Le TSJA bloque la transformation de La Pereda en centrale de biomasse : enjeux et perspectives

L’annulation des permis environnementaux par le Tribunal Superior de Justicia de Asturias (TSJA) pour la reconversion de la centrale thermique de La Pereda en biomasse remet en question l’avenir énergétique d’Asturies. Ce projet crucial pour Hunosa et l’emploi local est désormais en attente d’une réévaluation juridique.

Le TSJA suspend la transformation de La Pereda en centrale de biomasse

La décision du Tribunal Supérieur de Justice des Asturies (TSJA) de rejeter les autorisations environnementales permettant la reconversion de la centrale thermique de La Pereda a provoqué un vif débat sur les enjeux énergétiques, environnementaux et industriels en Asturies. Le projet de Hunosa, destiné à devenir un symbole de la transition énergétique dans les bassins miniers, est désormais suspendu, attendant une nouvelle procédure ou un éventuel recours auprès de la Cour suprême.

Cette situation met en lumière la tension entre la nécessité d’un contrôle accru des émissions et des déchets, et les inquiétudes concernant l’emploi et l’avenir industriel des régions minières. Les autorités, les syndicats, les écologistes et l’entreprise publique s’accordent sur un point : le jugement impose de reconsidérer les étapes antérieures et d’être particulièrement vigilant lors de la prochaine phase.

Décisions du TSJA concernant La Pereda

La chambre administrative du TSJA a invalidé la modification de l’Autorisation Environnementale Intégrée (AAI) et de la Déclaration d’Impact Environnemental (DIA) qui autorisaient Hunosa à convertir la centrale thermique de La Pereda, située à Mieres, en une installation fonctionnant principalement avec de la biomasse et du combustible solide récupéré (CSR) comme secondaire.

Le tribunal considère que cette démarche ne saurait être qualifiée d’adaptation de l’ancienne centrale à charbon, mais doit être requalifiée en tant que nouvelle activité de « co-incinération de déchets ». Cette nouvelle qualification juridique impose un cadre réglementaire plus strict, conformément à la réglementation sur les émissions industrielles et à la législation européenne relative à la pollution et aux déchets.

La décision souligne que l’AAI et la DIA, telles qu’elles avaient été formulées, ne fournissaient pas les informations nécessaires pour évaluer de manière précise l’impact réel des émissions ainsi que la gestion des déchets. Bien que le TSJA considère que plusieurs étapes formelles de la procédure étaient conformes, il estime que des aspects cruciaux du projet étaient insuffisamment définis.

Le jugement, susceptible de faire l’objet d’un pourvoi devant la société suprême, n’invalide pas l’ensemble des procédures administratives déjà réalisées, mais annule les actes essentiels qui permettaient la reconversion de l’installation selon les conditions accordées par le Principe.

Failles du projet selon le tribunal

Le TSJA identifie plusieurs lacunes qui, selon lui, empêchent de considérer l’autorisation légale. L’une d’elles réside dans l’absence de définition technique de la nouvelle chaudière, dont les spécifications n’étaient pas finalisées au moment de l’évaluation de l’impact environnemental. Sans ces données, il est impossible d’évaluer correctement le comportement de l’installation et ses émissions.

Un autre élément essentiel est l’indétermination, tant quantitative que qualitative, du combustible solide récupéré (CSR). L’autorisation permettait une large marge quant au pourcentage de CSR par rapport au total du combustible, ce qui, aux yeux du jugement, crée un « élément d’incertitude inacceptable » sur les polluants susceptibles d’être émis dans l’atmosphère.

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Une question particulièrement pertinente concerne les cendres et scories résultant de la combustion. Le jugement judiciaire indique que la quantité prévue a été portée à 120 000 tonnes annuelles, augmentant de 48 000 tonnes par rapport aux 72 000 tonnes initialement prévues, sans que le tribunal puisse déterminer avec exactitude leur destination finale ni comment leur stockage temporaire serait géré.

