Pression du secteur renouvelable et défis fiscaux en Espagne : quelles solutions pour l’avenir ?

Le impuesto du 7% sur la génération électrique est au cœur des débats énergétiques en Espagne. Initialement conçu pour résoudre un déficit budgétaire, il est aujourd’hui perçu comme un frein à la transition énergétique. L’APPA Renovables appelle à sa suppression pour favoriser l’électrification et la compétitivité industrielle.

Pression du secteur des énergies renouvelables et fiscalité en Espagne

Le débat autour de l’impôt de 7% sur la production d’électricité

L’impôt de 7% sur la génération électrique occupe une place centrale dans les discussions sur la politique énergétique en Espagne. Ce qui avait été conçu comme un outil fiscal, similaire à l’impôt sur le soleil, pour équilibrer les comptes d’un système en difficulté, est désormais perçu par le secteur des énergies renouvelables comme un frein à l’électrification et un désavantage stratégique par rapport aux pays voisins.

L’Association des Entreprises d’Énergies Renouvelables (APPA Renovables) a intensifié ses efforts pour que le gouvernement abolisse rapidement ce prélèvement. Selon l’association, le maintien de cet impôt dans le contexte actuel de transition énergétique et de réindustrialisation envoie un message négatif aux investisseurs, aux industries et aux ménages désireux d’opter pour l’électricité comme principale source d’énergie.

Qu’est-ce que l’impôt de 7% et pourquoi a-t-il été instauré ?

L’Impôt sur la Valeur de la Production d’Énergie Électrique (IVPEE), connu sous le nom informel de «impôt de 7% », est appliqué aux revenus des entreprises qui produisent de l’électricité en Espagne. Ce prélèvement a été introduit il y a plus d’une décennie, en plein cœur d’une période marquée par un déficit tarifaire élevé dans le système électrique, où les coûts reconnus dépassaient largement les revenus régulés.

À l’époque, le législateur a estimé que les producteurs, y compris ceux des énergies renouvelables, devaient contribuer directement à la réduction de ce déficit. L’impôt a été appliqué de manière homogène à toutes les technologies, allant de la production nucléaire et des cycles combinés de gaz à l’éolien et au photovoltaïque.

D’après l’APPA, ce contexte a changé de manière significative : le déficit tarifaire historique a été assaini et l’accent est désormais mis sur la décarbonisation, l’électrification de la demande et l’amélioration de la compétitivité industrielle. Pour l’association, le maintien de la structure fiscale actuelle représente une inertie d’une époque révolue qui ne correspond pas aux objectifs énergétiques futurs.

L’IVPEE ne fonctionne pas seul. Il s’ajoute à d’autres taxes telles que l’Impôt Spécial sur l’Électricité (5,11%) et la TVA à 21% sur les factures, ainsi que divers droits et taxes autonomiques. Selon les estimations du secteur, la pression fiscale sur l’électricité est quatre fois supérieure à celle de certains combustibles fossiles comme le gaz, ce qui contredit l’objectif de substituer les combustibles importés par de l’électricité d’origine renouvelable.

La position d’APPA Renovables : frein à l’électrification et à la compétitivité

Dans ses derniers communiqués, l’APPA Renovables a exigé l’abrogation immédiate de l’impôt de 7%, le considérant incompatible avec les priorités énergétiques et économiques du pays. L’association insiste sur le fait que l’électrification est la voie la plus rapide et efficace pour intégrer davantage de renouvelables dans le mix énergétique et réduire la dépendance aux combustibles fossiles. Taxer la production d’électricité va à l’encontre de la logique de cette transition.

Son directeur général, José María González Moya, a souligné un point devenu presque un slogan pour le secteur : les énergies renouvelables représentent environ 25% de la consommation énergétique finale, tout en constituant déjà plus de 55% de l’électricité produite en Espagne. Sur cette base, il affirme que maintenir une pression fiscale plus élevée sur l’électricité désincentive le passage du gaz, du fioul ou d’autres combustibles traditionnels vers des technologies électriques.

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L’association souligne également que l’impôt impacte non seulement les nouveaux projets renouvelables, mais aussi ceux qui sont déjà en opération. Cela, comme l’estime l’APPA, augmente l’incertitude réglementaire et complique les décisions d’investissement à long terme pour des technologies qui devraient être les fondations du système.

Du point de vue industriel, le message est similaire : si l’électricité devient artificiellement coûteuse à cause de taxes héritées, les entreprises électro-intensives voient leur compétitivité affaiblie vis-à-vis d’autres pays à fiscalité plus douce, un fait qui pose particulièrement problème dans le cadre de la réindustrialisation verte et de l’attraction de nouveaux investissements.

