Le gouvernement argentin avance dans la privatisation de quatre réservoirs patagoniques, suscitant l’intérêt avec des offres atteignant 685 millions de dollars (environ 640 millions d’euros). Ces installations, cruciales pour la production d’électricité, représentent environ 15% de l’énergie nationale. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de réformes économiques.

Privatization des Quatre Barrages Patagoniques du Comahue

Le gouvernement argentin a franchi une étape décisive dans son projet de privatisation de quatre barrages patagoniques situés dans la région du Comahue, en annonçant avoir reçu des offres économiques totalisant 685 millions de dollars. Ces centrales, implantées sur les rivières Limay et Neuquén, jouent un rôle clé dans le paysage électrique du pays, représentant environ 15 % de la production d’énergie nationale.

L’opération consiste en la vente des parts des sociétés qui gèrent les complexes Alicurá, El Chocón-Arroyito, Piedra del Águila et Cerros Colorados. Par cette démarche, l’État argentin cherche à transférer la gestion et l’entretien de ces infrastructures au secteur privé, selon un schéma de concession à long terme, impliquant des obligations d’investissement significatives.

Offres pour 685 Millions de Dollars et Premières Attributions

Le ministère de l’Économie a fait savoir que huit entreprises et consortiums avaient participé à l’appel d’offres, bien que dans les étapes préliminaires, neuf propositions avaient été comptabilisées, certaines d’entre elles ayant fini par se regrouper. La somme des meilleures propositions pour chacune des concessions garantit un revenu minimum de 685 millions de dollars, supérieur aux 500 millions initialement prévus par le gouvernement.

Luis Caputo, le ministre de l’Économie, a communiqué les résultats préliminaires via son compte sur le réseau social X, précisant que cela confirme l’intérêt du secteur privé pour investir en Argentine lorsque les règles sont claires. Le Palais de la Hacienda souligne que la concurrence entre groupes locaux et internationaux a été intense, avec de nombreuses enchères très serrées.

Trois des quatre barrages ont déjà des attributaires préliminaires, tandis qu’un quatrième complexe nécessitera une instance supplémentaire pour son adjudication. Avec cela, le gouvernement considère avoir achevé la phase d’ouverture des offres économiques et entre dans une étape plus administrative et légale, en vue d’une attribution définitive prévue avant la fin de l’année.

En plus du paiement initial pour le lot d’actions, les entreprises lauréates devront s’engager à réaliser des investissements pour moderniser les équipements, renforcer la sécurité opérationnelle et assurer la continuité du service. Cette combinaison de redevance et de plan d’investissement constitue l’un des arguments centraux que l’administration utilise pour justifier la privatisation auprès de l’opinion publique.

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Qui S’Occupera de Chaque Barrage du Comahue ?

Pour la centrale Alicurá, l’offre la plus avantageuse a été formulée par Edison Inversiones, qui a proposé environ 162 millions de dollars. Cette proposition a surpassé celle de l’opérateur actuel, l’américaine AES, qui avait proposé près de 130 millions de dollars. Ainsi, le complexe passera sous le contrôle d’un groupe d’entrepreneurs à capitaux majoritairement argentins.

En ce qui concerne le barrage de Piedra del Águila, la meilleure offre provient de Central Puerto, un acteur majeur du secteur énergétique local, qui a proposé 245 millions de dollars. Ce faisant, la compagnie assure sa continuité à la tête de l’exploitation de cette centrale, l’une des plus importantes du système hydroélectrique patagoni.

Pour le bloc formé par El Chocón et Arroyito, la compétition a été particulièrement intense. L’offre gagnante a été celle de MSU Green Energy (BML), qui a proposé environ 235,6 millions de dollars, surpassant l’offre de l’italienne Enel, l’opératrice actuelle, qui avait soumis une proposition d’environ 172,2 millions de dollars. La différence économique a penché la balance en faveur du consortium argentin.

La situation est différente pour Cerros Colorados. Bien que la meilleure offre ait également été celle de MSU Green Energy, avec environ 41,7 millions de dollars, celle de Edison Inversiones est restée très proche, avec environ 38 millions de dollars, soit moins de 10 % de différence. Cela nécessite une instance de départage, comme stipulé dans le cahier des charges.

