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Home Design

Exoskeleton mouse : une souris ergonomique avec support individuel pour chaque doigt

Dominique Bernard by Dominique Bernard
15 juin 2026
in Design
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Exoskeleton mouse : une souris ergonomique avec support individuel pour chaque doigt
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À 300 $ — soit environ 258 € —, la souris n’évolue souvent qu’à la marge depuis 1972, mais psudoku casse ce schéma avec Kotinos, une souris exosquelette imprimée en 3D qui ne repose plus sous la paume : elle soutient séparément chaque doigt pour un ajustement sur mesure.

Le Kotinos casse la forme classique de la souris

Le projet Kotinos, imaginé par psudoku, part d’une idée simple : le vrai problème ergonomique d’une souris ne vient peut-être pas du manque d’angle, de boutons ou de textures, mais du principe même d’une coque pleine sous la main. Là où les modèles classiques imposent une surface de contact large entre la paume, les doigts et le châssis, Kotinos retire presque tout. Il ne garde qu’une structure ajourée imprimée en 3D, avec un point d’appui distinct pour chaque doigt et des composants laissés visibles.

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Le résultat tranche avec les souris ergonomiques vendues en grande série. Ici, la paume ne repose plus sur une coque. Elle flotte. Les doigts, eux, viennent se poser sur de petites sellettes calibrées pour les extrémités. Ce choix ne garantit pas à lui seul un soulagement des troubles musculosquelettiques. En revanche, il a un mérite rare : il attaque le problème à la racine, sans recycler le discours marketing habituel sur le “confort” d’une forme qui reste, au fond, très proche du schéma historique de la souris.

Une architecture paramétrique, pensée pour un usage vraiment personnalisé

Le point le plus solide du projet ne se voit pas d’abord dans les photos, mais dans sa logique de fabrication. Selon la source d’origine, la géométrie de la main et celle des supports de doigts sont configurables via des scripts OpenSCAD. Selon le dépôt officiel de OpenSCAD, ce logiciel est un modeleur 3D paramétrique orienté code. Autrement dit, Kotinos n’est pas un simple fichier STL figé : c’est une base ajustable, que l’utilisateur peut modifier pour adapter le support à sa morphologie.

C’est une différence nette avec les souris ergonomiques du commerce. Une Logitech MX Vertical reste pensée pour des mains “moyennes à grandes”, selon la fiche produit officielle de Logitech. Même un bon produit industriel travaille sur une moyenne statistique. Kotinos fait l’inverse : il part du cas individuel. Sur ce terrain, je trouve l’approche plus cohérente que celle des modèles grand public, parce qu’elle accepte enfin qu’une main ne se corrige pas avec une seule coque censée convenir à tout le monde.

Le vrai apport technique vient du matériel donneur : la G-Wolves HSK Pro

Le projet ne repose pas sur une électronique maison. La source d’origine précise qu’il faut récupérer les composants d’une souris HSK Pro. C’est un choix logique. La gamme HSK est déjà connue pour son format ultra-compact orienté fingertip grip, donc pour une prise du bout des doigts. Kotinos pousse simplement cette idée à l’extrême en supprimant la coque.

La limite, c’est que plusieurs caractéristiques clés du montage final restent non communiquées dans la source fournie : poids total de la version Kotinos, autonomie réelle après conversion, type exact de capteur selon la version de la HSK Pro utilisée, fréquence de polling effective une fois l’intégration terminée, coût d’impression 3D de la structure, et durabilité des points de contact. Sur ces points, il faut rester factuel : non communiqué.

En revanche, un point est clair : la structure du projet dépend d’un produit donneur déjà très spécialisé. Kotinos ne vise donc pas l’utilisateur lambda qui veut remplacer sa souris bureautique en cinq minutes. Il vise un public de makers, de bidouilleurs, ou d’utilisateurs très motivés par la recherche d’une forme d’appui différente.

Face aux souris ergo du commerce, Kotinos joue une autre partie

Pour comprendre ce que Kotinos apporte, il faut le comparer aux références installées. La Logitech MX Vertical adopte un angle de 57°, réduit la tension musculaire de 10 % selon Logitech, embarque un capteur 4 000 PPP et promet jusqu’à quatre mois d’autonomie sur une charge complète, avec une recharge USB-C. Son prix affiché sur la boutique officielle est de 89,99 $ au 15 juin 2026, soit 78 € après conversion au taux de référence de la BCE de 1 € = 1,1607 $.

Autre école : le trackball vertical de Kensington. La fiche officielle du Pro Fit Ergo Vertical en version filaire annonce une inclinaison de 60°, neuf boutons programmables, une boule de 34 mm et deux niveaux de DPI 400/800. Là encore, le principe ne change pas : l’utilisateur garde une coque et une zone d’appui large. Le curseur bouge autrement, mais la main reste posée sur un corps d’objet classique.

Kotinos se distingue donc moins par une promesse de performance brute que par sa rupture biomécanique. Là où Logitech et Kensington réorientent la main, psudoku retire carrément la surface d’appui principale.

Cinq éléments concrets que la source d’origine ne donnait pas

1. Les souris ergo grand public restent très codifiées

Selon Logitech, la MX Vertical cible les mains moyennes à grandes, propose 4 boutons personnalisables, une portée sans fil de 10 mètres et une durée de vie annoncée de 10 millions de clics. Ce sont des chiffres précis qui montrent le niveau de standardisation du segment.

