La polémique entourant la plante de biogaz à La Atalaya, dans la commune de Santa María de Guía, devient de plus en plus intense. Les résidents s’inquiètent de l’impact environnemental et sanitaire, tandis que la Plataforme Stop Planta de Biogás intensifie sa lutte, unissant voix et actions judiciaires.

La controverse autour de la plante de biogaz projetée dans le quartier de La Atalaya, dans la municipalité grancanaria de Santa Maria de Guía, continue de croître, se positionnant comme l’un des conflits environnementaux et communautaires les plus significatifs de la région nord de Gran Canaria. Les inquiétudes des habitants se joignent désormais aux nouvelles allégations institutionnelles, mettant en lumière l’absence d’une évaluation environnementale conjointe et la proximité des installations avec des zones densément peuplées.
Parallèlement, la résistance des citoyens s’est organisée autour de la Plateforme Stop Planta de Biogás en La Atalaya, qui a fait le saut de la mobilisation dans la rue à la voie judiciaire. Les assemblées communautaires, les allégations formelles et le débat public ont débouché sur une situation plus complexe, où les décisions administratives et les tribunaux joueront un rôle déterminant dans l’avenir du projet, comme en témoignent d’autres mobilisations similaires en Espagne.
Un projet lié à une plante hybride proche de Gáldar
Le cœur du conflit tourne autour de la plante de traitement et de valorisation des déchets agroalimentaires destinée à produire du biogaz et du compost à La Atalaya, qui sert de base fonctionnelle à une installation de génération hybride (cogénération-éolienne) de 499 kW, promue par l’entreprise Conagrican, S.L. Cette plante hybride est projetée dans la municipalité de Santa Maria de Guía, mais très proche de la frontière avec Gáldar ; des cas similaires d’autres entreprises avancent également des projets de plantes, montrant ainsi la complexité technique et sociale de ces initiatives, à l’instar de celle en La Sentiu de Sió.
Selon les réitérations de la Mairie de Gáldar, l’installation de génération hybride serait située à environ 800 mètres de son territoire municipal, avec une incidence directe sur des noyaux comme Caleta de Arriba et le centre urbain de Gáldar. Cette proximité justifie que la mairie se considère clairement affectée et par conséquent, qu’elle a le droit d’être consultée et entendue dans l’ensemble du processus d’autorisation, un droit qui a été revendiqué même par le biais de consultations contraignantes dans d’autres municipalités.
Le projet de biogaz à La Atalaya ne se présente pas de manière isolée, mais comme une partie d’un ensemble industriel combinant le traitement des déchets agroalimentaires, la production de biogaz, le compostage et la génération d’énergie par cogénération et éolienne. Précisément, cette interdépendance entre les installations est l’un des arguments centraux des allégations municipales, qui réclament une évaluation globale et non fragmentée, un débat qui est présent dans les analyses sur les plantes de biogaz en Espagne.
Parmi les inquiétudes partagées par les administrations de Gáldar et Santa Maria de Guía, il y a le fait que la plante est projetée à une distance réduite de zones habitées, avec une école à environ 500 mètres de l’emplacement prévu. Ce fait ravive le débat sur la pertinence de l’emplacement choisi et sur la nécessité d’exiger des garanties sanitaires et environnementales, comme cela a été le cas dans d’autres projets qui ont finalement été archivés sous la pression sociale et environnementale, par exemple en Cantabrie.
Absence de démarche d’audience et d’évaluation intégrée
La Mairie de Gáldar a réitéré dans plusieurs documents qu’elle n’a pas été incluse dans la démarche d’évaluation environnementale du projet de base de biogaz ni de la plante hybride subséquente qui y est liée. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une administration directement affectée par la proximité de l’infrastructure, il ne lui aurait pas été accordé l’audience requise, ce que la Mairie considère comme contraire à la législation en vigueur ; dans d’autres municipalités, des mesures administratives ont été adoptées, comme la suspension temporaire de licences, au même titre que Cabra.
En octobre 2025, Gáldar avait déjà présenté des allégations contre la plante de biogaz à La Atalaya, remettant en question son impact environnemental, sanitaire et territorial. Cependant, la mairie se plaint que ces allégations n’ont pas encore reçu de réponse explicite de l’administration régionale, tandis qu’une nouvelle autorisation pour la plante hybride est désormais en cours, s’appuyant précisément sur cette infrastructure initiale.
La Mairie soutient que cette manière de traiter le dossier, avec des autorisations indépendantes pour des morceaux d’un même système industriel, pourrait violer les principes de bonne administration, de sécurité juridique et d’évaluation environnementale intégrée. À son avis, fragmenter le projet empêche d’analyser de manière réaliste les effets cumulés et les synergies entre les différentes installations, une critique similaire à celle exprimée dans la controverse autour de la macroplante projetée à Huesca.
