Des chiens intelligents : l’apprentissage des noms d’objets et ses implications scientifiques

Découvrez comment certains chiens révèlent des capacités étonnantes en apprenant les noms d’objets, semblables à ceux des enfants de 18 mois. Ce phénomène, étudié par des chercheurs de l’Université Eötvös Loránd et de l’Université de Médecine Vétérinaire de Vienne, a été documenté dans la revue Science. Un nouveau regard sur l’intelligence canine!

Perros qui apprennent des noms d'objets

Les chiens avec un vocabulaire exceptionnel

Une étude récente a mis en évidence un fait que de nombreux propriétaires soupçonnaient : certains chiens sont capables d’apprendre le nom des objets de manière similaire aux jeunes enfants. Il ne s’agit pas d’ordres basiques comme « assis » ou « viens ici », mais bien de désignations spécifiques pour des jouets et d’autres éléments de leur environnement.

Ce travail de recherche, dirigé par des universités européennes telles que la Université Eötvös Loránd de Budapest et l’Université de Médecine Vétérinaire de Vienne, a été publié dans la revue Science. L’étude montre qu’un groupe très restreint de chiens peut intégrer de nouveaux mots simplement en écoutant des conversations humaines, sans qu’aucune formation directe ne soit prodiguée.

Un groupe de chiens remarquables

Les chercheurs se sont concentrés sur un ensemble de chiens déjà connus pour leur capacité exceptionnelle à reconnaître les mots. Ces animaux, qualifiés de « surdoués du vocabulaire », peuvent identifier des dizaines, voire des centaines de jouets par leur nom. Cette capacité a été documentée par divers groupes de recherche au cours des deux dernières décennies.

Parmi les cas les plus fascinants figure Basket, une border collie âgée de sept ans vivant à Manhattan, qui connaît au moins 150 jouets par leur nom. Sa propriétaire a commencé à lui enseigner les mots lorsqu’elle était chiot, répétant chaque nom de jouet pendant le jeu. Ils ont commencé avec quelques objets, et le nombre a augmenté jusqu’à ce que l’espace de vie limite la quantité apprise.

Ce type de chiens n’apprend pas seulement des mots liés à des objets très motivants comme la nourriture. Beaucoup de mots correspondent à des jouets apparemment ordinaires, mentionnés de manière répétée dans un contexte de jeu et d’attention conjointe avec leur propriétaire.

Selon les chercheurs, la majorité de ce groupe particulier est composée de chiens de berger, notamment des border collies, mais des individus d’autres races comme le Labrador Retriever et le Berger Australien ont également été identifiés. Cependant, même parmi ces races, la capacité à acquérir un grand vocabulaire reste rare.

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Une approche inspirée de l’apprentissage des enfants

L’équipe dirigée par la chercheuse Shany Dror a voulu aller plus loin en vérifiant si ces chiens exceptionnels pouvaient apprendre de nouveaux mots comme le font les enfants autour de 18 mois : en écoutant passivement ce que disent les adultes lors de leurs interactions avec les objets.

Pour ce faire, dix chiens ayant démontré leurs compétences en apprentissage de noms ont été sélectionnés. Ce groupe comprenait sept border collies, un Labrador Retriever, un Berger Australien nain et un croisement entre un Berger Australien et un Berger de travail australien. Tous avaient montré qu’ils pouvaient mémoriser et retrouver le nom de plusieurs jouets sur commande.

Lors des essais principaux, les propriétaires présentaient un nouveau jouet à un autre membre de la famille. Les personnes passaient l’objet de main en main, en le nommant dans des phrases simples comme « C’est un raie » ou « Veux-tu la raie ? ». Pendant tout l’échange, personne ne regardait le chien ni ne lui parlait directement, même si l’animal pouvait observer la scène.

Chaque chien a assisté à ce type d’interaction avec deux nouveaux jouets, répartis sur plusieurs sessions brèves au cours de différents jours. L’objectif était de reproduire, de manière contrôlée, ce qui se passe lorsque les enfants entendent les adultes parler d’un objet tout en interagissant avec celui-ci.

