Dans un tournant majeur pour le secteur des croisières, Royal Caribbean et l’investissement indépendant Springwater annoncent une joint venture innovante. Cette collaboration vise à offrir des expériences de croisière sur mesure pour les marchés espagnol et français, en capitalisant sur les marques Pullmantur et Croisières de France.
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Cette annonce pourrait être décisive, car elle illustre la réorganisation du secteur des croisières sur les marchés espagnol et français. Royal Caribbean Cruises Ltd. et la société de capital-investissement Springwater ont établi une joint venture pour fournir des expériences de croisière adaptées à la culture des touristes français et espagnols à travers la gestion des marques Pullmantur et Croisières de France (CDF).
La création de cette nouvelle entité représente un nouveau chapitre dans la collaboration entre ces deux entreprises. Royal Caribbean, qui conservera la propriété des navires et des avions de Pullmantur et CDF, vendra 51 % de sa participation dans ces marques à Springwater, tout en conservant 49 % dans la joint venture. Ainsi, Springwater obtiendra le contrôle majoritaire du capital, tandis que Royal Caribbean gardera les actifs stratégiques.
Dans un communiqué conjoint, il est précisé que l’opération est structurée comme une alliance stratégique à long terme plutôt qu’une vente complète. Les deux parties attestent que la transaction sera finalisée une fois toutes les approbations réglementaires obtenues, bien que les conditions financières ne soient pas révélées. Le contrat devrait être ratifié fin 2016, et l’impact financier sur les comptes de Royal Caribbean est jugé neutre ou légèrement positif.
Qu’est-ce que la joint venture Royal Caribbean – Springwater ?


La joint venture représente en pratique une nouvelle société partagée où Springwater détient 51 % et Royal Caribbean 49 %. Cette société sera responsable de la gestion des marques Pullmantur et CDF, ciblant principalement les marchés espagnols et français.
Un point essentiel de l’accord est que Royal Caribbean conservera la propriété des navires et avions actuellement exploités par Pullmantur et CDF. Ces actifs seront loués à la joint venture, ce qui renforce le rôle de Royal Caribbean en tant que partenaire industriel tout en garantissant la continuité opérationnelle de la flotte sous des normes internationales strictes.
De plus, RCL fournira des services d’exploitation maritime à Pullmantur et CDF par le biais d’un contrat de gestion, assurant ainsi une expertise opérationnelle même si Springwater détient la majorité des actions. Springwater se concentrera principalement sur le rôle financier et stratégique, tandis que Royal Caribbean se concentrera sur l’exploitation maritime et sur la qualité du produit croisière.
Cette situation élargit la collaboration existante entre Royal Caribbean et Springwater dans d’autres activités touristiques liées à Wamos, incluant le transport aérien et les agences de voyages. Cela renforce un écosystème touristique intégré combinant croisières, aviation, forfaits touristiques et distribution de détail.
Les objectifs de l’alliance sur les marchés espagnol et français


Un des fondements de cette joint venture est la spécialisation par marchés. Royal Caribbean et Springwater soulignent que Pullmantur et CDF continueront à se concentrer sur des produits très locaux, adaptés aux goûts des clients hispaniques et francophones, tels que la gastronomie, les horaires des repas, l’animation à bord dans leur langue, et des itinéraires pertinents.
Les dirigeants des deux sociétés affirment que l’accord repose sur deux facteurs clés : l’amélioration progressive du contexte économique en Espagne et le croissant intérêt pour les croisières en France. Royal Caribbean voit cette alliance comme une opportunité d’accroître ses marques locales tout en maintenant son modèle global.
Du côté de Springwater, le PDG a précisé qu’il s’agit d’un nouveau partenaire stratégique et non d’un acheteur pur. Cette alliance vise à développer les marques Pullmantur et CDF, profitant de l’expérience considérable de Springwater en tourisme et de ses relations avec les agences de voyages, afin de ne pas se battre sur le prix, mais de se différencier par la qualité et la personnalisation de l’offre.
Dans cette optique, la joint venture vise à renforcer la proximité avec le client, en proposant des produits de plus en plus spécifiques pour chaque région, avec un accent particulier sur les itinéraires, les services à bord et des offres adaptées aux familles, couples et groupes voyageant d’Espagne ou de France.
Impact financier et opérationnel de l’opération
Sur le plan économique, Royal Caribbean a annoncé que la transaction générera un bénéfice immatériel non récurrent, ne figurant pas dans ses métriques financières habituelles. L’impact global est estimé comme neutre ou légèrement positif, avec des effets compensatoires dérivés de la nature des marchés où opère Pullmantur.
La structure choisie implique que Springwater prend le contrôle actionnarial, alors que Royal Caribbean conserve les navires, les avions et l’exploitation maritime. Cela démontre le rôle croissant des fonds d’investissement dans la restructuration du secteur touristique, suscitant à la fois des attentes de croissance et des interrogations sur l’impact à long terme sur l’environnement entrepreneurial.
Des acteurs du secteur prévoient qu’après la clôture de l’opération, Springwater lancera des processus de restructuration interne visant à améliorer l’efficacité et les résultats, s’appuyant sur les expériences antérieures d’autres entreprises de son portefeuille, sans nécessairement impliquer des changements dramatiques dans le personnel.
