La future plante de biogaz à El Cubo de la Tierra del Vino suscite une polémique croissante en Zamora. L’association Pueblos Sanos a dénoncé des travaux non autorisés auprès du Seprona, mettant en lumière l’absence d’Autorisation Environnementale Intégrée. Ce projet soulève des inquiétudes environnementales et sociales significatives.
La future plante de biogaz projetée à El Cubo de la Tierra du Vino est devenue un point de controverse dans la province de Zamora. L’association Pueblos Sanos a porté cette question devant le Service de Protection de la Nature (Seprona) de la Garde Civile, après avoir constaté des mouvements de machinerie et la présence d’ouvriers sur le terrain destiné à l’installation.
Denuncia de Pueblos Sanos devant Seprona
L’association Pueblos Sanos, qui fait partie de la fédération Zamora en Pie, a déposé une dénonciation formelle devant le Seprona après avoir appris que des travaux étaient effectués sur le terrain prévu pour la plante de biogaz à El Cubo du Vino. Plusieurs personnes ont signalé ces mouvements, suscitant une alerte générale.
Pour ce collectif, le point problématique réside dans le fait que le procédure administrative n’est pas encore achevée, ce qui signifie que le projet ne dispose pas de l’Autorisation Environnementale Intégrée que délivre la Junta de Castilla et León. De leur point de vue, toute intervention pouvant être considérée comme le début des travaux violerait la règlementation qui encadre ce type d’infrastructure industrielle.
Pueblos Sanos souligne que la société promotrice mettrait en danger son projet en réalisant des travaux de terrain sans avoir la garantie de l’approbation définitive de l’administration. Cela exacerbe l’inquiétude parmi les habitants, qui soulèvent depuis plusieurs mois des objections contre l’installation de la plante.
La dénonciation se réfère également à d’autres installations de biogaz gérées par les mêmes entreprises dans la province, établissant ainsi un schéma d’expansion rapide des projets de biogaz, accompagné d’une résistance sociale grandissante.
La version de l’entreprise : études géotechniques, pas de début de travaux
En réponse aux soupçons émis par l’association, des sources ayant connaissance du projet défendent une interprétation diamétralement opposée. Les travaux observés sur le terrain d’El Cubo du Vino ne peuvent pas être interprétés comme le début de la construction de la plante de biogaz, affirment-elles.
En effet, ces activités incluent des travaux de géotechnique pour prélever des échantillons du sol et analyser ses caractéristiques ; ces pratiques sont courantes dans les grands projets industriels et se seraient étalées sur environ une semaine.
Une fois ces études terminées, le terrain aurait été retourné à son état d’origine, sans infrastructures permanentes ni fondations. L’entreprise assure également qu’elle n’entamera pas la phase de construction à proprement parler tant qu’elle ne dispose pas de tous les permis requis par la réglementation en vigueur.
Cependant, cette position, plus centrée sur des préparations techniques, contraste avec les préoccupations des collectifs locaux, qui considèrent qu’un mouvement significatif de machineries pourrait symboliser un « point de non-retour » dans la procédure administrative, indépendamment du fait que l’administration n’ait pas encore fini son évaluation.
Qui promeut la plante et quelles en sont les caractéristiques ?
La future installation à El Cubo du Vino est promue par l’entreprise Biorig (Biorig Energy Cubo del Vino), qui gère également d’autres projets de biogaz à San Cebrián de Castro et Villardondiego, également situés dans la province de Zamora. Ces initiatives s’inscrivent dans une démarche globale en faveur du biometano comme vecteur énergétique renouvelable permettant d’exploiter les déchets agro-écologiques.
Le projet à El Cubo du Vino comprend la construction d’une plante de valorisation des déchets destinée principalement à la production de biogaz. Parmi les substrats envisagés, on trouve du purin de porc, du fumier bovin, de la paille de maïs et des fientes de volaille, avec une capacité de traitement estimée à près de 198 000 tonnes par an de matières premières d’origine locale.
L’administration régionale, par l’intermédiaire de la Direction Générale des Infrastructures et de la Durabilité Environnementale, a émis en décembre une résolution favorable concernant l’évaluation d’impact environnemental et le projet technique. Toutefois, cette résolution a été contestée par l’association, qui estime que tous les éléments n’ont pas été adéquatement pris en compte, notamment ceux liés à l’eau et au plan d’urbanisme.
