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Biodiésel de soja : l’Argentine défend son accès au marché européen après le rejet du Parlement européen

Albert Inconnu by Albert Inconnu
16 juillet 2026
in Energie
0
Biodiésel de soja : l’Argentine défend son accès au marché européen après le rejet du Parlement européen
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Le 16 juillet, Bruxelles a relancé un dossier à près de 306 078 000 € : après le rejet par le Parlement européen du durcissement du règlement 807, l’Argentine défend l’accès de son biodiésel de soja à l’Union européenne, son seul marché ouvert, avec l’objectif de sécuriser ses débouchés jusqu’en 2030.

L’Argentine défend un débouché qui pèse encore lourd

Le 16 juillet, à Bruxelles, une délégation argentine a rouvert le dossier du biodiesel de soja face à la Commission européenne. Le timing compte. Huit jours plus tôt, le 8 juillet 2026, le Parlement européen a rejeté l’acte délégué qui visait à classer l’huile de soja comme matière première à haut risque d’ILUC, c’est-à-dire de changement indirect d’affectation des sols, selon Agence Europe. Ce rejet a stoppé, au moins provisoirement, un durcissement réglementaire qui aurait amputé la valeur réglementaire du biodiesel de soja dans les objectifs européens de transport renouvelable. ([agenceurope.eu](https://agenceurope.eu/en/bulletin/article/13905/11/european-parliament-rejects-classification-of-soybean-oil-as-a-high-iluc-risk-feedstock?utm_source=openai))

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Le point central est simple : l’Union européenne reste le seul marché ouvert au biodiesel de soja argentin, et la source fournie chiffre ce flux à 350 millions de dollars sur un an, soit environ 306 078 000 € au taux de référence de la Banque centrale européenne du 9 juillet 2026, où 1 euro vaut 1,1435 dollar. Cela donne une idée très concrète de l’enjeu : rapporté à la fenêtre de négociation de 60 jours évoquée après la réunion, le risque économique représente l’équivalent d’environ 5 101 297 € par jour d’exposition commerciale. Le sujet n’a donc rien de symbolique. ([ecb.europa.eu](https://www.ecb.europa.eu/stats/policy_and_exchange_rates/euro_reference_exchange_rates/html/index.fr.html))

À mon sens, Buenos Aires joue ici une partie défensive mais rationnelle : sans reconnaissance réglementaire en Europe, le biodiesel de soja peut encore être physiquement importé, mais il perd l’essentiel de son intérêt pour les opérateurs soumis aux quotas et aux objectifs climatiques. C’est toute la différence entre un marché théoriquement accessible et un marché réellement acheteur. ([energy.ec.europa.eu](https://energy.ec.europa.eu/topics/renewable-energy/bioenergy/biofuels_en?prefLang=fr))

Ce que l’Union européenne veut encadrer avec l’ILUC

Le cadre européen n’est pas nouveau. La base reste le règlement délégué (UE) 2019/807, adopté pour identifier les matières premières à haut risque d’ILUC et fixer les conditions de certification des filières dites « low ILUC-risk », selon la page officielle de la Commission européenne sur les biocarburants. La logique est connue : si l’expansion d’une culture est associée à la conversion de terres à fort stock de carbone, les volumes issus de cette matière première sont progressivement exclus du calcul des objectifs renouvelables européens jusqu’à 2030. ([energy.ec.europa.eu](https://energy.ec.europa.eu/topics/renewable-energy/bioenergy/biofuels_en?prefLang=fr&utm_source=openai))

La même page officielle rappelle d’ailleurs deux chiffres structurants pour le marché : en 2030, les États membres devront soit atteindre 29 % d’énergie renouvelable dans les transports, soit réduire de 14,5 % l’intensité carbone des carburants, avec un sous-objectif combiné de 5,5 % pour l’hydrogène renouvelable et les biocarburants avancés. Ce point est décisif, car il montre que Bruxelles ne ferme pas la porte aux carburants renouvelables ; elle trie surtout les matières premières qui peuvent compter dans ses objectifs. ([energy.ec.europa.eu](https://energy.ec.europa.eu/topics/renewable-energy/bioenergy/biofuels_en?prefLang=fr))

