Insta360 contre-attaque : le fondateur face à DJI avec 28 allégations de brevets

Insta360 contre-attaque : le fondateur face à DJI avec 28 allégations de brevets

Dans un affrontement sur le marché des drones, DJI intente une action en justice contre Insta360 concernant des brevets contestés. Le fondateur JK Liu riposte, affirmant que cette bataille dépasse les simples droits de propriété intellectuelle. Une analyse approfondie des réclamations révèle des enjeux plus vastes et un climat de compétition féroce.

Dans le domaine de la technologie des drones, un conflit majeur se dessine à la suite de la plainte déposée par **DJI** concernant des brevets contestés. Le fondateur d’**Insta360**, **JK Liu**, réagit fermement, soulignant que cette querelle ne se limite pas à une simple dispute sur quelques brevets.

Dans une déclaration détaillée sur la plateforme de médias sociaux chinoise **Weibo**, **Liu** s’attaque aux affirmations de **DJI**, présentant le procès comme une tendance plus large où de grandes entreprises se tournent vers des pressions juridiques lorsque la concurrence devient trop vive.

« En substantiel, il s’agit de quelques anciens employés de **DJI** qui ont rejoint **Insta360** et ont déposé des brevets pendant leur temps avec nous », explique **Liu**. « **DJI** revendique la propriété de ces brevets. Nous les avons examinés attentivement et les preuves montrent que toutes les idées et innovations ont été créées de manière indépendante chez **Insta360**. »

Cette affirmation défie le cœur de l’argumentation de **DJI**. Le géant des drones soutient que les brevets en question sont des « inventions de service » selon la législation chinoise, ce qui signifie que tout ce qui a été développé au cours de l’année suivant le départ d’un employé de **DJI**, en rapport avec son ancien travail, appartient à **DJI**. Cependant, **Liu** rejette catégoriquement ce postulat, insistant sur le fait que le travail en question a été conçu et développé entièrement au sein d’**Insta360**.

« Si **DJI** le voulait, ils auraient pu simplement demander »

Un des points les plus intéressants de la réponse de **Liu** revient sur la substance même des brevets, que **DJI** n’a jusqu’à présent décrits que de manière vague.

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Selon **Liu**, le brevet le plus pertinent lié au contrôle de vol des drones est en fait assez spécifique : une fonctionnalité qui permet un « plongeon dans le bâtiment » de style FPV en appuyant sur un seul bouton. Il revendique également que cette idée n’est même pas issue des anciens ingénieurs de **DJI**.

« C’était mon idée », déclare **Liu**, précisant qu’il était « profondément impliqué dans son raffinement et son approbation ». Il minimise l’importance de cette fonctionnalité, notant que, en raison des restrictions de vol actuelles, elle n’a même pas été mise en œuvre dans les produits.

Il ajoute alors une remarque qui souligne sa position générale : « Si **DJI** voulait ce brevet, ils auraient pu simplement le demander. »

Cette déclaration est frappante, car elle transforme le différend d’une bataille complexe sur les droits de propriété intellectuelle en quelque chose de moins significatif d’un point de vue technique, du moins selon **Liu**.

La plainte de **DJI** mentionne également ce qu’il décrit comme un comportement suspect dans les dépôts de brevets, spécifiquement des inventeurs listés comme « anonymes » dans les dépôts chinois mais révélés dans les dépôts internationaux. **Liu** répond directement à cela.

Il explique que c’est une pratique interne standard, et non une tentative de dissimulation. **Insta360** retient souvent les noms des inventeurs dans les dépôts nationaux initiaux pour protéger les employés de la concurrence, les révélant seulement plus tard dans les dépôts internationaux obligatoires.

Il ajoute que cette approche est appliquée de manière générale, et pas uniquement pour les employés qui ont précédemment travaillé chez **DJI**. « Si notre motivation était celle que **DJI** prétend, nous n’aurions pas utilisé ces noms du tout », dit **Liu**.

« Les acteurs établis détestent perdre des parts de marché »

Un autre point clé dans la réponse de **Liu** est la question du timing. Il révèle que la plupart des brevets liés aux drones au cœur du différend ont été déposés il y a plus de quatre ans, et beaucoup ne sont plus pertinents pour l’orientation actuelle des produits d’**Insta360**. Entre-temps, la feuille de route de l’entreprise a évolué de manière significative, notamment avec son expansion au-delà des caméras 360 vers des drones et d’autres catégories matérielles.

Il soulève une question importante : si ces brevets ne sont même pas centraux pour les produits actuels d’**Insta360**, pourquoi poursuivre leurs revendications juridiques maintenant ? La réponse de **Liu** renvoie à la compétition.

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Bien que **Liu** ne nomme pas directement **DJI** dans ce contexte, l’implication est claire. « Nous comprenons pourquoi **GoPro** et **DJI** nous ont poursuivis — les acteurs établis détestent perdre des parts de marché », affirme-t-il.

Cette comparaison avec **GoPro** n’est pas accidentelle. Le mois dernier, **Insta360** a obtenu une victoire complète dans un litige majeur sur les brevets auprès de la Commission américaine du commerce international (ITC), où **GoPro** avait accusé l’entreprise de violer plusieurs brevets liés à la stabilisation, à la correction de distorsion et d’autres technologies d’imagerie fondamentales. L’ITC a finalement statué en faveur d’**Insta360**, invalidant ou rejetant les revendications et permettant à l’entreprise de continuer à vendre ses produits aux États-Unis sans restriction.

