Avec la hausse du coût de la mémoire, les smartphones Android à moins de 350 € devraient chuter de plus de 22 %, un recul qui pourrait mécaniquement rapprocher les prix d’entrée de gamme de ceux d’Apple. De quoi rendre l’iPhone plus attractif malgré de possibles hausses en septembre.
La hausse du coût mémoire change l’équation du smartphone abordable
Le signal est clair. Selon Omdia, les smartphones vendus sous 400 dollars, soit environ 351 € au taux de référence de la BCE retenu ici (1 € = 1,1392 $, soit 1 $ = 0,878 €), devraient reculer de plus de 22 % en 2026. Ce n’est pas une simple correction de catalogue. C’est une pression industrielle directe, portée par la hausse du prix de la DRAM et de la NAND, deux composants devenus centraux dans le coût total d’un téléphone. Selon Omdia, la mémoire représentait déjà près de 60 % du coût des composants d’un smartphone à moins de 400 dollars au premier trimestre 2026, et plus de 64 % sur les modèles sous 99 dollars. À ce niveau, la marge disparaît vite.
L’idée défendue dans l’article d’origine est juste, mais incomplète. Oui, des Android plus chers peuvent mécaniquement rapprocher certains acheteurs d’un iPhone. Mais le vrai sujet est plus large : la hausse mémoire oblige les marques à arbitrer entre prix public, fiche technique et rentabilité. Et sur l’entrée de gamme, ces arbitrages deviennent brutaux.
Le segment à moins de 351 € devient le point de rupture
Selon Omdia, le marché mondial du smartphone devrait reculer de 12 % sur un an en 2026, essentiellement à cause de la chute des modèles à moins de 400 dollars. Dans le même temps, les appareils au-dessus de ce seuil devraient encore progresser de 5,7 %. Autrement dit, le bas de marché souffre pendant que le milieu et le haut tiennent mieux.
Ce basculement a une logique simple. Sur un mobile à petit prix, chaque hausse de composant pèse plus lourd en proportion. Quand la mémoire capte déjà près de 60 % de la nomenclature matérielle, il reste peu de leviers. Toujours selon Omdia, les constructeurs tentent de compenser en coupant ailleurs : écran, capteurs photo, modules radio. Le problème, c’est que ces produits sont déjà conçus au plus juste. La place pour rogner encore existe, mais elle est faible.
Omdia cite d’ailleurs plusieurs marques déjà exposées à cette tension : Transsion, OPPO, vivo, Honor et Xiaomi. Le constat est direct : elles relèvent leurs prix de vente pour préserver une marge très fine. Mon avis est simple : à ce stade, le smartphone abordable ne disparaît pas, mais il change de définition. En 2026, “abordable” ne veut plus forcément dire “sous 300 €”.
Pourquoi cette situation peut servir Apple
Apple n’est pas immunisé contre le coût mémoire. Mais la marque part avec un avantage commercial évident : elle opère déjà sur des niveaux de prix plus élevés, avec une clientèle moins sensible à une variation de quelques dizaines d’euros. Selon Counterpoint Research, les revenus mondiaux du smartphone ont progressé de 8 % sur un an au premier trimestre 2026 malgré des volumes sous pression, et Apple a affiché la plus forte hausse de revenus parmi les cinq premiers acteurs, à +22 % sur un an. La même société indique aussi qu’Apple a pris 21 % de part de marché mondiale au premier trimestre 2026, en tête pour la première fois sur un premier trimestre.
Ce point compte. Quand le marché se contracte par le bas, une marque forte sur le premium peut mieux absorber le choc. Elle vend moins de compromis. Elle protège mieux ses marges. Et surtout, elle profite d’un effet psychologique de repositionnement.
Hier, beaucoup d’acheteurs voyaient l’iPhone comme un achat hors de portée. Si demain un Android “correct” grimpe vers 500 ou 600 dollars, soit environ 439 € à 527 €, l’écart perçu change. On ne compare plus un Android à 250 € avec un iPhone à plus de 700 €. On compare un Android milieu de gamme de plus en plus cher avec un iPhone d’entrée qui reste cher, mais moins isolé.
L’iPhone 16e est bien placé dans ce nouveau rapport de force
Le meilleur exemple côté Apple est l’iPhone 16e. Selon Apple, ce modèle démarre à 719 € en France en 128 Go. La marque annonce une puce A18, un modem Apple C1, un écran OLED Super Retina XDR de 6,1 pouces, une certification IP68, un capteur principal Fusion 48 Mpx et les fonctions Apple Intelligence. Apple annonce aussi trois capacités : 128 Go, 256 Go et 512 Go.
Ce produit n’est pas bon marché. Mais il peut devenir plus lisible face à des Android qui montent sans offrir le même positionnement logiciel, la même valeur de revente ou la même image de gamme. Mon avis est net : le 16e n’attire pas parce qu’il devient soudain bon marché, mais parce que le reste du marché monte vers lui.
Première métrique dérivée : l’écart entre le seuil “budget” de 400 dollars, converti à 351 €, et le prix de départ de l’iPhone 16e à 719 €, est de 368 €. Cela représente un surcoût d’environ 105 % par rapport à ce seuil. Dit autrement, l’iPhone reste deux fois plus cher que la borne historique du smartphone abordable. Mais ce seuil de 351 € devient de moins en moins représentatif de l’offre réellement viable.
Deuxième métrique dérivée : face à un Android positionné à 600 dollars, soit environ 527 €, l’écart avec l’iPhone 16e tombe à 192 €, soit environ 36 % de plus pour Apple. Le saut budgétaire reste réel, mais il n’a plus rien à voir avec l’écart entre 351 € et 719 €.
