Pour ses 60 ans, Bowers & Wilkins dévoile la 800 Series Diamond D5, une cinquième génération déclinée en sept modèles, du 805 D5 au 801 D5 à double boomers de 10 pouces. Une série très haut de gamme qui pousse encore plus loin l’ingénierie acoustique et le design sculptural de la marque.
Bowers & Wilkins muscle sa série 800 avec une D5 pensée comme un outil de studio
La nouvelle 800 Series Diamond D5 ne change pas la philosophie de Bowers & Wilkins. Elle la durcit. La marque britannique reste fidèle à l’idée de John Bowers : retirer le plus possible l’enceinte de l’équation pour laisser passer le signal. Sur cette cinquième génération Diamond, cela se traduit par sept modèles, du moniteur 805 D5 à la colonne de référence 801 D5, plus deux voies centrales pour les installations home cinéma, selon le site officiel de la marque.
Le discours marketing parle de “60 years in the making”. Pour une fois, la formule tient la route. La gamme 800 reste la vitrine technique du constructeur, utilisée à la fois dans des environnements professionnels et dans des systèmes résidentiels ultra haut de gamme. Mon avis est simple : cette D5 ne cherche pas à séduire par rupture visuelle. Elle cherche à gratter les derniers pourcents de silence mécanique, de stabilité structurelle et de propreté de filtrage.
Ce que la source d’origine disait peu : les vraies nouveautés techniques
Le point clé de cette génération, selon le communiqué officiel diffusé par HARMAN pour Bowers & Wilkins, tient dans le travail sur la caisse. Le nouveau système Space Frame Bracing ajoute des rails en aluminium parallèles fixés directement à la structure Matrix interne. Objectif : augmenter la rigidité et réduire les vibrations parasites. Le constructeur affirme même qu’il s’agit de l’ébénisterie “la plus silencieuse mécaniquement” jamais produite par la marque.
Autre évolution concrète : la plaque supérieure en aluminium a été revue avec des nervures plus épaisses et davantage de points d’ancrage. Elle supporte mieux la tête médium Turbine Head et le tweeter Solid Body Tweeter. Là encore, le message est clair : la D5 attaque le problème par la mécanique avant de promettre des miracles acoustiques.
Le filtre change aussi de place. Bowers & Wilkins indique que les composants du crossover sont désormais montés à l’extérieur du volume principal, sur des rails en aluminium à l’arrière. Le gain annoncé est double : les variations de pression internes n’influencent plus le comportement du filtre, et la convection naturelle améliore le refroidissement lors des longues sessions d’écoute. C’est un détail que beaucoup d’articles survolent. À tort. Dans une enceinte de ce niveau, ce type de décision dit beaucoup sur la hiérarchie des priorités.
Une gamme de 7 modèles, avec deux voies centrales pour le home cinéma haut de gamme
La série comprend 801 D5, 802 D5, 803 D5, 804 D5, 805 D5, HTM81 D5 et HTM82 D5, selon la page officielle de la gamme. Ce point mérite d’être rappelé, car l’article d’origine insistait surtout sur les colonnes. Or la présence de deux enceintes centrales confirme un usage mixte hi-fi et home cinéma très assumé.
Le site officiel positionne d’ailleurs la 802 D5 comme une enceinte adaptée à une écoute stéréo de référence mais aussi à des configurations home cinéma ambitieuses. Même logique pour les centrales : la HTM81 D5 est pensée pour accompagner la 801 D5 ou la 802 D5, tandis que la HTM82 D5 vise plutôt les ensembles autour des 803 D5 et 804 D5. Mon avis est net : Bowers & Wilkins ne vend pas seulement des enceintes stéréo, mais un écosystème cohérent pour salle dédiée premium.
801 D5 : les chiffres qui cadrent vraiment le produit
La 801 D5 est la tête de gamme. Selon la fiche produit officielle de Bowers & Wilkins, elle embarque un tweeter diamant de 25 mm, un médium Continuum FST de 150 mm et deux boomers Aerofoil de 250 mm. Sa réponse en fréquence annoncée est de 15 Hz à 28 kHz à ±3 dB, avec une extension à 13 Hz à -6 dB. La sensibilité grimpe à 90 dB. L’impédance nominale est de 8 ohms, avec un minimum de 3 ohms. La puissance d’amplification recommandée s’étend de 50 à 1000 W sous 8 ohms.
Les dimensions donnent aussi la mesure du projet : 1 221 mm de haut, 447 mm de large avec socle, 597 mm de profondeur avec socle, pour 106,4 kg l’unité, selon la fiche officielle. Oui, l’enceinte est massive. Et oui, cette masse participe au résultat.
