Impulsion renouvelable : la clé de la co-investissement public-privé pour un avenir durable

Le Gouvernement Vasco s’engage à transformer sa politique énergétique en doublant la production électrique renouvelable d’ici la fin de la décennie. Avec une coinvestissement public-privé de 80 millions d’euros via l’Ente Vasco de la Energía (EVE), ce plan vise à renforcer l’autonomie énergétique et la compétitivité industrielle.

Plan renouvelable du Gouvernement Basque

Le *Gouvernement Basque* a décidé de franchir une étape décisive dans sa politique énergétique en doublant la production d’électricité renouvelable d’origine propre au cours de cette décennie. Pour y parvenir, il s’appuiera sur une forte alliance avec le secteur privé et une planification détaillée des lieux et des modalités de déploiement de nouveaux parcs éoliens et centrales solaires.

La stratégie repose sur une coinvestissement public-privé de 80 millions d’euros, géré par l’Ente Vasco de la Energía (*EVE*). Grâce à cet effort économique et à une sélection rigoureuse des projets, l’exécutif autonome cherche à renforcer son autonomie énergétique, réduire son exposition aux fluctuations des marchés internationaux et soutenir la compétitivité de l’industrie locale.

Un plan pour doubler la génération renouvelable en Euskadi

D’après *Mikel Jauregi*, le conseiller en industrie, transition énergétique et durabilité, l’objectif central du plan est d’augmenter la capacité de production d’énergie renouvelable de 450 MW par de nouveaux développements éoliens et photovoltaïques. À ce chiffre s’ajoutent 300 MW d’autoconsommation prévus d’ici la fin de la décennie.

Combiner ces deux vecteurs – de grands parcs raccordés au réseau et de petites installations de consommation propre – permettra d’élever la part de l’électricité renouvelable du pays autour de 7,9 % à environ 15 % du consommation électrique. Bien que cela ne corresponde pas encore aux niveaux de la moyenne européenne, cela réduira de manière significative l’écart avec le reste du continent.

*Jauregi* a souligné que l’autonomie énergétique est devenue une priorité stratégique pour l’Europe et pour Euskadi, surtout après les récents épisodes de crises géopolitiques et de tensions sur les prix du gaz et du pétrole. Avoir une production d’énergie renouvelable plus importante vise à rendre les foyers et entreprises moins vulnérables à ces fluctuations externes.

Ce renforcement de la capacité de production sera également accompagné d’une collaboration intense avec d’autres administrations. Le Gouvernement Basque prévoit de se coordonner avec les diputations et les municipalités afin d’accélérer les procédures et faciliter l’installation de projets dans des communes où l’impact social et territorial peut être géré de manière équilibrée.

Dans ce cadre, l’*EVE* jouera un rôle de partenaire investisseur, partageant les risques et les retours avec des entreprises industrielles et énergétiques privées, visant à générer des projets viables tant au niveau économique qu’environnemental.

Zones d’action prioritaire et modèle *EVE*

La feuille de route pour ce déploiement se concrétise dans le guide des “Zones d’action prioritaire de l’*EVE* jusqu’en 2030”, un document qui délimite les zones les plus adaptées du territoire pour accueillir de grandes installations solaires et éoliennes. Ces zones ont été définies grâce à ce qu’on appelle le modèle *EVE*, une méthodologie qui cherche à équilibrer l’urgence d’une augmentation de la production renouvelable avec le respect de l’environnement et l’aménagement du territoire.

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Le modèle *EVE* repose sur une idée simple : toutes les localisations ne sont pas également adaptées aux énergies renouvelables. Il établit donc une série de filtres et de conditions appliquées de manière séquentielle. Le premier critère est la disponibilité des ressources : des zones avec suffisamment de vent ou d’irradiation solaire pour justifier techniquement le projet.

Une fois ce premier seuil franchi, les conditions environnementales et urbanistiques sont examinées, conformément à la planification territoriale et au Plan Territorial Sectoriel (*PTS*) des Énergies Renouvelables. Les surfaces à faible impact sur les écosystèmes sensibles, les sols de haute valeur, ou les zones à usages incompatibles sont prioritaires.

La prochaine étape consiste à étudier la proximité des points de connexion au réseau électrique. Le modèle favorise les localisations se trouvant à moins de 15 kilomètres d’une sous-station ou d’une ligne capable d’évacuer l’énergie, minimisant ainsi la construction de nouvelles infrastructures et réduisant les délais de traitement ainsi que l’impact sur le territoire.

Enfin, la viabilité commerciale et économique de chaque projet est évaluée, afin que le coinvestissement public puisse dynamiser des initiatives avec un réel potentiel sur le marché électrique et apportant des retours à moyen et long terme.