Un Processus en Deux Étapes : Préqualification et Concours Économique

Le chemin vers la privatisation des quatre barrages patagoniques s’est déroulé en plusieurs phases. Tout d’abord, le ministère de l’Économie a lancé un appel d’offres public national pour la vente du capital des sociétés qui gèrent les complexes hydroélectriques. Par la suite, une période de préqualification technique et légale a été ouverte pour filtrer les potentiels soumissionnaires.

Cette première étape a permis d’évaluer des critères tels que l’expérience dans l’exploitation de grandes centrales hydroélectriques, la solvabilité financière ainsi que le respect des réglementations. Le résultat a été une liste de sept consortiums préqualifiés, qui incluaient des opérateurs déjà présents dans le pays tels qu’Enel, AES Argentina, Central Puerto-Central Costanera et Orazul, ainsi que des groupes menés par Edison, Aluar-Genneia et Pampa Energía.

Simultanément, la commission d’évaluation a décidé de rejeter l’offre de IPS Renewal, considérant que celle-ci ne remplissait pas les exigences minimales d’expérience technique ni certains critères légaux établis dans le cahier des charges. Cette décision a été publiée dans la Résolution 1910/2025 dans le Bulletin Officiel, détaillant les conditions du concours.

Une fois la préqualification réussie, le processus est passé à l’étape décisive : l’ouverture des offres économiques, qui s’est déroulée via la plateforme électronique CONTRAT.AR lors d’un acte public. Cette étape a révélé aussi bien la redevance proposée par chaque centrale que les engagements d’investissement liés à l’exploitation future.

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Détails du Paquet d’Actions et Délais de Concession

L’opération ne concerne pas la vente directe des barrages en tant qu’actifs physiques, mais bien le transfert du capital des sociétés qui les administrent. Plus précisément, le paquet en jeu comprend le 51 % des actions de classe “A”, le 47 % des actions de classe “B” et le 2 % des actions de classe “C”, ce qui en pratique octroie un nouveau contrôle total des entreprises gestrices.

Les entreprises concernées sont Alicurá Hidroeléctrica Argentina S.A., Chocón Hidroeléctrica Argentina S.A., Cerros Colorados Hidroeléctrica Argentina S.A. et Piedra del Águila Hidroeléctrica Argentina S.A.. Toutes ces entités font partie du réseau d’entreprises liées au secteur public énergétique argentin, dont ENARSA, dont le processus de privatisation est soutenu par des normes telles que les lois 23.696 et 27.742.

Les nouveaux opérateurs obtiendront la concession pour vendre de l’électricité pendant 30 ans, une période suffisante pour amortir les investissements prévus en modernisation et entretien. Jusqu’au transfert effectif de gestion, les centrales continueront d’être exploitées par les concessionnaires sortants, dont les contrats originaux de 30 ans ont déjà expiré depuis plus de deux exercices.

Du point de vue du gouvernement, le schéma de concession combine l’objectif d’obtenir des revenus fiscaux immédiats à travers la vente d’actions, avec le souhait d’encourager des nouvelles investissements privés dans les infrastructures énergétiques, et ce, sans que l’État ait à assumer directement ces coûts dans un contexte de restrictions budgétaires.

Obligations d’Investissement et Modernisation pour les Nouveaux Propriétaires

L’un des points centraux du cahier des charges est l’exigence pour les futurs concessionnaires d’assumer un engagement clair d’investissement dans les travaux, réformes et infrastructures. Il ne s’agit pas seulement de maintenir l’état actuel des centrales, mais de garantir que leur opération soit sûre, efficace et durable sur le plan environnemental durant toute la durée de la concession.

Parmi les exigences figurent des tâches comme la modernisation des équipements électromécaniques, l’amélioration des systèmes de contrôle et de protection, l’adaptation des protocoles de sécurité en cas de crues, et l’implémentation de technologies visant à accroître le rendement énergétique. Ces obligations viendront s’ajouter aux travaux réguliers d’exploitation et de maintenance, entièrement à la charge des attributaires.

Les autorités officielles insistent sur le fait que la forte concurrence des grandes entreprises électriques démontre un grand intérêt pour l’exploitation et la modernisation de l’un des ensembles hydroélectriques les plus significatifs d’Argentine, ce que le gouvernement interprète comme un signe de confiance dans le cadre réglementaire actuel. Les attentes officielles sont que les nouvelles investissements conduisent à une plus grande stabilité du système électrique et à un usage plus efficace des ressources hydriques.

