Avec ses 700 mm de haut, 280 mm de large, des parois en terre cuite de 8 mm et un conduit d’air de 28 mm, MALU, imaginé par Katja Posch, repense le rafraîchissement domestique avec un système évaporatif sobre, durable et bien plus élégant qu’un climatiseur classique.
Un climatiseur en terre cuite qui prend le contre-pied de l’AC classique
MALU ne cherche pas à singer un climatiseur mobile. C’est même l’inverse. Le projet imaginé par Katja Posch part d’une idée simple : refroidir une zone de vie sans compresseur, sans circuit frigorifique complexe et avec un minimum d’électricité. Le résultat prend la forme d’un cylindre en terre cuite posé sur un support en bois, avec un plateau supérieur qui sert de réserve d’eau et, en option, un petit ventilateur électrique intégré à la base. Selon Green Product Award, MALU est un système de refroidissement d’intérieur compact et basse consommation inspiré des techniques anciennes de refroidissement évaporatif. Selon Staatspreis Design, le projet est présenté comme « un système de refroidissement économe en énergie pour les espaces de vie urbains ». ([gp-award.com](https://www.gp-award.com/en/products/malu))
Le concept tient en peu de mots : l’eau imbibe la terre cuite poreuse, l’évaporation capte une partie de la chaleur ambiante, puis l’air rafraîchi ressort par des ouvertures latérales. La source d’origine donnait déjà les dimensions clés : 700 mm de haut pour 280 mm de large, avec des parois de 8 mm et un écart de 28 mm entre le ventilateur et la paroi. Cela permet d’ajouter une première métrique dérivée : le rapport hauteur/diamètre atteint 2,5, ce qui confirme un format étroit, pensé pour occuper peu d’emprise au sol. Autre lecture utile : le diamètre ne représente que 40 % de la hauteur, ce qui rapproche MALU d’un objet mobilier vertical plus que d’un appareil électroménager massif.
Comment fonctionne MALU, concrètement
Le fonctionnement repose sur le refroidissement évaporatif. L’eau est versée dans le plateau en bois au sommet. Elle descend progressivement dans le corps en terre cuite. La matière absorbe l’humidité puis la relâche en s’évaporant, ce qui retire de la chaleur à l’air au contact du matériau. Trois fentes horizontales laissent ensuite sortir l’air plus frais. Le ventilateur placé dans le socle n’est pas indispensable selon la description du projet, mais il sert à accélérer le flux d’air du bas vers le haut. La logique est claire : MALU peut fonctionner passivement, puis gagner en efficacité avec un appoint électrique minimal. La fiche du Green Product Award confirme d’ailleurs que la consommation repose uniquement sur « un petit ventilateur optionnel ». ([gp-award.com](https://www.gp-award.com/en/products/malu))
Mon avis est simple : c’est la bonne direction pour un usage personnel ou de proximité. MALU ne promet pas de faire descendre brutalement la température d’un grand salon comme un split de 3,5 kW. Il travaille plutôt sur un microclimat local, là où l’utilisateur se trouve. C’est beaucoup plus crédible qu’un discours marketing qui voudrait remplacer d’un coup toute la climatisation résidentielle.
Ce que la source d’origine ne disait pas assez : les vraies limites physiques
Le point décisif avec ce type de produit, c’est l’humidité. Selon le U.S. Department of Energy, les refroidisseurs évaporatifs sont pertinents dans les climats peu humides, mais ils ne doivent pas être utilisés dans les climats humides, car ils augmentent l’humidité de l’air intérieur. Le même organisme rappelle aussi qu’un système évaporatif ne fait pas descendre la température aussi bas qu’un climatiseur classique. En clair : MALU a du sens dans un appartement sec, lors d’épisodes chauds, avec aération maîtrisée. En revanche, en bord de mer ou pendant une séquence orageuse lourde, son intérêt baisse mécaniquement. ([energy.gov](https://www.energy.gov/energysaver/evaporative-coolers))
C’est un ajout essentiel par rapport à la source d’origine, qui insistait surtout sur la dimension durable du projet. Oui, l’objet est sobre. Oui, il évite un circuit frigorigène. Mais non, il n’échappe pas aux contraintes de la physique. Le refroidissement évaporatif reste dépendant des conditions ambiantes. C’est précisément pour cela que MALU doit être lu comme un système de confort local et non comme un substitut universel à la climatisation.