Désavantage par rapport au Portugal et impact sur le marché ibérique MIBEL

L’orientation prononcée du Portugal vis-à-vis des énergies renouvelables accentue la pression sur l’Espagne. Le pays voisin a choisi de supprimer le prélèvement équivalent à l’IVPEE, mettant un terme à une surcharge sur la génération électrique similaire à celle en Espagne. Cette différence réglementaire se fait particulièrement sentir sur le Marché Ibérique de l’Électricité (MIBEL), où les systèmes électriques des deux pays sont étroitement interconnectés.

Dans un environnement de prix intégrés, la présence d’un 7% supplémentaire sur la production d’un côté de la frontière crée, selon l’APPA, un désavantage compétitif direct pour la production espagnole, y compris celle du secteur des énergies renouvelables. Les offres des centrales en Espagne doivent intégrer ce coût supplémentaire, alors que celles du Portugal n’y sont pas soumises, ce qui peut entraîner des distorsions dans les appels d’offres et les flux d’électricité entre les deux pays.

L’association rappelle également que, lors de la pandémie, l’impôt espagnol avait été temporairement suspendu sans déséquilibres structurels dans le système. Ce précédent sert de base à l’argumentation du secteur selon laquelle la fiscalité peut être redéfinie sans compromettre la stabilité financière du système électrique, à condition que cela soit bien planifié.

Du point de vue des consommateurs et des entreprises, la crainte des sociétés renouvelables est claire : si l’Espagne maintient une fiscalité plus élevée que celle de ses voisins immédiats, les investissements dans de nouvelles capacités risquent d’être détournés vers d’autres marchés mieux positionnés, et le pays manquerait l’opportunité d’exploiter ses ressources solaires et éoliennes, parmi les plus compétitives d’Europe.

Recommandations de la Commission Européenne et pression réglementaire depuis Bruxelles

Les revendications du secteur des énergies renouvelables espagnol s’appuient également sur les lignes directrices de la Commission Européenne. Cette dernière appelle depuis longtemps les États membres à réduire la charge fiscale pesant sur l’électricité, surtout si elle provient de sources renouvelables, pour accélérer la décarbonisation et améliorer le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises.

Plus précisément, le programme communautaire Action Plan for Affordable Energy encourage la révision des impôts et des taxes qui pénalisent la consommation électrique par rapport à d’autres combustibles. L’APPA souligne qu’en Espagne, l’architecture fiscale actuelle fait que l’électricité supporte une fiscalité comparable à celle de produits comme l’alcool ou le tabac, ce qui est difficile à justifier lorsque l’on considère l’énergie appelée à jouer un rôle central dans la lutte contre le changement climatique.

Les critiques ne se limitent pas à l’IVPEE. L’association rappelle que l’Impôt Spécial sur l’Électricité a été introduit dans les années 1990 en lien partiel avec le charbon, mais qu’il n’est aujourd’hui plus qu’une source de recettes fiscales éloignées de la réalité technologique actuelle. Cela inclut également divers autres droits d’utilisation de l’eau, du vent ou du soleil ainsi que des taxes autonomiques variées.

Du point de vue communautaire, le message est clair : la fiscalité doit s’aligner sur les objectifs climatiques : taxer davantage les émissions et moins l’électricité propre. En pratique, cela signifierait déplacer certaines charges fiscales de la génération et de la consommation électriques vers des activités à plus fort impact environnemental, une réforme encore nécessaire en Espagne.

Plus de renouvelables dans le mix, mais peu d’électrification de la consommation finale

Bien que l’Espagne ait réalisé des progrès significatifs dans l’intégration des renouvelables dans le système électrique, le secteur souligne que cette évolution ne se traduit pas avec la même intensité dans l’économie dans son ensemble. Ces dernières années, la génération renouvelable a atteint environ 56-57% du mix électrique, incluant l’autoconsommation, une performance qui place le pays parmi les plus avancés d’Europe.

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Cependant, lorsqu’on examine le poids de l’électricité dans la consommation énergétique totale, ce pourcentage stagnait autour de 25% depuis deux décennies. Autrement dit, bien que la production électrique soit de plus en plus basse en termes d’émissions, l’utilisation de cette électricité peine à remplacer le gaz, les produits pétroliers et d’autres combustibles fossiles dans des secteurs comme le transport, le chauffage des bâtiments ou certains processus industriels.

Le Plan National Intégré de l’Énergie et du Climat (PNIEC) 2023-2030 fixe des objectifs plus ambitieux : atteindre 48% de renouvelables dans l’utilisation finale de l’énergie et 81% de génération électrique renouvelable d’ici 2030. Pour atteindre ces chiffres, l’APPA insiste sur le fait qu’il ne suffit pas de continuer à installer des capacités renouvelables ; il est impératif que les consommateurs finaux trouvent avantageux d’électrifier leurs usages énergétiques.