Parallèlement, le gouvernement a clarifié que le processus a été conçu selon des critères de concurrence, de transparence et de maximisation de la valeur des actifs publics. La combinaison de filtres techniques, la publication des cahiers des charges et l’utilisation de plateformes électroniques pour la réception des offres font partie de cette tentative de montrer une procédure ouverte et vérifiable, particulièrement sensible dans un secteur aussi stratégique que l’énergie.

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Contexte Politique et Énergétique de la Privatisation

L’annonce des offres pour les quatre barrages patagoniques a été accompagnée de messages politiques de haut niveau. Le président Javier Milei a salué le lancement de la phase de vente avec un évocateur “Cela commence, les privatisations” sur ses réseaux sociaux, réitérant que ce processus fait partie du programme général de désétatisation que son administration pousse depuis le début de son mandat.

Dans le contexte énergétique, cette initiative s’inscrit dans un plan plus vaste de reconfiguration du système hydroélectrique et de révision du rôle de l’État en tant qu’opérateur direct. Outre les barrages du Comahue, le gouvernement a déjà mis en marche les préparatifs pour concéder d’autres sept centrales hydroélectriques dont les contrats expirent entre fin 2025 et mi-2026.

Parmi ces complexes figurent Futaleufú, Cabra Corral, El Tunal, Ullum, El Cadillal, Escaba et Pueblo Viejo. Pour ces installations, l’entreprise d’État Enarsa, qui contrôle actuellement leur exploitation, a lancé des audits techniques pour évaluer l’état des machines et quantifier les investissements nécessaires avant une éventuelle reprise de la privatisation.

Cette stratégie vise à alléger la présence directe de l’État dans la gestion des actifs énergétiques, tout en cherchant à attirer des capitaux privés pour renouveler des infrastructures vieillissantes. Cependant, le débat public sur l’impact de ces politiques sur les tarifs, l’emploi et le contrôle des ressources stratégiques reste largement ouvert et suscite des positions contrastées au sein de la société argentine.

Avec les offres économiques déjà présentées, le processus de privatisation des quatre barrages patagoniques entre dans une phase décisive : il reste les dernières démarches administratives, la résolution du départage pour Cerros Colorados et la formalisation des attributions, étapes qui détermineront qui seront les acteurs privés chargés de gérer au cours des prochaines décennies une partie essentielle du cœur hydroélectrique de la Patagonie.

Mon avis :

Le plan de privatisation des quatre réservoirs patagoniques par le gouvernement argentin, évalué à environ 640 millions d’euros, témoigne d’un intérêt accru du secteur privé pour l’infrastructure énergétique. Cependant, cette transition soulève des questions sur la régulation, la sécurité énergétique et les impacts sur les tarifs, nécessitant une surveillance étroite.

Les questions fréquentes :

Quelles sont les quatre centrales hydroélectriques concernées par la privatisation en Argentine ?

Le gouvernement argentin a décidé de privatiser quatre centrales hydroélectriques : Alicurá, El Chocón-Arroyito, Piedra del Águila et Cerros Colorados. Ces installations sont situées dans la région du Comahue et jouent un rôle crucial dans la production d’énergie du pays.

Quel est le montant des offres reçues pour ces centrales ?

L’Argentine a reçu des offres totalisant 685 millions de dollars (environ 646 millions d’euros) pour la privatisation de ces centrales. Ce montant dépasse les 500 millions de dollars que le gouvernement avait initialement prévu de récolter.

Quelles sont les obligations des entreprises qui remporteront l’appel d’offres ?

Les entreprises gagnantes devront s’engager à réaliser d’importantes investissements pour moderniser les équipements, améliorer la sécurité opérationnelle et garantir la continuité du service. Ces obligations visent à assurer un fonctionnement sûr et efficace des centrales pendant toute la durée de la concession.

Quelle est la durée des concessions attribuées aux nouveaux opérateurs ?

Les nouveaux opérateurs se verront attribuer une concession de 30 ans pour vendre l’électricité produite par ces centrales. Cette période permettra de rentabiliser les investissements nécessaires à leur modernisation et à leur entretien.

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