El mayor embalse de España libera agua tras intensas lluvias: impacto y medidas de seguridad

En février 2026, le plus grand réservoir d’Espagne, La Serena, a ouvert ses portes après plus d’une décennie. Cette initiative, sous l’œil vigilant de la Confédération Hydrographique du Guadiana (CHG), vise à gérer le surplus d’eau causé par des pluies intenses, un événement exceptionnel qui rappelle l’importance stratégique de cette infrastructure.

embalse le plus grand d'Espagne ouvre ses vannes

Le réservoir de La Serena, la plus grande réserve d’eau d’Espagne et l’une des infrastructures hydrauliques les plus impressionnantes d’Europe, a rouvert ses vannes après plus d’une décennie de début d’une telle opération. Les récentes tempêtes, accompagnées de fortes pluies et de périodes de dégel, ont conduit cette structure à frôler les limites de sa capacité, ce qui a nécessité un plan de déversement soigneusement élaboré.

Ce phénomène, qui survient en février lors d’une période de tempêtes intenses sur la péninsule, remet La Serena et le bassin du Guadiana au centre des préoccupations hydrauliques. Il ne s’agit pas d’un simple déversement, mais d’une manœuvre planifiée entre réservoirs visant à créer un espace pour de nouvelles affluences et à minimiser les risques pour les zones habitées et pour le réseau fluvial en aval.

La Serena ouvre ses vannes : un événement spectaculaire mais rare

ouverture des vannes du réservoir de La Serenaouverture des vannes du réservoir de La Serena

La manœuvre a eu lieu le lundi 9 février à midi, lorsque le volume d’eau accumulé avoisinait les 2 981-2 983 hectomètres cubes, soit environ 92-92,6 % de la capacité maximale de La Serena, estimée à 3 219 hm³. La Confédération Hydrographique du Guadiana (CHG) a autorisé cette manœuvre après avoir constaté que les pluies récentes, couplées aux prévisions de nouvelles tempêtes, pourraient amener le réservoir à se rapprocher de sa cote maximale.

Pour alléger la situation, un déversement contrôlé, qualifié d’interne, a été organisé, avec l’ouverture de quatre des huit vannes du barrage. Le débit libéré est d’environ 180 mètres cubes par seconde, un chiffre important mais largement inférieur aux grands déversements d’urgence souvent associés aux situations d’inondation imminente. L’objectif n’est pas de vider le réservoir, mais d’obtenir une marge de sécurité pour la suite.

Cette manœuvre coïncide avec une période symbolique pour les techniciens et les habitants de la région. Février est devenu un mois clé dans l’histoire de La Serena : le premier grand déversement a eu lieu en 1997, la dernière ouverture des vannes avant celle-ci date de 2014, et en 2013, une exception a conduit à un retard jusqu’à fin mars. Douze ans après l’événement de 2014, le calendrier marque une nouvelle ouverture en plein hiver.

Malgré l’attrait des images, la CHG souligne que ce n’est pas une situation incontrôlée. Le barrage avait déjà commencé quelques jours auparavant à évacuer de l’eau par ses déversoirs, et l’ouverture des vannes fait partie d’une opération échelonnée pour gérer le volume accumulé. Lors des années précédentes, le réservoir avait même enregistré des niveaux plus élevés ; par exemple, le 24 décembre 2010, 3 080 hm³ avaient été atteints, environ 96 % de sa capacité.

Un géant de l’eau : le plus grand réservoir d’Espagne et le troisième en Europe

La Serena n’est pas un réservoir ordinaire. Construit entre 1984 et 1990 sur le fleuve Zújar, il couvre plus de 13 900 hectares et s’étend sur plusieurs municipalités telles que Castuera ou Esparragosa de Lares, dans la province de Badajoz. Depuis son inauguration au début des années 90, il s’est affirmé comme la plus grande réserve d’eau douce d’Espagne et la troisième en Europe en termes de volume stocké.

La Serena joue un rôle stratégique dans la gestion du débit du Guadiana, tant sur le plan de l’approvisionnement et de l’irrigation que de la sécurité face aux débordements. Sa capacité immense permet d’amortir les épisodes de fortes pluies, tout en exigeant une vigilance constante pour éviter de se retrouver sans marge de manœuvre lors de prochains épisodes pluvieux.

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Le surnom de « le géant de La Serena », largement répandu par les médias et les habitants, ne provient pas seulement des chiffres de stockage. Ce réservoir est aussi devenu une attraction touristique majeure, offrant des paysages qui rappellent de vastes mers intérieures et une faune associée à ses eaux, attirant des amateurs de la nature, malgré les défis de qualité tels que les microalgues.