Gáldar exige d’être reconnue de manière expresse comme administration affectée et intéressée dans le processus, comme le stipule la réglementation lorsque qu’un projet peut avoir une répercussion directe sur le territoire et la population d’une municipalité voisine. Le maire, Teodoro Sosa, a signé les documents dans lesquels il exige que ces lacunes de participation institutionnelle soient corrigées, réclamant des mécanismes participatifs similaires à ceux utilisés dans les débats sur les consultations populaires.
De plus, la Mairie insiste sur le fait que n’a pas été menée une évaluation commune et intégrale de tous les impacts découlant de la plante de biogaz, du compostage et de la génération hybride d’énergie, ce qui, selon elle, limite la transparence et le contrôle public sur une action ayant des effets potentiellement significatifs pour la région. Cette exigence se connecte au débat qui a émergé autour des projets massifs dans d’autres régions et de leur évaluation territoriale.
Risques environnementaux, nuisances olfactives et impact sur la santé publique
Parmi les arguments les plus souvent répétés par la Mairie de Gáldar et par la Plateforme Stop Planta de Biogás à La Atalaya figure la préoccupation pour les risques environnementaux potentiels et les effets sur la santé associés à ce type d’installations lorsqu’elles sont situées à proximité de logements, d’écoles et de zones d’usage quotidien. Des scénarios similaires ont été largement débattus dans la controverse en Navarra.
Les allégations municipales alertent que l’intensification de l’activité industrielle pourrait entraîner une augmentation des émissions dans l’atmosphère, la génération d’odeurs, de bruits, de vibrations et de trafic lourd. Ces facteurs, s’ils se concrétisent, pourraient affecter la qualité de vie des résidents de La Atalaya, Caleta de Arriba et d’autres zones proches, en particulier dans un environnement où la direction et la vitesse du vent jouent un rôle clé dans la dispersion des odeurs et des particules. Pour cette raison, les mobilisations communautaires incluent parfois des actions publiques comme des manifestations.
Il est également souligné que la proximité d’une école à environ 500 mètres de l’emplacement prévu exige de renforcer l’analyse des risques, car elle concerne une population particulièrement vulnérable. L’impact potentiel des odeurs persistantes ou de l’air potentiellement contaminé sur les enfants et le personnel éducatif préoccupe à la fois le mouvement communautaire et les institutions locales.
Sur le plan juridique, la Mairie a invoqué l’article 43 de la Constitution espagnole, relatif au droit à la protection de la santé, et l’article 45, qui reconnaît le droit à un environnement adéquat. À partir de ces préceptes, elle exige l’application du principe de précaution, très présent dans la jurisprudence européenne et espagnole lorsqu’il existe des doutes raisonnables sur les effets d’une activité industrielle sur la santé publique, comme cela a été le cas dans des affaires ayant exigé la révocation d’avalements environnementaux.
Selon la Mairie, l’incorporation de systèmes de cogénération et l’hybridation énergétique à partir du biogaz généré pourrait intensifier la durée et l’intensité de l’activité par rapport au projet initialement prévu. Cela signifierait plus d’heures de fonctionnement, un flux constant de transport de matières premières et de produits, et une pression accrue sur l’environnement immédiat, tout en soulevant des questions de transition énergétique et de planification territoriale.
Du conflit communautaire à la voie judiciaire
Tandis que les municipalités impliquées ont opté pour la voie des allégations et des demandes formelles, la Plateforme Stop Planta de Biogás à La Atalaya a encouragé un processus de mobilisation qui a gagné en ampleur avec le temps. Les premières assemblées et actions informatives ont ouvert la voie à une stratégie plus complexe, dans laquelle la lutte se déploie également devant les tribunaux, comme dans d’autres cas où la plante a divisé la communauté.
Lors d’une récente assemblée communautaire, la troisième organisée par la plateforme, il a été expliqué que le conflit est entré dans une nouvelle phase : la judiciarisation du projet. Cela implique que, au-delà du débat social et politique, ce sont désormais les tribunaux qui devront se prononcer sur la légalité des autorisations, la correction des procédures suivies et le respect des droits de la population concernée, comme l’ont fait des voisins organisés dans d’autres cas.
Les porte-paroles de la plateforme ont insisté sur le fait qu’un processus judiciaire est plus lent, technique et coûteux que la mobilisation dans la rue. Il ne s’agit pas seulement de présenter des recours, mais de maintenir pendant des mois, voire des années, une défense fondée, avec un accompagnement spécialisé et des ressources financières suffisantes pour faire face aux frais et aux honoraires professionnels ; l’expérience d’autres controverses, comme celle de la seconde plante à Campos del Paraíso, illustre ces défis.
La communauté a été informée que l’existence de doutes raisonnables sur la manière dont les autorisations ont été traitées justifie de porter l’affaire devant la justice, afin que ce soit un juge qui analyse en profondeur le dossier. La plateforme souligne qu’il ne s’agit pas d’une question purement technique, mais de s’assurer que des décisions ayant un impact direct sur la vie quotidienne soient prises avec toutes les garanties.