Le tribunal critique l’allusion vague à un « gestionnaire autorisé » sans préciser les procédures et méthodes de gestion, et souligne que les effets synergiques avec la décharge de Pumardongo, exclue de l’autorisation environnementale, n’ont pas été évalués, ce qui empêche d’appréhender l’impact global de l’activité.

Un projet stratégique pour Hunosa et les bassins miniers

Pour Hunosa, La Pereda représente bien plus qu’une simple centrale électrique. L’entreprise publique insiste sur le fait qu’il s’agit d’un projet clé pour son avenir et pour l’emploi de près de 500 travailleurs, tout en étant un pilier essentiel pour revitaliser les bassins miniers dans le cadre de la transition juste.

L’ancienne centrale thermique, qui a cessé de brûler du charbon fin 2024, est en train d’être transformée en une centrale de biomasse de 50 mégawatts (MW), appelée à devenir la plus grande installation de ce type en Asturies. Le projet, nécessitant un investissement de plus de 55 millions d’euros, a débuté au printemps dernier et était prévu comme la « colonne vertébrale » du plan d’entreprise de Hunosa.

Ce plan, en cours de négociation avec les syndicats et avancé dans son élaboration, envisage La Pereda comme le « point central » de l’avenir de l’entreprise jusqu’en 2050. La centrale bénéficie également d’un régime de rémunération garanti pendant 20 ans, obtenu lors de la seconde enchère d’énergies renouvelables organisée par le ministère de la Transition écologique.

L’installation devait entrer en service au cours du premier semestre de 2027, projetant de maintenir environ 251 emplois : une cinquantaine de postes directs à la centrale et environ 200 indirects liés à la gestion forestière et au traitement de la biomasse.

Après la décision du tribunal, Hunosa a déclaré qu’elle analysait le contenu du jugement en profondeur et que son intention était de clarifier « le plus rapidement possible » les aspects soulevés par le TSJA. L’entreprise souligne que, selon le tribunal, la plupart des processus engagés dans la procédure environnementale sont conformes à la loi et que les objections principales concernent des points spécifiques de l’autorisation.

Réponses politiques : critiques, soutiens et appels à clarifier les responsabilités

Les réactions politiques à l’annulation des autorisations ont été instantanées et diverses. Au niveau municipal, l’Hôtel de ville de Mieres, sous le gouvernement de IU, a exprimé son soutien à la décision et a rappelé qu’il avait toujours défendu l’utilisation de la biomasse tout en rejetant explicitement la combustion des déchets à La Pereda. Le conseil municipal souligne qu’il n’a pas de compétences directes pour autoriser l’environnement et que ses objections de 2021 auprès du Principe n’ont pas été prises en compte.

Le gouvernement local soutient que le jugement « impose à Hunosa et à la conseillère compétente de soumettre une nouvelle AAI » correspondant à l’activité réelle à développer, avec tous les détails nécessaires sur les tonnes et la gestion des déchets. Il réclame un processus avec « clarté et transparence », sans raccourcis, et avec un maximum de garanties en matière de santé publique, de transparence et de contrôle environnemental.

Du côté du gouvernement autonome, la Conseillère de Mobilité et Environnement interprète le jugement comme soulignant la nécessité d’une plus grande définition de certains composants techniques et de la gestion des déchets, précisant cependant que le TSJA valide d’autres formalités qui demeureraient valides. Le Principe se déclare prêt à promouvoir, dans le cadre légal, les démarches nécessaires pour protéger l’intérêt général.

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Sur le plan politique, le jugement a également suscité des reproches plus sévères. Des dirigeants comme Adrián Pumares de Foro Asturias soutiennent que le gouvernement autonome a essayé de présenter ce qui serait, en réalité, un nouveau projet de co-incinération de déchets comme une simple modification administrative, traitée sans la transparence et la participation publique requises.