Son unicité est également mise en avant par des détails tels qu’un héliport construit à proximité du barrage, qui n’a été que peu utilisé depuis son inauguration officielle en février 1990. Après un retard dû à la brume, la présence de l’héliport contraste avec l’activité intense de gestion de l’eau qui a fait de La Serena une pièce maîtresse de l’hydrologie de l’Estrémadure.

Comment le déversement est réalisé : un transvasement interne vers le Zújar

Cette opération a une caractéristique essentielle : l’eau n’est pas libérée directement dans le lit du Guadiana, mais est transférée au réservoir du Zújar, situé en aval mais appartenant au même système Serena-Zújar. La CHG insiste sur le fait qu’il s’agit d’un déversement interne, visant à profiter de l’espace disponible dans le second réservoir.

Depuis plusieurs jours, le réservoir du Zújar turbinait de l’eau pour générer de l’énergie et faire de la place pour cette manœuvre. Au moment de l’ouverture des vannes de La Serena, le Zújar était légèrement au-dessus de 76 % de sa capacité, avec environ 230 hm³ stockés, offrant une marge suffisante pour absorber une partie du débit provenant de son illustre voisin sans augmenter les déversements vers le Guadiana.

Le débit libéré, d’environ 180 m³ par seconde, se situe dans une plage considérée comme gérable en termes de sécurité hydraulique. En tant que transfert interne entre barrages, les autorités précisent qu’aucune augmentation significative du niveau des rivières en aval du Zújar n’est prévue. Cela n’empêche pas une surveillance permanente via le Système d’Information des Réseaux Automatiques (SIRA) du bassin.

En outre, la cuvette dispose d’un tunnel de transfert Zújar-Orellana, une infrastructure permettant de déplacer de l’eau vers d’autres points stratégiques du système du Guadiana. Ce réseau de barrages interconnectés, incluant des réservoirs tels que Cijara, García de Sola et Orellana, facilite des décisions de déversement basées sur une vision d’ensemble plutôt que d’un barrage à l’autre.

La CHG explique que la manœuvre actuelle vise à canaliser les apports résultant des tempêtes récentes et des prévisions de nouvelles tempêtes. Entre dimanche matin et lundi après-midi, La Serena a gagné 52 hm³, un rythme de remplissage inhabituel qui a forcé une action rapide afin d’éviter que le réservoir ne doive passer d’un déversement contrôlé à une libération d’urgence par sécurité.

Un historique d’ouvertures limitées : 1997, 2013, 2014 et maintenant

En plus de trois décennies de service, La Serena n’a ouvert ses vannes que quatre fois, en incluant l’épisode actuel. Pour une infrastructure de cette taille, conçue précisément pour réguler de grands volumes d’eau, cette rareté d’ouvertures souligne l’exceptionnel de ce qui se passe actuellement.

La première opération majeure documentée remonte à 1997, peu après la mise en service du réservoir. C’était le début d’un mécanisme qui, par conception, n’est utilisé que lorsque le niveau approche trop de la cote maximale, en raison des prévisions météorologiques annonçant d’importantes pluies à venir.

La deuxième date clé est fin mars 2013, lorsque l’un des déversements les plus médiatisés a eu lieu. Pendant plusieurs jours, deux vannes sont restées ouvertes pour transférer environ 40 hm³ au Zújar, avec des débits atteignant entre 500 et 900 m³/s par moments. Bien qu’il s’agisse d’un déversement interne, l’ampleur du volume libéré a illustré l’ampleur de la réaction possible du système face aux fortes pluies.

Un an plus tard, en février 2014, un épisode similaire a eu lieu, cette fois avec trois vannes ouvertes pendant environ 24 heures et un volume estimé à près de 60 hm³. Encore une fois, l’eau a été dirigée vers le réservoir du Zújar, exploitant l’espace déjà créé pour maintenir le débit sous contrôle dans les rivières plus en aval.

La manœuvre actuelle, en février 2026, s’inscrit dans cette même logique de déversements rares mais très planifiés. La différence réside dans le fait qu’elle survient après une longue période marquée par la sécheresse sur une grande partie de la péninsule et par des années durant lesquelles l’ouverture des vannes du plus grand réservoir du pays semblait peu probable. Le retournement brusque de la situation, avec des tempêtes successives et des réservoirs pleins, oblige les gestionnaires à se rappeler que les risques hydriques ne sont pas uniquement associés à un manque d’eau.

