Quatre Land Rover Defender restomod, chacun animé par un V8 5,0 litres et facturé à partir d’environ 232 763 €, passent au niveau supérieur avec une peinture Spectral Green caméléon. Signée Land Rover Classic, cette commande unique pousse la personnalisation à l’extrême, du style à la mécanique.
Quatre Land Rover Classic Defender V8 transformés en pièces uniques
Un client a demandé à Land Rover Classic de pousser le programme Works Bespoke beaucoup plus loin que d’habitude. Le résultat n’est pas un véhicule isolé, mais une série de quatre Classic Defender V8 construits autour de la même idée esthétique et mécanique : un 90 Station Wagon, un 90 Soft Top, un 110 Station Wagon et un 110 Double Cab Pick-Up. La base du projet reste celle du service officiel de remasterisation lancé par le constructeur en 2024 : des véhicules donneurs produits entre 2012 et 2016, entièrement repris à la main au Royaume‑Uni, puis réassemblés selon le cahier des charges du client, selon Land Rover.
Ici, la personnalisation ne se limite pas à quelques accessoires. Le point central du projet est une teinte Spectral Green à effet caméléon, capable de passer du vert au violet puis à l’or selon l’angle de la lumière. La marque précise d’ailleurs que son service Works Bespoke peut s’appuyer sur une couleur inspirée par n’importe quelle source : objet personnel, paysage naturel ou autre véhicule d’une collection privée. Sur cette commande, le client a clairement choisi la surenchère, et c’est précisément ce qui rend l’ensemble intéressant : on n’est plus dans le simple restomod, mais dans une démonstration grandeur nature des capacités industrielles de Land Rover Classic.
Une peinture spectaculaire, mais surtout un énorme travail d’atelier
La source d’origine insiste sur la peinture, et elle a raison. Chaque exemplaire a nécessité environ 400 heures de travail uniquement pour l’application de cette finition à changement de couleur. Rapporté à l’ensemble des quatre véhicules, cela représente donc 1 600 heures d’atelier consacrées à la seule carrosserie, hors reconstruction mécanique et finitions intérieures. C’est un chiffre qui change la lecture du projet : cette commande n’achète pas seulement une couleur rare, elle achète du temps-homme qualifié.
La finition ne s’arrête pas aux panneaux de carrosserie. Les jantes Sawtooth de 18 pouces reçoivent elles aussi cet effet irisé, tout comme les badges extérieurs. Le capot affiche une inscription Defender spécifique, et un coachline peint à la main en blanc vient souligner les volumes. Le contraste avec les toits blancs et les cages d’expédition fonctionne bien. Mon avis est simple : sans ces éléments clairs, le rendu aurait vite pu basculer dans le démonstratif pur. Là, l’ensemble garde une vraie cohérence visuelle.
Ce que la source initiale ne disait pas sur le programme Works Bespoke
Le papier de départ parlait d’un projet fou, mais il restait flou sur le cadre technique réel. Selon Land Rover, le programme Classic Defender V8 by Works Bespoke repose sur des véhicules donneurs datés de 2012 à 2016, ensuite remanufacturés à la main dans les ateliers de Coventry. Le constructeur précise aussi que la gamme Works Bespoke a été officiellement lancée en août 2024, avec des carrosseries 90 et 110, et un tarif de départ fixé à 190 000 £ hors taxes pour le 90 Station Wagon et 199 000 £ hors taxes pour le 110 Station Wagon.
Autre point utile : le 90 Soft Top a rejoint l’offre officielle en avril 2025. Selon Land Rover, cette version démarre à 195 000 £ hors taxes et marque le retour du Defender décapotable dans l’offre officielle, une première depuis 2016. Cela donne du contexte à la commande actuelle : elle n’arrive pas dans le vide, mais au moment où Land Rover Classic élargit justement son terrain de jeu, avec plus de carrosseries, plus de teintes et plus de matériaux.
En clair, ces quatre Defender caméléon servent aussi de vitrine. Ils montrent ce que le client peut obtenir quand il ne choisit plus un catalogue, mais un dialogue direct avec l’atelier.