Pour **Liu**, cette affaire est une preuve d’un schéma plus large. « La décision de l’ITC confirme ce que l’industrie a longtemps reconnu : la technologie d’**Insta360** repose sur une véritable innovation », a-t-il déclaré à l’époque. Un porte-parole de l’entreprise partage cette opinion de manière plus directe, déclarant que les efforts des premiers acteurs du secteur pour utiliser des tactiques juridiques pour supprimer la concurrence « sont voués à échouer ».

Pourquoi **Insta360** n’a-t-il pas encore poursuivi **DJI** ?

Peut-être le point le plus révélateur de la déclaration de **Liu** est ce qu’**Insta360** n’a pas fait. Selon **Liu**, l’entreprise a identifié **28 brevets** sous lesquels les produits **DJI** pourraient potentiellement tomber, y compris des méthodes matérielles, logicielles, de contrôle et d’accessoires. Toutefois, **Insta360** n’a pas engagé d’actions judiciaires. Pourquoi ?

« En tant qu’entreprise plus petite avec des ressources limitées, nous privilégions l’innovation au litige », explique **Liu**. « Nous préférons élargir le marché et offrir davantage de choix aux consommateurs. »

Cette philosophie, selon lui, a porté ses fruits. **Insta360** a connu sa croissance la plus rapide et son chiffre d’affaires le plus élevé depuis des années au quatrième trimestre 2025, même alors que les plus grands acteurs s’engagent dans des guerres de prix.

Cependant, **Liu** laisse entendre que cette retenue a des limites. « Si quelqu’un nous amène à la porte de la guerre juridique, nous ferons ce qu’il faut pour nous battre », dit-il, notant qu’**Insta360** a dépensé plus de 10 millions d’euros pour se défendre dans l’affaire contre **GoPro**.

Il existe cependant une ligne rouge. **Liu** précise qu’**Insta360** n’irait « nucléaire » avec son portefeuille de brevets que si sa capacité d’innover ou de lancer de nouveaux produits était directement menacée. « Par exemple », dit-il, « si l’on ne peut plus fabriquer de drones. »

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C’est un commentaire révélateur compte tenu du contexte plus large. **Insta360** vient d’entrer sur le marché des drones avec son initiative **Antigravity**, tandis que **DJI** se prépare à lancer son propre drone à 360 degrés, mettant à nouveau les deux entreprises en concurrence directe.

Que se passera-t-il ensuite ?

Pour l’instant, **Liu** appelle à la patience. « En ce qui concerne le procès de **DJI** contre **Insta360**, attendons que les procédures de collecte de preuves et d’enquête du tribunal se déroulent », dit-il. « Ce genre de situation est courant dans le secteur technologique. »

En attendant, **Insta360** avance de manière déterminée. **Liu** révèle que l’entreprise prévoit de lancer sept à huit nouveaux produits et séries cette année, y compris des caméras à cardan, des microphones cravate et un autre drone.

Le message est clair : malgré le combat juridique, l’entreprise ne ralentit pas. « En fin de compte, nous respectons la propriété intellectuelle », déclare **Liu**. « Mais nous respectons aussi les faits, les procédures légales et les décisions. Nous n’avons pas peur des poursuites en matière de brevets. »

Et dans une phrase qui pourrait définir cette rivalité entière, il ajoute : « Nous refusons de nous battre pour le même gâteau. Nous préférons élargir le marché par l’innovation continue et gagner notre place. »

Mon avis :

Le conflit entre DJI et Insta360 souligne les tensions croissantes dans l’industrie des drones, où la protection des droits de propriété intellectuelle se mêle à des enjeux de marché. Si Insta360 revendique une innovation indépendante, la dispute révèle les défis pour les petites entreprises face aux grandes marques, menaçant leurs ressources.

Les questions fréquentes

Quelle est la raison du procès de DJI contre Insta360 ?

DJI poursuit Insta360 sur la base de six brevets contestés, arguant que certains brevets appartiennent à l’entreprise en raison de leur lien avec d’anciens employés de DJI. Insta360, représenté par son fondateur JK Liu, conteste cette affirmation en affirmant que les idées et innovations ont été développées indépendamment au sein d’Insta360.

Quels sont les brevets majeurs en jeu dans cette affaire ?

L’un des brevets les plus notables concerne un contrôle de vol qui permet une manœuvre de type « building dive » avec une simple pression sur un bouton. Liu affirme également que ce concept n’a pas été développé par des ingénieurs de DJI, mais qu’il est issu de sa propre initiative.

Pourquoi Insta360 n’a-t-il pas encore contre-attaqué avec un procès contre DJI ?

Liu explique qu’Insta360 a identifié 28 brevets qui pourraient être enfreints par les produits de DJI. Cependant, en tant que petite entreprise avec des ressources limitées, Insta360 choisit de privilégier l’innovation plutôt que les litiges, afin d’offrir plus de choix aux consommateurs.

Quelles sont les prochaines étapes dans ce conflit juridique ?

Pour l’instant, JK Liu recommande de faire preuve de patience et attend que les procédures judiciaires progressent. En attendant, Insta360 prévoit de lancer sept à huit nouveaux produits cette année, montrant ainsi sa détermination à avancer malgré le procès en cours.

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