Raphael Klug signe avec l’Offcut Aluminum Vase un vase conçu à partir de chutes réelles de tubes et profilés en aluminium, assemblés en sections de formes et hauteurs variées. Un objet brut, sculptural et fonctionnel, qui transforme un rebut industriel en pièce déco aussi graphique qu’utile.
Un vase pensé comme un assemblage de rebuts, pas comme un objet déco classique
Le Offcut Aluminum Vase signé Raphael Klug part d’une idée simple et assez rare dans l’objet décoratif : ne pas dessiner un vase d’abord, mais partir d’un stock de chutes industrielles déjà existantes. Ici, la forme naît de profils en aluminium creux, ronds, carrés et rectangulaires, récupérés en fin de coupe puis regroupés en faisceau. L’objet ne cherche donc pas à imiter l’atelier : il vient de l’atelier.
C’est ce point qui le distingue du vase métal standard. La plupart des modèles concurrents en inox ou en aluminium poli travaillent une silhouette continue, lisse, souvent monobloc. Le projet de Raphael Klug suit la logique inverse : il garde visibles les sections, les différences de diamètre et les hauteurs irrégulières. Selon le programme PASSAGEN 2026, le designer présentait en janvier 2026 à Cologne des objets d’intérieur allant de la petite série artisanale à des produits pensés pour l’édition industrielle, avec un positionnement clairement ancré dans le design durable et la production locale. ([voggenreiter.com](https://www.voggenreiter.com/passagen2026/wp-content/uploads/Passagen2026_Layout_web.pdf))
Le vrai intérêt du projet : la forme, l’usage et la matière racontent la même chose
Beaucoup d’objets “upcyclés” restent démonstratifs. Ils affichent leur matériau recyclé, mais leur usage paraît secondaire. Ici, le fonctionnement est cohérent. Chaque tube agit comme un logement indépendant pour une tige florale. Une section haute reçoit une fleur longue. Une section plus courte cale une tige basse. Une ouverture plus étroite convient à une fleur légère ou à une herbe séchée. Cette distribution verticale évite l’effet bouquet compact et impose d’emblée une composition étagée.
Mon avis est clair : c’est là que le projet devient crédible. Le vase n’utilise pas la récupération comme argument marketing de surface. Les chutes définissent la structure, et cette structure produit directement l’usage. On n’a pas un simple bloc décoratif avec un trou central, mais une série de micro-réceptacles qui organisent naturellement la mise en scène florale.
Un designer déjà identifié sur les questions de circularité
Le projet s’inscrit aussi dans la trajectoire de Raphael Klug. Selon le Green Product Award, le designer basé à Cologne est menuisier de formation, diplômé en février 2025 de la Cologne International School of Design, avec un travail centré sur le design durable et les logiques circulaires. Ce point n’est pas anecdotique : il aide à lire le vase non comme un exercice de style isolé, mais comme une pièce cohérente dans une démarche plus large autour des matériaux, du réemploi et de la séparabilité. ([gp-award.com](https://www.gp-award.com/en/projects/hidden-papers))
Autre élément nouveau par rapport au texte source : la présence répétée du designer dans le parcours PASSAGEN à Cologne en 2025 puis en 2026 confirme une insertion réelle dans le circuit du design d’auteur, et pas seulement une visibilité média ponctuelle. Les documents du festival mentionnent à la fois une exposition avec Justus Knut Schomann en 2025 et une nouvelle présentation en 2026 dans le programme Cartes Blanches. ([lebensart24.online](https://lebensart24.online/wp-content/uploads/2025/01/PDF-Passagen.pdf))
Pourquoi l’aluminium change la lecture de l’objet
Employer de l’aluminium récupéré n’a pas seulement un intérêt esthétique. Le matériau a un vrai poids industriel dans les stratégies de circularité. Selon l’International Aluminium Institute, le recyclage de l’aluminium permet d’économiser jusqu’à 95 % de l’énergie nécessaire à la production d’aluminium primaire, avec un ordre de grandeur comparable sur les émissions de gaz à effet de serre. ([international-aluminium.org](https://international-aluminium.org/landing/aluminium-facts/?utm_source=openai))
Cette donnée éclaire le vase sous un angle plus concret. Même si Raphael Klug ne communique ni le poids exact de l’objet, ni la part de rebut réellement détournée, ni la provenance précise des profils, l’intérêt du projet tient au fait qu’il exploite une matière déjà extrudée, déjà finie et déjà dimensionnée pour un usage industriel. Il évite donc une partie des opérations amont qu’exigerait un objet produit à partir d’aluminium neuf.