2. Le vertical “pur” du commerce tourne autour de 57° à 60°

Selon Logitech, sa souris monte à 57°. Selon Kensington, son trackball vertical monte à 60°. L’écart n’est que de 3 degrés, soit 5 % de différence par rapport à 60°. Cela montre que le marché converge déjà vers une plage d’angle très resserrée. Kotinos, lui, sort complètement de cette logique d’angle de coque.

3. Le prix d’une souris ergonomique premium reste élevé

La MX Vertical est affichée à 89,99 $ sur la boutique officielle de Logitech, contre 119,99 $ en prix barré. Converti au taux du 15 juin 2026 de la BCE, cela représente environ 78 € au lieu de 103 €. Pour un maker, cette fourchette compte : elle fixe le coût minimal du “donneur” si l’on veut reproduire Kotinos à partir d’un produit vendu neuf.

4. Les gains annoncés par les grandes marques restent modestes et mesurés

Logitech revendique 10 % de réduction de la tension musculaire et jusqu’à 4x moins de mouvements de la main grâce à son capteur 4 000 PPP. Ce sont des promesses utiles, mais elles restent dans le cadre d’une souris à coque fermée. Kotinos n’avance aucun chiffre équivalent. Il propose un changement d’interface plus radical, mais sans validation chiffrée publique à ce stade.

5. Le trackball vertical reste une alternative plus prête à l’emploi

Selon Kensington, son modèle vertical filaire offre neuf boutons programmables et un design pensé pour des mains moyennes à grandes. C’est moins extrême que Kotinos, mais plus simple à adopter au bureau, notamment pour les entreprises qui veulent réduire les mouvements sans passer par l’impression 3D ni le démontage d’une souris existante.

Deux métriques dérivées qui éclairent vraiment le sujet

Première métrique utile : l’écart d’angle entre les grandes références verticales du marché. Entre les 57° de la MX Vertical selon Logitech et les 60° du trackball vertical selon Kensington, il n’y a que 3 degrés, soit 5 % d’écart. Le marché affine donc une même recette. Kotinos ne cherche pas à l’optimiser : il la contourne.

Deuxième métrique : le coût d’entrée réel d’une base premium ergonomique. À 89,99 $ pour la MX Vertical, on tombe à environ 78 € après conversion. Le prix barré de 119,99 $ équivaut à 103 €. L’écart représente 25 €. Ce différentiel suffit presque à financer une partie de l’impression 3D d’un prototype artisanal, même si le coût exact de production de Kotinos reste non communiqué.

Kotinos peut séduire certains profils, mais pas tous

Le cas d’usage le plus crédible concerne les utilisateurs qui n’ont jamais trouvé leur place avec une souris verticale classique. Si une coque standard crée un point de pression mal situé, un appui paume trop prononcé ou une extension de doigt fatigante, Kotinos ouvre une piste concrète : déplacer toute la relation main-machine vers les phalanges distales. C’est audacieux, et à mon avis bien plus intéressant qu’ajouter une énième texture latérale ou un bouton DPI supplémentaire.

En revanche, ce design peut aussi déplacer la gêne au lieu de la supprimer. La source d’origine le suggère elle-même : comme tout repose sur quelques points de contact, la qualité de ces points devient critique. psudoku recommande d’ailleurs l’ajout d’un ruban textile sur les zones d’appui. Cette précision compte. Une souris qui ne touche presque que le bout des doigts peut vite devenir désagréable si la surface est froide, rugueuse ou mal dimensionnée.

Ce que Kotinos dit du marché ergonomique actuel

Le marché grand public améliore surtout l’enveloppe : angle, texture, poids, connectivité, logiciel, autonomie. La MX Vertical de Logitech coche toutes ces cases avec une triple connectivité, jusqu’à trois appareils, une portée de 10 mètres et une batterie donnée pour quatre mois. C’est propre, mature et rassurant. Mais cela reste un objet fermé qui demande à la main de s’adapter à lui.

Kotinos envoie le message inverse : si l’ergonomie doit être sérieuse, elle doit devenir paramétrique. C’est la partie la plus forte du projet. Pas son look de laboratoire, pas ses circuits apparents, pas son originalité visuelle. Son vrai intérêt, c’est d’affirmer qu’une souris peut être décrite comme une structure ajustable, et non comme une coque universelle vaguement plus confortable que la précédente.

Le seul lien qui compte pour suivre le projet

Pour consulter la base technique du projet et vérifier la disponibilité des fichiers, la source la plus pertinente reste le dépôt GitHub associé à psudoku lorsqu’il est accessible publiquement. À ce stade de ma recherche, le nom du projet est mentionné comme hébergé sur GitHub dans la source d’origine, mais l’URL exacte du dépôt Kotinos n’a pas pu être confirmée avec certitude. Le lien d’autorité le plus proche pour comprendre l’outil de paramétrage utilisé reste donc celui de OpenSCAD : https://github.com/openscad/openscad

Mon avis :

Kotinos impressionne par sa logique ergonomique radicale : appuis individualisés, taille paramétrable via OpenSCAD et base HSK Pro réutilisée, donc un vrai sur-mesure. Sa limite est tout aussi nette : tout l’effort repose sur quelques points de contact au bout des doigts, sans preuve d’un gain durable contre les TMS.

Dominique Bernard

Dominique Bernard

Dominique Bernard est rédacteur(trice) spécialisé(e) dans le lifestyle français et les voyages en France. Sur plare.fr, il/elle partage des guides pratiques, des inspirations culturelles et des critiques de gastronomie locale pour aider les lecteurs à découvrir le patrimoine et le savoir-faire français. Son expertise inclut la rédaction d'articles accessibles et bien documentés qui allient conseils pratiques et découvertes authentiques.

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