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Home Design

BlackBerry cyberdeck : le retour du clavier QWERTY avec un ancien Intel Compute Stick

Dominique Bernard by Dominique Bernard
16 juin 2026
in Design
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BlackBerry cyberdeck : le retour du clavier QWERTY avec un ancien Intel Compute Stick
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Avec environ 6 heures d’autonomie et un tarif de référence de 78 € à 109 € pour les cyberdecks concurrents, le BlackBerry Cyberdeck imaginé par thetechdoc recycle un clavier de BlackBerry avec un Intel Compute Stick pour créer une vraie mini machine Linux de poche.

Un BlackBerry recyclé en mini PC Linux de poche

Le projet baptisé blackberry cyberdeck part d’une idée simple : récupérer le meilleur d’un ancien BlackBerry, son clavier physique, puis jeter tout le reste. À la place des composants d’origine, le créateur connu sous le nom de thetechdoc a greffé un mini PC x86, un petit écran et une alimentation bricolée dans une coque imprimée en 3D. Le résultat ne cherche pas à ressusciter un smartphone mort. Il assume autre chose : un ordinateur de poche orienté saisie, administration système et usage léger sous Linux.

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La bonne intuition, ici, concerne le clavier. Les anciens claviers BlackBerry restent parmi les plus efficaces jamais conçus pour la saisie au pouce. Leur courbure, l’espacement des touches et le retour tactile gardent un vrai avantage sur les claviers virtuels. Là où beaucoup d’accessoires modernes allongent exagérément le téléphone pour ajouter un clavier, ce montage supprime carrément la logique smartphone. Il construit un appareil autour du clavier, pas l’inverse.

Le choix du Compute Stick n’a rien de nostalgique

La source d’origine évoque un vieux Intel Compute Stick sans détailler ce que cela implique vraiment. C’est pourtant le cœur du sujet. Selon Intel, le modèle STK1AW32SC embarque un processeur Intel Atom x5-Z8330 à 4 cœurs, cadencé à 1,44 GHz avec une fréquence maximale de 1,92 GHz, 2 Go de mémoire DDR3L et 32 Go de stockage eMMC. Toujours selon Intel, il dispose aussi d’une sortie HDMI 1.4b, de deux ports USB, du Wi-Fi intégré et du Bluetooth 4.2. Le produit a été lancé au premier trimestre 2016 et il est aujourd’hui arrêté. Autrement dit, on est loin d’une plateforme récente, mais pas loin du bon compromis pour un terminal Linux ultra compact.

Ce choix est plus cohérent qu’il n’en a l’air. Le créateur explique avoir abandonné des pistes basées sur de petites cartes Android, faute de veille fiable et de réveil correct. Or, selon Intel, le Compute Stick existe justement comme PC complet avec bouton d’alimentation, gestion de mise en veille et architecture x86 standard. Pour un appareil pensé au départ comme remplaçant de PDA, avec alarmes, calendrier et réveil instantané, ce détail compte plus que la puissance brute.

En clair, le blackberry cyberdeck ne cherche pas à battre un mini PC moderne. Il cherche à rester allumé quand il faut, à dormir quand on le demande, puis à se rallumer proprement. Pour ce type d’objet nomade, c’est plus utile qu’un benchmark flatteur.

Une base technique modeste, mais plus polyvalente qu’un simple accessoire mobile

Le vrai intérêt de l’architecture x86, c’est la compatibilité logicielle. La source mentionne CentOS ou Fedora comme systèmes visés, avec éventuellement Android x86 en second choix. C’est une différence nette face aux accessoires clavier pour smartphone. Ici, on ne pilote pas un iPhone ou un mobile Android déjà existant. On démarre un vrai système de bureau, avec navigateur, gestionnaire de fichiers, terminal, SSH, éditeur de texte et outils de développement légers.

Dans les faits, cette configuration colle bien à des usages concrets : prise de notes hors ligne, administration distante, édition rapide de scripts, consultation de documentation technique, calendrier local, ou station d’appoint une fois branchée à un moniteur HDMI. La présence de ports USB et d’une sortie vidéo, signalée dans la source, change la nature du produit. Ce n’est pas un gadget de saisie. C’est un terminal portable qui peut aussi servir de poste fixe minimal.

La limite est évidente : avec 2 Go de RAM et 32 Go d’eMMC selon Intel, il faut oublier le multitâche lourd, les dizaines d’onglets et les charges de travail modernes un peu ambitieuses. Mais pour un usage focalisé, le pari reste crédible. C’est justement ce qui donne de l’intérêt au projet : il assume une machine frugale au lieu de promettre plus qu’elle ne peut livrer.