Trois cartes pour guider l’expansion renouvelable

L’application du modèle *EVE* se traduit par trois cartes publiques, servant de référence pour promouvoir de nouveaux développements. La première d’entre elles recense les “zones viables sur le plan environnemental et urbanistique”, c’est-à-dire les zones où il a été vérifié qu’il existe suffisamment de ressources solaires ou éoliennes tout en présentant un impact relativement faible sur l’environnement.

À partir de cette première carte, la seconde est élaborée, identifiant les “zones viables à proximité des sous-stations”. Elle ne maintient que les territoires situés à moins de 15 kilomètres d’une infrastructure de connexion adéquate, permettant de concentrer les projets dans des lieux où l’intégration dans le réseau est plus simple et économique.

La troisième carte présente les “zones d’action prioritaire de l’*EVE* jusqu’en 2030”, qui constituent la sélection finale de localisations où les efforts de coinvestissement seront ciblés. Dans ces zones, une programmation échelonnée des projets est prévue, en dialogue avec les municipalités et avec une planification technique permettant de faire mûrir les initiatives entre 2026 et 2030.

Concrètement, ces cartes agissent comme une sorte de boussole : elles orientent les administrations, les entreprises et les citoyens sur les zones présentant le plus de chances d’accueillir de grands parcs, en prenant en compte les conditions ayant motivé leur choix, évitant ainsi un déploiement dispersé ou improvisé.

De plus, cette cartographie facilite l’identification par le secteur privé des zones les plus raisonnables pour concentrer les efforts de développement, réduisant ainsi les coûts de prospection et améliorant l’anticipation des processus d’information publique et de participation sociale.

Onze grandes installations et projets exemplaires

Dans les zones sélectionnées, le document du *Gouvernement Basque* envisage onze grandes installations de production d’énergie renouvelable réparties sur le territoire. La majorité des projets se situe à *Álava*, avec de nouvelles centrales solaires et éoliennes qui combinent des modernisations et des développements depuis zéro.

Parmi les installations à *Álava*, on trouve les centrales solaires Ekian 3 (24 MW), Vitoria Solar 1 (35 MW), Vitoria Solar 2 (35 MW), Lantarón (50 MW), ainsi que la plus grande de *l’Euskadi*. S’ajoutent à cela le Parc Éolien de Labraza (40 MW) et le projet de Azazeta (40 MW), qui renforceront le poids de la production éolienne dans la province.

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Entre *Gipuzkoa* et *Álava*, le parc éolien de Aramaio/Leintz Gatzaga (35 MW) agira comme un lien entre les deux territoires historiques. À *Gipuzkoa*, le plan passe par la modernisation de la centrale de Elgea-Urkilla (59 MW), en mettant à jour les éoliennes et en optimisant le rendement des ressources éoliennes existantes.

À *Bizkaia*, la stratégie est centrée autour du Port de *Bilbao*, où il est prévu de renforcer l’installation actuelle de 8 MW et d’incorporer un nouveau projet de 10 MW supplémentaires. Ce faisant, le site portuaire prendra un poids significatif en tant que point de production d’énergie renouvelable lié à une infrastructure logistique clé.

Certains de ces projets ont, de plus, un caractère symbolique et exemplaire. Le cas d’*Ekienea*, en termes de taille pour l’énergie solaire photovoltaïque, et celui de *Labraza* pour l’éolien, marquent un tournant après environ vingt ans sans grands parcs éoliens dans la communauté autonome. Jusqu’à présent, le dernier jalon important dans ce domaine avait été le parc de *Badaia*, de 50 MW.

L’exécutif autonome espère que ce groupe de onze grandes centrales servira de moteur pour toute la chaîne de valeur industrielle liée aux renouvelables, allant des fabricants de composants aux entreprises d’ingénierie et de services, renforçant ainsi la position de l’*Euskadi* en tant que pôle technologique énergétique.

Autoconsommation en forte croissance et rôle de *l’EVE*

Le déploiement de grands projets s’accompagne d’un engagement clair pour l’autoconsommation photovoltaïque sur les toits de résidences, d’entreprises et d’équipements publics. Au cours des cinq dernières années, la puissance d’autoconsommation installée en *Euskadi* a augmenté de seulement 7 MW à un total de 193 MW, un bond de 186 MW qui témoigne d’un changement de mentalité aussi bien dans les foyers que dans les PME.

Cette accélération des installations domestiques et industrielles est considérée comme essentielle pour atteindre les standards européens de production distribuée d’ici la fin de la décennie. Chaque nouvelle installation, même petite, réduit la demande d’électricité d’origine fossile et contribue à alléger le réseau lors des heures de pointe de consommation.

*Jauregi* a souligné que “chaque geste compte” : qu’il s’agisse d’une communauté de voisins installant des panneaux sur leur toit ou d’une entreprise couvrant ses bâtiments avec de l’énergie photovoltaïque. L’idée est que la transition énergétique ne dépend pas uniquement des grandes infrastructures, mais également de milliers de décisions individuelles et collectives.

