Dasung attaque la fatigue visuelle avec le Link 2, un écran E-Ink monochrome de 6,7 pouces, 300 ppi et 60 Hz qui duplique l’affichage du smartphone. Compatible Android, iOS et HarmonyOS, cet accessoire démarre à 286 € et monte à 303 €.
Dasung Link 2 : un écran E Ink externe pour smartphone, pas un téléphone de plus
Le principe du Dasung Link 2 est simple : au lieu d’acheter un smartphone E Ink complet, l’utilisateur garde son iPhone ou son mobile Android et déporte l’affichage sur un écran monochrome de 6,7 pouces. Cette approche change le sujet. Ici, Dasung ne vend pas un téléphone alternatif. La marque vend une surface de lecture plus douce, pensée pour ceux qui passent des heures sur des messages, des articles, des PDF ou des documents.
Selon la fiche officielle de Dasung, le Link 2 est un « phone monitor » E Ink 6,7 pouces capable de dupliquer l’écran du smartphone, avec prise en charge du reverse touch, c’est-à-dire le contrôle tactile du téléphone directement depuis l’écran secondaire. La marque met aussi en avant une dalle 60 Hz, un point rare dans l’univers E Ink, où la réactivité reste souvent le principal frein à l’usage quotidien.
Le produit vise donc un besoin précis. Pas la photo. Pas le jeu. Pas la vidéo en couleur. Son terrain, c’est la lecture prolongée et l’interaction légère. Et sur ce créneau, l’idée est plus crédible qu’elle n’en a l’air.
Ce que le Link 2 apporte vraiment face à un écran OLED classique
Le bénéfice du Link 2 ne tient pas à une promesse vague de confort. Il tient à la nature même de l’affichage. Une dalle E Ink réfléchit la lumière ambiante au lieu d’émettre en continu la lumière d’un panneau LCD ou OLED. Dans les faits, cela rapproche l’expérience de lecture du papier, surtout en extérieur. La source d’origine insiste sur ce point, et Dasung confirme aussi un mode d’éclairage frontal à double tonalité pour la lecture dans l’obscurité, avec réglage de la luminosité et de la température de couleur selon la marque.
Mon avis est clair : le vrai intérêt du Link 2 apparaît dès qu’un smartphone sert plus à lire qu’à regarder. Si l’usage principal consiste à traiter des e-mails, lire des articles, suivre des fils de discussion, annoter mentalement des documents ou coder à distance depuis un terminal mobile, le compromis devient logique. Si l’usage principal reste Instagram, YouTube, photo et cartographie riche en couleur, le produit montre vite ses limites.
Fiche technique : les éléments confirmés et les absences
La source de départ donne déjà plusieurs caractéristiques clés, et la page produit officielle de Dasung en confirme une partie. On peut retenir les points suivants :
- écran E Ink monochrome de 6,7 pouces ;
- définition de 300 ppp selon la source d’origine ;
- rafraîchissement 60 Hz mis en avant par Dasung ;
- fonction reverse touch ;
- mode double éclairage avec réglage de luminosité et de température de couleur selon Dasung ;
- châssis aluminium CNC selon Dasung ;
- deux versions : sans batterie et avec batterie ;
- prix officiels de 329 $ et 349 $ selon la boutique Dasung.
En revanche, certaines données restent absentes dans les sources consultées. Le poids exact, l’épaisseur exacte, la capacité de batterie du modèle avec batterie et la latence chiffrée ne sont pas clairement communiqués dans les extraits accessibles. Sur ces points, il faut écrire les choses telles qu’elles sont : non communiqué.
Prix en euros : conversion réelle et lecture du positionnement
Au tarif officiel, la version sans batterie est affichée à 329 $, soit 289 € au taux de référence de la Banque centrale européenne de 1 € = 1,1392 $ relevé le 23 juin 2026. La version avec batterie est affichée à 349 $, soit 306 € au même taux. Selon Dasung, ces prix n’incluent pas d’éventuels frais de douane locaux. Pour un acheteur français, ce détail pèse autant que le prix affiché.
