En Espagne, le marché des voitures électriques connaît une transformation remarquable, avec désormais 9.097 matriculations en février, représentant une augmentation de 45% par rapport à l’année précédente. Les véhicules hybrides et chinois comme BYD s’imposent, tandis que la Union Européenne suit une tendance similaire.
Espagne : l’essor des voitures électriques dans les immatriculations

Dans le marché espagnol, les chiffres de février révèlent que les voitures entièrement électriques (BEV) progressent rapidement. Un rapport indique que 9 097 véhicules électriques ont été immatriculés ce mois-ci, marquant une augmentation d’environ 45 % par rapport à la même période l’année précédente et représentant une part de marché de 9,1 % des voitures particulières. Ce chiffre semblait impensable il y a quelques années, alors que les immatriculations tournent autour de trois chiffres.
Si l’on prend en compte les hybrides rechargeables (PHEV), la présence des véhicules branchés augmente de manière significative. Les PHEV affichent en février environ 12 300 à 12 700 unités, avec une croissance proche de 80 % par rapport à l’année précédente et une part de marché dépassant 12 %. Au total, les véhicules électriques purs et rechargeables atteignent environ 21-22 % du marché, ce qui signifie qu’un véhicule neuf sur cinq vendu en Espagne est désormais connecté au réseau électrique.
En parallèle, les hybrides conventionnels continuent d’être le choix de référence pour de nombreux conducteurs hésitant encore à passer au branchement. Avec environ 39 000 unités et près de 47 % de parts de marché, ils dominent le marché, bien que la tendance à moyen terme indique que certains de ces acheteurs pourraient migrer vers des modèles électriques et hybrides rechargeables à mesure que les prix baissent et que les aides se stabilisent.
Les moteurs traditionnels, en revanche, perdent clairement du terrain. Les véhicules à essence totalisent environ 22 800 immatriculations, enregistrant une baisse d’environ 20 % avec une part de marché proche de 23 %, tandis que le diesel dépasse à peine 5 400 unités, représentant déjà environ 5-6 % des ventes. Les véhicules à gaz (GLP et GNC) montrent également un recul, avec un peu plus de 3 000 immatriculations et une baisse d’environ 30 %.
La somme de toutes les motorisations révèle que le marché espagnol des voitures particulières a enregistré en février une croissance d’environ 7,5 %, avec un peu plus de 97 000 unités vendues. Ce chiffre pourrait être encore plus élevé si l’on élimine l’effet exceptionnel de la DANA de 2024 en Communauté valencienne, qui a stimulé les immatriculations de l’année précédente avec des programmes spécifiques de renouvellement de flotte.
Les modèles électriques les plus vendus : domination de Tesla et forte poussée chinoise

Concernant les modèles, la Tesla Model 3 continue à être la voiture électrique la plus vendue en Espagne. En février, elle enregistre un peu plus de 1 170 unités, ce qui représente un doublement impressionnant de ses chiffres annuels grâce à de nouvelles livraisons et à un modèle renouvelé. Ce dynamisme lui permet également de maintenir la première place sur l’année avec plus de 1 100 immatriculations.
Juste derrière se trouve la Tesla Model Y, qui s’affirme comme le SUV électrique de référence dans le pays. Ses immatriculations tournent autour de 400 unités par mois, avec des croissances modestes par rapport à l’année précédente, et dépassent déjà les 800 unités pour l’ensemble de l’exercice. Bien que son évolution soit moins explosive que celle de la Model 3, elle reste un pilier de l’offre électrique en Espagne.
Le troisième acteur majeur du classement est le BYD Dolphin Surf, un compact d’origine chinoise qui a rapidement gagné du terrain sur le marché. Avec un peu plus de 430 immatriculations en février et plus de 700 unités depuis le début de l’année, il se confirme comme un des modèles les plus prisés parmi ceux recherchant un électrique relativement abordable. À l’échelle européenne, il figure aussi parmi les voitures à batterie les plus performantes de son segment.
Parmi les modèles électriques affichant les meilleures performances figurent également d’autres marques asiatiques et européennes. Le BYD Atto 3 souffre d’un changement de génération, avec une baisse de ses ventes par rapport à l’année passée, tandis que des propositions comme le Kia EV3, le Renault R5 électrique ou la Dacia Spring montrent des ajustements à la baisse après un début de cycle plus intense. Cependant, elles restent présentes dans les premières positions, reflétant un intérêt constant pour des options de tailles et prix variés.
Le segment premium allemand conserve un certain équilibre malgré la pression des nouvelles marques. Le Mercedes EQA connaît une croissance modérée d’environ 13 %, se consolidant comme le véhicule électrique le plus demandé de la marque en Espagne, tandis que BMW positionne des modèles tels que l’iX1 ou l’iX2 dans le haut du classement avec des variations mineures. Audi, quant à elle, réussit à faire briller le Q4 e-tron comme son modèle électrique le mieux accueilli sur notre marché.
L’essor des marques chinoises et le rôle de Stellantis