Les promoteurs présentent cette plante comme une opportunité pour une gestion plus efficace des déchets d’élevage, en réduisant les émissions diffuses et en générant du gaz renouvelable exploitable. Cependant, pour les collectifs locaux, l’ampleur du projet et sa proximité avec des zones habitées soulèvent des interrogations quant à l’impact potentiel sur la qualité de vie et sur l’environnement.
Allégations, préoccupations environnementales et impact sur l’eau
Un des axes de contestation le plus actif a été celui des allégations soumises par Pueblos Sanos et d’autres plateformes. Ces organisations ont déposé de nombreux documents où elles dénoncent ce qu’elles considèrent comme de « graves irrégularités » dans le dossier et demandent une réévaluation exhaustive de l’autorisation environnementale.
Parmi les inquiétudes majeures figure la localisation d’une partie de la plante sur un cours d’eau intermittent, connu des habitants sous le nom de « barranco del Hoyo ». Elles soulignent que cette situation augmente le risque de dommages aux eaux superficielles et souterraines, particulièrement en cas de pluies abondantes, ce qui pourrait entrer en conflit avec la réglementation hydraulique.
Pueblos Sanos insiste sur le fait qu’aucune réponse convaincante n’a été apportée à ces objections dans le cadre de la procédure administrative, que ce soit par l’administration régionale ou par les promoteurs du projet. Ils demandent donc une révision détaillée des rapports hydrologiques et une transparence accrue quant à la gestion des effluents liquides et des digestats.
En plus de la problématique de l’eau, les allégations mettent en avant d’autres difficultés, telles que la possibilité d’incompatibilité avec le plan d’urbanisme, la proximité avec des habitations et des exploitations agricoles, ou encore les émissions de nuisances olfactives et sonores pouvant découler du fonctionnement quotidien de la plante. Le collectif soutient que la somme de ces facteurs aurait dû conduire à une évaluation plus stricte.
Un conflit impliquant plusieurs communes voisines
L’opposition au projet ne se limite pas à la commune d’El Cubo du Vino. L’association Pueblos Sanos regroupe des habitants d’El Cubo de Tierra del Vino, Maderal, Cuelgamures, Fuentespreadas, Villamor et Argujillo, ce qui montre que les préoccupations relatives à la plante dépassent les limites administratives de la commune d’implantation.
Pour ce collectif, la plante de biogaz est perçue comme un élément susceptible de modifier le mode de vie de plusieurs localités, tant à cause du trafic de camions de déchets que du risque d’odeurs persistantes ou de problèmes de santé publique. Dans leur discours, ils précisent qu’il ne s’agit pas d’une opposition aux énergies renouvelables en soi, mais bien de projets qu’ils jugent mal placés ou jugés trop volumineux pour la région.
L’association rappelle aussi que le directeur général de Biorig a participé à une réunion à Zamora pour exposer les prétendues avantages du biogaz. Lors de cet événement, la présence initiale du président de la Deputación et du conseiller de l’Environnement de la Junta était annoncée. Pour les groupes critiques, de tels événements renforcent l’idée d’une certaine collusion entre les institutions et les promoteurs, laissant les préoccupations locales en arrière-plan.
Parallèlement, des plateformes provinciales comme Stop Biogás Zamora ou Pueblos Vivos attirent l’attention sur le croissance rapide de projets de biogas dans différentes communes et demandent une planification plus coordonnée au niveau régional, prenant en compte la capacité de charge des zones rurales et l’opinion des populations concernées.
Le précédent de Peleas de Abajo et le débat sur les sanctions
Un des arguments souvent avancés par Pueblos Sanos et d’autres associations concerne le précédent de la plante de biogaz de Peleas de Abajo, également dans la province de Zamora. Dans ce cas, l’entreprise promoteur, Norton Dos Ibérica, a été dénoncée par la plateforme Stop Biogás Zamora pour avoir réalisé des travaux de terrassement et de clôturation sans les autorisations requises.
Cette action a conduit à une procédure de sanction qui a abouti à une amende financière. L’amende, qui était initialement de 35 000 euros, a été réduite à 21 000 euros après que la société ait reconnu qu’elle avait entamé les travaux sans avoir tous les permis nécessaires. Pour les organisations citoyennes, cette somme apparaît insuffisante comme mesure dissuasive contre d’éventuels manquements.