Autrement dit, la valeur écologique potentielle ne vient pas d’un discours abstrait sur le recyclage. Elle vient du choix de travailler avec des sections existantes, sans masquer leur origine. C’est plus brutal visuellement, mais bien plus honnête.
Deux métriques utiles pour comprendre la logique du réemploi
Première métrique dérivée : si le recyclage d’aluminium consomme jusqu’à 95 % d’énergie en moins que l’aluminium primaire, alors il ne représente plus qu’environ 5 % du besoin énergétique initial à matière équivalente. Dit autrement, l’écart entre aluminium primaire et aluminium recyclé atteint jusqu’à 20 fois en faveur du recyclé sur ce critère énergétique. Ce ratio découle directement du chiffre de l’International Aluminium Institute. ([international-aluminium.org](https://international-aluminium.org/landing/aluminium-facts/?utm_source=openai))
Deuxième métrique dérivée : face à un concurrent en métal premium comme le vase Crevasse de Alessi, affiché à 275 € sur le site officiel, le vase Nendo medium de Georg Jensen est proposé à 120,50 € en promotion d’été contre 241,00 € en prix barré. L’écart promotionnel calculé atteint 56,2 %. Cela montre à quel point le marché du vase métal design dépend de la signature, de la finition et du canal de vente, plus que de la seule matière. ([alessi.com](https://alessi.com/fr/products/crevasse-flower-vase?utm_source=openai))
Comparaison avec les concurrents : ici, le vase assume l’atelier au lieu de polir sa trace
Alessi Crevasse : la sculpture lisse
Le vase Crevasse de Alessi, dessiné par Zaha Hadid, est vendu 275 € sur le site officiel. Il incarne une autre école : acier inoxydable, surface brillante, ligne continue, geste sculptural fort. Le produit mise sur la tension géométrique et sur la signature de l’architecte. ([alessi.com](https://alessi.com/fr/products/crevasse-flower-vase?utm_source=openai))
Face à lui, l’Offcut Aluminum Vase joue une carte opposée. Pas de peau miroir. Pas de volume fermé. Pas d’effet monolithe. Le regard lit d’abord une composition de sections techniques. En clair, Alessi vend une sculpture fonctionnelle, alors que Raphael Klug propose une fonction qui devient sculpture.
Georg Jensen Nendo : l’objet luxe manufacturé
Chez Georg Jensen, le vase Nendo medium en acier inoxydable poli mesure 200 mm de haut, 180 mm de large et 60 mm de profondeur. Son prix affiché en Europe est de 120,50 € en promotion, contre 241,00 € avant remise. ([georgjensen.com](https://www.georgjensen.com/europe/home-decor/vases-and-planters/nendo-vase-medium/10019576.html?utm_source=openai))
Cette fiche technique apporte un point de comparaison utile absent de la source initiale : le vase métal design haut de gamme reste souvent compact, très fini, et pensé comme pièce décorative autonome. L’Offcut Aluminum Vase semble plus rugueux, plus modulaire dans son rendu, et probablement moins consensuel. C’est précisément sa force. Il ne cherche pas l’élégance froide du showroom de luxe. Il garde la mémoire de la coupe industrielle.
Ce que la source d’origine ne disait pas
Plusieurs informations manquent encore sur le produit lui-même. Le prix : non communiqué. Les dimensions exactes : non communiqué. Le poids : non communiqué. La méthode d’assemblage précise : non communiqué. L’étanchéité interne de chaque section : non communiqué. Le niveau de finition de surface, anodisé ou brut : non communiqué.
Ces absences comptent. Sur un objet comme celui-ci, elles déterminent l’usage réel. Si chaque profil est rendu étanche individuellement, le vase peut accueillir des fleurs fraîches tige par tige avec de l’eau dans plusieurs compartiments. Si les sections ne sont pas étanchées, l’objet bascule vers le soliflore pour fleurs séchées ou vers l’usage avec tubes internes amovibles. Sans confirmation du studio ou d’une fiche produit officielle, il faut donc rester factuel : le fonctionnement exact avec eau n’est pas documenté dans les sources consultées.