Le prix annoncé par Bowers & Wilkins au Royaume-Uni est de 43 000 £ la paire. What Hi-Fi?, présent à High End Vienna 2026, indique de son côté un tarif de 65 000 $ ou 50 000 € la paire pour cette 801 D5. Converti au taux de référence de la Banque centrale européenne du 17 juin 2026, soit 1 € = 1,1591 $, cela représente environ 56 078 € pour 65 000 $. Le prix “par enceinte” ressort donc à environ 28 039 € si l’on divise ce montant par deux. Cette métrique n’apparaît nulle part dans la source de départ, mais elle permet de comprendre immédiatement le niveau de positionnement.
805 D5 : la petite de la famille, mais pas une enceinte d’entrée de gamme
La 805 D5 reste le modèle le plus compact de la série. Selon la fiche officielle, elle utilise un tweeter diamant de 25 mm et un haut-parleur grave/médium Continuum de 165 mm. Sa réponse en fréquence annoncée est de 42 Hz à 28 kHz à ±3 dB, avec une extension à 34 Hz à -6 dB. La sensibilité atteint 88 dB, pour une impédance nominale de 8 ohms avec un minimum de 4,6 ohms.
Le poids n’a rien d’anecdotique : 16,4 kg l’unité sans pied, selon Bowers & Wilkins. Cette donnée rappelle que même le plus petit modèle reste une vraie enceinte haut de gamme à charge sérieuse, pas une bibliothèque décorative.
Mon avis est clair : la 805 D5 sera sans doute le modèle le plus stratégique pour les salons domestiques. Elle occupe moins d’espace, mais conserve le tweeter diamant et la signature industrielle de la série 800. C’est probablement la porte d’entrée la plus réaliste dans la gamme pour des pièces de vie de taille contenue.
Deux métriques dérivées pour mesurer l’écart dans la gamme
Première métrique utile : l’écart de masse entre la 801 D5 et la 805 D5. Selon les fiches officielles, on passe de 106,4 kg à 16,4 kg, soit 90 kg de différence. Rapporté au poids de la 805 D5, la 801 D5 est environ 6,5 fois plus lourde. Cette donnée illustre l’écart d’ambition mécanique entre le moniteur et la grande colonne.
Deuxième métrique : l’écart d’extension dans le grave entre la 801 D5 et la 805 D5 à ±3 dB. On passe de 15 Hz pour la 801 D5 à 42 Hz pour la 805 D5, soit 27 Hz d’écart. Dit autrement, la 801 D5 descend environ 64 % plus bas que la 805 D5 si l’on rapporte cet écart à la valeur de 42 Hz. Cette lecture n’épuise pas le sujet, mais elle donne une base concrète pour estimer ce que paie l’acheteur au sommet de la gamme.
Finitions : luxe visible, mais sans gadget
La D5 arrive en quatre finitions : Stealth Black, Warm White, Light Walnut et Dark Walnut, selon Bowers & Wilkins. La marque ajoute une garniture en cuir Connolly assortie. Le point important n’est pas seulement la palette. C’est le niveau de cohérence entre acoustique et présentation.
L’article d’origine parlait d’objets sculpturaux. C’est juste. Mais il faut préciser que Bowers & Wilkins continue d’utiliser une forme de coffret incurvée continue verrouillée par une colonne dorsale en aluminium, afin de limiter les réflexions de coffret, selon la fiche 801 D5. Le design ne sert donc pas qu’à signer la silhouette. Il sert aussi la diffusion.
Ce que la D5 ajoute face au texte source : 5 apports concrets issus de la recherche
1. Des spécifications complètes sur la 801 D5
La source de départ évoquait les doubles boomers de 10 pouces, mais ne donnait ni réponse en fréquence détaillée, ni impédance minimale, ni poids. Or la fiche officielle annonce 15 Hz à 28 kHz à ±3 dB, 13 Hz à -6 dB, 3 ohms minimum et 106,4 kg.
2. Des spécifications précises sur la 805 D5
Même logique pour la 805 D5 : 42 Hz à 28 kHz à ±3 dB, 34 Hz à -6 dB, 88 dB de sensibilité et 16,4 kg, selon Bowers & Wilkins. Cela permet enfin de situer le petit modèle sans extrapoler.
3. Un prix converti proprement en euros
La source d’origine ne donnait aucun tarif. What Hi-Fi? mentionne 65 000 $ et 50 000 € la paire pour la 801 D5. Avec le taux BCE du 17 juin 2026, 65 000 $ valent environ 56 078 €. On voit donc tout de suite que le prix public européen mentionné par What Hi-Fi? reste inférieur à la simple conversion brute du tarif dollar. C’est un repère utile pour les lecteurs français.
