Dans le cadre de la transition énergétique, la commune de La Robla lance le projet phare La Robla Green, un complexe renouvelable destiné à remplacer les anciennes centrales thermiques par des industries à faible émission de carbone. Cette initiative, soutenue par la Junta de Castilla y León, s’inscrit dans un cadre stratégique pour l’ensemble de l’Espagne.

Lancement d’un macroprojet d’énergies vertes à León

Le municipalité de La Robla se lance vers une nouvelle ère associée à la transition énergétique avec la création de La Robla Green, un vaste complexe d’énergies renouvelables conçu pour remplacer l’ancienne activité thermique par une industrie à faible émission de carbone. Ce projet est l’un des plus ambitieux de la Castille et León et de l’ensemble de l’Espagne, mettant l’accent sur l’hydrogène et les combustibles verts.

Après plusieurs mois de formalités, la Junta de Castilla y León a accordé son approbation définitive au projet régional ainsi qu’au plan de redistribution et d’urbanisation de la zone. Cela permet à l’entreprise promotrice de passer de la phase administrative à la réalisation concrète des travaux. L’approbation a été publiée dans le Bulletin Officiel de Castilla y León (Bocyl), mettant ainsi fin aux principales démarches administratives et ouvrant la voie à l’initiation des travaux dans la zone industrielle El Crispín.

Approbation définitive et cadre urbanistique du projet

La Consejería de Medio Ambiente, Vivienda y Ordenación del Territorio a validé le Projet Régional La Robla Green de manière définitive, incluant toutes les modalités de redistribution et d’urbanisation des terrains selon un système de concert. Ce modèle stipule que ce sont les propriétaires des terrains qui s’organisent et conviennent de la nouvelle répartition des sols tout en portant les coûts d’urbanisation.

L’ordre publié dans le Bocyl indique qu’il est nécessaire de notifier la résolution aux propriétaires et aux titulaires de droits sur les terrains concernés, ainsi qu’à ceux qui ont soumis des objections durant la procédure urbanistique. Une fois ces étapes remplies, le promoteur pourra acquérir le statut de promoteur urbanistique de manière définitive, condition préalable à l’aménagement des terrains.

Le développement bénéficie d’une déclaration d’utilité publique et d’intérêt social, renforçant son statut en tant qu’initiative stratégique pour la communauté autonome. De plus, la procédure urbanistique s’est déroulée sans objections durant la période d’information publique, ce qui a accéléré son avancement administratif.

L’urbanisation sera mise en œuvre, selon la documentation régionale, sans expropriations, grâce à un accord entre les propriétaires des parcelles dans la zone industrielle El Crispín. Ces derniers supporteront les investissements nécessaires pour les routes, les zones vertes et les services de base tels que l’éclairage public, les égouts et l’approvisionnement en eau, en adaptant le design du parc industriel aux besoins du complexe énergétique.

Cette décision marque le début effectif des premiers travaux d’urbanisation, car tous les rapports et autorisations nécessaires ont été complétés. La résolution, adoptée fin décembre 2025, élimine donc la plupart des obstacles administratifs.

Chronologie administrative et permis énergétiques

Le dossier de La Robla Green a été lancé officiellement le 3 octobre 2023, avec le début de la procédure environnementale et la demande des principaux permis auprès de la Junta. En raison de ses caractéristiques, le complexe a été soumis à une Évaluation d’Impact Environnemental ordinaire, la modalité la plus exigeante selon la législation.

La phase environnementale a progressé tout au long de 2024. En octobre, la Junta a délivré des Déclarations d’Impact Environnemental favorables pour la centrale d’hydrogène vert et l’installation d’e-méthanol, accompagnées de l’autorisation environnementale définitive pour la centrale d’hydrogène. Ces décisions ont confirmé que le projet respectait les exigences de protection environnementale et ont permis de passer aux prochaines étapes.

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En novembre 2024, l’initiative a été officiellement reconnue comme Projet Régional, une désignation qui facilite la coordination administrative des actions d’une importance économique ou sociale particulière. Cette déclaration ne remplace pas les licences sectorielles, mais concentre et accélère en grande partie la procédure régionale, cruciale pour de grands investissements industriels comme celui-ci.