Dans ce contexte, la plateforme a lancé un appel au soutien économique et social de la population. L’idée est que la défense judiciaire du territoire ne repose pas exclusivement sur un petit groupe de bénévoles, mais qu’elle devienne un effort collectif de toute la communauté touchée, où chaque contribution, même minime, contribue à soutenir la cause ; des exemples de mobilisation citoyenne comme celle de Lorca démontrent l’importance du soutien social.
Position institutionnelle : soutien aux énergies renouvelables, mais avec garanties
La Mairie de Gáldar ainsi que des représentants municipaux de la région ont clairement indiqué qu’ils ne s’opposent pas au développement des énergies renouvelables en principe. Au contraire, ils insistent sur la nécessité d’avancer vers un modèle énergétique plus propre et durable, conforme aux orientations européennes et à la stratégie de décarbonisation en Espagne.
Ce qu’ils remettent en question, c’est la méthode précise par laquelle la plante de biogaz à La Atalaya et l’installation hybride associée sont promues. Le conseil galicien réclame que tout projet de ce type soit soumis à une évaluation environnementale rigoureuse, que toutes ses composantes soient traitées de manière intégrée et qu’une participation effective de toutes les administrations concernées soit garantie.
Dans les documents présentés, la Mairie formule une opposition expresse à la délivrance des autorisations administratives tant que les impacts environnementaux, sanitaires et territoriaux de l’ensemble des installations projetées n’ont pas été évalués de manière intégrée. Autrement dit, elle demande que le processus soit suspendu jusqu’à ce qu’une analyse globale et transparente soit effectuée.
Les sources municipales insistent sur le fait que respecter les voies légales, les garanties environnementales et l’audience des parties impliquées n’est pas un obstacle aux énergies renouvelables, mais une condition indispensable pour que ces projets disposent d’une légitimité sociale et juridique. Dans une région où les citoyens ont déjà exprimé leurs préoccupations, contourner ces étapes pourrait aggraver le conflit.
Le message institutionnel se résume ainsi : soutien à la transition énergétique, mais pas au détriment de la santé, du bien-être et de la participation des citoyens. D’où l’insistance sur ce fait : le développement de l’industrie renouvelable doit s’accompagner d’une planification soignée du territoire et de mécanismes de dialogue réels avec la population.
La situation autour de la plante de biogaz à La Atalaya et de l’installation hybride liée demeure délicate : avec des allégations en attente de réponse, une procédure d’autorisation questionnée et un conflit déjà en justice. Dans l’attente de décisions administratives et judiciaires, la communauté locale navigue entre la défense d’un modèle énergétique plus durable et l’exigence que sa santé, son environnement et son droit à être entendu ne soient pas relégués au second plan, dans un débat qui transcende le local et se connecte aux défis de la transition écologique en Espagne et en Europe.

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Mon avis :
La plante de biogás à La Atalaya suscite de vives inquiétudes locales, notamment pour son impact environnemental sur des zones densément peuplées et à proximité d’établissements scolaires. Toutefois, elle pourrait contribuer à la transition énergétique en produisant du biogaz et du compost, à condition d’assurer une évaluation intégrée des risques et de garantir la consultation des populations affectées.
Les questions fréquentes :
Quelle est la principale préoccupation des résidents concernant la plante de biogaz à La Atalaya ?
La principale préoccupation des résidents est la proximité de la plante de biogaz avec des zones densément peuplées, notamment la présence d’un collège à environ 500 mètres. Cela soulève des inquiétudes concernant les risques environnementaux et les effets potentiels sur la santé publique, en particulier pour les enfants et le personnel éducatif.
Comment la municipalité de Gáldar se positionne-t-elle sur le projet de biogaz ?
Le conseil municipal de Gáldar ne s’oppose pas au développement des énergies renouvelables en général, mais conteste la manière dont le projet de biogaz à La Atalaya est mené. Ils demandent une évaluation environnementale intégrée et une participation effective de toutes les administrations affectées avant de donner leur accord.
Quelles actions ont été entreprises par la plateforme Stop Planta de Biogás à La Atalaya ?
La plateforme Stop Planta de Biogás à La Atalaya a organisé des mobilisations publiques et a commencé à s’engager dans des actions judiciaires pour contester la légalité des autorisations du projet. Elles cherchent à garantir que toutes les préoccupations des citoyens soient prises en compte dans le processus décisionnel.
Quels sont les risques environnementaux liés à la plante de biogaz selon les autorités ?
Les autorités soulignent que la plante de biogaz pourrait entraîner une augmentation des émissions dans l’atmosphère, des odeurs, des bruits, et un trafic lourd. Tous ces facteurs risquent de nuire à la qualité de vie des résidents des zones avoisinantes, surtout dans un contexte où la direction et la vitesse du vent jouent un rôle crucial dans la dispersion des odeurs. Cela soulève des questions sur la santé publique et le bien-être des habitants.