Des résultats comparables à ceux d’un enfant de 18 mois

Les résultats ont même surpris les chercheurs eux-mêmes. En moyenne, les chiens ont réussi à choisir le bon jouet nouveau qu’ils n’avaient entendu nommé que dans des conversations non dirigées environ 80 % du temps. Ce taux de succès était très similaire à celui observé lorsqu’ils apprenaient des mots par l’entraînement direct.

Au niveau individuel, sept des dix chiens ont affiché des performances nettement supérieures au hasard. En parallèle, un groupe témoin composé de dix border collies sans compétences particulières en vocabulaire n’a pas montré la même capacité : ces chiens n’ont pas réussi à associer les nouveaux noms aux jouets dans les mêmes conditions.

Les résultats résonnent avec ce qui est connu sous le nom d’« apprentissage incident » en psychologie infantile, un processus par lequel les enfants intègrent de nouveaux mots sans que personne ne leur parle directement. Pour que cela se produise chez les humains, il est nécessaire d’observer des regards, d’interpréter des gestes et de filtrer les mots pertinents à partir de tout ce qui est entendu.

Federico Rossano, chercheur en cognition comparée à l’Université de Californie à San Diego, a qualifié la performance de ces chiens de « très impressionnante » et semblable à celle des jeunes enfants à ce stade. Il a également souligné l’importance de répéter l’étude avec un contrôle encore plus rigoureux sur l’environnement domestique et l’entraînement, par exemple en ayant des chercheurs présents dans les foyers.

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L’équipe en conclut qu’au moins certains chiens peuvent tirer parti d’indices sociaux et linguistiques complexes, même si les signaux précis qu’ils utilisent ne sont pas encore totalement clairs.

Ce qui distingue ces chiens exceptionnels

Une question majeure consiste à savoir ce qui distingue ces animaux des autres chiens. Des recherches antérieures dirigées par Juliane Kaminski, responsable du centre de cognition canine de l’Université de Portsmouth, ont mis en lumière certains indices. Dans une étude publiée dans Scientific Reports, son équipe a observé que les chiens qui apprennent des étiquettes manifestent un plus grand intérêt pour les objets nouveaux et un meilleur autocontrol que des chiens typiques.

Il n’est pas clair si ces traits sont la cause ou la conséquence de leur capacité d’apprentissage. En d’autres termes, il reste à déterminer si cette curiosité et cette capacité de concentration facilitent l’apprentissage des mots, ou si, inversément, l’entraînement intensif avec des étiquettes consent à renforcer ces caractéristiques.

Quoi qu’il en soit, tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il s’agit d’une compétence très rare. La plupart des chiens, même bien éduqués, ne développent pas de manière spontanée un large vocabulaire de noms d’objets. Nous parlons de cas exceptionnels qui représentent une minorité au sein de l’espèce.

L’article publié dans Science a également examiné d’autres formes d’apprentissage des mots. Dans une expérience complémentaire, les propriétaires montraient un nouveau jouet au chien, le mettaient dans une boîte et, une fois l’objet hors de vue, commençaient à utiliser la nouvelle étiquette dans des phrases courtes, alternant leur regard entre la boîte et l’animal. Après plusieurs sessions, ces chiens étaient capables de retrouver le jouet correct près de 80 % du temps.

Pour continuer à avancer, les équipes de Dror et Kaminski insistent sur la nécessité de trouver davantage de sujets. Les chercheurs lancent un appel clair : ils demandent à tout propriétaire suspectant que son chien connaisse le nom de plusieurs jouets de les contacter, car le nombre de chiens présentant ces caractéristiques reste limité.

Implications pour la cognition canine et la relation avec les humains

Au-delà de l’anecdote de chiens rapportant un jouet nommé en entendant leurs propriétaires parler d’un objet réel, cette étude a des implications majeures pour la compréhension de l’intelligence sociale des chiens. Les auteurs soutiennent que les processus sociocognitifs permettant d’apprendre des mots à partir de conversations entre tiers ne sont pas exclusifs aux humains.