Une des grandes nouveautés sur le marché actuel est la visibilité croissante des marques chinoises de voitures électriques en Espagne. BYD s’est imposé comme le fabricant asiatique le mieux positionné, non seulement localement, mais aussi en Europe. Ses modèles, emmenés par le Dolphin Surf et les SUV de la gamme Atto et Seal, lui permettent de gravir les échelons parmi les fabricants avec le plus de ventes de véhicules électriques, au point de se placer devant Tesla dans le classement européen global de janvier et d’enregistrer des hausses proches de 94 % dans les immatriculations de voitures à batterie en Europe.
En Espagne, en plus de BYD, d’autres marques chinoises comme MG, Leapmotor, Dongfeng, Xpeng, Changan ou Voyah commencent à prendre de l’importance. Des entreprises telles que MG ont réussi à positionner le MG4 électrique comme une alternative très compétitive en termes de rapport qualité-prix, tandis que d’autres, comme Leapmotor, entrent sur le marché avec des propositions telles que le B10, qui figure déjà dans le Top 20 des ventes de véhicules électriques.
Ce groupe s’enrichit de nouveaux acteurs asiatiques qui profitent des niches laissées par certaines marques européennes, désormais plus prudentes en attendant le lancement de nouveaux véhicules électriques compacts produits localement. Le cas de Volkswagen et Renault est illustratif : les deux ont ralenti leur offensive électrique alors qu’elles préparent des modèles plus accessibles et fabriqués dans des usines espagnoles et européennes, ouvrant ainsi la voie aux fabricants chinois pour renforcer leur présence.
Parallèlement, le groupe Stellantis joue un rôle significatif en combinant production locale et modèles électriques pour le grand public. Le Peugeot e-2008, assemblé dans l’usine de Vigo, est devenu la voiture électrique « Made in Spain » la plus vendue, prouvant que la fabrication nationale peut avoir un poids significatif dans le marché des véhicules zéro émission. De plus, Stellantis encourage en Espagne la commercialisation de la marque Leapmotor, renforçant ainsi sa stratégie de couverture de différents segments de prix et de technologie.
Dans le segment haut de gamme et dans des niches très spécifiques, d’autres nouveaux entrants comme le Deepal S05 commencent à faire leur apparition dans le Top 10 mensuel, avec une bonne partie de ses ventes provenant de clients particuliers, ce qui indique que le public commence à faire confiance à des marques moins connues mais compétitives en termes d’autonomie, d’équipement et de prix.
Plans d’aides, fiscalité et impact sur les ventes

La croissance des ventes de voitures électriques en Espagne est étroitement liée à l’existence de plans d’incitation clairs et stables. Après plusieurs années où le Plan Moves III et les déductions fiscales ont soutenu le marché, le nouveau programme Auto+ prend le relais avec une enveloppe d’environ 400 millions d’euros. Contrairement au Moves, ce plan se concentre sur l’achat du véhicule, laissant de côté l’installation de points de recharge, tout en ajustant les montants en fonction du prix du véhicule et de sa fabrication en Europe.
Une des clés d’Auto+ est son caractère rétroactif, permettant aux acheteurs qui immatriculent leur véhicule en 2026 de bénéficier des aides une fois la réglementation mise en place. Cette annonce a incité ceux qui hésitaient à finaliser leur achat, et elle est considérée comme un des facteurs expliquant la forte augmentation des immatriculations de véhicules rechargeables en février, avec des taux de croissance supérieurs à 60 % par rapport à 2025 dans certains comptages.
Cependant, le cadre des incitations n’est pas exempt d’incertitudes. La suppression au Congrès de la prolongation de la déduction de 15 % sur l’impôt sur le revenu pour l’achat de véhicules électriques et hybrides rechargeables, ainsi que pour l’installation de points de recharge, a été accueillie avec inquiétude par le secteur. Les fabricants et les organisations comme ANFAC, GANVAM et Faconauto insistent sur le fait que cette instabilité législative pourrait freiner les décisions d’achat et refroidir un marché qui a clôturé 2025 avec plus de 245 000 véhicules electrifiés vendus et une part de marché proche de 18 %.
Les associations demandent un environnement réglementaire prévisible, avec des aides prolongées dans le temps et sans changements brusques en matière fiscale, afin de réduire la perception de risque parmi les consommateurs. Elles appellent à rétablir rapidement la déduction de l’impôt sur le revenu et la liberté d’amortissement pour les entreprises qui investissent dans des flottes électriques, ainsi qu’à maintenir les programmes de soutien à l’infrastructure de recharge et au renouvellement du parc automobile, y compris le remplacement des véhicules professionnels et de transport lourd. Ces demandes sont également reflétées dans des sondages concernant les décisions d’achat et les attitudes envers les véhicules électriques.
Du côté institutionnel, le ministère de l’Industrie et du Tourisme défend que Auto+ apportera un nouvel élan à l’électrification, tandis que les organisations professionnelles avertissent que la croissance récente des voitures rechargeables affiche des signes de certain stagnation sur certains mois et qu’il ne convient pas de tomber dans un optimisme excessif. La clé, selon elles, sera de vérifier si l’annonce des nouvelles aides se traduit par un flux constant d’immatriculations tout au long de l’année et non seulement par des hausses ponctuelles.
Europe : les électriques progressent malgré la chute du marché total

