Dans le nord du Chili, le Parque Solar Desierto de Atacama s’impose comme un modèle d’innovation dans le secteur solaire. Cette installation, fruit d’une investissement de près de 300 millions de dollars, combine énergie solaire à grande échelle et stockage, apportant ainsi une contribution significative à la transition énergétique nationale.
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Dans le nord du Chili, dans l’une des régions avec la plus forte radiation solaire du monde, un complexe photovoltaïque a commencé à fonctionner de manière commerciale. Ce dernier aspire à devenir une référence pour les grands projets solaires avec stockage sur batteries. Il s’agit du Parque Solar Desierto de Atacama, une installation qui allie production solaire à grande échelle et un système de stockage d’énergie en batterie (BESS) conçu pour soutenir le réseau électrique.
Un mégaprojet solaire au cœur d’Atacama
Le Parque Solar Desierto de Atacama s’étend sur environ 394 hectares dans la commune de Tierra Amarilla, et est considéré comme l’un des plus grands projets photovoltaïques du Chili. Avec une capacité installée de 293 MWp, elle est équipée d’un système de stockage en batteries de 110 MW / 220 MWh, permettant de gérer d’importants volumes d’électricité générés par le soleil.
Selon les informations fournies par l’entreprise, le complexe est capable de produire environ 780 GWh d’énergie propre par an. Cette quantité d’électricité correspond, à titre indicatif, à la consommation de plus de 310 000 foyers à travers le Chili, illustrant la portée du projet et son importance dans le mix électrique national.
D’un point de vue environnemental, le parc photovoltaïque et son système BESS devraient permettre de réduire les émissions de plus de 355 000 tonnes de CO₂ chaque année. Cette diminution des gaz à effet de serre contribue directement au processus de décarbonisation du secteur électrique et au respect des objectifs climatiques du pays, en phase avec les objectifs globaux de transition énergétique.
Pour atteindre l’opération commerciale, le projet a dû surmonter un ensemble rigoureux de tests de sécurité, de fiabilité et de coordination avec le réseau. Ces vérifications ont été supervisées par l’organisme responsable du système électrique, qui a accordé la COD une fois la performance correcte de tous les équipements et systèmes de contrôle confirmée.
Le démarrage du complexe représente également un saut qualitatif dans l’utilisation de la ressource solaire en Atacama, où les taux élevés d’irradiation permettent d’atteindre des facteurs de production supérieurs à ceux habituels en Europe ou en Espagne, tout en nécessitant des solutions de gestion telles que le stockage pour optimiser l’utilisation de cette énergie.
Investissement colossal et première grande initiative solaire de Pacific Hydro
Le développement du Parque Solar Desierto de Atacama a requis un investissement proche de 300 millions de dollars (environ 280 millions d’euros). Ce montant place le projet parmi les plus importantes initiatives énergétiques du pays dans le secteur des énergies renouvelables, renforçant ainsi la position de Pacific Hydro comme un acteur clé du marché électrique chilien.
Auparavant, la société était principalement impliquée dans des projets hydroélectriques et éoliens. Avec cette installation, elle fait un pas significatif vers la diversification de son mix technologique, intégrant pour la première fois une grande centrale solaire photovoltaïque associée à un stockage à grande échelle. C’est en pratique son premier grand projet solaire au Chili.
Actuellement, Pacific Hydro déclare une capacité installée totale de 719 MW dans le pays, englobant des centrales hydroélectriques, des parcs éoliens et désormais de la production solaire avec BESS. Au cours d’une récente période, l’entreprise a atteint une production de 1 362,5 GWh, répartis en 63,9 % provenant de l’hydraulique, 15,5 % de l’éolien, et près de 20,6 % de Solar+BESS. Avec le démarrage complet du Parque Solar Desierto de Atacama, la part de la génération solaire gérable devrait augmenter.
Le responsable des projets de la société, Gustavo Carmona, souligne l’importance stratégique de cette nouvelle installation. Il décrit le complexe comme un point de repère historique pour l’entreprise, tant par sa contribution à la réduction des émissions que par le progrès dans la diversification technologique. Ce type de projets permet d’établir un portefeuille plus équilibré et résilient face à la variabilité des ressources telles que l’eau ou le vent.
Cette implication dans le nord du Chili est également perçue comme un signal pour d’autres marchés, y compris européens, où l’association de photovoltaïque et de batteries commence à se répandre. L’expérience acquise en Atacama pourrait servir de référence pour de futurs développements hybrides en Espagne ou dans d’autres pays de l’UE, où le stockage devient un élément clé pour intégrer davantage d’énergies renouvelables.
Le rôle du système BESS : flexibilité et sécurité pour le réseau
Un des aspects les plus importants du projet est l’intégration d’un système de stockage en batteries (BESS) de 110 MW / 220 MWh, conçu pour aller au-delà de la simple injection d’énergie solaire pendant les heures de pleine radiation.
Cette approche positionne le complexe comme un outil de flexibilité pour le Système Électrique National. Le BESS permet d’atténuer les variations de la production renouvelable, de mieux gérer les pics de demande et de réduire la dépendance aux centrales thermiques de secours. En pratique, le projet contribue à augmenter la sécurité de l’approvisionnement dans un contexte de plus grande pénétration de sources variables telles que le soleil et le vent.
De plus, la présence de batteries contribue à atténuer d’éventuelles congestions dans le réseau de transmission. Lorsque la capacité d’évacuation est limitée, une partie de l’énergie peut être stockée plutôt que d’être perdue, pour être commercialisée plus tard à des moments où les prix sont plus favorables ou lorsque le système en a davantage besoin. Ce type de solutions intéresse particulièrement l’Europe, où la croissance des panneaux solaires dans des pays comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal suscite des débats sur la saturation du réseau.
