La stérilisation des chiens errants en Égypte est devenue un sujet central de débat public, suite aux plaintes croissantes et à l’usage de méthodes violentes. Face à cette crise, le gouvernement a lancé le plan « Égypte sans rage 2030 », visant une approche humane pour gérer la population canine.

La stérilisation des chiens errants en Égypte pour maîtriser la rage

La stérilisation des chiens errants en Égypte est au cœur d’un débat public intense, suite à des années de plaintes des citoyens, d’attaques récurrentes et de tensions sociales liées à des méthodes violentes de contrôle animal. Face à cette situation préoccupante, le gouvernement a décidé d’adopter une nouvelle politique plus humaine et planifiée à long terme.

Selon les estimations officielles, environ 40 millions de chiens sans abri pourraient vagabonder dans le pays, une statistique alarmante lorsqu’on la compare à une population humaine d’environ 110 millions d’habitants. Ce phénomène représente un véritable défi et un risque de rage. Les autorités associent ce problème à près d’un million de cas annuels de morsures, touchant en particulier les enfants et les femmes, ce qui a transformé le contrôle canin en un enjeu de santé publique.

Un changement de modèle : de l’abattage à la stérilisation massive

Au cours des années précédentes, la réaction des autorités consistait principalement à abattre les chiens errants, que ce soit par balles ou empoisonnements, des pratiques largement contestées par des organisations de défense des animaux tant sur le territoire national qu’international. Les critiques, associées à l’inefficacité des méthodes létales pour réduire la population canine de manière durable, ont conduit à une profonde réévaluation de la stratégie.

C’est dans ce cadre que se présente le plan « Égypte sans rage 2030 », une initiative nationale visant à remplacer l’abattage systématique par des programmes de stérilisation chirurgicale et de vaccination massive. L’objectif est de contrôler la croissance de la population de chiens de manière progressive, de diminuer le risque de rage et d’améliorer la coexistence dans les rues et les places, sans recourir à l’élimination indiscriminée des animaux.

La première phase de ce plan a été lancée dans le quartier cairote d’Ein Shams, une zone choisie en raison du nombre élevé de plaintes publiques concernant les attaques et la présence de meutes. Le gouvernement présente cette étape initiale comme une intervention précoce destinée à « réduire le phénomène et minimiser les risques », tout en servant de projet pilote pour étendre le modèle à l’ensemble du pays.

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Des sources au sein du Conseil des Ministres soulignent qu’il s’agit d’un « pas stratégique » qui reflète un changement qualitatif dans l’approche du problème des animaux sans-abri. L’objectif n’est pas seulement de contenir les incidents les plus graves, mais aussi de réformer la gestion de la faune urbaine selon des critères de santé publique et de bien-être animal.

Structure du plan « Égypte sans rage 2030 »

Le programme est dirigé par le Ministère de l’Agriculture, sous l’égide d’Alaa Farouk, et la Autorité Générale des Services Vétérinaires, qui coordonne le travail des équipes sur le terrain. Selon les autorités, la situation à Ein Shams n’est que la « première pierre » d’un projet qui sera progressivement étendu à toutes les gouvernorats selon un calendrier défini.

Au cours de cette phase initiale, les équipes vétérinaires sont responsables de la capture des chiens errants, de leur vaccination contre la rage et, lorsque cela est possible, de leur stérilisation chirurgicale. Certains animaux sont transférés dans des refuges temporaires pour être opérés et, après une période post-opératoire, sont remis dans leur environnement d’origine, une méthode qui rappelle les programmes de capture, stérilisation et retour déjà appliqués dans d’autres pays.

Les premières données publiées par l’Autorité Générale des Services Vétérinaires révèlent qu’au premier jour d’activité à Ein Shams, 293 chiens ont été vaccinés contre la rage et 25 transférés dans des refuges pour subir une stérilisation chirurgicale. Bien que ce chiffre soit modeste par rapport à l’ampleur du problème, le gouvernement y voit un signe prometteur du potentiel de la nouvelle approche ; des initiatives similaires, comme une seconde grande journée de stérilisation, démontrent l’impact des campagnes concentrées.

Parallèlement à ces actions concrètes, des campagnes de sensibilisation sont mises en place pour éduquer les résidents des quartiers concernés. Des spécialistes se rendent sur place pour expliquer comment interagir de manière sécurisée avec les chiens errants, que faire en cas de morsure et quelles mesures les communautés peuvent prendre pour réduire les sources de conflit.

Un problème de santé publique avec un fort impact social

Le débat autour de la stérilisation des chiens errants en Égypte s’étend au-delà des préoccupations animalistes. Les autorités l’associent à un risque sanitaire marqué, notamment en ce qui concerne la propagation de la rage, une maladie mortelle encore présente dans plusieurs régions du pays. La prévision de jusqu’à un million de morsures par an a suscité des inquiétudes et exercé des pressions pour un changement de trajectoire.

Une grande partie des victimes de ces morsures est constituée de jeunes enfants et de femmes, des groupes qui, en raison de leur quotidien et de leur capacité de défense, se trouvent plus exposés dans les rues, les parcs et les zones résidentielles. Cette situation génère un sentiment d’insécurité dans de nombreux quartiers, expliquant l’afflux de plaintes reçues par les autorités locales.

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Jusqu’à récemment, la réponse la plus courante consistait à éliminer rapidement les chiens provoquant des conflits, par le biais de battues ou à l’aide de venins et d’armes à feu. Cependant, les experts en santé publique soulignent que ces méthodes posent de sérieux dilemmes éthiques et se révèlent également inefficaces : en vidant un territoire, d’autres animaux finissent par le coloniser, maintenant presque intacte le problème.