Foro a exigé la démission d’anciens conseillers du secteur Industrie qui occupent actuellement des postes publics importants comme le président de Hunosa, Enrique Fernández, et la présidente de l’Autorité portuaire de Gijón, Nieves Roqueñí. Ce mouvement estime que le jugement révèle une gestion improvisée manquant des garanties environnementales requises par la règlementation.

Le mouvement écologiste et le débat sur l’incinération des déchets

La décision du TSJA survient après un long combat dirigé par la Coordinadora Ecologista de Asturias et le Conceyu contra la incineración, qui mettaient en garde contre les risques de cohérente des déchets sous le couvert d’une centrale de biomasse. Le recours contentieux de ces organisations a finalement été accepté par le tribunal asturien.

Les porte-parole écologistes soulignent que le jugement clarifie qu’une centrale autorisée ne peut être reconvertie pour la combustion de déchets sans une procédure spécifique propre à une incinérateur, avec des exigences beaucoup plus strictes. S’ils estiment que le projet de reconversion pourrait se poursuivre, la centrale ne pourrait pas entrer en service dans sa forme actuelle, car la procédure environnementale « ne tient pas » comme prévu. Ils exigent la résolution des incertitudes concernant la destination des déchets et de leur impact sanitaire et environnemental avant toute mise en service.

Dans le champ institutionnel, des voix, comme celle de Juan Ponte (IU), directeur général de l’Agenda 2030 du gouvernement asturien, qualifient le jugement de bonne nouvelle et de succès du tissu associatif. Il relie le cas de La Pereda à une politique de déchets en Asturies qui, selon lui, est trop orientée vers l’incinération et appelle à un recentrage marqué sur la réduction, le recyclage et la réutilisation, réservant la combustion à une option marginale.

Des formations comme Somos Asturies ont également exprimé leur satisfaction, insistant sur le fait que l’incinération de déchets ne devrait pas être la voie choisie pour la communauté autonome, quelle que soit l’étiquette utilisée pour le projet. Elles font le lien entre la santé publique et l’exigence d’alternatives modernes et durables de gestion des déchets.

Position des syndicats et inquiétude pour l’emploi

Concernant l’emploi, les principaux syndicats présents chez Hunosa s’accordent à dire que le jugement constitue un sérieux contretemps, tout en réaffirmant que le projet de transformation de La Pereda est essentiel pour l’emploi et l’avenir de l’entreprise publique. La SOMA-FITAG-UGT et CCOO alertent sur des retards dans les délais, mais excluent que le jugement signifie la fin définitive du plan.

La SOMA-FITAG-UGT considère que l’annulation de l’AAI et de la DIA est un obstacle temporaire qui ne devrait pas servir d’excuse pour paralyser l’initiative. Le syndicat demande à Hunosa, à la SEPI et au gouvernement du Principe de clarifier de manière transparente l’ampleur précise de la décision et de définir les étapes à suivre pour rectifier la situation.

Pour cette organisation, le projet de La Pereda est vital pour les bassins miniers, tant pour les emplois directement associés à la centrale que pour l’élan potentiel qu’il pourrait donner au secteur forestier en Asturies. Ils demandent également la présentation d’un plan global pour l’avenir de l’entreprise, où la centrale serait une pièce maîtresse.

Du côté de CCOO à Hunosa, son secrétaire général a qualifié le jugement de « douche froide », estimant que l’entreprise avait respecté les exigences de la conseillère et que les travaux avaient déjà commencé, avec toutes les formalités apparemment respectées. Le syndicat critique le fait que l’administration, qui délivre les autorisations, voit ensuite ses décisions annulées par les tribunaux.

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Quoi qu’il en soit, CCOO adopte une position légèrement optimiste : elle pense que l’effet principal du jugement sera d’allonger les délais et d’obliger à répéter ou à corriger une partie de la procédure environnementale, plutôt que de mettre fin au projet lui-même. Ils incitent donc l’entreprise à continuer de s’engager pour La Pereda como moteur d’emplois directs et indirects dans la région.