Tant Pueblos Sanos que Pueblos Vivos soutiennent que de telles décisions peuvent tendre à donner aux entreprises l’impression que commencer des travaux sans autorisation entraîne des conséquences financières acceptables, ce qui favorise des comportements de « faits accomplis » dans l’attente d’une régularisation par l’administration ultérieurement.
Dans ce contexte, la dénonciation relative à El Cubo du Vino s’inscrit dans un climat de méfiance concernant la capacité de l’administration à contrôler de façon rigoureuse le respect de la réglementation environnementale et urbanistique, surtout quand il s’agit d’investissements stratégiques ou liés à la transition énergétique.
Tramitación administrative et étapes à venir
Tandis que le débat public se poursuit, le projet de plante de biogaz de El Cubo du Vino avance toujours dans la procédure administrative. La résolution favorable d’impact environnemental déjà émise est un moment majeur, mais l’installation doit encore obtenir plusieurs autorisations clés, y compris la délivrance définitive de l’Autorisation Environnementale Intégrée et le permis de construire par l’autorité locale.
L’entreprise insiste sur le fait qu’elle n’entamera aucun travail de construction sans disposer de tous les permis nécessaires et que des activités comme les études géotechniques sont habituelles et indispensables pour dimensionner correctement l’infrastructure. De leur côté, les populations locales demandent que l’on prenne des précautions maximales et que l’on surveille tout mouvement pouvant être interprété comme une avancée des travaux.
La plainte déposée devant le Seprona offre la possibilité à la Garde Civile d’enquêter sur le terrain concernant la nature exacte des travaux réalisés sur le site et leur conformité avec la réglementation préalable au début formel des travaux. Selon les conclusions, des mesures supplémentaires pourraient être prises ou la plainte pourrait être classée si tout est jugé conforme aux limites autorisées.
Dans un contexte où l’implantation de plantes de biogaz se multiplie dans différentes régions d’Espagne, ce qui se passera à El Cubo de la Tierra du Vino sera examiné de près par d’autres communautés rurales confrontées à des projets similaires ainsi que par les autorités responsables de la conciliation de l’expansion des énergies renouvelables avec la protection de l’environnement et le respect de la législation.
Mon avis :
La création de la centrale de biogaz à El Cubo de la Tierra del Vino suscite des inquiétudes parmi les habitants en raison de l’absence d’autorisation environnementale, malgré des promesses de la société Biorig de respecter les régulations. Ce projet pourrait valoriser les déchets agricoles, mais pose des questions sur l’impact environnemental et social, notamment en matière de qualité de l’eau et de proximité avec les habitations.
Les questions fréquentes :
Quelle est la controverse autour de la plante de biogaz à El Cubo de la Tierra del Vino ?
La plante de biogaz projetée à El Cubo de la Tierra del Vino suscite une polémique territoriale et environnementale en raison de l’absence d’une autorisation environnementale intégrée nécessaire pour débuter la construction. L’association Pueblos Sanos a signalé des activités sur le site, ce qui a conduit à une enquête par le Seprona de la Guardia Civil.
Quels sont les arguments avancés par l’association Pueblos Sanos ?
L’association Pueblos Sanos affirme que les travaux effectués sans autorisation pourraient violer la réglementation sur ces types d’infrastructures. Ils soulignent que le projet n’a pas encore obtenu d’approbation définitive et expriment des préoccupations quant aux impacts environnementaux potentiels, notamment sur les ressources en eau.
Quelle réponse la société promotrice a-t-elle fournie aux accusations ?
La société Biorig, promotrice de la plante, soutient que les opérations réalisées sur le site consistaient en des études géotechniques pour analyser le sol, et non en début de construction. Ils affirment que toutes les activités menées étaient temporaires et qu’aucune construction définitive ne commencera sans les permis nécessaires.
Quelles sont les préoccupations exprimées par les habitants des villages environnants ?
Les habitants craignent que la plante de biogaz ait des conséquences négatives sur leur qualité de vie, notamment en raison du trafic de camions, des bruits et des odeurs. L’opposition au projet dépasse le cadre administratif d’El Cubo et inclut des villages voisins, exprimant un désir de contrôler l’impact potentiel des projets de biogaz dans leur région.