Dans un effort ambitieux pour renforcer la biodiversité marine, l’Autorité Portuaire de la Bahía de Cádiz a lancé l’installation de six structures écologiques LUBs. Ce projet, en collaboration avec Ocean Ecostructures, vise à transformer les infrastructures portuaires en habitats durables, intégrant innovation technologique et protection environnementale dans le port de Cádiz.

La Autorité Portuaire de la Baie de Cadix a franchi une nouvelle étape importante dans sa stratégie environnementale en procédant à l’installation de six structures écologiques immergées dans le port de Cadix. Ce projet, élaboré en partenariat avec la société technologique Ocean Ecostructures, vise à intégrer des solutions de renaturalisation marine dans des infrastructures portuaires déjà existantes.
Ces unités, dénommées LUBs (Life Boosting Units), ont été installées à deux jetées du port dans le but de transformer des surfaces artificielles en habitats propices à la vie marine, tout en préservant le fonctionnement quotidien du port. Le projet comprend également un système de surveillance avancé permettant de suivre de près l’évolution de la biodiversité associée à ces structures.
Un projet novateur pour renforcer la biodiversité dans le port de Cadix

Cette initiative fait partie d’un ensemble de travaux plus vaste par lequel la APBC cherche à intégrer la durabilité environnementale dans la gestion d’un des ports stratégiques du système portuaire espagnol. Elle se concentre en particulier sur les eaux intérieures du port de Cadix, où la pression exercée par l’activité commerciale et logistique cohabite avec un environnement côtier de grande valeur écologique.
Le projet consiste en l’installation de six structures écologiques LUBs immergées à deux points stratégiques de la darsenne. Trois unités sont fixées à l’extrémité de la jetée supportant le remblai de la Nouvelle Terminale à Conteneurs, tandis que les trois autres sont placées à l’extrémité de la jetée de San Felipe. Cette disposition vise à évaluer le comportement des unités dans deux lieux présentant des conditions hydrodynamiques et d’utilisation légèrement différentes.
Selon les responsables de l’Autorité Portuaire, l’intervention a été conçue pour ne pas interférer avec les opérations portuaires ou la navigation. Les structures sont fixées à des surfaces déjà construites, tirant parti du potentiel des quais et des jetées pour générer des habitats marins supplémentaires, sans nécessiter de modifications des infrastructures existantes.
La présidente de la APBC, Teófila Martínez, a souligné que cette initiative reflète une attitude clairement proactive de la part du port, anticipant les défis environnementaux par le biais de solutions technologiques qui permettent de concilier activité économique et protection de l’environnement marin. Selon elle, cela contribue à faire avancer le modèle moderne de port responsable, engagé envers son environnement naturel.
Estructuras inspiradas en arrecifes naturales y diseñadas con criterios científicos


Les LUBs installées à Cadix sont des pièces écologiques inspirées du fonctionnement des récifs naturels. Leur conception géométrique et rugueuse a été développée en appliquant des critères scientifiques et biomimétiques, dans le but d’offrir des abris, des cavités et des surfaces d’ancrage adaptées à diverses espèces marines.
Pour la Nouvelle Terminale à Conteneurs, deux unités ont été fabriquées à l’aide de la technologie d’impression 3D, et une troisième a été réalisée en carbonate de calcium (CaCO₃). Cet ensemble combine différents matériaux et designs visant à faciliter la colonisation d’organismes tels que les algues, les invertébrés et les petits poissons, générant progressivement un habitat complexe dans une zone d’origine artificielle.
En parallèle, trois autres structures de caractéristiques similaires ont été installées à la jetée de San Felipe, également conçues pour agir comme un mini-récif artificiel. La présence de cavités, de reliefs et de textures variées a été pensée pour offrir des conditions idéales où différentes espèces peuvent s’établir et croître.
L’approche biomimétique adoptée par Ocean Ecostructures permet de répliquer les processus naturels de formation d’habitats sur des supports portuaires, ouvrant ainsi la voie à ce que des infrastructures traditionnellement dures et lisses deviennent des points de haute productivité biologique. Ceci est réalisé sans occuper de nouveaux espaces ni modifier la configuration de base des jetées.
Ensemble, ces six unités constituent des noyaux de biodiversité intégrés dans la structure même du port, avec la capacité d’augmenter la richesse des espèces et la biomasse dans leur environnement immédiat au fil du temps.
Suivi par robotique sous-marine et intelligence artificielle

Un aspect majeur du projet est qu’il ne se limite pas à l’installation physique des structures, mais s’accompagne d’un système de suivi continu basé sur la robotique sous-marine et l’intelligence artificielle. Cela permettra de recueillir des données objectives sur l’évolution de la vie marine associée à chaque unité.
Les LUBs sont régulièrement surveillées par des équipements d’inspection sous-aquatiques capturant des images et vidéos de haute résolution. Ces informations sont ensuite traitées à l’aide d’outils d’IA capables d’identifier les espèces, estimer les niveaux de biodiversité et calculer la biomasse en temps réel, fournissant ainsi une base scientifique solide pour évaluer l’impact de l’intervention.
Cette approche multitechnologique permettra à la APBC et à Ocean Ecostructures d’avoir des indicateurs quantifiables de la réponse des écosystèmes marins à la présence des structures. Ces informations seront essentielles pour ajuster les futurs designs, envisager l’extension du nombre d’unités si les résultats sont positifs ou reproduire l’expérience à d’autres endroits du port.
L’utilisation de la robotique sous-marine réduit également la nécessité d’immersion manuelle, facilitant des campagnes de suivi plus fréquentes et sécurisées. À moyen terme, l’ensemble des données générées permettra de comparer des zones avec et sans structures, de saisir les tendances et de soutenir la prise de décision en matière de politiques environnementales portuaires.
En pratique, ce système transforme les LUBs en laboratoires vivants sous l’eau, capables de fournir des informations précieuses tant pour l’autorité portuaire que pour les chercheurs et techniciens spécialisés dans la restauration marine.
Compatibilité entre activité portuaire et protection de l’environnement marin