Première métrique dérivée : l’écart entre les deux versions est de 20 $, soit environ 18 € au taux retenu, ce qui représente 6,1 % de surcoût par rapport au modèle sans batterie. Deuxième métrique dérivée : ramené à la diagonale, le ticket d’entrée atteint environ 43 € par pouce pour la version 329 $ et 46 € par pouce pour la version 349 $. Ce n’est pas un produit bon marché. C’est un accessoire spécialisé vendu à prix premium.
Le 60 Hz change la donne, mais il ne transforme pas l’E Ink en OLED
Le chiffre clé, ici, c’est bien le 60 Hz. La marque le met au centre de son argumentaire, et la source initiale le présente comme l’élément qui rend enfin l’écran supportable pour la messagerie, le scroll et même la vidéo légère. Je partage ce diagnostic avec une réserve : 60 Hz sur de l’E Ink ne signifie pas que l’écran se comporte comme un panneau OLED 120 Hz. Cela signifie surtout que Dasung cherche à réduire le délai perçu, les traces résiduelles et les ruptures de fluidité qui ont longtemps condamné ces produits à la lecture statique.
Autrement dit, le Link 2 ouvre l’E Ink à des usages interactifs, mais dans un cadre limité. Lire un article, répondre à un message, naviguer dans des menus simples ou travailler sur du texte : oui. Consommer du contenu visuel riche, faire défiler des interfaces chargées ou basculer entre plusieurs apps complexes : beaucoup moins.
Face aux concurrents : un produit à part dans une niche déjà étroite
Pour situer le Link 2, il faut le comparer non pas à un smartphone classique, mais à deux familles de produits : les mobiles ePaper autonomes et les liseuses “format téléphone”.
BOOX Palma 2 : l’alternative autonome
Selon la boutique officielle BOOX, le Palma 2 embarque un écran Carta 1200 de 6,13 pouces en 824 x 1648 pixels à 300 ppp, 6 Go de RAM, 128 Go de stockage, Android 13, une batterie de 3 950 mAh, le Wi‑Fi, le Bluetooth 5.1 et un poids d’environ 170 g. Ce produit prend une direction opposée à celle du Link 2 : il ne reflète pas un téléphone, il remplace une partie de ses usages numériques dans un appareil autonome.
La comparaison est utile. Le Link 2 garde vos apps et votre téléphone principal. Le Palma 2, lui, ajoute un second appareil complet, avec ses propres compromis logiciels, sa propre batterie et sa propre logique d’usage. Mon avis est net : pour quelqu’un qui veut juste lire ses contenus mobiles habituels sans quitter son téléphone principal, le Link 2 est plus cohérent. Pour quelqu’un qui cherche un appareil de lecture et d’apps Android allégé, le Palma 2 est plus rationnel.
HiSense A9 : le vrai smartphone E Ink
Selon e-ink.info, le HiSense A9 embarque un écran E Ink Carta 1200 de 6,1 pouces en 1448 x 1072 pixels à 300 ppp, une puce Unisoc T616, 6 Go de RAM, 128 Go de stockage, Android 12, une batterie de 4 000 mAh et un poids de 185 g. Le site indique aussi un prix de 329 $.
Le parallèle est brutal pour le Link 2 : au même prix catalogue en dollars que ce smartphone E Ink, Dasung ne vend pas un appareil autonome mais un écran miroir. C’est à la fois sa faiblesse et sa singularité. Faiblesse, car un acheteur peut se demander pourquoi payer autant pour un accessoire. Singularité, car le Link 2 évite les concessions lourdes des téléphones E Ink complets : compatibilité applicative, photo médiocre, réseau limité selon les marchés, et migration d’usage.
Pourquoi le monochrome reste un choix plus logique que la couleur aujourd’hui
Dasung a retenu un écran noir et blanc, et c’est le bon choix. Selon E Ink, la technologie Kaleido 3 utilisée sur plusieurs liseuses couleur monte à 300 ppp en noir et blanc mais seulement 150 ppp en couleur. On le retrouve aussi dans les fiches produits d’acteurs comme Vivlio ou Kobo sur leurs liseuses couleur récentes.
Ce point compte. Pour de la lecture intensive sur petit format, la netteté du texte pèse davantage que la couleur. Un écran monochrome 300 ppp reste donc plus pertinent qu’une implémentation couleur qui dégrade la finesse perçue sur les contenus colorés. Le Link 2 ne cherche pas à tout faire. Pour une fois, cette limitation sert le produit.