Parallèlement, le 14 mars 2025, la centrale de biomasse a reçu l’autorisation administrative préalable et l’autorisation de construction dans le secteur énergétique, une étape déterminante pour bâtir cette infrastructure dans le cadre réglementaire national et régional.

Selon la planification initiale du promoteur, les travaux du complexe devaient débuter à partir du premier trimestre 2026, après l’obtention des licences municipales nécessaires et la finalisation des dernières autorisations. Toutefois, la société a récemment annoncé son intention de commencer la construction dès le mois de janvier, avec une durée d’exécution globale estimée à environ trois ans.

Un macrocomplexe d’énergies vertes sur un sol à historique énergétique

La Robla Green se présente comme une initiative industrielle stratégique orientée vers la transition énergétique et la décarbonisation de l’industrie lourde et du transport. Le projet s’implante sur des terrains ayant un long passé dans la production d’électricité, permettant de réutiliser une partie des infrastructures existantes et de favoriser une réindustrialisation durable dans une région ayant souffert de la fermeture des centrales thermiques.

Ce complexe intègre plusieurs technologies opérant de manière coordonnée : une centrale thermique de biomasse, une installation de captage de CO₂, une usine d’hydrogène vert et une fabrication d’e-méthanol. Ensemble, ils forment une chaîne complète de production de combustibles renouvelables, allant de la biomasse agricole jusqu’au combustible liquide final.

D’après la documentation du projet, la centrale de biomasse aura une puissance d’environ 50 MW et une capacité à générer autour de 400 GWh annuels d’électricité renouvelable. La biomasse utilisée sera principalement composée de déchets agricoles, notamment de paille de maïs et d’autres cultures non destinées à l’élevage issues du secteur agricole local.

L’installation de l’hydrogène vert, reposant sur une technologie d’électrolyse alimentée par des énergies renouvelables, aura une puissance de 200 MW et une production estimée à environ 28.800 tonnes par an. Tout cet hydrogène sera destiné à alimenter l’usine d’e-méthanol, fermant ainsi un cycle intégré entre les deux installations.

De plus, l’usine d’e-méthanol vert visera une capacité de production d’environ 100.000 tonnes par an. Pour cela, elle combinera l’hydrogène obtenu par électrolyse avec le CO₂ capturé dans la centrale de biomasse, générant un combustible liquide considéré comme neutre en émissions tout au long de son cycle de vie, avec un intérêt élevé pour le transport maritime, l’aviation et l’industrie chimique.

Investissement, financement européen et rôle de Reolum

Le projet est mené par Reolum, par l’intermédiaire de sa filiale Desarrollos Renovables Abies, S.L., qui agit en tant que promotrice du complexe à La Robla. L’entreprise prévoit d’investir environ 850 millions d’euros dans la construction de l’ensemble des installations, avec un calendrier de travaux de trois ans et un déploiement technique et humain majeur.

Pendant la phase de construction, on estime que le projet emploiera en moyenne environ 800 personnes, avec des pics pouvant atteindre entre 1.500 et 1.600 travailleurs durant les périodes d’activité intense. Une fois en opération, les quatre centrales de production d’énergie verte associées au complexe devraient générer environ 200 emplois directs liés aux domaines industriel, logistique et de maintenance.

D’un point de vue financier, La Robla Green bénéficie d’un soutien significatif de la part d’institutions européennes et nationales. Le Banque Européenne d’Investissement (BEI) a approuvé un financement de 445 millions d’euros pour l’entreprise promotrice, lié à ce Projet Régional à El Crispín, renforçant ainsi son statut comme initiative alignée avec les objectifs climatiques de l’UE.

À ce soutien s’ajoute l’apport du programme européen Valles del Hidrógeno, grâce auquel le projet obtient près de 180 millions d’euros dans le cadre des clusters et vallées de l’hydrogène. De plus, le complexe a reçu des aides supplémentaires aux enchères de biomasse et pour des infrastructures industrielles, avec des subventions supérieures à deux millions d’euros pour le parc industriel El Crispín.

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L’ensemble de ces sources de financement, combinées à l’investissement privé de Reolum, élèvent la dimension économique du projet et le placent parmi les plus grands engagements en faveur des combustibles renouvelables dans le nord de l’Espagne. L’entreprise envisage également un développement parallèle à Villadangos del Páramo, qui, associé à La Robla, constituera l’un des pôles d’hydrogène et d’e-méthanol les plus importants d’Europe.