Sur le plan opérationnel, l’intégration du BESS nécessite une coordination plus sophistiquée avec l’opérateur du système, capable de programmer des services additionnels tels que la régulation de fréquence, le contrôle de tension ou des réserves rapides. Le parc ne se contente plus de produire de l’énergie : il joue aussi un rôle dans la stabilité et la qualité de l’approvisionnement électrique.
Les enseignements tirés de cette initiative seront particulièrement précieux pour d’autres pays qui mettent en place des cadres réglementaires pour le stockage, comme c’est le cas dans plusieurs nations européennes. Le Parque Solar Desierto de Atacama apparaît ainsi comme un exemple pratique d’intégration à grande échelle entre solaire et batteries, un modèle qui pourrait être reproduit, avec les adaptations nécessaires, dans des marchés très en phase de renouvelables, comme celui espagnol.
Transition énergétique et opportunités pour l’Espagne et l’Europe
Bien que le Parque Solar Desierto de Atacama soit situé à des milliers de kilomètres de l’Europe, son développement offre des enseignements précieux pour le déploiement des renouvelables en Espagne et dans l’UE. La combinaison de centrales photovoltaïques à grande échelle avec des systèmes BESS commence à être considérée comme une voie essentielle pour continuer à intégrer de la génération propre sans compromettre la stabilité du réseau.
Dans des zones comme le sud de l’Espagne, où la radiation solaire est également très élevée, des projets similaires émergent, même si l’échelle d’Atacama et son environnement désertique lui confèrent un certain avantage. L’expérience chilienne démontre que l’investissement dans le stockage associé peut améliorer la rentabilité globale du système, éviter des pertes d’énergie et fournir de nouveaux services à l’opérateur de réseau, des questions au cœur des discussions des régulateurs européens.
Un autre élément à considérer est l’impact sur la planification des réseaux de transport et de distribution. En intégrant des batteries, des projets de ce type contribuent à soulager les goulets d’étranglement et à utiliser plus intelligemment les infrastructures existantes. Pour des pays comme l’Espagne, qui fait face à une forte demande de connexions renouvelables, le modèle d’Atacama souligne l’importance de relier de grandes centrales à des solutions de gestion et de stockage.
En matière de politique énergétique, l’expérience de Pacific Hydro met en avant la nécessité de cadres réglementaires clairs et stables pour le stockage, un aspect que l’Union européenne commence à aborder de manière plus décidée. Des incitations bien conçues, des processus de connexion agiles et des signaux tarifaires appropriés peuvent faire la différence entre des projets qui restent sur le papier et ceux qui fonctionnent efficacement, comme c’est déjà le cas dans le désert chilien.
Pour les acteurs du secteur des renouvelables européens, observer le comportement du Parque Solar Desierto de Atacama dans des conditions réelles constituera une référence pour dimensionner de futures installations hybrides. Des aspects tels que la relation entre la puissance photovoltaïque et la capacité de stockage, la durée optimale des batteries ou les services complémentaires que peut offrir l’installation sont des éléments qui intéressent tant les promoteurs que les opérateurs de réseau en Espagne et sur le reste du continent.
Avec l’entrée en opération commerciale, le Parque Solar Desierto de Atacama se confirme comme un exemple emblématique de la nouvelle génération de projets renouvelables : de grandes centrales solaires associées à des systèmes de stockage capables de fournir de l’énergie propre, gérable et avec une empreinte carbone réduite. L’investissement de près de 300 millions de dollars, la capacité de fournir de l’électricité à des centaines de milliers de foyers et le potentiel pour alléger les tensions sur le réseau font de ce complexe un modèle pour la transition énergétique chilienne et un miroir pour d’autres marchés, y compris l’espagnol, cherchant à intégrer davantage d’énergies renouvelables sans négliger la sécurité et la stabilité du système électrique.
Mon avis :
Le Parc Solaire Desierto de Atacama représente une avancée majeure dans la production d’énergie renouvelable, avec une capacité de 293 MWp et un stockage de 110 MW/220 MWh, permettant d’éviter l’émission de 355 000 tonnes de CO₂ par an. Cependant, son coût d’environ 276 millions d’euros soulève des questions quant à la rentabilité et à l’intégration dans le réseau électrique national.
Les questions fréquentes :
Qu’est-ce que le Parc Solaire du Désert d’Atacama ?
Le Parc Solaire du Désert d’Atacama est un complexe photovoltaïque situé dans le nord du Chili, spécifiquement dans la commune de Tierra Amarilla. Il est conçu pour générer de l’énergie solaire à grande échelle et comprend un système de stockage par batteries (BESS) pour soutenir le réseau électrique national.
Quelle est la capacité de ce parc solaire ?
Ce parc a une capacité installée de 293 MWp et un système de stockage de 110 MW / 220 MWh, permettant la production d’environ 780 GWh d’énergie propre par an, ce qui équivaut à la consommation d’environ 310.000 logements au Chili.
Quel est l’impact environnemental de ce projet ?
Le Parc Solaire du Désert d’Atacama permettra d’éviter l’émission de plus de 355.000 tonnes de CO₂ par an, contribuant ainsi à la décarbonisation du secteur électrique et aux objectifs climatiques du pays.
Quel est le coût et l’importance de cet investissement ?
Le développement du parc représente un investissement d’environ 300 millions de dollars américains, soit environ 280 millions d’euros. Cet investissement place le projet parmi les plus importants du Chili dans le domaine des énergies renouvelables et renforce le positionnement de Pacific Hydro sur le marché électrique chilien.