La mise en place de ces six structures écologiques s’inscrit dans une stratégie plus large visant à équilibrer le développement des activités commerciales, industrielles, de pêche et de croisières avec la conservation de l’écosystème marin de la baie de Cadix. Ce défi est partagé par de nombreux ports européens, qui font face à une pression croissante pour réduire leur empreinte environnementale.
De la part de l’APBC, il est précisé que l’intervention n’altère pas l’utilisation des jetées et ne conditionne pas les opérations quotidiennes, car les LUBs sont intégrées dans des éléments déjà construits. Cette approche de « renaturaliser l’existant » s’aligne sur les tendances actuelles de gestion portuaire durable, qui favorisent l’utilisation d’infrastructures établies comme supports pour des projets d’amélioration écologique.
Dans les propos de la présidente, l’Autorité Portuaire considère que prendre de l’avance sur les défis environnementaux est un moyen de renforcer la compétitivité du port tout en générant des bénéfices mesurables pour l’environnement. L’initiative de Cadix s’inscrit dans la lignée d’autres projets européens visant à transformer les ports en espaces plus respectueux de la biodiversité sans renoncer à leur rôle économique.
La collaboration avec Ocean Ecostructures apporte l’élément technologique et de conception nécessaire à la mise en œuvre de ce type de solutions de manière efficace. La société est spécialisée dans la renaturalisation marine appliquée aux infrastructures côtières, ce qui facilite le transfert de connaissances et l’adaptation des structures aux conditions spécifiques de la baie.
À mesure que les travaux de suivi progressent, l’APBC disposera d’une base technique solide pour évaluer d’éventuelles extensions du projet à d’autres zones du port, ainsi que pour partager les résultats avec d’autres autorités portuaires intéressées par des solutions similaires.
Un pas de plus dans la stratégie environnementale de la Baie de Cadix

Le port de la Baie de Cadix œuvre depuis des années pour promouvoir différentes initiatives liées à l’efficacité énergétique, la réduction des impacts et l’intégration port-ville. La mise en place de ces six structures écologiques vient s’ajouter à cet ensemble d’actions, apportant une ligne de travail spécifiquement centrée sur l’environnement marin.
Étant un site qui mélange le trafic de marchandises, la pêche, et les croisières, le port fait face à une réalité complexe où les exigences économiques et les exigences environnementales doivent aller de pair. Des projets comme celui-ci contribuent à explorer des solutions qui ne se contentent pas de mitiger les impacts, mais qui cherchent à générer des bénéfices écologiques dans des zones déjà transformées.
La mesurabilité de l’intervention est un autre de ses points forts. La possibilité de disposer de données concrètes sur la biodiversité et la biomasse permettra d’évaluer si les structures atteignent leurs objectifs et dans quelle mesure elles contribuent à améliorer l’état écologique des eaux portuaires.
Si les résultats s’avèrent favorables, les LUBs installées à Cadix pourraient devenir une référence pour d’autres ports en Espagne et en Europe cherchant à incorporer des solutions de renaturalisation marine dans leurs jetées et quais. L’expérience pourra également alimenter des programmes de recherche appliquée en collaboration avec des universités et des centres spécialisés.
Cette initiative renforce l’image du port de Cadix en tant qu’infrastructure cherchant à concilier son rôle logistique avec une gestion plus respectueuse de l’environnement marin, s’appuyant sur la technologie et le design écologique comme outils pour progresser vers un modèle portuaire plus durable et en phase avec les exigences environnementales contemporaines.
Mon avis :
Le projet de la Autorité Portuaire de la Bahía de Cádiz, qui consiste à installer six structures écologiques LUBs pour favoriser la biodiversité marine, illustre une avancée notable vers une gestion portuaire durable, intégrant technologies modernes et biomimétisme. Néanmoins, le succès dépendra de l’efficacité de la monitorisation et de l’intégration dans l’opération portuaire existentielle.
Les questions fréquentes :
Quelle est la fonctionnalité des structures écologiques LUBs installées au Port de Cádiz ?
Les structures écologiques LUBs ont été conçues pour favoriser la biodiversité marine en transformant des surfaces artificielles en habitats adaptés à la vie marine, tout en n’interférant pas avec les opérations quotidiennes du port. Elles visent à créer des refuges pour diverses espèces marines, contribuant ainsi à l’enrichissement de l’écosystème local.
Comment les LUBs sont-elles surveillées ?
Les LUBs disposent d’un système de suivi continu qui utilise de la robotiques sous-marines et de l’intelligence artificielle pour collecter des données sur la vie marine associée. Ce système permet de faire des observations régulières et de traiter les informations pour évaluer la biodiversité et la biomasse en temps réel.
Quel est l’objectif de ce projet pour l’environnement marin ?
L’objectif principal du projet est de contribuer à la renaturalisation des infrastructures portuaires, en rétablissant et en renforçant la biodiversité marine au sein d’un environnement commercial tout en équilibrant les activités économiques et la protection de l’écosystème marin.
Quelles technologies sont utilisées pour la fabrication des LUBs ?
Les LUBs sont fabriquées en utilisant des technologies modernes, notamment l’impression 3D pour certaines unités et des matériaux comme le carbonate de calcium. Cette approche biomimétique vise à reproduire le fonctionnement des récifs naturels, offrant ainsi un milieu propice à l’accumulation de vie marine.







