Avec Athom, Homey passe à Matter 1.5 via le firmware 13.3.0 sur les Homey Pro 2023-2026, Homey Pro mini et le serveur auto-hébergé. Au programme : prise en charge native des équipements énergétiques et pontage élargi des appareils non-Matter vers Apple HomeKit, Google Home ou Alexa.
Athom pousse Homey au niveau Matter 1.5, avec un vrai intérêt côté énergie
Athom a obtenu la certification Matter 1.5 pour la brique logicielle Homey. Cela concerne Homey Pro dans ses générations 2023 à 2026, Homey Pro mini et Homey Self Hosted Server, selon le constructeur. Le déploiement passe par le firmware 13.3.0 sur les installations compatibles, avec deux effets concrets : une meilleure prise en charge native de nouveaux types d’appareils et une extension des fonctions de pont Matter vers les grandes plateformes du marché, selon Homey.
Le point fort de cette annonce n’est pas seulement la case “certifié” sur une fiche produit. L’intérêt réel est ailleurs : Homey peut continuer à piloter des équipements anciens en local, puis les exposer sous une forme standardisée à Apple Home, Google Home, Amazon Alexa, SmartThings ou Home Assistant. C’est la partie la plus utile du dossier, parce que le parc installé dans les logements reste très fragmenté, selon Homey.
Stefan Witkamp, CEO d’Athom, résume bien l’enjeu : beaucoup d’utilisateurs possèdent déjà des appareils qui ne parleront jamais Matter nativement. Sur ce point, je partage le constat : la promesse d’interopérabilité n’a de valeur que si elle absorbe aussi l’existant, pas seulement les produits sortis en 2026.
Ce que Matter 1.5 change vraiment pour Homey
La communication d’origine insiste sur les catégories orientées énergie. C’est cohérent avec l’évolution du standard. Selon la Connectivity Standards Alliance, Matter 1.4 a ajouté la prise en charge des panneaux solaires, batteries, pompes à chaleur et chauffe-eau, tandis que Matter 1.5 a renforcé la gestion énergétique avec de nouveaux mécanismes autour des tarifs, du comptage avancé, des données historiques et de la recharge de véhicules électriques, y compris le reporting d’état de charge et la recharge bidirectionnelle certifiable.
Autrement dit, la certification Homey Matter 1.5 arrive au bon moment. Elle donne à la plateforme une base plus crédible pour intégrer des équipements à forte consommation ou à forte production : bornes de recharge, électroménager, installation solaire, chauffage thermodynamique. La source initiale mentionne ces familles d’appareils, mais elle ne détaille pas le contexte technique. Ce contexte compte pourtant : le standard ne parle plus seulement d’ampoules et de prises. Il monte progressivement vers la gestion énergétique domestique.
Selon la CSA, Matter 1.5 apporte aussi la prise en charge complète du transport TCP pour les gros volumes de données. Cette évolution vise d’abord les caméras, également introduites dans la version 1.5, mais elle améliore plus largement la fiabilité des échanges pour les appareils qui remontent davantage d’informations. Mon avis est clair : cette couche technique est moins visible que les nouveaux types d’objets, mais elle pèse lourd pour la stabilité du protocole à moyen terme.
Le vrai sujet : faire entrer les anciens protocoles dans les écosystèmes modernes
Homey conserve un avantage distinctif : son architecture multi-protocole. Selon la fiche officielle Homey Pro, le hub gère Zigbee 3.0, Z-Wave, Bluetooth, l’infrarouge, le 433 MHz, le Wi‑Fi, le Thread et Matter. Sur Homey Pro mini, la base intégrée est plus légère : Zigbee, Thread, Matter et Ethernet sont présents d’emblée, alors que le Z-Wave, le Bluetooth, le 433 MHz et l’infrarouge nécessitent un Homey Bridge vendu séparément, selon Homey.
C’est ici que l’application Matter Bridge prend tout son sens. Le système garde la main localement sur l’équipement natif, puis publie un profil standard vers les autres plateformes. Selon Homey, les représentations prises en charge couvrent notamment les lumières, prises, thermostats, serrures, volets et capteurs. Concrètement, un périphérique ancien ou propriétaire peut donc apparaître comme un accessoire exploitable dans Apple Home ou Google Home sans changer tout le matériel.
Je trouve cette approche plus réaliste que le discours habituel autour de la maison connectée “tout Matter”. En pratique, un logement mélange souvent plusieurs couches : volets en radio propriétaire, chauffage sur API cloud, capteurs Zigbee, prises Wi‑Fi, quelques objets Thread. Un pont logiciel bien géré vaut alors plus qu’une longue liste de logos sur l’emballage.