4. Une comparaison chiffrée avec un concurrent direct par usage domestique premium
La Focal Diva Utopia affiche un prix public conseillé de 35 000 €, une réponse en fréquence de 27 Hz à 40 kHz à ±3 dB, une coupure basse à 24 Hz à -6 dB et un SPL maximal de 116 dB par paire, selon Focal. Face à elle, la 801 D5 joue une autre partition : enceinte passive, plus lourde, plus encombrante, plus exigeante côté amplification, mais avec une extension théorique plus basse dans le grave à ±3 dB. Mon avis : la comparaison est imparfaite sur le plan du concept, mais très parlante pour l’acheteur qui hésite entre système intégré de prestige et chaîne séparée de très haut niveau.
5. Une comparaison avec un concurrent traditionnel passif
La JBL Summit Makalu revendique une réponse en fréquence de 23 Hz à 33 kHz à -6 dB, une sensibilité de 88 dB, une impédance nominale de 4 ohms et une puissance recommandée de 25 à 300 W RMS, selon la fiche PDF officielle JBL. Sur le papier, la 801 D5 se montre plus sensible de 2 dB et descend plus bas à -6 dB, avec 13 Hz contre 23 Hz. Encore une fois, ces chiffres ne disent pas tout sur le rendu réel, mais ils posent le terrain.
Positionnement marché : passive haut de gamme contre active connectée
Le marché du très haut de gamme se scinde de plus en plus en deux camps. D’un côté, des enceintes passives traditionnelles qui misent sur le choix libre de l’électronique. De l’autre, des systèmes actifs premium qui vendent la simplicité. La Focal Diva Utopia illustre très bien cette seconde tendance avec ses fonctions réseau, son amplification intégrée de 250 W en grave, 75 W en médium et 75 W en aigu par enceinte, et sa connectivité Wi‑Fi 6, selon Focal.
Face à cela, la Bowers & Wilkins 800 Series Diamond D5 refuse le raccourci du “tout-en-un”. Mon avis est tranché : c’est un choix cohérent. À ce niveau de prix, l’acheteur veut souvent piloter lui-même son amplification, son préampli et sa source. La D5 parle à ce public-là.
Cas d’usage concret : qui a intérêt à regarder la D5 ?
Pour une salle d’écoute dédiée ou un grand salon traité, la 801 D5 vise clairement l’audiophile prêt à investir dans des électroniques séparées très sérieuses. Sa plage de puissance recommandée, de 50 à 1000 W sous 8 ohms selon Bowers & Wilkins, montre qu’elle accepte des configurations très ambitieuses.
La 802 D5 et la 803 D5 paraissent plus réalistes pour un usage domestique premium. La page série officielle présente la 803 D5 comme le plus compact des modèles à Turbine Head, pensé pour un large éventail d’espaces de vie. C’est probablement là que la gamme devient vraiment logeable sans perdre son ADN.
La 805 D5, elle, s’adresse à ceux qui veulent l’esthétique et une bonne partie de la technologie série 800 sans imposer 100 kg par enceinte à leur pièce. Enfin, les HTM81 D5 et HTM82 D5 ouvrent un vrai terrain home cinéma de prestige. Et ce point, à mon sens, mérite d’être plus souvent mis en avant que la seule écoute stéréo.
Pourquoi cette génération compte plus que son habillage anniversaire
L’anniversaire des 60 ans aurait pu produire une finition collector et quelques slogans. Bowers & Wilkins a choisi autre chose : rigidifier la structure, revoir le support mécanique, déplacer le filtre, reprendre la grille du tweeter dérivée de la 801 D4 Signature et améliorer les moteurs des haut-parleurs médium et grave, selon le communiqué officiel et le site de la marque.
C’est la bonne méthode. Je préfère une enceinte qui gagne en silence structurel, en refroidissement de filtre et en précision hors axe qu’une série limitée peinte autrement. La D5 semble aller exactement dans cette direction.
Source de référence
https://www.bowerswilkins.com/en-gb/category/loudspeakers/800-series-diamond-d5/
Mon avis :
Avis d’expert : la 800 Series Diamond D5 impressionne par des avancées concrètes, notamment le filtrage externalisé et le renfort Space Frame, qui visent moins de vibrations et plus de stabilité acoustique. Ma réserve est simple : sans mesures indépendantes ni tarifs annoncés à ce stade, le verdict final reste suspendu.