Pourquoi l’idée arrive au bon moment
Le calendrier joue en faveur de ce type de projet. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la demande énergétique liée au refroidissement des bâtiments augmente d’environ 4 % par an depuis 2000, et le nombre d’unités résidentielles en service a triplé sur la période pour dépasser 1,5 milliard en 2022. L’IEA ajoute que, sans bascule vers les meilleurs équipements et sans amélioration du bâti, la demande d’électricité pour le refroidissement des bâtiments pourrait encore grimper de 40 % dans le monde d’ici 2030. L’organisation recommande aussi de prioriser les solutions passives : ventilation naturelle, isolation, limitation des apports solaires et conception bioclimatique. MALU colle exactement à cette logique. ([iea.org](https://www.iea.org/energy-system/buildings/space-cooling))
Autrement dit, ce projet ne tombe pas du ciel. Il s’inscrit dans un marché sous tension, où la hausse de la chaleur pousse à installer davantage de climatisation, ce qui alourdit à son tour les pointes de consommation électrique. Je trouve que l’intérêt principal de MALU est là : remettre sur la table une approche de sobriété au lieu de poursuivre la fuite en avant technologique sur des appareils toujours plus puissants.
Le vrai avantage écologique : pas de fluide frigorigène à gérer
Le second point fort de MALU tient à ce qu’il n’embarque pas. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, de nombreux HFC utilisés dans les équipements de refroidissement affichent des potentiels de réchauffement global élevés. Le PNUE rappelle aussi que les alternatives et les transitions de réfrigérants doivent aller de pair avec l’efficacité énergétique. Un système comme MALU évite directement cette problématique, puisqu’il n’utilise ni compresseur ni fluide frigorigène. ([unep.org](https://www.unep.org/ozonaction/index.php/what-we-do/refrigeration-and-air-conditioning))
Pour situer l’écart, on peut regarder un concurrent portable à compression. Une fiche EPREL pour le modèle AIWA-PAC12Y2 indique une capacité de refroidissement de 3,5 kW, une consommation horaire de 1,3 kWh et l’usage du réfrigérant R290 avec un GWP de 3. Même avec un fluide déjà bien moins problématique que d’anciens HFC, on reste dans un appareil motorisé, énergivore à l’échelle domestique, et soumis à des contraintes de maintenance et de fin de vie bien plus lourdes qu’un corps en terre cuite et bois démontable. ([eprel.ec.europa.eu](https://eprel.ec.europa.eu/fiches/airconditioners/Fiche_2301508_EN.pdf))
Comparaison chiffrée : MALU face aux autres solutions de refroidissement personnel
Faute de fiche technique complète publiée pour MALU, certaines données restent non communiquées : débit d’air, volume d’eau, autonomie, niveau sonore, puissance du ventilateur ou baisse réelle de température. Il faut donc éviter les promesses gratuites. En revanche, la comparaison d’usage avec des solutions voisines reste utile.
Face à un climatiseur mobile classique
La fiche EPREL du AIWA-PAC12Y2 donne 1,3 kWh consommé par heure en mode froid pour 3,5 kW de puissance frigorifique, avec un niveau sonore intérieur de 65 dB. C’est la logique du refroidissement de pièce entière. MALU, lui, ne communique pas de puissance frigorifique ni de consommation du ventilateur. On ne peut donc pas comparer les performances thermiques brutes. En revanche, la philosophie d’usage est diamétralement opposée : sobriété et proximité contre puissance et couverture large. ([eprel.ec.europa.eu](https://eprel.ec.europa.eu/fiches/airconditioners/Fiche_2301508_EN.pdf))
Face à un climatiseur personnel basse conso
Du côté des concurrents plus ciblés, Coolzy annonce 340 W, soit 0,34 kWh par heure, pour un refroidissement personnel par réfrigération, sans eau, avec un bruit annoncé de 43 à 48 dB. La marque précise aussi qu’un climatiseur portable traditionnel demande généralement 1 200 à 2 500 W ou plus. En prenant comme point de comparaison le portable EPREL à 1,3 kWh par heure, une métrique dérivée s’impose : 340 W représentent environ 26,2 % de cette consommation, soit une baisse d’environ 73,8 %. Cette comparaison ne prouve pas que MALU fait mieux, car sa puissance électrique n’est pas communiquée. Mais elle montre l’espace concurrentiel dans lequel il se place : celui du refroidissement personnel, pas celui du traitement d’air intégral. ([coolzy.com](https://www.coolzy.com/eu/))
Cas d’usage : là où MALU peut être crédible, et là où il ne l’est pas
