DJI et Insta360 ont retiré leurs plaintes aux États-Unis, mais le conflit s’intensifie en Chine: Insta360 y a déposé six contre-attaques en brevets, tandis qu’une audience clé opposant les caméras Luna à DJI est fixée au 3 août. Une bataille stratégique qui dépasse désormais le seul marché américain.
DJI et Insta360 enterrent leurs plaintes aux États-Unis, mais déplacent la bataille des brevets en Chine
Le bras de fer ne s’arrête pas. Il change simplement de terrain. DJI et Insta360 ont mis fin à leurs procédures croisées aux États-Unis autour des caméras de poche stabilisées, mais les deux groupes poursuivent désormais l’affrontement en Chine. Le point central reste le même : la propriété et l’usage de briques technologiques devenues critiques dans les produits vidéo destinés aux créateurs.
La séquence a démarré après le lancement de la Insta360 Luna Ultra, officialisée le 10 juin 2026 selon la documentation technique du constructeur. Dans la foulée, DJI a attaqué aux États-Unis en estimant que la nouvelle caméra empiétait sur plusieurs brevets liés à la famille Osmo Pocket. Insta360 a répliqué avec ses propres griefs avant que les deux parties ne retirent volontairement leurs dossiers américains. Le signal pouvait ressembler à un apaisement. En réalité, le conflit a surtout été relocalisé. Selon des informations relayées par la presse chinoise, et reprises par plusieurs médias spécialisés, les deux entreprises ont ouvert une nouvelle phase contentieuse devant des juridictions chinoises et devant la CNIPA, l’administration chinoise de la propriété intellectuelle.
Ce que chaque camp reproche à l’autre
Insta360 aurait déposé six demandes reconventionnelles distinctes en Chine. Les technologies visées couvriraient notamment la capture panoramique, l’édition d’images à 360 degrés, les fonctions de type bullet time, la gestion thermique, les solutions d’extension caméra et certaines briques liées au support de stabilisation. De son côté, DJI accuse la gamme Luna d’enfreindre plusieurs brevets d’invention portant sur la nacelle, les méthodes de contrôle, les modules de commande amovibles et la stabilisation.
Un dossier particulièrement suivi a été déposé devant le tribunal populaire intermédiaire de Shenzhen. Une audience est annoncée pour le 3 août 2026. La date compte, car Shenzhen est le fief industriel des deux groupes. Le choix de la juridiction n’a rien d’anodin : il place l’affaire au plus près des équipes R&D, des chaînes de décision et des actifs de propriété intellectuelle concernés.
Autre point clé : Insta360 a aussi demandé à la CNIPA l’invalidation de plusieurs brevets de DJI utilisés dans le conflit. C’est une stratégie classique dans les guerres de brevets. Un acteur ne se contente pas de nier l’infraction ; il tente aussi de fragiliser la validité même du portefeuille adverse.
La vraie lecture du dossier : une guerre de plateformes, pas seulement une affaire de caméra
Le sujet dépasse largement un simple différend entre deux produits. DJI ne vend plus seulement des drones. Le groupe a étendu son terrain de jeu aux caméras d’action, aux gimbals, aux micros et à d’autres accessoires pour créateurs. Insta360, de son côté, ne veut plus rester cantonné à la vidéo 360. La Luna Ultra le montre clairement : la marque vise désormais la caméra de poche premium, donc le cœur de cible de la gamme Osmo Pocket.
C’est là que le conflit devient stratégique. Quand deux fabricants se croisent sur les mêmes segments, la bataille sur les brevets sert autant à défendre des inventions qu’à ralentir l’expansion du rival. Mon avis est simple : cette affaire parle moins de copie frontale que de verrouillage concurrentiel sur un marché qui se rapproche rapidement de la maturité.
Luna Ultra : une fiche technique qui explique pourquoi DJI réagit
La source d’origine mentionne la Luna, mais reste légère sur le produit lui-même. Or la fiche officielle d’Insta360 éclaire le dossier. La Luna Ultra embarque un capteur principal 1 pouce, un téléobjectif secondaire en 1/1,3 pouce, une ouverture f/1.8 sur l’optique principale et f/2.0 sur le téléobjectif, ainsi qu’un zoom allant jusqu’à 12x. Le produit filme jusqu’en 8K à 30 i/s et monte à la 4K 120 i/s. Insta360 annonce aussi une photo panoramique jusqu’à 200 MP, un débit vidéo maximal de 120 Mb/s, quatre microphones, du Wi‑Fi 6 sur l’unité principale et une autonomie annoncée de 240 minutes en 1080p/24 i/s, écran et Wi‑Fi coupés, selon ses mesures internes.