Rôle de l’Hôtel de Ville de Mieres et exigences de sécurité

L’Hôtel de ville de Mieres a tenu à affirmer que sa position demeure inchangée : soutien à la biomasse oui, combustion de déchets non. Le gouvernement local rappelle que cette position a été formulée dans plusieurs motions et dans les objections envoyées en 2021 au Principe, où les risques de permettre le CSR dans l’installation ont été soulignés.

Le conseil insiste sur le fait que la priorité absolue est la santé publique et la transparence. Ils réclament que toute nouvelle autorisation oblige Hunosa à doter la centrale de La Pereda des technologies les plus avancées, avec des systèmes de contrôle environnemental robustes et capables d’assurer les meilleures garanties possibles à la population.

La municipalité aspire à ce que la centrale devienne l’une des installations les plus modernes d’Europe en matière de biomasse, tant par son efficacité énergétique que ses normes de sécurité et de protection de l’environnement. D’où l’insistance sur le fait que « ce n’est pas suffisant de respecter la loi », et qu’il convient d’aller au-delà des exigences législatives minimales pour instaurer la confiance.

Dans leur communiqué, le gouvernement local défend que le jugement impose de « ne pas chercher des raccourcis » et de procéder à une nouvelle procédure avec toutes les informations sur les tonnes de déchets, les caractéristiques du CSR et les méthodes de gestion bien détaillées. Seule une telle démarche, affirment-ils, permettra de concilier l’activité industrielle avec des conditions environnementales et sanitaires irréprochables.

Le cadre qui se dessine à la suite de la décision du TSJA place La Pereda à un carrefour où transition énergétique, gestion des déchets, réglementation européenne et protection de l’emploi s’entrelacent. L’annulation de l’AAI et de la DIA ne met pas en péril le projet, mais impose de le redessiner avec plus de précisions techniques, davantage de transparence et une conformité réglementaire impeccable. C’est dans cet équilibre entre les garanties environnementales et la nécessité de reindustrialisation que se joue l’avenir de cette centrale et, dans une certaine mesure, le modèle de reconversion des bassins miniers asturiens.

Mon avis :

La décision du TSJA de rejeter la transformation de la centrale thermique de La Pereda en biomasse souligne des préoccupations environnementales légitimes concernant les émissions et la gestion des déchets. Bien que ce projet soit essentiel pour l’emploi dans les régions minières, il nécessite des ajustements significatifs pour répondre aux normes légales et techniques.

Les questions fréquentes :

Quelle est la décision du TSJA concernant la centrale de La Pereda ?

Le Tribunal Supérieur de Justice des Asturies (TSJA) a annulé les autorisations environnementales qui permettaient la reconversion de la centrale thermique de La Pereda pour fonctionner avec de la biomasse. Cette décision provoque des débats intenses sur les questions énergétiques, environnementales et de l’emploi dans la région.

Quels sont les principaux problèmes identifiés par le TSJA ?

Le TSJA a souligné plusieurs lacunes dans le projet, notamment l’absence de définitions techniques claires pour la nouvelle chaudière et l’indétermination du combustible solide récupéré (CSR). Cela engendre une incertitude inacceptable quant aux polluants libérés dans l’atmosphère.

Quel impact la décision du TSJA a-t-elle sur l’emploi ?

Les syndicats estiment que bien que cette décision soit un obstacle, le projet de transformation de La Pereda demeure crucial pour l’emploi dans les cuencas minières. Ils appellent à une clarification de la situation afin de protéger les emplois directs et indirects liés au projet.

Quel est le point de vue des autorités locales sur la décision ?

Le conseil municipal de Mieres soutient la décision du TSJA, affirmant qu’elle impose une nouvelle autorisation environnementale stricte. Ils insistent sur la nécessité de garantir la santé publique et demandent plus de transparence dans le processus de gestion des déchets liés à la centrale.

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