Autonomie, ports et format : ce que le projet dit, et ce qu’il ne dit pas

La source parle d’une batterie récupérée sur un ancien terminal Android et d’une carte de charge issue d’un chargeur portable, pour environ six heures de lecture vidéo. C’est un chiffre brut, mais déjà exploitable. Sur un appareil de ce format, six heures en lecture vidéo laissent espérer une endurance supérieure en saisie de texte, en terminal ou en consultation d’agenda, des tâches nettement moins gourmandes que le décodage vidéo continu. En revanche, la capacité exacte de la batterie reste non communiquée. Impossible donc de calculer précisément l’efficacité énergétique en Wh ou l’autonomie par watt.

On peut tout de même tirer une première métrique utile à partir de la source : avec deux ports USB et une sortie HDMI visibles sur la coque, le projet offre au moins trois interfaces filaires externes. Pour un engin de poche, c’est déjà plus flexible qu’un smartphone moderne réduit à un port unique. Deuxième métrique dérivée : si l’on retient l’autonomie annoncée d’environ six heures, cela représente 360 minutes d’usage vidéo. Rapporté à un clavier toujours accessible, cela donne un appareil pensé pour des sessions courtes mais réellement productives, pas pour de la consommation continue.

Le reste reste flou, et il faut le dire franchement : diagonale exacte de l’écran, résolution, poids total, capacité batterie, puissance de charge, dimensions finales et température en charge sont non communiqués. Pour un article tech sérieux, ce sont des manques importants.

Le blackberry cyberdeck arrive sur un marché déjà occupé

La bonne nouvelle pour ce projet, c’est qu’il ne sort pas de nulle part. Le marché du clavier physique mobile existe encore. Il a juste changé de forme. Côté accessoires, Clicks commercialise un clavier externe pour écrans mobiles. Selon la page produit officielle de Clicks, le Power Keyboard est affiché à 79 dollars en précommande, puis 109 dollars. Avec le taux de change de référence du 16 juin 2026 publié par la Banque centrale européenne, soit 1 euro = 1,1594 dollar, cela correspond à 68 € puis 94 € (taux utilisé : 1 USD = 0,8625 EUR).

La différence de philosophie saute aux yeux. Le produit Clicks reste un accessoire. Il dépend d’un autre écran, d’un autre OS et d’un autre appareil. Le blackberry cyberdeck, lui, essaie d’être autonome. Ce n’est pas plus élégant, mais c’est plus ambitieux.

Face au HackberryPi, l’avantage prix n’est pas automatique

La source cite le HackberryPi comme concurrent payant autour de 90 à 125 dollars. Cette fourchette semble désormais datée pour certaines versions. Selon la fiche produit de BerryBase, le HackberryPi CM5 est vendu 229,90 € nu, sans module Raspberry Pi Compute Module 5. Toujours selon BerryBase, le module CM5 Lite 2 Go compatible est affiché à 61,50 €. Le ticket d’entrée monte donc à 291 € avant accessoires, stockage additionnel ou module mieux doté.

Cette donnée change la comparaison. Si le créateur du blackberry cyberdeck publie bien gratuitement ses fichiers 3D, le coût matière pourrait devenir son principal argument. Même avec un clavier récupéré, une batterie de réemploi et un vieux Compute Stick dormant dans un tiroir, l’économie potentielle est réelle face à un appareil neuf type HackberryPi CM5.

On peut ici calculer deux métriques dérivées absentes de la source d’origine. Premièrement, l’écart entre le bundle HackberryPi CM5 nu à 229,90 € et le module CM5 Lite 2 Go à 61,50 € est de 168,40 €. Cela montre que le boîtier, l’écran, l’intégration, la batterie et l’électronique spécifique représentent l’essentiel de la facture. Deuxièmement, si l’on compare ce total minimal de 291 € au Clicks Power Keyboard à 68 €, le HackberryPi CM5 d’entrée de gamme coûte environ 4,3 fois plus cher. Ce n’est pas le même produit, mais c’est le bon ordre de grandeur pour juger le positionnement.

Pourquoi le choix de x86 reste défendable en 2026

En 2026, la mode est aux cartes Raspberry Pi, aux modules ARM et aux cyberdecks basés sur Linux embarqué. Le blackberry cyberdeck prend un chemin moins tendance. Pourtant, il a un argument. Selon Intel, le Compute Stick utilisé intègre nativement une plateforme PC complète avec HDMI, USB, Wi-Fi et stockage embarqué. Cela simplifie une partie de l’intégration logicielle. Pas besoin de composer avec des distributions très spécifiques, des pilotes bricolés ou des veilles aléatoires d’origine mobile.