Spécifications officielles : Homey Pro et Homey Pro mini ne jouent pas dans la même cour
Le papier d’origine cite les produits compatibles, mais il ne précise pas assez leurs différences. Elles comptent au moment d’acheter.
Homey Pro
Selon la page officielle française de Homey, Homey Pro est affiché à 449 €. Il intègre nativement Matter, Thread, Zigbee, Z-Wave, Bluetooth, infrarouge et 433 MHz. Le constructeur précise aussi qu’il peut utiliser un ou plusieurs Homey Bridge en mode satellite pour étendre la portée radio sur plusieurs protocoles. D’après une communication constructeur reprise lors du lancement 2023, il embarque un processeur ARMv8 quad-core, 2 Go de RAM et 8 Go de stockage.
Homey Pro mini
Selon la page officielle produit, Homey Pro mini coûte 279 €. Il dispose d’1 Go de RAM, d’un port Ethernet intégré et d’un rôle de Thread Border Router. Homey indique qu’il peut faire tourner confortablement entre 20 et 25 applications, alors que Homey Pro vise des configurations plus chargées. Le constructeur précise aussi que le mini n’intègre pas le Wi‑Fi ni le Bluetooth en standard, et qu’un Homey Bridge à 69 € permet d’ajouter Z-Wave, Bluetooth LE, 433 MHz et infrarouge.
Premier calcul utile absent de la source : l’écart de prix entre Homey Pro et Homey Pro mini est de 170 €, soit un surcoût d’environ 61 % pour passer au modèle Pro. Second calcul : le Homey Bridge à 69 € représente environ 25 % du prix d’un Homey Pro mini. Dit autrement, un mini équipé d’un bridge revient à 348 €, ce qui laisse encore 101 € d’écart avec le Homey Pro. Ce différentiel reste significatif si vous n’avez pas besoin de toute la connectique native du grand modèle.
Thread : le détail technique que beaucoup sous-estiment
La source de départ mentionne que Homey Pro et Homey Pro mini embarquent un Thread Border Router. C’est un point central. Selon la documentation officielle Homey, ce rôle permet d’intégrer des accessoires Matter over Thread et de faire communiquer le réseau Thread avec le reste du système. Pour les versions auto-hébergées, Homey indique qu’il est possible d’utiliser un réseau Thread Border Router local déjà disponible.
Mon avis est simple : cette capacité est plus stratégique qu’un ajout marketing de protocole. Le marché pousse clairement vers Thread pour les capteurs, prises et petits équipements basse consommation. Si votre contrôleur ne sait pas s’insérer proprement dans ce réseau, vous perdez vite l’intérêt de Matter sur le terrain.
Autre point concret : sur Homey Pro mini, l’absence de Wi‑Fi est compensée par l’Ethernet natif. C’est moins sexy sur une fiche produit, mais souvent meilleur pour la stabilité d’un hub domotique. Sur ce point, je préfère une liaison filaire à un hub radio qui dépend lui-même d’un réseau Wi‑Fi déjà saturé.
Homey prend de l’avance sur le papier, mais l’écosystème reste hétérogène
Le texte d’origine avançait que Amazon Alexa restait sur Matter 1.0, qu’Apple et Google étaient sur Matter 1.4, et que Home Assistant était sur Matter 1.3. Ce point reflète l’état cité dans l’article source, mais il faut le nuancer avec prudence, car les cycles de support évoluent vite. Une vérification officielle montre au minimum que Home Assistant a communiqué en juin 2026 sur une montée vers Matter 1.5.1. Cela montre surtout une chose : le marché avance par paliers, et pas au même rythme selon les plateformes.
Le mérite d’Homey, ici, est surtout d’avoir obtenu une certification explicite sur une version récente du standard pour plusieurs formes de déploiement : hub complet, mini-hub et serveur auto-hébergé. Peu d’acteurs couvrent ces trois scénarios avec le même socle logiciel.
Ce que la couche énergie peut apporter dans un logement réel
La meilleure façon de juger cette annonce est de la ramener à des usages précis. Selon la CSA, les extensions de Matter 1.4 et 1.5 couvrent les panneaux solaires, batteries, pompes à chaleur, chauffe-eau, données tarifaires, historique de consommation et recharge de véhicule électrique avec préférences utilisateur. Cela ouvre plusieurs scénarios très concrets.