Autre donnée utile, absente de la source d’origine : selon le rapport statistique 2025-2026 de l’European Biodiesel Board, la part des renouvelables dans les transports n’a atteint que 11,2 % au niveau de l’UE en 2024. L’écart avec la cible de 29 % atteint donc 17,8 points. Autrement dit, l’Europe a encore besoin de volumes. C’est précisément pour cela que le débat sur la place du soja est aussi sensible : exclure une matière première, même controversée, réduit la marge de manœuvre à court terme. ([ebb-eu.org](https://ebb-eu.org/wp-content/uploads/2026/06/EBB-Statistical-Report-2025-2026_FINAL_rd.pdf))

La ligne argentine : contester la méthode, pas seulement la décision

La délégation argentine n’a pas seulement demandé un sursis. Elle a attaqué la méthode. Selon la source fournie, les représentants argentins, dont Fernando Brun, Fernando Iglesias, Agustín Tejeda et les organisations CIARA et CARBIO, ont défendu l’idée que la réalité productive locale ne correspond pas aux hypothèses utilisées par Bruxelles. L’argument clé est clair : la surface en soja n’aurait pas explosé sous l’effet du biodiesel, et une partie de la production repose sur des cultures de seconde récolte implantées après les cultures d’hiver, donc sans extension directe sur de nouvelles terres.

Cette thèse recoupe un point de friction déjà visible dans les textes européens. Dans son rapport du 20 janvier 2026, la Commission européenne considère au contraire que le soja remplit les critères de classement en haut risque ILUC. Sa méthode repose sur des données mondiales et non sur une lecture pays par pays. C’est exactement ce que Buenos Aires cherche à renverser : passer d’une appréciation globale du soja à une appréciation fondée sur les données nationales et les systèmes culturaux réels. ([eur-lex.europa.eu](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/ALL/?uri=COM%3A2026%3A36%3AFIN&utm_source=openai))

À mon avis, c’est le vrai cœur du dossier. Si l’UE conserve une approche mondiale par matière première, l’Argentine aura du mal à faire valoir son cas. Si elle accepte une granularité nationale, voire régionale, le pays retrouve de l’espace réglementaire.

Les chiffres agricoles compliquent le récit argentin

La défense argentine insiste sur une surface de soja qui n’augmente pas structurellement. Or les données officielles consultables via le système pays du USDA Foreign Agricultural Service nuancent cette affirmation. L’Argentine est passée de 16,37 millions d’hectares récoltés en 2023/2024 à 17,455 millions d’hectares en 2024/2025, soit une hausse de 6,6 %. Pour 2025/2026, le même jeu de données affiche ensuite 16,5 millions d’hectares, soit un repli de 5,5 % par rapport à 2024/2025. Le mouvement récent n’est donc ni une explosion continue, ni une contraction linéaire. Il est plus volatil que le discours politique ne le laisse entendre. ([ipad.fas.usda.gov](https://ipad.fas.usda.gov/countrysummary/Default.aspx?crop=Soybean&id=AR))

La production suit la même logique. Toujours selon le USDA FAS, la récolte argentine de soja atteint 51,108 millions de tonnes en 2024/2025, contre 48,210 millions en 2023/2024. De son côté, le gouvernement argentin a communiqué en 2025 sur « la meilleure récolte des six dernières années » et rappelle que le pays exporte le soja et ses produits industrialisés vers 67 pays. Cela montre une filière robuste, mais pas forcément à l’abri des critiques sur ses externalités globales. ([ipad.fas.usda.gov](https://ipad.fas.usda.gov/countrysummary/Default.aspx?crop=Soybean&id=AR))