Du point de vue du secteur, chaque euro supplémentaire de fiscalité sur l’électricité complique le remplacement d’une chaudière à gaz par une pompe à chaleur, ou la conversion d’un processus thermique fossile en solutions électriques. C’est pourquoi l’association considère l’impôt de 7% comme un obstacle direct aux objectifs du PNIEC, et non simplement comme un instrument supplémentaire de collecte de fonds.

Restrictions de réseau, pertes et signes d’un système sous tension

La discussion sur l’impôt de 7% survient également dans un contexte de saturation croissante de la grille électrique et de perte de production renouvelable. Le secteur indique qu’au cours de l’exercice dernier, les restrictions de réseau ont presque doublé, atteignant environ 3,2% de l’énergie générée, contre précédemment environ 1,6%.

Cette augmentation des limitations, combinée à une demande qui peine à croître et une capacité de génération en expansion, signifie que près de 18% du potentiel renouvelable annuel est perdu. Dans des systèmes insulaires comme les Canaries, des pertes supérieures à 20% de la production potentielle ont été enregistrées sur certaines îles, ce qui constitue un gaspillage de ressources propres déjà installées.

Les marchés de gros reflètent également ce déséquilibre par un nombre notable d’heures où les prix sont exceptionnellement bas, voire proches de zéro ou négatifs. Dans une année récente, environ 9% des heures ont été enregistrées à ces niveaux, ce qui souligne la difficulté d’absorber toute la production disponible à certains moments de la journée.

Paradoxalement, alors qu’une partie de la production renouvelable est gaspillée, la production d’énergie à partir de combustibles fossiles a connu une remontée, en particulier celle des cycles combinés à gaz qui ont vu leur activité augmenter d’environ 27% par rapport à l’année précédente. Cette reprise accroît les émissions et exerce une pression à la hausse sur les prix, en opposition aux objectifs de la politique climatique européenne.

Fiscalité héritée et nécessité d’une réforme en profondeur

La combinaison d’un système électrique de plus en plus renouvelable avec une structure fiscale conçue pour une réalité passée a conduit l’APPA et d’autres organisations à parler d’« inévitabilités des décennies », similaires à celles qui entourent l’impôt sur le soleil. L’Impôt Spécial sur l’Électricité, par exemple, a été conçu à l’origine en tant que pièce d’un schéma lié à l’exploitation du charbon, mais continue d’être appliqué avec un taux général de 5,11%, bien que le charbon ait presque disparu du mix espagnol.

En outre, la collecte de cet impôt est largement dévolue aux communautés autonomes, ce qui complique toute réforme globale. Toute modification de l’IVPEE ou de l’ISE devrait tenir compte de son impact sur les finances régionales et la redistribution des ressources entre territoires, ajoutant une complexité politique à une réforme que de nombreux experts jugent souhaitable d’un point de vue technique.

À cette couche fiscale s’ajoutent de nombreux droits sur l’utilisation de l’eau dans les centrales hydroélectriques, ainsi que des taxes sur l’exploitation du vent ou du soleil et d’autres impôts locaux et régionaux. L’ensemble constitue un ensemble qui, selon le secteur renouvelable, diminue une partie de la compétitivité naturelle que ces technologies ont acquise grâce à la réduction de leurs coûts.

Du point de vue des acteurs du marché, la priorité devrait être d’établir un cadre stable et cohérent avec les objectifs climatiques. Cela implique, selon eux, de déplacer la pression fiscale de la production propre vers des activités plus intensives en carbone et de simplifier le vaste éventail de taxes et de frais qui pèsent actuellement sur l’électricité.

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Sécurité du système, épisodes critiques et signaux pour l’investissement

Le débat fiscal s’entremêle également avec des épisodes récents de tension dans le système, comme le fameux “zéro électrique” d’avril 2025, qui a mis en avant l’importance de disposer d’un cadre réglementaire prévisible et bien conçu. Pour l’industrie renouvelable, pénaliser fiscalement la production électrique alors qu’il est nécessaire d’attirer de massives investissements vers de nouvelles installations ne contribue pas à renforcer la sécurité de l’approvisionnement.

Les opérateurs du secteur rappellent que l’Espagne continue d’incorporer de grands volumes de nouvelles capacités renouvelables à un rythme impressionnant, mais que la demande en électricité ne progresse pas à la même vitesse. Cette dissymétrie générera un marché volatile, avec des épisodes de prix très bas, des pertes d’énergie et une moindre participation de certaines technologies renouvelables sur les marchés d’ajustement.

