On associe spontanément la Savoie à l’hiver, aux Trois Vallées et aux files d’attente devant les remontées mécaniques. C’est oublier que le département vit une deuxième saison, plus discrète, entre juin et septembre : celle des lacs à 26 degrés, des cols ouverts aux cyclistes et des alpages où les troupeaux remontent. Et que pour en profiter, le camping reste la formule la plus cohérente — parce qu’elle place le voyageur là où il faut être, c’est-à-dire dehors.
Encore faut-il choisir la bonne zone. La Savoie n’est pas un territoire homogène : entre une nuit au bord du lac du Bourget à 230 mètres d’altitude et un emplacement en haute Maurienne à 1 800 mètres, on ne parle ni du même climat, ni des mêmes activités, ni du même public.
L’avant-pays et les lacs : la Savoie douce
C’est la porte d’entrée du département, et la moins montagnarde. Le lac du Bourget, plus grand lac naturel de France avec ses 18 kilomètres de long, offre une eau qui dépasse largement les 25 degrés en plein été, une atmosphère de station thermale du côté d’Aix-les-Bains, et l’abbaye d’Hautecombe posée sur la rive ouest.
À une trentaine de minutes de Chambéry, le lac d’Aiguebelette joue une partition différente. Les bateaux à moteur thermique y sont interdits depuis les années 1970, ce qui a produit un plan d’eau d’une clarté inhabituelle et surtout d’un silence rare pour un lac aussi fréquenté. Ses 545 hectares à 373 mètres d’altitude chauffent vite : c’est régulièrement l’un des lacs les plus chauds de France en août. Kayak, paddle, aviron et baignade, mais pas de jet-ski. Ceux qui campent en famille avec de jeunes enfants comprennent vite l’intérêt.
Bauges, Beaufortain : la moyenne montagne qu’on sous-estime
Entre les lacs et les grandes stations, il existe une Savoie intermédiaire, entre 600 et 1 400 mètres, qui reste largement à l’écart des flux touristiques. Le massif des Bauges, parc naturel régional, propose des randonnées accessibles avec des dénivelés raisonnables et des villages qui n’ont pas été redessinés par l’immobilier de loisir. Le Beaufortain, plus à l’est, ajoute les barrages de Roselend et de la Gittaz, les alpages à beaufort et une route de col qui figure parmi les plus belles des Alpes françaises.
C’est le compromis idéal pour qui veut de la montagne sans l’altitude extrême : les nuits restent fraîches en juillet, mais on échappe aux orages de fin de journée qui rythment les hautes vallées.
Tarentaise et Maurienne : le terrain de jeu des sportifs
Les deux grandes vallées glaciaires du département changent complètement de registre en été. La Maurienne s’est imposée comme une destination cyclotouriste majeure, avec le Galibier, l’Iseran, la Croix-de-Fer et le Mont-Cenis accessibles depuis une même base. La Tarentaise donne accès au parc national de la Vanoise, premier parc national créé en France en 1963, et à ses itinéraires de refuge en refuge.
Les campings y sont souvent plus modestes, parfois municipaux, avec une clientèle de randonneurs et de cyclistes plutôt que de familles en séjour balnéaire. L’altitude change les règles : prévoir un duvet correct, même en plein août, et surveiller les prévisions avant une nuit en tente.
Comment arbitrer entre les offres
Le parc savoyard est très hétérogène. On y trouve aussi bien des campings municipaux à une douzaine d’euros l’emplacement que des établissements quatre étoiles avec espace aquatique, mobil-homes récents et animations. Entre les deux, l’écart de prix peut atteindre un facteur cinq sur une semaine, ce qui justifie de comparer avant de réserver plutôt que de s’engager sur le premier résultat trouvé.
Les plateformes spécialisées permettent de filtrer par secteur, par équipement et par période. Pour la Savoie, il est possible de voir les détails et les tarifs des hébergements disponibles selon les vallées et de calibrer son budget avant de partir. Trois critères méritent une attention particulière : la distance réelle à l’eau ou aux sentiers (un camping « proche du lac » peut en être à trois kilomètres avec une route à traverser), la présence d’ombre sur les emplacements, et la nature du sol, qui conditionne la tenue des sardines autant que le confort nocturne.
Dernier point, souvent négligé : les dates. Beaucoup d’établissements de haute vallée n’ouvrent qu’à la mi-juin et ferment début septembre. En avant-saison ou en septembre, l’offre se réduit fortement — mais les tarifs et l’affluence aussi, ce qui reste le meilleur argument pour décaler ses vacances quand on en a la possibilité.





