Selon TrendForce, la hausse des prix des MacBook pourrait faire chuter de 13,6 % les livraisons mondiales de PC portables en 2026, tandis qu’Apple viserait encore 23,1 millions d’unités expédiées. De quoi confirmer que même le segment premium subit désormais la pression des coûts et d’une demande plus fragile.
La hausse des prix des MacBook change déjà la lecture du marché PC
Le signal est net. Selon TrendForce, la hausse récente des prix des MacBook va peser sur les volumes mondiaux de PC portables en 2026. Le cabinet estime désormais que les expéditions mondiales de notebooks reculeront de 13,6 % sur l’année, alors qu’Apple resterait mieux armé que la moyenne du secteur avec 23,1 millions de machines livrées. Le point clé n’est pas seulement la hausse tarifaire chez Apple. Le vrai sujet, c’est l’effet combiné entre mémoire plus chère, composants avancés sous tension et demande grand public qui cale.
Cette lecture rejoint d’autres indicateurs. Selon IDC, les expéditions mondiales de PC doivent baisser de 11,3 % sur l’ensemble de 2026, pendant que les prix moyens de vente grimperaient de 18,3 %. Selon IDC, aucune détente significative sur la pénurie mémoire n’est attendue avant fin 2027. Le marché ne traverse donc pas un simple trou d’air. Il entre dans une phase où les marques vendront moins d’unités, mais plus cher. C’est mauvais pour le volume. C’est moins mauvais pour les acteurs capables d’imposer leurs prix.
Apple augmente ses prix, mais conserve des arguments techniques solides
Le paradoxe est là. La hausse des prix fragilise mécaniquement une partie de la demande, surtout chez les acheteurs qui arbitrent au billet près. Pourtant, Apple conserve une proposition produit cohérente. Selon la page officielle française du MacBook Air M5, les modèles 13 et 15 pouces embarquent une puce M5, 16 à 32 Go de mémoire unifiée, 512 Go à 4 To de stockage et jusqu’à 18 heures d’autonomie. Selon Apple, le MacBook Air M5 double aussi le stockage de base par rapport à la génération précédente, avec 512 Go en standard.
Le constructeur ne vend donc pas seulement une marque plus chère. Il vend aussi une fiche technique renforcée. Selon Apple, la puce M5 du MacBook Air intègre un CPU 10 cœurs, un GPU jusqu’à 10 cœurs, une bande passante mémoire de 153 Go/s, soit +28 % face à la puce M4, et un SSD jusqu’à 2 fois plus rapide que sur la génération précédente. En usage concret, cela compte. Un étudiant qui manipule de gros fichiers, un créatif qui importe une photothèque massive ou un indépendant qui exécute des modèles IA en local profite directement du passage à 512 Go de base et du SSD plus véloce.
La logique est la même sur la gamme Pro. Selon Apple, les MacBook Pro 14 et 16 pouces lancés en mars 2026 passent aux puces M5 Pro et M5 Max, avec Wi‑Fi 7, Bluetooth 6, écran Liquid Retina XDR jusqu’à 1 600 nits en HDR et jusqu’à 24 heures d’autonomie selon les configurations. La marque pousse donc une montée en gamme réelle. Mon avis est simple : Apple a probablement jugé qu’une hausse de prix serait mieux acceptée si elle s’accompagnait d’une hausse visible du ticket technique.
Le problème ne vient pas seulement d’Apple, mais de la mémoire et de l’IA serveur
Réduire le sujet à une politique tarifaire d’Apple serait trop court. Selon Micron, la mémoire HBM est désormais au cœur des infrastructures IA, avec des produits HBM4 annoncés pour 2026 et des débits supérieurs à 2,8 To/s par pile. Selon Samsung Semiconductor, la production commerciale de HBM4 a démarré en 2026 pour répondre à la montée de l’IA. Autrement dit, une partie croissante des capacités industrielles les plus avancées part vers les serveurs IA plutôt que vers l’électronique grand public.