Cependant, tant les porte-paroles de Royal Caribbean que ceux de Springwater sont confiants dans la croissance future de la capacité et de la demande en Espagne et en France, avec des prévisions de hausse progressive année après année dans ces marchés.
Relation précédente de Springwater avec Pullmantur et création de Wamos
En janvier 2014, Pullmantur avait déjà signé un accord avec Gowaii Vacation et Springwater Capital pour la vente d’une partie majoritaire de son capital dans des entreprises liées aux activités touristiques, mais non directement au secteur des croisières. Ces entreprises incluent circuits touristiques, City Tours, Travaux de Tour Opération, et Pullmantur Air.
À la suite de cet accord, Springwater a encouragé la création de Wamos, un groupe touristique intégrant des marques telles que Nautalia Viajes, Wamos Air et Wamos Tours. Par cette réorganisation, Springwater a pris le contrôle d’une partie significative de l’ancien modèle de tour opérateur et aérien de Pullmantur, tandis que la division croisières est restée sous l’égide de Royal Caribbean.
Avec la nouvelle joint venture, Springwater obtient désormais la majorité actionnariale de la partie croisières, consolidant ainsi sa présence dans l’écosystème touristique lié à ces marques, allant de la commercialisation et du tourisme à la gestion de croisières.
Ce processus d’opérations souligne que l’entrée de Springwater dans Pullmantur s’est faite en étapes successives, avec un certain temps d’écart entre chacune, avançant progressivement vers le contrôle de l’activité croisière.
Qui est Springwater Capital et quelle est sa stratégie dans le tourisme ?
En ce qui concerne Royal Caribbean, nous avons une certaine idée de qui ils sont, mais examinons maintenant de plus près Springwater Capital. Cette firme d’investissement indépendante, basée à Madrid, a été fondée en 2002. Elle se concentre principalement sur des investissements en Europe, travaillant en étroite collaboration avec les équipes dirigeantes des sociétés dans lesquelles elle investit.
À ce jour, Springwater a effectué plus de 30 investissements et possède environ 20 groupes d’entreprises dans son portefeuille, avec une forte présence dans le secteur touristique. Elle est active en Espagne, au Portugal, en Italie, en France, ainsi qu’à certains endroits en Afrique, avec des participations dans des compagnies aériennes, des agences de voyages et des tour-opérateurs. La joint venture avec Royal Caribbean renforce encore cette position.
Le PDG de Springwater a souligné que cet accord tire parti de son expérience antérieure dans le secteur des voyages et des solides relations commerciales déjà établies par Pullmantur et CDF avec les marchés espagnol et français. Cette base est celle d’un partenariat stratégique à long terme qui vise à faire croître ces deux entreprises et à s’adapter aux évolutions du marché croisières.
Du point de vue de Royal Caribbean, l’alliance avec Springwater est un moyen de collaborer avec un partenaire financier solide qui prend une part du risque tout en apportant des ressources pour moderniser et relancer les marques Pullmantur et CDF, tout en maintenant le contrôle technique et la propriété des actifs critiques de l’opération.
Dans l’ensemble, cette joint venture entre Royal Caribbean et Springwater constitue un mouvement significatif dans le secteur des croisières francophones et hispaniques, avec pour objectif de proposer des croisières plus personnalisées et compétitives, adaptées à la culture de leurs passagers, en tirant le meilleur parti de l’expérience industrielle et de la capacité financière des deux partenaires.
Mon avis :
La joint venture entre Royal Caribbean et Springwater, avec Springwater détenant 51 % de Pullmantur et Croisières de France, renforce la spécialisation des offres pour les marchés espagnols et français, bien que sa dépendance à des acteurs financiers soulève des questions sur l’impact à long terme sur la qualité des services.
Les questions fréquentes :
Qu’est-ce que la joint venture entre Royal Caribbean et Springwater?
La joint venture est une nouvelle société partagée, où Springwater détient 51% et Royal Caribbean 49%. Elle gérera les marques Pullmantur et Croisières de France, spécialement conçues pour les marchés espagnol et français.
Quels actifs Royal Caribbean conserve-t-elle dans cet accord?
Royal Caribbean conserve la propriété des navires et des avions opérant pour Pullmantur et CDF. Ces actifs seront loués à la joint venture, permettant ainsi à Royal Caribbean de maintenir son rôle opérationnel tout en laissant la gestion à Springwater.
Quels sont les objectifs de cette alliance pour les marchés espagnol et français?
L’alliance vise à offrir des produits adaptés aux goûts des clients hispaniques et francophones, avec une attention particulière à la gastronomie, aux horaires des repas et aux services en langue locale. Elle se base sur l’amélioration de l’environnement économique en Espagne et sur l’intérêt croissant pour les croisières en France.
Quel est l’impact financier de cette opération sur Royal Caribbean?
Royal Caribbean indique que la transaction devrait générer un bénéfice immatériel non récurrent, sans impact significatif sur ses résultats financiers habituels. L’effet global est considéré comme neutre ou légèrement positif pour l’entreprise.