Dans ce contexte, l’APPA soutient que le pays a besoin de signaux fiscaux et réglementaires clairs qui encouragent non seulement l’investissement dans la production, mais aussi dans la flexibilité, le stockage et la gestion de la demande. D’après sa vision, maintenir l’impôt de 7% envoie un message contradictoire : d’un côté, l’État appelle à plus d’électrification, et de l’autre, il alourdit le coût de l’énergie qui devrait soutenir cette électrification.

Impact potentiel sur les consommateurs, l’industrie et la transition énergétique

Bien que l’IVPEE soit appliqué directement aux revenus des producteurs, son effet ne reste pas isolé dans cette étape de la chaîne. Le secteur fait valoir qu’en pratique, une partie du coût de l’impôt finit par être répercutée sur le prix de gros, ce qui entraîne des coûts plus élevés pour les distributeurs, et finalement, pour la facture d’électricité des foyers et des entreprises.

Certaines estimations internes suggèrent que l’abolition de l’impôt pourrait réduire significativement les prix du marché et faciliter une plus grande exportation d’électricité vers la France et le Portugal, en capitalisant sur la compétitivité des ressources renouvelables espagnoles. Une telle réduction aiderait à alléger les coûts énergétiques pour l’industrie et pour les consommateurs domestiques, à condition qu’elle ne soit pas compensée par de nouvelles taxes.

Du point de vue de la transition énergétique, le message que délivre le secteur renouvelable est que taxer le vecteur énergétique que l’on cherche à promouvoir n’a pas de sens. Si l’on souhaite électrifier les transports, le chauffage et certaines activités productives, la cohérence nécessite d’alléger la fiscalité sur l’électricité, surtout lorsque celle-ci provient de sources sans émissions.

Il reste à déterminer comment cette demande s’accorde avec les besoins de financement de l’État et des communautés autonomes. Toute réforme de l’IVPEE et des taxes associées à l’électricité devra prendre en compte des mécanismes alternatifs de recouvrement ou un redéveloppement du ensemble des prélèvements énergétiques, ce qui nécessitera de larges accords politiques.

La controverse autour de l’impôt de 7% sur la production électrique résume en grande partie les tensions de la politique énergétique actuelle : un système électrique en transition vers les renouvelables, une fiscalité héritée d’une époque de déficit tarifaire, et une pression croissante pour réduire le coût de l’électricité et accroître la compétitivité sans compromettre la stabilité budgétaire. La décision sur l’avenir de l’IVPEE sera, dans une large mesure, un test pour déterminer à quel point l’Espagne est prête à aligner son cadre fiscal avec les aspirations d’électrification et de décarbonisation fixées pour cette décennie.

Mon avis :

L’imposition du 7% sur la génération électrique en Espagne soulève des préoccupations quant à son impact sur la compétitivité des énergies renouvelables. Bien qu’initialement conçue pour équilibrer le déficit tarifaire, cette taxe pourrait freiner l’électrification et désavantager les producteurs espagnols face à des voisins comme le Portugal, qui ont aboli des taxes similaires.

Les questions fréquentes :

Qu’est-ce que l’impôt de 7% sur la production électrique et pourquoi a-t-il été créé ?

L’impôt sur la valeur de la production d’énergie électrique (IVPEE), informellement connu sous le nom d’« impôt de 7% », taxe les revenus des entreprises génératrices d’électricité en Espagne. Il a été instauré il y a plus d’une dizaine d’années en réponse à un déficit tarifaire élevé dans le système électrique, afin que les producteurs d’électricité, y compris les renouvelables, contribuent à réduire ce déficit budgétaire.

Quelle est la position de l’APPA sur cet impôt ?

L’APPA (Association des entreprises d’énergies renouvelables) demande l’élimination immédiate de l’impôt de 7%, le considérant incompatible avec les priorités énergétiques et économiques actuelles. Ils estiment que la taxation de la production électrique constitue un frein à l’électrification et à la compétitivité, et va à l’encontre de la transition énergétique souhaitée.

Quel est l’impact de cet impôt sur la compétitivité des entreprises espagnoles ?

La pression fiscale élevée sur l’électricité due à cet impôt désavantage les entreprises electro-intensives en Espagne, comparativement à celles situées dans des pays voisins avec une charge fiscale plus faible. Cela renforce la nécessité de réindustrialisation verte et pourrait dissuader les investissements dans le secteur des énergies renouvelables.

Comment les recommandations de la Commission européenne influencent-elles ce débat ?

La Commission européenne a recommandé de réduire la charge fiscale sur l’électricité, particulièrement celle issue de sources renouvelables, pour accélérer la décarbonisation et améliorer le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises. L’APPA soutient que l’actuelle structure fiscale, en taxant lourdement l’électricité, va à l’encontre de cette directive européenne orientée vers la transition énergétique et climatique.

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