Les plantas de biogás en Navarra suscitent de vives inquiétudes au sein des communautés locales. Des manifestations à Viana, Los Arcos et Cintruénigo en témoignent, mobilisant plus de 10 000 signatures contre l’impact de ces projets sur la santé et l’environnement. Le débat sur la transition énergétique est plus chaud que jamais.

Controverses sociales autour des projets de biogaz en Navarre

Les usines de biogaz et de biométhane projetées en Navarre sont devenues l’un des principaux sujets de débat au sein de la communauté forale. Des mobilisations de la population, des collectes massives de signatures et des demandes formelles de suspension des projets en cours ont vu le jour. Dans divers endroits tels que Viana, Los Arcos, Cintruénigo, Rada et Mélida, la préoccupation grandit quant à l’impact potentiel de ces infrastructures sur la santé, l’environnement et le mode de vie rural.

Tandis que les entreprises promotrices et les administrations soutiennent le rôle crucial du biogaz et du biométhane dans la transition énergétique, un nombre important de citoyens navarrais remet en question l’ampleur et l’emplacement de certains projets, considérés comme une possible "transformation du territoire en décharge énergétique". Ce choc de perspectives a entraîné des manifestations, des allégations et un débat ouvert sur la manière dont ces installations devraient être mises en œuvre et régulées.

Pression locale sur les projets de biogaz à Viana, Los Arcos et Cintruénigo

La Coordinadora de Plataformas Vecinales Stop Biogás de Navarra, qui regroupe des collectifs citoyens de Viana, Los Arcos et Cintruénigo, a intensifié sa résistance en s’adressant directement à l’entreprise promotrice. Des représentants de la coordinatrice ont déposé une lettre au siège de Biogas Power Generation, à Logroño, exigeant avec fermeté l’arrêt des projets de biogaz prévus dans ces trois municipalités.

Dans ce document, les plateformes demandent à l’entreprise de "cesser son intention de développer les projets" qu’elle promeut par l’intermédiaire de ses filiales B.Power Gen II SLU, B.Power Gen XI SLU et B.Power Gen XV SLU. Ces sociétés sont chargées de la gestion des installations dans les municipalités de Viana, Los Arcos et Cintruénigo, ce qui a provoqué une forte opposition locale dès les premières phases de planification.

La coordinatrice souligne que sa demande repose non seulement sur un rejet symbolique, mais aussi sur un soutien citoyen quantifiable. Ils affirment avoir recueilli plus de 10 000 signatures dans les localités directement touchées, chiffre qui, à leurs yeux, reflète une opposition large, organisée et informée sur les implications de ces projets industriels.

Vous aimerez aussi :  Hydroélectrique révolutionnaire : illuminer le monde pendant 24 heures grace à une énergie durable

Pour ces collectifs, ces signatures constituent "l’expression claire d’une volonté sociale majoritaire et consciente", qui refuse de voir son environnement rural se transformer en un pôle de concentration de déchets et d’émissions liées à la production de gaz renouvelable. Ils estiment que l’entreprise ne peut ignorer le fait que, au-delà des autorisations administratives, la "licence sociale pour opérer" leur aurait déjà été refusée par la population locale.

Dans ce contexte, les plateformes accusent Biogas Power Generation de commettre une violation des principes de responsabilité sociale des entreprises (RSE) si elle choisit de poursuivre la procédure malgré le rejet exprimé dans la région. Elles affirment que continuer avec les projets tout en ignorant les réclamations et les manifestations constituerait un manquement au respect de l’environnement, des citoyens et des normes éthiques minimales que, selon elles, toute entreprise du secteur énergétique devrait respecter.

Impact sur la vie rurale et avertissements sur les risques perçus

Les habitants qui se sont rendus à Logroño pour déposer la lettre insistent sur le fait que les décisions d’entreprise ne sont pas abstraites, mais se traduisent par des impacts concrets sur leurs villages. Ils soulignent que les usines de biogaz touchent à des questions aussi sensibles que la qualité de l’eau, l’état des sols et l’avenir du modèle agricole et pastoral qui structure une part significative de l’économie locale à Viana, Los Arcos et Cintruénigo.