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Tempête, tempêtes et inondations : un contexte hydraulique tendu

Le déversement de La Serena ne peut être compris sans prendre en compte la situation météorologique des dernières semaines. Plusieurs tempêtes ont traversé la péninsule ibérique, provoquant des épisodes de fortes pluies, des inondations, des évacuations et des problèmes de mobilité, touchant particulièrement l’Andalousie et des régions spécifiques telles que Cádiz, ainsi que certaines zones intérieures de la péninsule. Elles ont également incité des inspections dans des infrastructures telles que la centrale hydroélectrique d’Urra.

Dans le bassin du Guadiana, les effets se sont traduits par une augmentation généralisée des débits des rivières et des ruisseaux et un grand nombre de réservoirs atteignant des niveaux très élevés. Ce lundi, la CHG maintenait une douzaine de stations de mesure à des seuils d’alerte hydraulique rouges, indiquant des scénarios très dangereux, avec des risques d’inondation dans des zones peuplées et des interruptions de voies de communication essentielles.

Les points les plus surveillés incluent des sections du fleuve Guadiana dans des villes comme Orellana, Don Benito, Mérida ou Badajoz, ainsi que des affluents tels que Bullaque, Ruecas, Rivera de Lácara ou Guadajira. Les autorités recommandent de prendre des précautions dans les zones basses proches des cours d’eau et de maintenir les mesures d’auto-protection habituelles en période de crue.

Cette situation n’est pas exclusive au Guadiana. Dans d’autres bassins, comme celui du Duero, des vannes sont également ouvertes dans de grands réservoirs pour gérer l’excès d’eau. C’est le cas du réservoir de Santa Teresa, dans la province de Salamanque, où le débit déversé a atteint des maxima annuels, obligeant à mettre en place des alertes pour de possibles crues du Tormes et à préparer des mesures de protection dans des zones urbaines sensibles.

Parallèlement, de nombreux barrages moyens et petits procèdent également à des relâchements, à l’exception notable de certains réservoirs situés dans des zones de moins de précipitations, comme celui d’Alange dans le sous-bassin du Matachel, qui reste encore loin de sa capacité maximale. Cet ensemble de situations reflète à quel point la gestion de l’eau en Espagne nécessite une analyse précise de territoire à territoire.

Autres grands réservoirs en Estrémadure et le rôle de l’Europe

Le rôle de La Serena s’inscrit dans un système de grands réservoirs en Estrémadure qui joue un rôle essentiel durant ces épisodes de fortes pluies. Le réservoir d’Alcántara, le deuxième plus grand d’Espagne par sa capacité et également situé en Estrémadure, déverse de l’eau depuis des jours et affiche des niveaux dépassant les 90 % de remplissage.

D’autres réservoirs importants de la région, tels que Cijara, García de Sola ou Orellana, intégrés dans la première grande interconnexion de réservoirs du Guadiana, relâchent aussi du débit. C’est également le cas de Valdecañas sur le fleuve Tajo et Gabriel et Galán sur le fleuve Alagón, tous dépassant largement les 80-90 % de leur capacité, ce qui nécessite une gestion coordonnée pour éviter que l’eau ne devienne un problème dans les sections inférieures.

Au niveau européen, le réservoir le plus proche est le réservoir portugais d’Alqueva, le plus grand d’Europe occidentale, avec une capacité d’environ 4 150 hm³ et une surface d’environ 250 km². Pendant des décennies, la viabilité d’un réservoir de cette taille dans une région historiquement sèche a été mise en doute, au point que le projet est resté dans les tiroirs pendant un demi-siècle. Cependant, depuis la fermeture des vannes en 2002, Alqueva est devenu un élément clé pour l’approvisionnement, l’irrigation et la production d’énergie dans le sud du Portugal.

Récemment, Alqueva a également dû déverser rapidement de l’eau, à certains moments équivalant à une piscine olympique toutes les quelques secondes, illustrant comment le changement des schémas de pluie met à l’épreuve même les infrastructures les mieux conçues du continent. L’expérience portugaise rappelle que les grands réservoirs ne sont pas une garantie absolute contre la sécheresse ni une solution simple face aux pluies extrêmes.

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La combinaison de La Serena, Alcántara, Cijara, Orellana, Valdecañas, Gabriel et Galán, et d’autres réservoirs de la péninsule configure un réseau de régulation à l’échelle européenne. Leur gestion durant des moments de tension comme celui-ci est observée avec intérêt par d’autres pays, désireux de comprendre comment s’articulent les équilibres entre sécurité, consommation humaine, irrigation, production électrique et conservation de l’environnement.

Impact social, tourisme et la nouvelle normalité de l’eau

L’ouverture des vannes du plus grand réservoir d’Espagne a un fort composant symbolique et social. Dès que les premières images de l’eau déversée vers le Zújar ont circulé, de nombreux curieux se sont rendus sur place pour voir de leurs propres yeux un spectacle qui est loin d’être quotidien. Pour ceux qui vivent dans la région, le rugissement de l’eau et l’image du déversement sont devenus des éléments ancrés dans une mémoire collective liée à des années très précises.