Soutien institutionnel et intégration dans une transition juste

L’importance de La Robla Green a été soulignée publiquement par le gouvernement espagnol. La vice-présidente troisième et ministre pour la Transition Écologique et le Défi Démographique, Sara Aagesen, a visité à plusieurs reprises la localité pour se tenir informée de l’avancement du projet, qu’elle a décrit comme “tracteur, transformateur et innovant” dans la stratégie de décarbonisation nationale.

La ministre a mis en avant que le complexe combine quatre grands axes technologiques : la transformation du système énergétique, l’exploitation de la biomasse, le captage de CO₂ et le développement de l’hydrogène et du méthanol vert. Selon ses dires, ce combustible est “nécessaire pour avancer vers la décarbonisation”, surtout dans des secteurs difficiles à électrifier, comme le transport lourd ou certaines branches de la chimie.

En plus de l’aspect énergétique, elle a mis l’accent sur la dimension sociale du projet, qui s’implante dans une région en transition juste ayant pendant des décennies dépendu du charbon et des centrales thermiques. L’objectif est de remplacer cette activité par une nouvelle industrie propre, tout en maintenant l’emploi et l’activité économique liés à l’énergie, mais avec des émissions réduites.

Depuis 2019, le ministère a chiffré autour de 1.000 millions d’euros d’investissements mobilisés dans la région de León pour des projets industriels et énergétiques moteurs, multipliant par dix les chiffres de la période précédente. La Robla Green s’inscrit dans ce cadre, tout en partageant la vedette avec un autre grand projet de vallée de l’hydrogène prévu dans la province, à Ponferrada, ainsi qu’avec des projets d’entreposage, d’autoconsommation et de communautés énergétiques.

Lors de ses visites, Aagesen a également indiqué que le gouvernement central souhaite que la transition énergétique “parvienne à tous les citoyens”, combinant de grandes infrastructures comme La Robla Green avec des mesures de soutien aux consommateurs les plus vulnérables, telles que le bon thermique ou des lignes d’efficacité énergétique pour les bâtiments publics et privés.

Biomasse agricole et accords avec plus d’un millier d’agriculteurs

L’un des piliers du projet est l’exploitation de la paille de maïs et d’autres déchets agricoles de la zone du Páramo león, où se concentrent plus de 80.000 hectares de cultures. Le PDG de Reolum, Yann Dumont, a indiqué qu’il s’agit d’un matériau qui, dans de nombreux cas, n’a pas d’utilisation alternative et qui peut causer des problèmes pour les agriculteurs s’il n’est pas géré de manière appropriée.

Pour garantir l’approvisionnement en biomasse, l’entreprise a déjà conclu des accords avec plus de mille agriculteurs, qui participeront directement ou indirectement à la collecte et à l’approvisionnement de la paille. Selon les estimations du promoteur, cette collaboration générera un retour économique proche de 16 millions d’euros par an dans la région, renforçant ainsi le lien entre le secteur agricole et la nouvelle industrie énergétique.

Le schéma proposé consiste à transformer la paille de maïs en énergie électrique et vapeur dans la centrale de biomasse. Le CO₂ qui serait émis lors de la combustion sera ensuite capté et utilisé comme matière première dans le processus de fabrication d’e-méthanol, en combinaison avec l’hydrogène vert produit également à La Robla.

Cette approche de valorisation intégrale des déchets agricoles vise à réduire le coût de gestion de la paille pour les agriculteurs et à en faire une source de revenus supplémentaire. Simultanément, elle contribue à prévenir les risques environnementaux associés à une mauvaise gestion de ces déchets, tels que les brûlages incontrôlés ou les problèmes de pollution locale.

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Dumont a également souligné que le méthanol renouvelable obtenu a le potentiel d’être utilisé comme combustible pour la décarbonisation du transport maritime et comme matière première pour le SAF (carburant durable pour l’aviation), en plus d’applications dans l’industrie chimique. Grâce à ce projet, la province de León pourrait passer du statut d’importateur à celui de producteur net de méthanol, tirant parti de son tissu agricole et industriel.