Cette tension remonte ensuite toute la chaîne. Selon IDC, la pénurie touche à la fois la mémoire et le stockage, ce qui alourdit les coûts des PC sur l’année 2026. Selon TrendForce, cette pression est particulièrement sensible sur l’entrée et le milieu de gamme, là où la sensibilité au prix est la plus forte. C’est exactement pour cette raison que la hausse des MacBook ne suffira pas à relancer les PC Windows premium. Si tout le monde monte ses prix en parallèle, le report d’un camp vers l’autre reste limité.
Les chiffres montrent qu’Apple résiste mieux que le marché
Selon TrendForce, Apple atteindrait 23,1 millions de notebooks livrés en 2026, malgré un second semestre attendu en retrait. Le cabinet expliquait déjà fin décembre 2025 qu’Apple faisait partie des acteurs les mieux placés grâce à sa puissance d’achat, son calendrier produit prévisible et ses relations d’approvisionnement. Cette idée reste cohérente aujourd’hui : quand les coûts montent, les marques qui contrôlent mieux leur chaîne encaissent mieux le choc.
On peut même tirer une métrique dérivée utile. Selon la projection de TrendForce de fin 2025, le marché mondial du notebook devait tourner autour de 173 millions d’unités en 2026. Si l’on rapporte les 23,1 millions de MacBook prévus à ce volume, Apple pèserait environ 13,4 % du marché du notebook mondial. Ce ratio ne figure pas dans l’article source, mais il aide à mesurer le poids réel d’Apple : la marque reste minoritaire en volume, mais largement assez massive pour influencer les niveaux de prix du segment premium.
Autre lecture dérivée : selon IDC, la hausse attendue des prix moyens des PC en 2026 est de 18,3 %, pendant que TrendForce anticipe une baisse de 13,6 % des expéditions mondiales de notebooks. Le rapport entre les deux ressort à 1,35. En clair, la hausse des prix progresse plus vite que la chute des volumes. C’est une mauvaise nouvelle pour le consommateur final, mais une indication forte pour les fabricants : la valeur unitaire compense partiellement l’érosion des volumes.
MacBook Air et MacBook Pro gardent un avantage d’équipement
L’article d’origine restait vague sur les produits. Les recherches ajoutent plusieurs éléments concrets.
1. Stockage de base doublé
Selon Apple, le MacBook Air M5 démarre à 512 Go, contre 256 Go sur la génération précédente. Cela représente une hausse de 100 % de la capacité de base. Ce point est loin d’être cosmétique. En 2026, 256 Go deviennent vite étroits pour un usage mixte travail, photo, vidéo courte et IA locale.
2. Bande passante mémoire en hausse
Selon Apple, la mémoire unifiée du M5 monte à 153 Go/s, soit +28 % face au M4. Pour les charges mêlant multitâche, création et inférence locale, cet écart est plus utile qu’un simple gain théorique de benchmark.
3. SSD plus rapide
Selon Apple, le SSD du MacBook Air M5 offre des performances de lecture et d’écriture jusqu’à 2 fois supérieures à celles de la génération précédente. Là encore, le bénéfice est concret : import de rushs, duplication de bibliothèques, chargement de projets lourds.
4. Connectivité modernisée
Selon Apple, le MacBook Pro 2026 ajoute Wi‑Fi 7 et Bluetooth 6. Le gain n’est pas spectaculaire pour tout le monde, mais il aligne la machine avec le très haut de gamme 2026.
5. Autonomie toujours centrale
Selon Apple, le MacBook Air M5 monte jusqu’à 18 heures d’autonomie et le MacBook Pro jusqu’à 24 heures selon les usages annoncés. Dans un contexte de prix plus hauts, cette endurance reste un argument de rationalisation d’achat.
Face à Windows, le recouvrement tarifaire devient plus serré
TrendForce estime que la hausse des prix des MacBook réduit l’écart avec certains PC Windows premium. Les relevés de prix officiels vont dans ce sens. Selon le site français de Dell, un XPS 13 récent est affiché à 1 149,01 €. Toujours selon Dell, une autre configuration XPS 13 monte à 1 599,01 €. On reste donc dans une zone tarifaire où l’acheteur peut hésiter entre macOS et Windows sans changer radicalement de budget.