Chez Android, le milieu de gamme prend déjà le relais
La meilleure preuve du glissement de marché se voit dans les catalogues actuels. Le Google Pixel 9a, vendu sur le Google Store français, démarre à 449 €. Google met en avant la 5G, la double SIM, une autonomie annoncée à plus de 24 heures, jusqu’à 100 heures avec l’ultra économiseur, et une version 256 Go. Nous sommes déjà bien au-dessus de l’ancien repère des 351 €.
Chez Samsung, le Galaxy A56 5G montre le même mouvement. Selon Samsung Newsroom France, l’appareil embarque un écran Super AMOLED FHD+ de 6,7 pouces, jusqu’à 1 200 nits en haute luminosité, une batterie 5 000 mAh, une charge 45 W, Knox Vault et surtout 6 générations de mises à jour du système d’exploitation ainsi que 6 ans de mises à jour de sécurité pour la série. Samsung indique aussi que la gamme A26, A36 et A56 est conçue pour démocratiser l’IA mobile.
Le détail qui compte ici n’est pas seulement la fiche technique. C’est le repositionnement implicite. Les grandes marques ne défendent plus l’entrée de gamme par le prix seul. Elles essaient de justifier des tarifs plus élevés par la durée logicielle, l’IA, la luminosité, la batterie ou la résistance. C’est rationnel. Mais cela rapproche leur discours de celui d’Apple.
Les constructeurs Android ont encore des leviers, mais ils coûtent quelque chose
Selon Omdia, les marques peuvent encore réduire leurs coûts sur les appareils à plus de 400 dollars. L’institut cite trois pistes concrètes. D’abord, revenir de certains écrans LTPO vers du LTPS OLED sur des modèles haut de gamme, avec une économie estimée entre 3 et 5 dollars par appareil, soit environ 3 € à 4 €. Ensuite, simplifier la photo avec des capteurs plus petits ou moins nombreux. Enfin, ralentir le renouvellement des puces en réutilisant des plateformes de génération précédente, avec un gain potentiel de 30 à 40 % sur ce poste selon Omdia.
Ce passage est crucial, car il montre que la hausse mémoire n’aboutit pas seulement à des prix plus élevés. Elle peut aussi dégrader la proposition produit. Un smartphone plus cher peut très bien embarquer un SoC plus ancien, un écran moins ambitieux ou une photo réduite. Mon avis est clair : c’est là que le risque pour Android est le plus fort. Pas seulement payer plus, mais payer plus pour moins de progression visible.
Le vrai gap avec la source d’origine : la valeur perçue, pas juste le tarif
Le texte de départ résume bien l’idée d’un rapprochement tarifaire entre Android et iPhone. En revanche, il laisse de côté cinq éléments décisifs.
1. La mémoire pèse déjà la majorité du coût matériel sur le bas de gamme
Selon Omdia, elle représente près de 60 % du BOM sous 400 dollars et plus de 64 % sous 99 dollars. Ce n’est pas une tension marginale. C’est un déséquilibre structurel.
2. Le haut de marché continue de croître
Selon Omdia, les smartphones au-dessus de 400 dollars devraient progresser de 5,7 % en 2026. La hausse des composants ne pénalise donc pas tous les segments de la même façon.
3. Apple avance déjà dans un marché sous pression
Selon Counterpoint Research, Apple a mené le marché mondial au premier trimestre 2026 avec 21 % de part de marché, tandis que les expéditions mondiales reculaient de 6 % sur un an. Ce contexte donne du poids à l’hypothèse d’un bénéfice indirect pour la marque.
4. Les concurrents directs de l’iPhone d’entrée sont déjà au-dessus du vieux seuil budget
Le Google Pixel 9a démarre à 449 € selon Google. Le milieu de gamme crédible n’est donc plus à 300 €, mais déjà plus haut.
5. La bataille se joue aussi sur la durée d’usage
Samsung promet 6 générations d’OS et 6 ans de sécurité sur sa nouvelle série Galaxy A. Apple, de son côté, mise sur sa puce A18, son intégration logicielle et un cycle de support historiquement long, sans durée précise communiquée dans la source utilisée ici. Pour un acheteur, le prix facial ne suffit plus : la durée de vie logicielle devient une variable de calcul.
Ce que cela change pour un acheteur en France
Concrètement, l’acheteur français risque de voir disparaître une partie des “bons plans” traditionnels. Les modèles sous 351 € ne vont pas s’éteindre d’un coup, mais ils peuvent devenir plus rares, moins bien dotés ou moins rentables pour les grandes marques. Le résultat sera simple : plus de références entre 449 € et 599 €, moins de produits solides sous 300 €.
Dans ce contexte, un iPhone d’entrée comme l’iPhone 16e garde un handicap prix évident à 719 €. Mais il gagne en crédibilité relative dès que l’acheteur compare sur trois ans ou quatre ans, avec support logiciel, performances, revente et image de marque en tête. À l’inverse, certains Android garderont un meilleur rapport équipement/prix à court terme, mais devront prouver qu’ils ne compensent pas la hausse mémoire par des coupes trop visibles.
Le marché ne bascule donc pas mécaniquement vers Apple. Il devient simplement plus favorable à sa logique tarifaire. Et c’est déjà beaucoup.
Source de référence
Mon avis :
L’analyse tient debout sur un point précis : si les smartphones Android à moins de 347 € reculent fortement, l’iPhone d’entrée de gamme gagne mécaniquement en attractivité. Mais la limite est majeure : Apple subit aussi la hausse mémoire, donc cet avantage reste fragile si l’iPhone grimpe lui-même en prix.