Le produit pèse 233 g en version noire et 235 g en version blanche, avec un écran OLED de 2 pouces détachable affiché à 1 000 nits selon la documentation officielle. Le pack standard est vendu 729 € sur la boutique française du constructeur. Ce niveau de prix place immédiatement la caméra dans le haut de gamme du segment.
Autre détail absent de la source initiale : Insta360 met en avant un objectif Leica Summicron avec capteur 1 pouce 8K et une architecture à triple puce IA. Ce discours produit n’a rien d’accessoire. Il sert à justifier le positionnement prix, mais aussi à installer la marque sur le terrain de la qualité d’image, pas seulement de la flexibilité logicielle.
Osmo Pocket 3 : le point de comparaison le plus concret
Pour comprendre la nervosité de DJI, il faut regarder son produit maison. Selon la fiche officielle de DJI, l’Osmo Pocket 3 repose lui aussi sur un capteur 1 pouce, avec une focale équivalente 20 mm, une ouverture f/2.0, un poids de 179 g, trois microphones et un écran de 2 pouces. La caméra filme jusqu’en 4K 120 i/s et affiche une autonomie annoncée de 166 minutes, toujours selon des conditions de labo en 1080p/24 i/s avec écran et Wi‑Fi coupés. La recharge est annoncée à 16 minutes pour 80 % et 32 minutes pour 100 %.
Sur la boutique française de DJI, l’Osmo Pocket 3 démarre à 519 €. Le produit est donc nettement moins cher que la Luna Ultra, mais il ne monte pas à l’8K et n’intègre pas de téléobjectif dédié. En revanche, il reste plus léger et bénéficie d’une présence installée solide chez les vloggers et créateurs mobiles.
Deux métriques qui changent la lecture du duel
Premier calcul utile : la Luna Ultra coûte 210 € de plus que l’Osmo Pocket 3, soit un surcoût d’environ 40 % par rapport au modèle de DJI. Dit autrement, Insta360 ne cherche pas le prix d’attaque. La marque assume une montée en gamme frontale.
Deuxième calcul : rapportée au poids, l’autonomie théorique ressort à environ 1,45 minute par gramme pour la Luna Ultra, contre 0,93 minute par gramme pour l’Osmo Pocket 3. Sur ce point précis, Insta360 affiche un avantage net sur le papier. Même en restant prudent face aux mesures constructeur, l’écart est suffisamment large pour mériter l’attention.
Troisième indicateur, également parlant : la Luna Ultra promet environ 6,32 minutes d’usage par minute de charge complète, contre 5,19 minutes pour l’Osmo Pocket 3. Là encore, le produit d’Insta360 avance des chiffres agressifs. C’est cohérent avec le positionnement “outil de tournage longue durée”.
Le taux de change USD→EUR : ce qu’il faut retenir
La demande de conversion USD→EUR reste pertinente pour suivre les annonces internationales. Selon la Banque centrale européenne, le taux de référence du 3 juillet 2026 est de 1 € = 1,1448 $ US. Cela revient à environ 0,87 € pour 1 $ US. Si un prix américain apparaît dans la suite du dossier, c’est ce taux qu’il faut utiliser pour garder une base cohérente de comparaison.
Ce que la source d’origine ne disait pas assez sur le marché
Le texte initial évoquait un conflit juridique. Il ne montrait pas assez pourquoi ce conflit arrive maintenant. La réponse est simple : les frontières entre caméra 360, caméra d’action, gimbal de poche et outil de vlog premium se sont presque effacées.
Insta360 pousse désormais des produits allant du 360 grand public à la caméra de poche premium, en passant par les micros et les accessoires orientés capture immersive. DJI a suivi une logique parallèle avec les drones, les gimbals, les caméras de poche, les micros et des logiciels qui prolongent la valeur du matériel. Les deux groupes construisent donc des écosystèmes, pas des objets isolés.
Le fondateur d’Insta360, Liu Jingkang, l’a d’ailleurs assumé publiquement en expliquant vouloir miser sur l’innovation, la R&D, l’IA, le logiciel, le cloud et les services récurrents plutôt que sur une guerre des prix. Cette ligne n’a rien d’anecdotique. Quand un fabricant parle d’abonnement, d’algorithmes et d’écosystème, il cherche à capter plus de valeur par utilisateur sur la durée. Mon avis est clair : la bataille des brevets accompagne ici une bascule économique vers le service autant que vers le matériel.