Cas d’usage 1 : recharge de voiture électrique
Une borne compatible ou pontée via Homey peut, en théorie, mieux s’aligner sur des plages tarifaires, des prévisions de production solaire ou un seuil de puissance. La CSA cite aussi l’état de charge et la recharge bidirectionnelle certifiable dans Matter 1.5. Pour un foyer équipé, le sujet n’est plus seulement “charger la nuit”, mais arbitrer entre coût, disponibilité réseau et autoconsommation.
Cas d’usage 2 : pompe à chaleur
Selon la CSA, les pompes à chaleur peuvent ajuster leur consommation sur des créneaux hors pointe et même préchauffer le logement. Si Homey réussit à unifier les données de chauffage, capteurs et tarifs, il devient un chef d’orchestre crédible pour ce type de logique. C’est bien plus intéressant qu’une simple commande on/off dans une application.
Cas d’usage 3 : solaire résidentiel
Le standard couvre désormais les installations solaires, y compris certains cas d’onduleurs et de systèmes hybrides, selon la CSA. Avec Homey, l’idée est de faire remonter la production puis d’alimenter des automatisations : lancer un appareil, déclencher la recharge d’un véhicule, ou retarder une consommation non urgente. La promesse est bonne. L’exécution dépendra ensuite du niveau d’intégration de chaque marque.
Prix, positionnement et conversion : où se place Homey face au marché
Les tarifs européens officiels simplifient en partie le sujet : Homey Pro est annoncé à 449 €, Homey Pro mini à 279 € et Homey Bridge à 69 €, selon Homey. La source initiale renvoyait aussi vers des liens marchands en dollars. Pour toute conversion éventuelle, le taux de référence de la Banque centrale européenne publié le 20 août 2026 est de 1 € = 1,1681 $, soit 1 $ = 0,8561 €. Exemple de conversion : 279 $ valent environ 239 € au taux BCE utilisé.
Ce repère permet de mesurer l’écart entre un prix affiché en dollars et les tarifs européens réellement pratiqués. Mon point de vue est net : pour un acheteur français, le bon référentiel reste le prix officiel en euros, pas un équivalent brut en dollars hors TVA, logistique et distribution locale.
Ce que l’article d’origine ne disait pas assez
Il manquait au moins cinq éléments utiles.
D’abord, la certification Matter 1.5 s’inscrit dans une séquence technique plus large : Matter 1.3 a introduit la recharge VE et plusieurs fonctions énergie, 1.4 a ajouté solaire, batteries et pompes à chaleur, puis 1.5 a renforcé la couche tarifaire, le comptage avancé et la recharge bidirectionnelle certifiable, selon la CSA.
Ensuite, Homey Pro mini n’est pas un simple Homey Pro réduit. Selon Homey, il n’embarque qu’1 Go de RAM, vise 20 à 25 apps et dépend du Homey Bridge pour plusieurs protocoles. Cette contrainte change complètement son positionnement.
Troisième point, Homey Pro garde un avantage matériel clair avec sa connectivité native beaucoup plus large et, selon une communication constructeur liée au lancement 2023, 2 Go de RAM et 8 Go de stockage.
Quatrième point, la présence d’un Thread Border Router natif sur les deux modèles compatibles n’est pas un détail. Selon le support officiel Homey, c’est la base pour exploiter proprement les accessoires Matter over Thread.
Enfin, le différentiel économique est plus fin qu’il n’y paraît : un Homey Pro mini plus Homey Bridge revient à 348 €, soit encore environ 22,5 % de moins que le Homey Pro. Ce calcul dérivé aide à choisir entre compacité et richesse radio native.
Verdict de fond : une mise à jour utile, mais la qualité dépendra des intégrations réelles
Homey marque un point avec cette certification. Pas parce qu’il coche la dernière version à la mode, mais parce qu’il relie trois besoins que beaucoup d’acteurs traitent séparément : compatibilité avec l’existant, support de Thread et montée en puissance des usages énergie.
Je reste toutefois factuel : la certification seule ne garantit pas que chaque appareil exposé via pont offrira toutes les fonctions attendues sur chaque plateforme cible. Le standard fixe un cadre. Les implémentations concrètes, elles, varient encore selon les marques et les catégories d’objets. Pour suivre la source officielle de cette annonce, la page d’Homey dédiée à la certification fait autorité : https://homey.app/en-mu/news/homey-matter-1-5-certified/.
Mon avis :
Homey marque un vrai point avec sa certification Matter 1.5 et son pont multi-protocoles, qui expose des appareils Zigbee, Z-Wave ou 433 MHz à HomeKit, Alexa ou Google Home sans tout remplacer. La limite reste claire : la promesse dépend encore d’un écosystème complexe et parfois moins fluide qu’une intégration Matter native.