La coordinatrice prévient que si l’entreprise persiste dans son projet, les citoyens concernés la tiendront responsable des dommages environnementaux, sociaux et économiques qui pourraient survenir de la mise en service de ces infrastructures. Cette mise en garde s’accompagne d’un engagement explicite à explorer toutes les voies possibles pour tenter de stopper les projets.

Dans la lettre adressée à Biogas Power Generation, les groupes locaux indiquent qu’ils sont prêts à utiliser "tous les recours juridiques à leur disposition" pour empêcher l’exécution des usines de biogaz proposées. Cette stratégie comprend la présentation de réclamations, le recours à des instances administratives et, le cas échéant, la saisine des tribunaux pour défendre ce qu’ils considèrent comme leur droit de décider du futur de leur territoire.

Le message qu’ils transmettent est que le territoire où les usines doivent être installées "n’est pas un espace vide", mais un environnement habité, cultivé et défendu par ceux qui y vivent toute l’année. Pour ces plateformes, tout projet industriel de grande envergure doit prendre en compte non seulement les exigences techniques et environnementales, mais aussi l’opinion et le consentement de la population touchée.

La polémique autour des usines de biogaz en Navarre s’inscrit également dans un débat plus large au niveau européen sur le développement des énergies renouvelables d’origine organique. Bien que la réglementation communautaire encourage l’utilisation de biogaz et de biométhane pour réduire les émissions, des questions se posent sur la concentration des installations dans des zones spécifiques, la gestion des déchets et la compatibilité avec les usages agricoles traditionnels.

Vous aimerez aussi :  Nouveau reçu : solutions pour calculer vos ressources efficacement en euros

Rejet populaire du projet de macro-usine de biométhane à Rada et mobilisation à Mélida

La controverse autour des usines de biogaz en Navarre ne se limite pas à Viana, Los Arcos et Cintruénigo. Au sein de la Ribera navarra, le projet d’une macro-usine de biométhane à Rada a suscité une réaction similaire, surtout dans la commune voisine de Mélida, qui craint des impacts potentiels sur son environnement et la santé de ses habitants.

À Mélida, la plateforme locale a rassemblé environ 300 personnes sur la place du village lors d’une concentration tenue le 30 décembre dernier à 20h00. Pendant cette manifestation, les participants ont scandé des slogans contre l’installation de la macro-usine de biométhane et ont réclamé que l’impact global du projet soit pris en compte pour toutes les communes environnantes, et pas seulement pour le terme municipal de Rada.

Cette mobilisation a marqué le point culminant d’une série d’initiatives informatives et organisationnelles menées par la plateforme en collaboration avec la mairie de Mélida. Quelques jours auparavant, le 21 décembre, une assemblée ouverte avait réuni environ 350 personnes, témoignant de l’intérêt et de l’inquiétude sociale suscités par le projet de macro-usine dans toute la région.

Lors de cette assemblée, la situation de la moratoire en cours sur les nouvelles installations de ce type en Navarre a été expliquée, et des détails concernant le projet de Rada ont été fournis. L’objectif était que les participants soient informés des étapes de la procédure et des possibles conséquences en termes d’émissions, de circulation de camions, d’odeurs et d’impact paysager.

À la fin de la concentration à Mélida, une représentante de la plateforme a lu un communiqué remerciant pour la large participation et soulignant la préoccupation existante quant aux répercussions sur la santé et le développement futur de la commune. Dans ce message, tant la Mairie de Rada que le Gouvernement de Navarre sont appelés à examiner minutieusement l’initiative et à suspendre l’implantation de la macro-usine tant que les doutes soulevés par les citoyens ne sont pas levés.

Moratoire, commission tripartite et bataille juridique en Navarre

Le cas de la macro-usine de biométhane de Rada s’inscrit dans un cadre réglementaire en cours de définition, marqué par l’existence d’une moratoire autonome concernant ce type d’infrastructures. Au cours des assemblées informatives, il a été insisté sur le fait que le Gouvernement de Navarre doit mettre en place une commission tripartite chargée de rédiger une réglementation spécifique pour l’implantation et le fonctionnement des installations de biogaz et de biométhane dans la communauté.