Le fait que ces chiens soient capables de suivre l’attention des personnes, discriminer les mots clés et les associer à des objets spécifiques suggère que la cohabitation étroite avec les humains a façonné, au moins chez certains individus, des capacités cognitives très raffinées.

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Pour des pays comme la France et l’Espagne, où la ténue responsable et le bien-être animal prennent de plus en plus de place dans l’agenda public, ces résultats alimentent le débat sur notre compréhension réelle des chiens avec qui nous cohabitons. Bien que l’étude ait été principalement menée en Hongrie, en Autriche et au Royaume-Uni, ses conclusions peuvent s’appliquer à tout contexte domestique européen.

Les experts en comportement animal soulignent que ces résultats pourraient inspirer de nouvelles approches dans l’entraînement canin, axées davantage sur la communication bidirectionnelle et sur l’exploitation de la capacité du chien à lire les signaux humains. Toutefois, il est important de ne pas s’attendre à ce que n’importe quel chien puisse apprendre des centaines de noms, peu importe les efforts faits en matière d’éducation.

Un autre axe important est le développement d’études comparatives avec d’autres espèces. Si certains chiens peuvent apprendre de cette façon, cela ouvre la possibilité d’explorer des processus similaires chez d’autres animaux domestiques ou même des espèces sauvages, en examinant comment l’interaction avec les humains ou avec d’autres membres du groupe influence le développement des compétences communicatives.

En somme, les recherches sur les chiens qui apprennent les noms d’objets comme de jeunes enfants mettent en lumière un phénomène aussi rare que révélateur : un petit nombre d’animaux, grâce à leur environnement, leur génétique et leur relation étroite avec les humains, ont développé une capacité d’apprentissage des mots qui rappelle les premières étapes du langage humain. Même si leur nombre est limité et que de nombreuses questions subsistent sur les clés de cette compétence, ces cas contribuent à redéfinir notre compréhension de l’esprit canin, du rôle de la socialisation avec les humains et des limites de l’apprentissage du langage au-delà de notre propre espèce.

Mon avis :

Une récente étude publiée dans Science a démontré que certains chiens, comme Basket, une border collie, peuvent apprendre des noms d’objets à un niveau comparable aux enfants de 18 mois, soulignant leur capacité à comprendre des relations sociales complexes, mais cela reste un phénomène rare, limité à quelques races, notamment les border collies.

Les questions fréquentes :

1. Comment certains chiens apprennent-ils les noms des objets ?

Certaines recherches montrent que quelques chiens peuvent apprendre les noms des objets en écoutant des conversations humaines, sans entraînement direct. Ce processus ressemble à la manière dont les jeunes enfants assimilent de nouveaux mots.

2. Quels types de chiens sont les plus susceptibles d’apprendre un vocabulaire élargi ?

Les chiens de berger, en particulier les border collies, sont les plus souvent représentés parmi ceux qui possèdent cette capacité exceptionnelle. Cependant, d’autres races comme les labradors retrievers et les chercheurs australiens ont également été identifiés, bien que cette capacité reste rare.

3. Quelle était la méthode utilisée lors de l’étude pour évaluer l’apprentissage des mots chez les chiens ?

Les chercheurs ont présenté des objets nouveaux à des chiens tout en discutant sans les adresser directement. Après plusieurs sessions, les chiens ont été testés pour voir s’ils pouvaient retrouver ces objets en utilisant les nouveaux noms qu’ils avaient entendus pendant les échanges.

4. Quelles implications les résultats de cette étude ont-ils pour notre compréhension de la cognition canine ?

Les résultats suggèrent que certains chiens peuvent comprendre des signaux sociaux et linguistiques complexes, remettant en question notre perception des capacités cognitivas des chiens et de la façon dont ils interagissent avec les humains. Cela ouvre également des pistes pour de nouvelles méthodes d’entraînement basées sur la communication bidirectionnelle.

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