Un contexte marché qui joue en faveur de ce type d’objet
Le marché du vase design en métal est déjà encombré par des produits premium très formels. Les catalogues de Georg Jensen montrent des vases en acier inoxydable allant, selon les modèles et les marchés, d’environ 130 à 910 dollars australiens sur une même famille de produits. Cela confirme une amplitude tarifaire forte, souvent liée à la taille, à la collection et à la valeur de marque. ([georgjensen.com](https://www.georgjensen.com/en-au/home-decor/vases?utm_source=openai))
Dans ce contexte, un objet comme l’Offcut Aluminum Vase peut se positionner autrement : moins comme accessoire floral de catalogue, plus comme pièce de conversation à la frontière entre design de collection, petite série et manifeste matière. C’est un segment étroit, mais réel. Et il parle autant aux amateurs d’intérieur qu’aux professionnels de l’hospitality ou des concept stores, précisément le terrain évoqué dans le programme PASSAGEN 2026. ([voggenreiter.com](https://www.voggenreiter.com/passagen2026/wp-content/uploads/Passagen2026_Layout_web.pdf))
Cas d’usage concrets : là où ce vase peut être meilleur qu’un modèle classique
Premier cas d’usage : la composition florale minimaliste. Avec plusieurs ouvertures indépendantes, l’objet permet de répartir quelques tiges sans mousse florale ni bouquet serré. Pour une table de réception, un comptoir d’hôtel ou une étagère de galerie, cette structure fait gagner du temps dans la mise en scène.
Deuxième cas d’usage : le décor sans fleurs. La majorité des vases perdent beaucoup une fois vides. Ici, la superposition de profils à hauteurs variables crée un petit volume architectural autonome. C’est un avantage net pour les espaces où les fleurs fraîches ne sont pas permanentes.
Troisième cas d’usage : la scénographie retail ou événementielle. Dans un environnement de marque lié à l’architecture, au mobilier, aux matériaux ou à l’industrie, le contraste entre les fleurs et l’aluminium technique fonctionne mieux qu’un vase en verre neutre. Mon opinion est simple : ce produit a sans doute plus d’impact dans un showroom, une agence d’architecture ou un lobby créatif que dans un intérieur classique déjà saturé d’objets déco lisses.
Prix, conversion et lecture économique
Les recherches n’ont pas permis d’identifier un tarif officiel pour l’Offcut Aluminum Vase : non communiqué. En revanche, pour situer le niveau de marché, le taux de change de référence de la Banque centrale européenne publié le 1er juillet 2026 fixe 1 € = 1,1383 $, soit 1 $ = 0,879 € environ. ([ecb.europa.eu](https://www.ecb.europa.eu/stats/policy_and_exchange_rates/euro_reference_exchange_rates/html/index.en.html?utm_source=openai))
Ce taux ne sert ici qu’à normaliser d’éventuels prix en dollars si une commercialisation hors zone euro apparaît plus tard. À ce cours, un produit vendu 275 $ vaudrait environ 242 € (taux BCE utilisé : 1 $ = 0,879 €). ([ecb.europa.eu](https://www.ecb.europa.eu/stats/policy_and_exchange_rates/euro_reference_exchange_rates/html/index.en.html?utm_source=openai))
Ce que vaut vraiment le projet
Le point fort du vase n’est pas la performance technique, car elle reste largement non documentée à ce stade. Le point fort, c’est la cohérence. La matière récupérée n’est pas un décor. Elle pilote la forme. La forme pilote l’usage. Et l’usage garde visible l’origine industrielle.
C’est aussi ce qui le sépare d’une large partie de la production design en métal. Là où beaucoup de vases premium cherchent à effacer la fabrication derrière une finition luxueuse, l’Offcut Aluminum Vase expose la coupe, la série, le rebut et l’assemblage. Cette franchise visuelle peut rebuter. Elle donne surtout à l’objet une identité plus nette que celle de nombreux vases sculpturaux très chers mais interchangeables.
Source d’autorité
https://www.gp-award.com/en/projects/hidden-papers
Mon avis :
Objet juste et intelligent : l’usage de vraies chutes d’aluminium donne une cohérence rare entre matériau, forme et fonction, chaque tube tenant naturellement une tige à une hauteur différente. Limite réelle : l’aluminium brut peut paraître froid et technique, ce qui restreint son intégration hors d’un intérieur très contemporain.