Pourquoi la Chine devient le vrai théâtre du conflit
Le retrait des plaintes américaines ne signifie pas que les deux groupes jugent le sujet mineur. Il suggère plutôt qu’ils considèrent la Chine comme le terrain le plus efficace pour agir vite sur la validité des brevets, la fabrication, la commercialisation et les injonctions éventuelles.
Il faut aussi rappeler qu’en mars 2026, DJI avait déjà lancé en Chine une autre action contre Insta360 autour de six technologies liées aux drones, à la structure et au traitement d’image, selon la presse économique asiatique. Le conflit actuel autour des caméras de poche s’inscrit donc dans une offensive plus large. C’est un point que la source initiale mentionnait, sans l’exploiter : les deux entreprises se disputent déjà plusieurs couches de leur portefeuille technologique.
Cas d’usage concret : ce que ces brevets protègent vraiment sur le terrain
Les intitulés juridiques paraissent abstraits. Pourtant, ils correspondent à des usages très concrets. Un brevet sur un dispositif de commande détachable peut toucher le cadrage à distance en solo. Une revendication sur la stabilisation mécanique peut peser sur la qualité d’un plan en marchant. Une technologie d’édition panoramique ou de bullet time vise directement les workflows rapides sur smartphone, qui font gagner du temps aux créateurs.
Autrement dit, les brevets en question ne protègent pas seulement des pièces techniques. Ils protègent des expériences d’usage qui différencient un produit au moment de l’achat. C’est pour cela que le dossier mérite plus d’attention qu’un banal contentieux corporate.
Luna Ultra face à Osmo Pocket 3 : le match produit, chiffres à l’appui
Capteur et optique
Les deux modèles s’appuient sur un capteur principal 1 pouce. Mais Insta360 ajoute un second module téléobjectif 1/1,3 pouce et annonce jusqu’à 12x de zoom. DJI, sur l’Osmo Pocket 3, reste sur une approche plus simple et plus compacte. Sur le plan matériel, Luna Ultra tente clairement de prendre l’avantage sur la polyvalence.
Vidéo
Luna Ultra grimpe à 8K 30 i/s, là où Osmo Pocket 3 plafonne à 4K. En revanche, les deux montent à 4K 120 i/s. L’intérêt de l’8K reste très variable selon les usages, mais il peut servir au recadrage, à la postproduction et à l’extraction de plans plus serrés.
Mobilité
L’Osmo Pocket 3 garde un avantage clair sur la masse avec 179 g contre 233 g. Pour du vlog quotidien, cet écart de 54 g se ressent. Pour une captation plus construite, l’écran détachable et l’architecture double optique de la Luna Ultra peuvent compenser ce surpoids.
Autonomie
Selon les chiffres officiels, Insta360 annonce 240 minutes, contre 166 minutes pour DJI. L’écart théorique atteint 74 minutes, soit environ 45 % de plus pour la Luna Ultra. C’est un différentiel massif sur le papier.
Prix
À 729 €, la Luna Ultra demande un effort budgétaire plus élevé que l’Osmo Pocket 3 à 519 €. Le surcoût de 210 € place le produit d’Insta360 dans une logique premium assumée. Le message envoyé au marché est limpide : la marque préfère défendre une marge et une image technique plutôt que casser les prix.
Ce que cette affaire peut changer à court terme
À court terme, il ne faut pas surinterpréter le retrait des dossiers américains. Ni victoire, ni reddition. Les procédures chinoises et les demandes d’invalidation devant la CNIPA peuvent au contraire rendre le dossier plus offensif. Si certains brevets sont confirmés, amendés ou annulés, les effets peuvent toucher les feuilles de route produit, les accessoires, les bundles et parfois les logiciels compagnons.
Pour les acheteurs, le risque immédiat reste toutefois limité tant qu’aucune décision forte n’est prononcée. Les produits continuent d’être vendus. En revanche, pour l’industrie, le message est net : sur les segments créateurs premium, la concurrence ne se joue plus seulement sur la qualité d’image. Elle se joue aussi devant les tribunaux.
Le lien à retenir
Pour vérifier les caractéristiques officielles de la caméra qui se retrouve au centre du litige, la source la plus utile reste la page produit officielle d’Insta360 : https://store.insta360.com/fr/product/luna-series
Mon avis :
Sur le fond, ce conflit confirme que DJI et Insta360 se disputent désormais les briques clés de l’imagerie créateur, signe d’une vraie maturité technologique; mais l’avalanche d’actions croisées en Chine, après l’abandon des plaintes aux États-Unis, révèle surtout un rapport de force juridique coûteux qui risque de freiner les lancements produits.