Le concurrent ne se limite pas au prix. Selon la fiche technique de Lenovo, le Yoga Slim 9 14ILL10 propose de la LPDDR5X-8533 soudée, jusqu’à 1 To de SSD PCIe 4.0 et un poids de départ de 1,23 kg. Les PC Windows premium n’ont donc plus à rougir sur la finesse ou l’intégration matérielle. Leur faiblesse reste souvent la cohérence globale, pas la fiche technique brute.
Un indicateur dérivé permet d’illustrer ce rapport de valeur. Selon Dell, un XPS 13 à 1 149,01 € rapporté à 18 heures d’autonomie théorique d’un MacBook Air M5 donne un ratio de 63,83 € par heure d’autonomie de référence. En face, un portable premium à 1 599,01 € rapporté à 24 heures d’autonomie théorique d’un MacBook Pro revient à 66,63 € par heure de référence. La métrique a ses limites, mais elle montre une chose : sur le haut de gamme, les ordres de grandeur se rapprochent. Le différentiel de prix pur ne suffit plus toujours à disqualifier Apple.
Le taux de change pèse aussi sur la perception des prix
Pour lire correctement les prix américains, il faut passer par le change. Selon la Banque centrale européenne, au 1er juillet 2026, 1 euro vaut 1,1383 dollar, soit 1 dollar = 0,8785 euro. À ce taux, un prix catalogue de 1 999 $ équivaut à environ 1 756 € avant TVA locale et ajustements commerciaux. Ce rappel compte, car une partie du débat public sur les hausses tarifaires mélange souvent prix hors taxes américains et prix TTC européens. La comparaison brute est souvent trompeuse.
Pourquoi le second semestre 2026 risque d’être plus dur
Selon TrendForce, une partie de la demande du second semestre a déjà été avancée au premier semestre. C’est un classique du marché : quand les hausses de prix sont anticipées, les achats se déplacent. Le problème est qu’un achat avancé n’est pas un achat supplémentaire. Il vide simplement le réservoir plus tôt.
Selon IDC, les conditions devraient se dégrader progressivement jusqu’au quatrième trimestre 2026, période où la baisse annuelle des expéditions PC pourrait atteindre 20 %. Mon avis est tranché : le marché grand public entre dans une zone plus sélective. Les machines vraiment premium continueront à se vendre. Les modèles moyens, plus chers sans gain évident à l’usage, seront les premières victimes.
Ce que cette hausse change pour les acheteurs
Pour un utilisateur bureautique léger, la hausse des MacBook peut faire basculer vers un PC Windows premium mieux placé en prix. Pour un créatif, un développeur mobile ou un professionnel déjà installé dans l’écosystème macOS, le calcul reste différent. Selon Apple, le MacBook Air M5 cible clairement les étudiants, créatifs et professionnels avec stockage de base doublé, SSD accéléré et fonctions IA locales. Ce n’est pas un simple rafraîchissement cosmétique.
Le point décisif sera donc moins le prix facial que le coût d’opportunité. Si une machine plus chère évite d’acheter tout de suite un SSD externe, limite les ralentissements, tient mieux sur batterie et garde une meilleure valeur de revente, elle peut rester rationnelle. À l’inverse, si l’usage réel se limite à du web, du traitement de texte et de la visioconférence, la hausse tarifaire d’Apple devient plus difficile à défendre.
Le lien d’autorité
Pour consulter la note complète du cabinet à l’origine de cette révision, voir le rapport de TrendForce : https://www.trendforce.com/presscenter/news/20260701-13130.html
Mon avis :
Avis tranché : l’analyse est crédible sur le fond, car la hausse des coûts mémoire pèse bien sur tout le PC et Apple peut encore surperformer grâce à son écosystème et aux renouvellements Apple Silicon ; sa limite, c’est d’exagérer l’effet prix MacBook, probablement secondaire face au vrai problème : la faiblesse générale de la demande.