Un V8 atmosphérique bien réel, et plus puissant que ne le suggère la source reprise
La version d’origine évoquait un V8 5,0 litres atmosphérique avec 380 lb-ft de couple, soit environ 515 Nm. C’est exact pour le couple, mais incomplet pour la puissance. Selon Land Rover, chaque Classic Defender V8 by Works Bespoke reçoit un V8 essence atmosphérique 5,0 litres développant 405 ch et 515 Nm, associé à une boîte automatique ZF à huit rapports et à une transmission intégrale avec gamme courte.
C’est un ajout important, car il repositionne tout de suite le véhicule. Avec 405 ch pour 515 Nm, on obtient un ratio de 1,27 Nm par cheval. Cette métrique dérivée ne dit pas tout, mais elle confirme un calibrage orienté agrément et réponse moteur plutôt qu’une simple démonstration de force brute. J’assume le jugement : ce V8 colle parfaitement à l’esprit de la voiture. Un six cylindres turbo aurait sans doute été plus rationnel. Il aurait aussi été beaucoup moins désirable sur un projet de collection.
Suspensions, freins, châssis : le restomod ne se résume pas à la peinture
Le projet est extravagant visuellement, mais la fiche technique officielle prouve qu’il ne se contente pas d’un habillage premium. Selon Land Rover, les Classic Defender V8 by Works Bespoke reçoivent des ressorts hélicoïdaux recalibrés, des barres antiroulis Eibach, des amortisseurs Bilstein et des freins Alcon à quatre pistons. Les disques avant mesurent 335 mm et les arrière 300 mm.
Ce point mérite d’être souligné, car il change l’usage du véhicule. On parle ici d’un 4×4 ancien dans son architecture de base, mais modernisé avec une mise à niveau châssis pensée pour encaisser 405 ch dans de meilleures conditions. La source initiale citait des “improved dampers” et “bigger disks”, sans précision. Les éléments officiels donnent enfin du concret. C’est l’un des écarts les plus utiles entre le texte d’origine et les données du constructeur.
Un intérieur très haut de gamme, avec un vrai mélange entre héritage et confort moderne
L’habitacle suit la même logique. La planche de bord centrale adopte elle aussi la finition à effet color-shift, en écho direct à la carrosserie. L’ensemble est associé à un cuir Vanilla signé Bridge of Weir, à des surpiqûres vertes et à des tapis enrichis de laine Superwool. Là encore, le projet dépasse le simple exercice de style.
Selon Land Rover, le programme Works Bespoke permet aussi de choisir parmi cinq ambiances monochromes ou huit combinaisons bicolores pour l’habitacle, avec selleries étendues sur les sièges, les portes, les flancs, le pavillon et la planche de bord. Le constructeur mentionne également un système d’infodivertissement Land Rover Classic avec écran tactile 3,5 pouces, navigation, radio DAB et Bluetooth. C’est une donnée absente de la source initiale, mais utile dans un usage réel : ces Defender ne sont pas seulement faits pour être exposés, ils sont aussi pensés pour rouler avec un minimum de confort moderne.
Prix : ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas, et ce que cela implique
Le prix exact de cette commande spéciale n’est pas communiqué. Il faut donc rester strict. En revanche, les tarifs plancher officiels du programme donnent une bonne base de lecture. Selon Land Rover, un Classic Defender V8 by Works Bespoke 90 Station Wagon démarre à 190 000 £ hors taxes, le 110 Station Wagon à 199 000 £ hors taxes, et le 90 Soft Top à 195 000 £ hors taxes.
La source fournie évoquait aussi un point de départ “around $264,000”. Converti en euro au taux de change du jour issu des taux de référence de la Banque centrale européenne relayés le 25 juin 2026, soit 1 EUR = 1,1342 USD, cela représente environ 232 763 € (taux utilisé : 1 USD = 0,8817 EUR). Ce niveau est cohérent avec les prix britanniques hors taxes connus, selon le modèle et le marché.