Tandis que l’Espagne prend de l’avance sur les véhicules rechargeables, l’ensemble de l’Union européenne connaît une dynamique similaire : moins d’immatriculations totales, mais une plus grande part des voitures électriques. Selon les données de l’ACEA, environ 154 000 voitures électriques de batterie (BEV) ont été immatriculées dans l’UE en janvier, ce qui représente une augmentation annuelle de plus de 24 % et une part de marché se situant autour de 19-20 %, contre environ 15 % l’année précédente.
Cette progression se produit dans un contexte où le marché général des voitures particulières subit un recul d’environ 3,5 à 4 %, totalisant quelques 800 000 immatriculations pour le mois. Le déclin affecte principalement les véhicules à combustion interne : les voitures à essence enregistrent des baisses de plus de 28 % et les diesel chutent d’environ 22 %, tandis que les hybrides deviennent la motorisation la plus courante dans l’UE, avec un peu plus de 300 000 unités et près de 39 % de parts de marché.
Les hybrides rechargeables continuent également de croître, dépassant les 78 000 immatriculations avec une augmentation d’environ 30 % par rapport à l’année précédente. Bien que leur volume soit inférieur à celui des BEV, leur rôle en tant que technologie de transition entre la combustion et l’électrique pur se renforce, surtout parmi les conducteurs nécessitant de la flexibilité pour de longs trajets sans dépendre entièrement de l’infrastructure de recharge.
Par pays, le panorama est inégal. France et Allemagne mènent la charge avec des croissances à deux chiffres — plus de 20 % pour l’Allemagne et supérieure à 50 % pour la France — grâce à des incitations renouvelées et à l’élargissement de l’offre de modèles locaux. En revanche, Belgique et Pays-Bas connaissent des régressions, avec des baisses à deux chiffres dans les immatriculations de BEV, dues en partie à des changements dans les programmes d’aides et à une normalisation après des années de forte croissance.
En dehors de l’UE mais au sein de l’Europe, les marchés à forte pénétration historique des voitures électriques, comme Norvège ou Pays-Bas, montrent quelques mois d’ajustement à la baisse, ce qui est interprété comme une phase de maturation après plusieurs exercices où l’électrique était clairement majoritaire dans les immatriculations nouvelles.
Dans l’ensemble, différentes sources s’accordent à dire que le marché des voitures électriques, tant en Espagne que dans le reste de l’Europe, avance dans une direction claire malgré les fluctuations ponctuelles provoquées par des changements d’aides, des tensions géopolitiques ou des variations fiscales. Les ventes sont en hausse, la part des véhicules rechargeables dépasse déjà les 20 % en Espagne et approche ou dépasse les 19 % dans l’UE, les marques traditionnelles se voient contraintes d’accélérer leur feuille de route et les nouveaux fabricants — particulièrement chinois — profitent de l’occasion pour gagner en visibilité. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir en termes d’infrastructures, de prix et de stabilité réglementaire, mais le paysage actuel du marché laisse peu de place au doute quant à l’orientation de la demande automobile dans les années à venir.
Mon avis :
L’essor des véhicules électriques en Espagne reflète une tendance européenne, avec une part de marché atteignant 21-22 % en février, grâce à des incitations financières et à la montée en puissance des marques chinoises comme BYD. Cependant, l’instabilité réglementaire et la dépendance aux aides pourraient freiner cette dynamique positive à long terme.
Les questions fréquentes :
Quels sont les chiffres des ventes de voitures électriques en Espagne ?
En février, l’Espagne a enregistré environ 9 097 voitures électriques pures (BEV) immatriculées, ce qui représente une augmentation d’environ 45% par rapport à l’année précédente et une part de marché de 9,1%. Lorsqu’on inclut les hybrides rechargeables (PHEV), le total des véhicules à branchement atteint près de 21-22% du marché.
Comment les aides gouvernementales influencent-elles les ventes de voitures électriques ?
Les ventes de voitures électriques en Espagne sont étroitement liées à des plans d’incitations clairs et stables. Le nouveau programme Auto+ propose environ 400 millions d’euros pour soutenir l’acquisition de véhicules. Ce plan, avec un caractère rétroactif, a encouragé les acheteurs potentiels, contribuant à une forte hausse des immatriculations.
Quels sont les modèles de voitures électriques les plus vendus en Espagne ?
Le Tesla Model 3 est le modèle électrique le plus vendu en Espagne, avec plus de 1 170 unités immatriculées en février. Il est suivi par le Tesla Model Y, qui est considéré comme le SUV électrique de référence, et le BYD Dolphin Surf, un modèle chinois qui a rapidement gagné en popularité, avec environ 430 ventes en février.
Quel est l’impact des marques chinoises sur le marché espagnol des voitures électriques ?
Les marques chinoises comme BYD commencent à se faire une place importante sur le marché espagnol des voitures électriques. BYD, avec des modèles comme le Dolphin Surf, a connu une croissance significative, enregistrant des hausses d’immatriculations proches de 94% au sein de l’UE, dépassant même Tesla en janvier 2023 dans le classement européen.