Pour coordonner ce processus, *l’EVE* intensifiera son travail avec des partenaires industriels potentiels, tant dans le domaine des grands parcs que dans le développement de solutions d’autoconsommation et de stockage. L’organisme public jouera un rôle de catalyseur, identifiant des opportunités, apportant des capitaux et facilitant des informations techniques et réglementaires.

Parallèlement, l’accent sera mis sur un “déploiement réaliste et rationnel” avec un impact local positif, un message que l’exécutif réitère pour souligner que les projets devront garantir des bénéfices tangibles dans les régions où ils se situeront, que ce soit sous forme d’emplois, de loyers de terres, de recettes fiscales ou de participation citoyenne dans les investissements.

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Bouclier industriel et autonomie stratégique

La promotion de la coinvestissement renouvelable est intégrée dans le cadre du “bouclier industriel du Gouvernement Basque”, un ensemble de mesures conçu pour renforcer la résilience de l’économie face à des scénarios d’incertitude globale. Dans ce cadre, l’énergie occupe une place centrale en raison de son impact direct sur les coûts de production.

Plus précisément, le coinvestissement dans de grands projets éoliens et photovoltaïques s’inscrit dans la ligne de “l’Autonomie Stratégique”, dotée de 215 millions d’euros. Cet axe cherche à réduire la dépendance aux sources d’énergie importées et à atténuer l’exposition aux hausses brusques des prix, qui peuvent compromettre la compétitivité de secteurs clés tels que la sidérurgie, l’automobile ou la machinerie.

La combinaison de ce fond avec les 80 millions de coinvestissement directs de l’*EVE* vise à générer un effet multiplicateur sur l’investissement privé, attirant des capitaux et des technologies tout en favorisant des alliances avec des entreprises leaders dans le domaine des énergies renouvelables et des réseaux intelligents.

En même temps, l’exécutif autonome est conscient que la transition énergétique présente des défis sociaux et territoriaux, allant de l’acceptation des projets à la gestion des impacts paysagers. Il insiste donc sur la nécessité de maintenir un dialogue constant avec les municipalités, les conseils administratifs et les acteurs locaux.

La volonté de renforcer la production renouvelable locale ne se limite pas à atteindre des objectifs climatiques ou de réduction des émissions ; elle est également conçue comme une pièce intégrante de la politique industrielle, visant à garantir que le tissu productif basque dispose d’une énergie compétitive et relativement stable dans le temps.

Grâce à la combinaison de grands parcs, l’essor de l’autoconsommation, une planification territoriale minutieuse et le coinvestissement public-privé, le Gouvernement Basque se propose de transformer son mix électrique : passer d’une présence renouvelable propre encore modeste à un scénario où la production locale gagnera en importance, en solidité et en capacité de réponse face aux futures crises énergétiques, tout en ouvrant des opportunités industrielles et technologiques pour l’économie basque.

Mon avis :

Le plan du Gouvernement Vasco pour doubler la production d’électricité renouvelable d’ici 2030, avec une coinvestissement de 80 millions d’euros, présente des avantages notables, comme l’autonomie énergétique et la compétitivité industrielle, mais comporte également des défis, notamment la gestion des impacts environnementaux et sociaux liés aux nouveaux projets d’infrastructures.

Les questions fréquentes :

Quel est l’objectif principal du plan énergétique du Gouvernement Basque?

L’objectif principal du plan énergétique du Gouvernement Basque est de dupliquer la production électrique renouvelable d’origine propre d’ici la fin de la décennie. Ce plan prévoit une augmentation de la puissance de génération renouvelable de 450 MW grâce à de nouveaux développements éoliens et solaires, ainsi qu’un projet d’autoconsommation de 300 MW.

Quel est le montant de la coinvestissement public-privé prévu?

Le Gouvernement Basque a prévu un coinvestissement public-privé de 80 millions d’euros, qui sera canalisé par le biais de l’Ente Vasco de la Energía (EVE). Cela vise à renforcer l’autonomie énergétique et à réduire la dépendance vis-à-vis des marchés internationaux.

Comment le modèle EVE sélectionne-t-il les zones pour les projets renouvelables?

Le modèle EVE utilise une méthodologie qui établit des critères pour sélectionner les zones adaptées à la production d’énergie renouvelable. Cela inclut l’analyse de la disponibilité des ressources, des conditions environnementales et urbanistiques, ainsi que de la proximité aux points de connexion au réseau électrique pour minimiser l’impact territorial et les coûts de construction.

Quel est le rôle du Gouvernement Basque dans la promotion de l’autoconsommation?

Le Gouvernement Basque cherche à promouvoir l’autoconsommation photovoltaïque en soutenant l’installation de systèmes solaires sur les toits des habitations, des entreprises et des équipements publics. En cinq ans, la capacité d’autoconsommation a augmenté de 7 MW à 193 MW, ce qui affiche une volonté de réduire la dépendance aux énergies fossiles et de décharger le réseau pendant les pics de consommation.

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