Pour moi, MALU a un vrai sens dans cinq scénarios concrets. Premier cas : un studio urbain où l’on cherche à améliorer le confort près d’un canapé, d’un lit ou d’un bureau sans percer de mur. Deuxième cas : un logement locatif où l’installation d’un split est interdite. Troisième cas : un intérieur sec qui chauffe vite en fin de journée, mais ne justifie pas un climatiseur mobile lourd et bruyant. Quatrième cas : un usage ponctuel, quelques heures, pendant une vague de chaleur. Cinquième cas : un public sensible à la réparabilité et à la séparation matière par matière. La page du Staatspreis Design précise d’ailleurs que MALU a été réalisé avec des artisans et l’équipe de OJB, ce qui renforce la dimension de fabrication tangible plutôt qu’industrielle jetable. ([staatspreis-design.at](https://staatspreis-design.at/))
En revanche, MALU n’est pas le bon choix pour une grande pièce fermée, pour un open space, pour un logement très humide ou pour un besoin de baisse nette et mesurable de plusieurs degrés dans tout le volume. Le Department of Energy le dit sans détour : un évaporatif n’abaisse pas autant la température qu’un climatiseur et se révèle mal adapté aux environnements humides. C’est la borne technique à garder en tête. ([energy.gov](https://www.energy.gov/energysaver/evaporative-coolers))
Un projet design déjà validé par deux jurys
La crédibilité de MALU ne repose pas seulement sur de belles images. Le projet a été finaliste du Green Product Award 2026, dans la catégorie concept, selon la page officielle du prix. Il a aussi reçu un prix spécial « Design Concepts » au Staatspreis Design 2026, le prix national autrichien du design, selon le site officiel de la distinction. Ce double signal compte : il montre que le projet dépasse le simple exercice d’école et qu’il a été jugé pertinent à la fois sur le fond durable et sur la qualité de conception. ([gp-award.com](https://www.gp-award.com/en/products/malu))
Ce qu’on aimerait encore savoir avant d’aller plus loin
Le projet séduit, mais il manque encore les données qui feraient passer MALU du bon concept au produit objectivable. Aujourd’hui, plusieurs informations restent non communiquées : prix de vente, date de commercialisation, consommation exacte du ventilateur, capacité du réservoir, autonomie, masse totale, niveau sonore, baisse moyenne de température, surface ou volume conseillé, et protocole de test. C’est le principal gap documentaire par rapport à un appareil référencé sur EPREL ou à une solution concurrente comme Coolzy, qui publie au moins sa puissance, son positionnement d’usage et sa plage sonore. ([eprel.ec.europa.eu](https://eprel.ec.europa.eu/fiches/airconditioners/Fiche_2301508_EN.pdf))
Si un prix en dollars devait être communiqué plus tard, la conversion en euros pourrait être faite avec le taux de référence de la BCE repéré via ses données de change, soit 1 € = 1,1594 $ au 16 juin 2026, donc 1 $ = 0,863 € après arrondi. À titre d’exemple purement méthodologique, 3 $ correspondent à 3 € après arrondi à l’euro le plus proche (taux BCE : 1 € = 1,1594 $). ([data.ecb.europa.eu](https://data.ecb.europa.eu/key-figures/ecb-interest-rates-and-exchange-rates/exchange-rates?utm_source=openai))
Pourquoi MALU mérite l’attention malgré ses zones d’ombre
Mon jugement est net : MALU vaut le détour non pas parce qu’il « tue » la climatisation, mais parce qu’il remet de l’intelligence dans le débat sur le confort thermique. L’IEA pousse vers les solutions passives. Le Department of Energy rappelle le cadre d’usage des systèmes évaporatifs. Le PNUE souligne le poids climatique du refroidissement conventionnel et de certains réfrigérants. MALU se situe à l’intersection de ces trois constats. Il ne remplace pas un split dans tous les contextes. Il ne promet pas l’impossible. Mais il propose une réponse cohérente pour un usage local, urbain, sobre et réparable. C’est beaucoup plus sérieux qu’un énième gadget USB vendu comme climatiseur de poche. ([iea.org](https://www.iea.org/energy-system/buildings/space-cooling))
Source de référence
Pour suivre l’évolution officielle du projet et ses distinctions, la source la plus solide reste la fiche dédiée sur le site du Green Product Award : https://www.gp-award.com/en/projects/malu. ([gp-award.com](https://www.gp-award.com/en/products/malu))
Mon avis :
MALU séduit par une vraie logique low-tech : refroidissement évaporatif en terre cuite, matériaux séparables et maintenance simple, avec une reconnaissance officielle au Staatspreis Design 2026. Mais le discours “AC killer” survend clairement le concept : ce type de solution reste dépendant de l’humidité ambiante et vise surtout un confort local, pas une pièce entière.