On peut tirer une deuxième métrique dérivée utile : le 110 Station Wagon facturé 199 000 £ hors taxes coûte environ 4,7 % de plus que le 90 Station Wagon à 190 000 £ hors taxes, selon le calcul à partir des tarifs officiels communiqués par Land Rover. L’écart paraît finalement modéré, surtout pour un client qui entre déjà sur ce segment ultra-premium. Mon avis est net : à ce niveau, le vrai surcoût n’est pas dans l’empattement. Il est dans le degré de personnalisation.
Face aux concurrents, ces Defender jouent une autre partition
Comparer ce projet à un tout-terrain de grande série reste utile, à condition de ne pas tout mélanger. Selon INEOS Automotive, un Grenadier Quartermaster 2026 démarre à 62 495 £, avec une charge utile pouvant atteindre 835 kg, une capacité de remorquage de 3 500 kg, une garde au sol de 264 mm, une profondeur de gué de 800 mm et des angles de 35,5° à l’attaque, 26,2° au ventral et 22,6° à la sortie.
Autrement dit, sur le terrain de l’utilitaire 4×4 moderne et durci, l’INEOS Grenadier avance des chiffres d’usage très clairs. Le Land Rover Classic Defender V8, lui, ne communique pas ici de charge utile, de capacité de remorquage ou de profondeur de gué pour cette commande spéciale. La mention correcte est donc simple : non communiqué. C’est important, car beaucoup d’articles gonflent artificiellement le duel en prêtant des chiffres absents à l’un ou l’autre camp.
Ce qui distingue les Defender de cette commande, ce n’est donc pas une fiche de travail optimisée. C’est une combinaison rare : restauration officielle, V8 atmosphérique, personnalisation usine et potentiel de collection. Un Grenadier Quartermaster sert mieux un usage professionnel intensif. Ces quatre Defender servent mieux un collectionneur qui veut rouler différemment, sans renoncer à une base mécanique validée par le constructeur.
Pourquoi le Double Cab Pick-Up change la lecture du projet
La présence du 110 Double Cab Pick-Up mérite un arrêt. La source de départ le citait, mais sans expliquer ce que cela change. En pratique, cette carrosserie ouvre des cas d’usage très concrets : transport de matériel, loisirs motorisés, équipement expédition, ou simple logique de collection cohérente quand on veut couvrir tous les usages du Defender classique dans une même famille de véhicules.
C’est d’ailleurs là que cette commande devient plus intelligente qu’elle n’en a l’air. Le 90 Station Wagon couvre le format court fermé. Le 90 Soft Top répond au plaisir pur et au climat favorable. Le 110 Station Wagon joue la polyvalence familiale ou de voyage. Le 110 Double Cab Pick-Up incarne la version la plus utilitaire du quatuor. Mon avis est clair : le client n’a pas seulement acheté quatre couleurs identiques. Il a constitué une collection thématique complète.
Une commande extrême, mais aussi un message de marché
Au fond, cette série spéciale raconte deux choses. D’abord, le marché du restomod officiel continue de monter en gamme. Ensuite, Land Rover Classic cherche visiblement à démontrer qu’il peut rivaliser en désirabilité avec les préparateurs privés, tout en gardant l’avantage de la légitimité constructeur.
Selon Land Rover, chaque véhicule Works Bespoke est couvert par une garantie d’un an à kilométrage illimité sur certaines déclinaisons du programme, comme le Soft Top. C’est un détail qui compte dans un univers où l’authenticité, la traçabilité et le support officiel pèsent presque autant que la fiche technique. C’est précisément ce que beaucoup de préparateurs indépendants ne peuvent pas offrir au même niveau.
Pour consulter la page officielle du programme, voir le site de Land Rover Classic.
Mon avis :
Ces Defender impressionnent par la cohérence du restomod: V8 5,0 l de 405 ch, boîte ZF 8 rapports et peinture caméléon appliquée en 400 heures par véhicule. Mais l’exercice vire au démonstrateur de luxe: à partir d’environ 228 545 € pour 264 000 $, l’exclusivité écrase la rationalité.