Cette commission, dans laquelle participeront probablement des représentants de l’exécutif foral, des secteurs concernés et des municipalités, aura pour mission de définir des critères clairs concernant l’emplacement, la taille et l’impact des installations. L’intention est d’éviter un développement désorganisé et de réduire les tensions sociales associées à la mise en place de nouvelles usines dans des régions rurales spécifiques.

En attendant la clarification du cadre réglementaire, tant la plateforme de Mélida que la Mairie ont décidé de renforcer leur stratégie en engageant des services juridiques spécialisés. Ce groupe a pour mission d’examiner en détail la documentation du projet de Rada, de vérifier sa conformité avec la réglementation en vigueur et d’analyser les éventuelles réclamations et recours juridiques qui pourraient être présentés pour défendre les intérêts locaux.

Vous aimerez aussi :  Greenvolt se distingue parmi les vainqueurs de la grande enchère italienne sur les batteries : une révolution énergétique en marche.

Il a été indiqué aux habitants que le travail juridique se concentrera sur une analyse approfondie des effets environnementaux et sanitaires associés à la macro-usine, ainsi que sur sa compatibilité avec le plan d’urbanisme et les directives environnementales de la communauté forale. L’objectif est d’identifier tout élément pouvant justifier la révision, la modification ou même la suspension du projet.

En plus de la voie légale, lors des réunions de voisinage, il a été convenu de promouvoir diverses actions au cours de l’année 2026 afin de tenir la population informée et de rendre visible le rejet social de l’élargissement de ce type d’installations sans un consensus préalable. Parmi les mesures prévues figurent de nouvelles manifestations, des campagnes d’information et une coordination avec d’autres plateformes de Navarre partageant des préoccupations similaires concernant les projets de biogaz.

La situation des usines de biogaz en Navarre illustre un scénario où la transition énergétique coexiste avec un fort débat social sur le modèle de développement rural, la participation citoyenne et le partage des charges environnementales. Les plateformes de Viana, Los Arcos, Cintruénigo, Rada et Mélida ont réussi à placer sur l’agenda public des questions telles que la licence sociale, la responsabilité des entreprises et la nécessité d’une régulation claire, tout en attendant que les administrations élaborent de nouvelles normes et que les entreprises évaluent comment répondre à une contestation locale qui, pour le moment, ne semble pas s’apaiser.

Mon avis :

Les projets de biogaz en Navarra, tout en promouvant une énergie renouvelable essentielle, suscitent des inquiétudes locales concernant des impacts environnementaux et sociaux. Avec plus de 10 000 signatures contre la transformation des terres en « décharges énergétiques », le débat souligne l’importance de la participation citoyenne dans les décisions énergétiques.

Les questions fréquentes :

Qu’est-ce que les plantes de biogaz et de biométhane en Navarre ?

Les plantes de biogaz et de biométhane projetées en Navarre sont des infrastructures destinées à produire des énergies renouvelables à partir de déchets organiques. Cependant, elles suscitent des débats intenses au sein de la communauté, en raison de préoccupations concernant leur impact sur la santé, l’environnement et le mode de vie rural.

Quelles sont les principales préoccupations des habitants ?

Les habitants, notamment ceux de Viana, Los Arcos et Cintruénigo, s’inquiètent de la « conversion du territoire en un dépotoir énergétique ». Ils craignent que ces installations n’affectent la qualité de l’eau, l’état des terres et le futur du modèle agricole et pastoral, qui est essentiel pour l’économie locale.

Comment les collectivités locales se mobilisent-elles ?

La Coordinadora de Plataformas Vecinales Stop Biogás de Navarra a organisé des mobilisations pour demander la suspension des projets de biogaz. Cette plateforme a reçu plus de 10 000 signatures contre les projets, ce qui témoigne d’une large opposition et d’un haut niveau d’information parmi la population concernée.

Quels sont les prochains steps réglementaires concernant ces projets ?

Le gouvernement de Navarre envisage de mettre en place une commission tripartite pour rédiger une réglementation spécifique sur l’implantation et le fonctionnement de ces plantes. Cela vise à clarifier les critères d’emplacement et d’impact pour éviter le développement désordonné et réduire la conflictualité sociale associée à de nouvelles installations.

Share.
Leave A Reply