Cette affluence de visiteurs s’ajoute à l’intérêt croissant pour des parcours tels que la « Route des Barrages », qui relie La Serena, Zújar et Orellana, permettant d’explorer l’un des ensembles de paysages aquatiques les plus étendus d’Estrémadure. Dans de nombreux segments, la couverture mobile est limitée, ce qui est devenu un attrait supplémentaire pour ceux qui cherchent à se déconnecter et à s’immerger complètement dans un environnement naturel, dominé par le silence et les oiseaux aquatiques, coincé entre des moments de tranquillité et le fracas des vannes ouvertes.

En même temps, cet épisode invite à aller au-delà de l’anecdote. L’alternance entre sécheresses sévères et pluies extraordinaires marque la planification hydrique en Espagne et dans une bonne partie de l’Europe. Les années de pénurie ont conduit à une gestion minutieuse de chaque goutte, tandis que les périodes de tempêtes intenses obligent à relâcher de l’eau qui, dans d’autres circonstances, aurait été conservée.

Les spécialistes soulignent que la plupart des « réservoirs faciles » ont déjà été construits et que de nouveaux projets à grande échelle seraient confrontés à d’importants obstacles techniques, environnementaux, économiques et sociaux. Cela signifie que la réponse à cette « nouvelle normalité » réside moins dans la construction de nouveaux barrages et davantage dans l’amélioration de la gestion des infrastructures existantes, le renforcement des réseaux d’observation, l’adaptation des consommations et une meilleure planification du territoire face aux inondations et sécheresses.

Dans ce contexte, ce qui se passe à La Serena fonctionne presque comme un thermomètre de la gestion de l’eau sur la péninsule. Un réservoir qui, il y a encore quelques années, suscitait des inquiétudes en raison de ses bas niveaux, se retrouve maintenant à ouvrir ses vannes pour créer une marge avant les tempêtes à venir. Entre ces extrêmes, la constante reste la nécessité d’une prise de décision rapide, coordonnée et basée sur des données permettant d’exploiter les pluies sans mettre en danger les personnes ni les écosystèmes.

Ce dernier épisode offre l’image d’un géant de béton et d’eau à la limite de sa capacité, gérant mètre cube après mètre cube en collaboration avec d’autres réservoirs du bassin du Guadiana et en gardant un œil sur le ciel. Si pour beaucoup cela représente un spectacle visuel, pour les responsables de la gestion de l’eau, c’est la preuve que les grandes infrastructures hydrauliques restent indispensables, mais qu’il ne suffit plus de les posséder : il est désormais nécessaire de les ajuster et de les adapter à un climat de plus en plus difficile.

Mon avis :

L’ouverture récente des compuertas du grand embalse de La Serena souligne l’importance stratégique et la gestion complexe des ressources hydriques en Espagne, marquée par des périodes de sécheresse et d’intempéries. Bien que cette manœuvre contrôlée soit bénéfique pour éviter les inondations, elle révèle également une vulnérabilité face à des conditions climatiques changeantes, nécessitant une meilleure planification.

Les questions fréquentes :

Quel est l’importance du réservoir de La Serena en Espagne ?

Le réservoir de La Serena est la plus grande réserve d’eau d’Espagne et l’une des infrastructures hydrauliques les plus imposantes d’Europe. Sa capacité permet de réguler le débit du Guadiana, et il joue un rôle stratégique dans la gestion de l’eau pour l’approvisionnement et l’irrigation.

Pourquoi les vannes de La Serena ont-elles été ouvertes récemment ?

Les vannes de La Serena ont été ouvertes en raison des pluies persistantes et des neiges fondantes qui ont rapproché le réservoir de sa capacité maximale. Cette manœuvre a été soigneusement planifiée pour éviter des risques d’inondation dans les zones habitées en aval.

Quelle est la technique utilisée pour le déversement de l’eau ?

Le déversement s’effectue par un « débordement interne » contrôlé, transférant l’eau vers le réservoir de Zújar plutôt que directement dans le cours du Guadiana. Cela permet de gérer le volume d’eau et d’éviter un déversement d’urgence.

Quelles sont les implications sociales et touristiques de l’ouverture des vannes ?

L’ouverture des vannes génère un intérêt touristique important, attirant des visiteurs pour contempler ce spectacle rare. Cela renforce également la mémoire collective des habitants, tout en soulevant des questions sur la gestion de l’eau face aux alternances entre sécheresse et fortes pluies en Espagne.

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