Le marché européen du biodiesel n’est pas vide : la concurrence existe déjà

La source d’origine se concentre sur l’accès au marché. Elle dit peu de la structure réelle de ce marché. C’est un angle mort majeur. Selon l’European Biodiesel Board, la production européenne de biodiesel a été estimée à près de 14 millions de tonnes en 2024. Le marché local n’attend donc pas passivement les importations : il dispose déjà d’une base industrielle large, répartie dans presque tous les États membres. ([ebb-eu.org](https://ebb-eu.org/wp-content/uploads/2026/06/EBB-Statistical-Report-2025-2026_FINAL_rd.pdf))

Autre point nouveau : en 2025, le mix de matières premières consommées dans l’UE pour le FAME et le HVO reste dominé par l’huile de colza à 33 %. Les matières relevant de l’annexe IX A pèsent environ 21 % et les huiles de cuisson usagées 16,5 %. Le rapport précise aussi que les matières premières d’origine agricole représentaient encore 48 % du volume total de FAME consommé dans l’UE. En clair, le biodiesel européen ne s’est pas détaché des cultures agricoles, mais il diversifie rapidement ses intrants. Pour le soja argentin, le vrai concurrent n’est donc pas seulement le colza européen ; ce sont aussi les flux d’huiles usagées, de résidus et les carburants avancés qui gagnent en valeur réglementaire. ([ebb-eu.org](https://ebb-eu.org/wp-content/uploads/2026/06/EBB-Statistical-Report-2025-2026_FINAL_rd.pdf))

Je tranche franchement sur ce point : même si l’Argentine obtient un assouplissement, elle ne retrouvera pas un terrain vierge. Elle devra défendre son biodiesel face à un marché européen plus protectionniste sur le plan réglementaire et plus sophistiqué sur le plan matière première.

Le soja arrive dans une Europe qui pousse aussi le HVO et le SAF

La concurrence ne se limite pas au FAME classique. Le rapport 2025-2026 de l’European Biodiesel Board indique que les volumes de HVO dans l’UE sont passés d’environ 3,2 millions de tonnes en 2021 à environ 3,9 millions de tonnes en 2025. Le HEFA, utilisé notamment comme base de carburant aérien durable, atteint pour sa part environ 0,3 million de tonne en 2025 après une progression très rapide. Ce glissement industriel change la hiérarchie des débouchés : les huiles et graisses capables d’alimenter du HVO ou du SAF ont désormais une valeur stratégique plus forte. ([ebb-eu.org](https://ebb-eu.org/wp-content/uploads/2026/06/EBB-Statistical-Report-2025-2026_FINAL_rd.pdf))

La conséquence est concrète : le biodiesel argentin à base d’huile de soja ne se bat plus seulement pour entrer dans le diesel routier. Il doit aussi prouver qu’il reste compatible avec une politique européenne qui valorise de plus en plus les carburants avancés, la traçabilité numérique et les économies d’émissions les plus élevées. La Commission européenne rappelle d’ailleurs que la base de données de l’Union pour les biocarburants est ouverte depuis le 15 janvier 2024 pour renforcer la transparence et limiter les fraudes ainsi que le double comptage. ([energy.ec.europa.eu](https://energy.ec.europa.eu/topics/renewable-energy/bioenergy/biofuels_en?prefLang=fr))

Les propositions argentines peuvent ouvrir la porte à d’autres cultures

Un des apports les plus intéressants de la réunion de Bruxelles tient à la notion de cultures séquentielles. Selon la source fournie, l’Argentine a proposé que plusieurs cultures réalisées sur une même surface agricole soient reconnues d’emblée comme à faible risque ILUC. L’enjeu dépasse le seul soja. Si ce principe entre dans le texte final, il pourrait aussi bénéficier à des cultures comme la camelina, la carinata, le colza ou le carthame, citées par la délégation argentine.

