de bonnes pratiques sectorielles promet un avenir où les Certificats d’Économie d’Énergie s’imposent comme un outil stable pour financer et reconnaître des projets d’efficacité, tant en Espagne qu’au sein de l’Union européenne. Si un assouplissement de leur utilisation est réalisé sans compromis sur le rigueur technique, les CEE peuvent continuer d’élargir leur portée dans les flottes, l’industrie, la construction et les administrations publiques, devenant un élément courant de toute stratégie de transition énergétique.
Mon avis :
Les Certificados de Ahorro Energético (CAE) offrent une voie novatrice pour monétiser les économies d’énergie en Espagne, soutenant ainsi la transition énergétique. Bien que ce système favorise les investissements en efficacité énergétique et encourage des économies substantielles, son efficacité est parfois entravée par une bureaucratie complexe et des disparités régionales dans sa mise en œuvre.
Les questions fréquentes :
Qu’est-ce que le Certificat d’Économie d’Énergie (CAE) ?
Le Certificat d’Économie d’Énergie (CAE) est un document électronique attestant qu’un nouvel économi d’énergie finale a été réalisé grâce à une mesure d’efficacité. Chaque CAE équivaut à 1 kWh d’énergie finale économisée, permettant ainsi de certifier des économies d’énergie et de les commercialiser.
Quel est l’impact économique des CAE ?
Depuis son lancement, le système des CAE a démontré un potentiel économique significatif, représentant un volume d’économies accumulé de plus de 7.710 GWh. Avec un prix moyen oscillant entre 115 et 140 euros par MWh, la valeur économique des actions certifiées se situe entre 886,6 millions et 1,079 milliard d’euros, encourageant ainsi les entreprises à investir dans des projets d’efficacité énergétique.
Comment les entreprises peuvent-elles bénéficier des CAE ?
Les entreprises peuvent récupérer une partie de leurs investissements en efficacité énergétique en certifiant leurs économies. Par exemple, en Navarre, les investissements qui réduisent la consommation d’énergie finale de 30.000 kWh par an peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt de 15 %, ce qui souligne l’importance d’une certification adéquate pour accéder à ces avantages fiscaux.
Quelles sont les propositions pour améliorer le système CAE ?
Les entités du secteur ont proposé plusieurs mesures pour améliorer le système CAE, telles que la simplification des procédures administratives, l’établissement de délais pour la délivrance des certificats, et le renforcement de la digitalisation des démarches. Ces améliorations visent à donner plus de clarté et d’efficacité au processus tout en assurant une meilleure collaboration entre les différentes administrations.