Connexion avec Villadangos Green et le “Vallée Léonaise de l’Hydrogène”

La Robla Green ne se présente pas comme une initiative isolée, mais comme un élément central d’un écosystème énergétique plus large qui s’étendra également au parc industriel de Villadangos del Páramo. Là, Reolum promeut un autre grand projet lié à l’e-méthanol, avec un investissement supplémentaire estimé à 341 millions d’euros dans l’une de ses phases, qui s’intégrera fonctionnellement aux installations de La Robla.

Ces deux pôles formeront ce que l’entreprise et les administrations appellent la “Vallée Léonaise de l’Hydrogène Vert”. L’interconnexion physique entre les deux sites se fera via deux conduites souterraines d’environ 37 kilomètres de long, destinées au transport de CO₂ et au stockage et à la distribution d’hydrogène.

Par l’une de ces conduites, il sera possible de transporter jusqu’à 200.000 tonnes par an de CO₂ non utilisées à La Robla, pour les destiner à la production d’e-méthanol à Villadangos. Ce dernier prévoit de fabriquer environ 140.000 tonnes par an d’e-méthanol vert, qui viendra s’ajouter à la production générée à La Robla.

La seconde conduite aura une capacité de stockage d’hydrogène allant jusqu’à 12 tonnes et permettra d’interconnecter différents électrolyseurs entre les sites de El Crispín et Villadangos del Páramo. La société considère qu’il s’agit d’une solution novatrice dans le domaine de l’hydrogène à l’échelle nationale, qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles utilisations industrielles et logistiques de ce vecteur énergétique.

En somme, les projets de La Robla et Villadangos Green devraient atteindre un investissement global d’environ 1.300 millions d’euros. Les prévisions estiment qu’ensemble, ces deux complexes produiront environ 260.000-280.000 tonnes de méthanol renouvelable par an, consolidant León comme l’un des principaux centres de production de ce combustible en Europe.

De plus, le projet à La Robla prévoit des infrastructures pour faciliter l’exportation du méthanol vers les principaux ports et centres industriels. Cette connexion vise à améliorer la compétitivité logistique du combustible et à faciliter son exportation vers des marchés internationaux où la demande de combustibles à faibles émissions est en forte croissance.

La Robla Green apparaît donc comme une pièce maîtresse dans la reconfiguration énergétique de la Montagne Centrale de León, combinant innovation technologique, investissements public-privés et valorisation des ressources agricoles locales. Avec l’urbanisation déjà approuvée, le financement aligné et le soutien institutionnel confirmé, la localité se dirige vers une transformation profonde de son modèle énergétique et productif, la plaçant sur la carte européenne des projets axés sur l’hydrogène vert et les combustibles synthétiques.

Mon avis :

Le projet La Robla Green représente une avancée majeure dans la transition énergétique de la région, avec une approche intégrée reliant biomasse, hydrogène vert et e-méthanol. Bien que le coût d’environ 850 millions d’euros (environ 907 millions de dollars) et l’impact sur l’emploi soient prometteurs, des défis subsistent concernant la durabilité environnementale et la gestion des ressources locales.

Les questions fréquentes :

Qu’est-ce que le complexe La Robla Green ?

Le complexe La Robla Green est un projet ambitieux situé dans le municipio de La Robla, en Espagne, qui vise à remplacer l’ancienne industrie thermique par des installations basées sur des énergies renouvelables, notamment l’hydrogène vert et les combustibles durables.

Quels sont les principaux éléments technologiques du projet ?

Le projet comprend plusieurs installations, notamment une centrale thermique à biomasse, une installation de capture de CO₂, une usine de production d’hydrogène vert et une usine de e-métanol, formant ainsi une chaîne de production de combustibles renouvelables.

Quel est l’impact économique de La Robla Green ?

La construction du complexe devrait représenter un investissement de 850 millions d’euros, générant environ 800 emplois pendant la phase de construction et 200 emplois directs après la mise en service, renforçant ainsi l’économie locale.

Comment le projet contribue-t-il à la transition énergétique ?

La Robla Green est conçue pour soutenir la transition énergétique en réindustrialisation d’une région historiquement dépendante des centrales thermiques, en promouvant une industrie à faibles émissions de carbone et en intégrant des pratiques durables avec les ressources agricoles locales.

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