Cette ouverture serait stratégique pour deux raisons. D’abord, elle permettrait à l’Argentine de ne pas dépendre d’une seule matière première politiquement contestée. Ensuite, elle rapprocherait son discours de la demande européenne actuelle, qui valorise des chaînes d’approvisionnement plus diversifiées. À ce stade, aucun chiffre officiel n’a été communiqué sur les volumes potentiellement concernés par ces cultures alternatives dans le cadre du futur règlement : non communiqué.

Le précédent politique joue en faveur de Buenos Aires, pas encore le droit

Le rejet parlementaire du 8 juillet 2026 constitue un signal politique net. Selon Agence Europe, plusieurs acteurs européens, dont des organisations agricoles et industrielles, ont salué une décision fondée sur davantage de cohérence scientifique et économique. D’autres États membres avaient déjà exprimé leur opposition à la classification du soja en haut risque ILUC au Conseil « Agriculture » du 26 mai 2026. Cette séquence montre que le front européen n’est pas homogène. ([agenceurope.eu](https://agenceurope.eu/en/bulletin/article/13905/11/european-parliament-rejects-classification-of-soybean-oil-as-a-high-iluc-risk-feedstock?utm_source=openai))

Mais il faut éviter tout contresens : le rejet du Parlement n’équivaut pas à une validation automatique de la position argentine. Le rapport de la Commission européenne du 20 janvier 2026 reste explicite sur son analyse du soja. Juridiquement, le débat n’est donc pas clos ; il repart sur une nouvelle rédaction possible. La réunion bilatérale de Bruxelles a surtout donné à l’Argentine une chance rare d’influencer ce nouveau texte avant qu’il ne se referme. ([eur-lex.europa.eu](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/ALL/?uri=COM%3A2026%3A36%3AFIN&utm_source=openai))

Ce que l’industrie argentine doit prouver maintenant

Pour convaincre, l’Argentine devra documenter trois éléments, et pas seulement les proclamer. Premièrement, l’évolution réelle des surfaces, avec une séparation claire entre extension nette, substitution de cultures et doubles récoltes. Deuxièmement, la traçabilité de l’huile utilisée pour le biodiesel destiné à l’Europe. Troisièmement, la capacité à s’inscrire dans les outils européens récents de vérification et de transparence. Sur ces trois points, le débat va devenir plus technique que diplomatique.

Le secteur a tout intérêt à avancer vite. Selon la source fournie, la Commission européenne et l’Argentine doivent reprendre les échanges dans un délai d’environ 60 jours après la pause estivale. C’est court. Et pendant ce temps, le marché européen continue de se structurer autour de matières premières déjà bien installées : colza, huiles usagées, résidus et carburants avancés. La fenêtre existe encore, mais elle se referme vite.

Un lien d’autorité pour suivre le cadre réglementaire

Pour suivre le socle réglementaire européen sur l’ILUC et les biocarburants, la référence la plus utile reste la page officielle de la Commission européenne consacrée aux biocarburants : https://energy.ec.europa.eu/topics/renewable-energy/bioenergy/biofuels_en?prefLang=fr. ([energy.ec.europa.eu](https://energy.ec.europa.eu/topics/renewable-energy/bioenergy/biofuels_en?prefLang=fr&utm_source=openai))

Mon avis :

Avis d’expert : dossier techniquement défendable et politiquement fragile. Point fort : l’Argentine oppose des données de surface et de cultures séquentielles à une approche européenne trop agrégée. Limite : sa dépendance à un seul débouché reste critique ; 350 millions de dollars représentent environ 307 000 000 € au taux ECB récent.

Albert Inconnu

Albert Inconnu

Albert Inconnu est rédacteur spécialisé dans le contenu éditorial de plare.fr. Expert en création d’articles informatifs et engageants, il apporte une approche claire et structurée sur les sujets traités par le site, en veillant à la précision et à l’accessibilité. Il se tient informé des tendances pertinentes pour offrir des conseils et des analyses utiles à la communauté francophone.

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