La nouvelle stratégie vise à rompre ce cycle vicieux en optant pour une réduction contrôlée et durable de la population canine, tout en protégeant les zones urbaines par une vaccination systématique contre la rage. De cette manière, l’objectif est de diminuer à la fois le nombre d’attaques et le risque de transmission de maladies, particulièrement dans les communautés les plus vulnérables.

Sensibilisation, équilibre écologique et débat social

Un élément essentiel du plan est la sensibilisation du public. Les équipes de campagne organisaient des conférences et des visites à pied pour éduquer la population sur la manière d’agir face aux chiens errants, l’importance de ne pas les nourrir de manière incontrôlée et les mesures d’hygiène nécessaires pour éviter la propagation de maladies.

Les défenseurs de l’initiative soulignent que cette approche contribue à maintenir un équilibre écologique et à éviter l’introduction d’animaux non vaccinés dans des zones densément peuplées. Selon eux, une population stable de chiens, stérilisée et vaccinée, peut coexister avec les gens de manière plus sûre, tout en limitant l’apparition de nouveaux groupes d’animaux non contrôlés.

Cependant, le consensus est loin d’être complet. Sur les réseaux sociaux et lors de débats publics, certaines voix demandent des mesures plus radicales, telles que le transfert des chiens vers des zones désertiques éloignées des centres urbains ou même un retour aux politiques d’abattage massif. Ce groupe estime que la stérilisation est un processus trop lent face à l’urgence de la situation.

Face à ces propositions, les organisations de protection animale insistent sur le fait que les méthodes létales n’offrent qu’une solution temporaire et à court terme, tandis que les programmes de capture, stérilisation et retour, associés à la vaccination, se sont montrés plus efficaces dans d’autres contextes internationaux. Le gouvernement égyptien semble avoir penché en faveur de cette deuxième voie, bien que le débat public reste très actif.

Pertinence internationale et parallèles avec l’Europe

Bien que la crise se concentre sur l’Égypte, la gestion des chiens errants et semi-sauvages inquiète également des pays d’Europe et d’Espagne, où les politiques se tournent vers des modèles sans abattage. Dans de nombreuses villes européennes, des programmes de stérilisation, d’adoption et de contrôle responsable sont en cours pour les chiens abandonnés ainsi que pour les colonies de chats urbains.

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Dans le contexte européen, les ONG et les administrations locales misent souvent sur une combinaison de campagnes de sensibilisation sur la possession responsable, d’identification obligatoire via des micropuces et de stérilisation précoce pour éviter des portées non désirées. Ces éléments font justement partie des demandes exprimées en Égypte par des collectifs professionnels et des militants.

Pour des experts en bien-être animal en Europe, l’expérience égyptienne pourrait servir de cas d’étude pour répondre à une situation de forte prolifération canine dans un contexte de ressources limitées et de forte pression sociale. La clé selon eux est de maintenir la cohérence du plan dans le temps, garantir un financement adéquat et renforcer les efforts éducatifs auprès de la population.

L’attention internationale portée au projet « Égypte sans rage 2030 » s’explique également par l’impact que la rage a en tant que maladie transfrontalière. Le contrôle de la maladie dans un pays possédant un volume aussi élevé de chiens errants pourrait, à moyen terme, réduire les risques dans les régions voisines et sur les voies de mobilité humaine et commerciale reliant à l’Europe.

Mon avis :

La stratégie « Égypte sans rabia 2030 » marque un tournant dans la gestion des chiens errants, passant du sacrifice à la stérilisation et à la vaccination, contribuant à la santé publique. Cependant, des critiques persistent sur la lenteur du processus et l’efficacité perçue, reflétant un débat intense et complexe autour du bien-être animal.

Les questions fréquentes :

Quelle est la situation des chiens errants en Égypte ?

La situation des chiens errants en Égypte est préoccupante, avec environ 40 millions de chiens sans foyer errant dans le pays. Ce nombre élevé, comparé à une population humaine d’environ 110 millions, pose des problèmes de santé publique, notamment le risque de propagation de la rage, exacerbant ainsi les tensions sociales et les plaintes des citoyens.

Quel est le but du plan « Égypte sans rage 2030 » ?

Le plan « Égypte sans rage 2030 » vise à remplacer les méthodes de contrôle violentes, telles que l’abattage des chiens errants, par des programmes de stérilisation chirurgicale et de vaccination massive. L’objectif est de contrôler la population canine de manière durable, de réduire le risque de rage, et d’améliorer la coexistence entre les chiens errants et les habitants.

Comment le plan de stérilisation est-il mis en œuvre ?

La première phase du plan a débuté dans le quartier d’Ein Shams, où des équipes vétérinaires capturent des chiens errants, les vaccinent contre la rage et les stérilisent lorsque cela est approprié. Certains chiens sont temporairement transférés dans des refuges pour subir des opérations avant d’être relâchés dans leur environnement d’origine, et des campagnes de sensibilisation sont menées en parallèle pour éduquer les résidents sur la sécurité et les soins à apporter aux chiens errants.

Quelle est la réaction du public face à cette initiative ?

La réaction du public est divisée. Bien que de nombreuses personnes soutiennent le plan en faveur d’approches plus humaines, d’autres demandent des mesures plus sévères, telles que le déplacement des chiens vers des zones désertiques ou la reprise des politiques d’abattage. Les défenseurs des droits des animaux soulignent que les méthodes létales n’offrent qu’une solution temporaire et que des stratégies de stérilisation et de vaccination ont dém montré une efficacité dans d’autres pays.

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