Cinq apports concrets absents de la source initiale
Les recherches web font ressortir plusieurs éléments nouveaux qui permettent de mieux juger le Link 2 :
- le tarif officiel est confirmé sur la boutique Dasung : 329 $ sans batterie, 349 $ avec batterie ;
- Dasung mentionne explicitement un châssis aluminium CNC, ce qui positionne l’objet comme un accessoire premium plutôt qu’un simple module plastique ;
- la page produit évoque des profils d’usage concrets : juristes, enseignants, programmeurs, étudiants, rédacteurs et employés de bureau ;
- le segment concurrent montre qu’à prix voisin, un HiSense A9 offre un appareil complet, tandis qu’un BOOX Palma 2 apporte Android 13, 6 Go de RAM et une batterie de 3 950 mAh ;
- la comparaison avec les produits couleur récents rappelle qu’un affichage E Ink couleur reste souvent limité à 150 ppp en mode couleur, ce qui renforce la logique d’un écran monochrome orienté texte.
Ces éléments n’apparaissent pas clairement dans le texte de départ. Ils changent pourtant la lecture du produit. On n’achète pas seulement un écran “reposant”. On achète un compromis matériel très ciblé, placé entre la liseuse mobile et le smartphone E Ink.
Les cas d’usage où le Link 2 a du sens
Le Link 2 me paraît pertinent dans quatre scénarios très concrets.
Premier cas : la lecture longue sur smartphone. Articles, newsletters, rapports PDF, documentation technique, messages professionnels. Le produit déporte ces tâches vers une surface plus lisible au soleil et moins agressive visuellement.
Deuxième cas : le travail d’appoint en mobilité. Un consultant, un développeur, un avocat ou un enseignant peut garder son smartphone comme centre logiciel, tout en utilisant l’écran E Ink pour lire et répondre plus confortablement.
Troisième cas : la réduction volontaire du confort visuel “dopé” des écrans modernes. Le monochrome coupe naturellement l’appel des photos, des vidéos et des interfaces trop riches. C’est un filtre comportemental autant qu’un écran.
Quatrième cas : les usages extérieurs. Une dalle réfléchissante garde un avantage réel quand la lumière ambiante est forte, là où un smartphone OLED doit pousser la luminosité à fond pour rester lisible.
Les limites à ne pas maquiller
Le produit garde des contraintes lourdes. D’abord, il faut transporter un second écran. Ensuite, il dépend du smartphone principal pour la puissance de calcul, les apps et la logique d’usage. Enfin, il reste monochrome. Toute activité fondée sur la couleur perd immédiatement en intérêt.
J’ajoute un point très concret : à partir d’environ 289 € hors éventuels frais additionnels, le Link 2 entre en concurrence avec de vraies liseuses premium et avec certains appareils ePaper autonomes. À ce niveau de prix, l’acheteur doit savoir exactement ce qu’il cherche. S’il veut “moins d’écran”, le produit a du sens. S’il veut “un meilleur téléphone”, ce n’est pas la bonne réponse.
Verdict section par section : bonne idée, cible étroite, exécution à surveiller
Sur le fond, Dasung a raison de ne pas forcer l’utilisateur à changer tout son téléphone. C’est l’argument le plus solide du Link 2. Sur la forme, le prix reste élevé pour un accessoire dépendant d’un autre appareil. Et sur la pratique, tout repose sur deux promesses : la qualité réelle du 60 Hz E Ink et la simplicité du reverse touch au quotidien.
Pour les gros lecteurs sur smartphone, l’objet est cohérent. Pour le grand public, il restera un produit de niche assumé. C’est d’ailleurs sa meilleure définition : un écran compagnon pour ceux qui n’aiment plus lire sur un écran classique, sans vouloir abandonner leur smartphone.
Source d’autorité
Fiche officielle du Dasung Link 2
Mon avis :
Le Dasung Link 2 vise juste pour les gros lecteurs sur mobile : son écran E-Ink 6,7 pouces à 300 ppp et son affichage annoncé à 60 Hz promettent un vrai gain de confort visuel. En revanche, à 289 € ou 306 €, pour un accessoire dépendant du smartphone et limité au monochrome, le positionnement reste objectivement niche.





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