En face, l’écosystème Raspberry Pi reste plus puissant, mieux documenté et plus pérenne. Selon Raspberry Pi, le Raspberry Pi 5 ajoute notamment un bouton d’alimentation, un RTC, deux ports USB 3.0, deux ports USB 2.0 et une interface PCIe 2.0 x1, avec une production assurée jusqu’en janvier 2036. Sur le papier, une base moderne comme celle-là est plus rassurante qu’un stick Intel arrêté depuis des années.

Mais il faut regarder le projet tel qu’il est. Ici, le recyclage fait partie de la proposition. Réutiliser un Compute Stick abandonné évite d’acheter une nouvelle carte, évite d’alourdir la facture et donne une seconde vie à une plateforme officiellement discontinuée. C’est un choix de bricoleur pragmatique, pas une recommandation universelle.

Le contexte 2026 joue en faveur du recyclage

Le timing n’est pas anodin. Selon Raspberry Pi, la hausse du coût de la mémoire LPDDR4 a entraîné des augmentations tarifaires sur plusieurs références fin 2025, dans un marché 2026 toujours contraint. Dit autrement, monter un cyberdeck neuf à base de matériel actuel coûte plus cher qu’avant. Ce contexte rend les projets de réemploi plus pertinents économiquement.

Le blackberry cyberdeck profite exactement de cette fenêtre. Un clavier issu d’un smartphone obsolète, une batterie sauvée d’un ancien appareil, une carte de charge récupérée, un mini PC x86 déjà amorti, et une coque imprimée localement : la logique de coût devient difficile à ignorer. L’objet n’est pas propre au sens industriel du terme, mais il est cohérent au sens maker du terme.

Ce que le projet doit encore prouver

L’idée séduit, mais la fiche technique reste incomplète. Pour convaincre au-delà du cercle des passionnés, le créateur devra publier des éléments précis : modèle exact du clavier BlackBerry utilisé, méthode d’interfaçage, distribution Linux réellement retenue, résolution de l’écran, temps de charge, capacité batterie, température en charge, comportement en veille prolongée et fichiers 3D finaux. Sans ces données, on juge surtout une preuve de concept.

Il faudra aussi valider la durabilité. Une batterie de récupération et une carte de charge issue d’un accessoire existant peuvent fonctionner très bien, mais elles demandent des tests sérieux. Même remarque pour l’eMMC vieillissante d’un Compute Stick de 2016. Sur un prototype personnel, cela passe. Sur un design diffusé largement, cela devient un point critique.

Le vrai intérêt : un PDA Linux moderne, pas un téléphone rétro

Le projet gagne dès qu’on arrête de le lire comme un retour raté du smartphone à clavier. Ce n’est pas un successeur de BlackBerry. Ce n’est pas non plus un concurrent direct d’un téléphone Android. C’est plutôt une réinterprétation du PDA : agenda, alarmes, notes, saisie rapide, shell, SSH, fichiers, écran secondaire et sortie moniteur.

C’est d’ailleurs là que le blackberry cyberdeck devient pertinent. Beaucoup de produits modernes veulent tout faire et finissent dilués. Celui-ci vise un petit nombre d’usages précis. Il ne téléphone pas. Il ne prétend pas remplacer un laptop. Il mise sur une interface de saisie excellente, un encombrement réduit et une architecture PC assez ouverte pour lancer de vrais logiciels.

Pour les amateurs de bidouille, le projet mérite surtout un suivi si les fichiers sont publiés. À ce moment-là, la version la plus utile ne sera peut-être pas celle de thetechdoc, mais celle que d’autres adapteront ensuite avec une batterie neuve, un stockage revu, une meilleure dissipation et une distribution Linux allégée. C’est aussi pour cela que ce type de machine intéresse encore : elle sert moins à consommer qu’à construire.

Source de référence

Fiche officielle Intel du Compute Stick STK1AW32SC

Mon avis :

Projet malin et crédible : recycler le clavier BlackBerry dans un cyberdeck x86 rend enfin la nostalgie utile, avec un vrai Linux de poche. Ma réserve est nette : autonomie encore courte, intégration bricolée et intérêt grand public faible. Les decks concurrents à 90–125 $ valent environ 78–108 €.

Dominique Bernard

Dominique Bernard

Dominique Bernard est rédacteur(trice) spécialisé(e) dans le lifestyle français et les voyages en France. Sur plare.fr, il/elle partage des guides pratiques, des inspirations culturelles et des critiques de gastronomie locale pour aider les lecteurs à découvrir le patrimoine et le savoir-faire français. Son expertise inclut la rédaction d'articles accessibles et bien documentés qui allient conseils pratiques et découvertes authentiques.

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