Les pugs sont devenus des compagnons prisés en Europe, se distinguant par leur caractère affectueux et leur apparence adorable. Cependant, leur morphologie brachycéphale soulève des inquiétudes croissantes parmi les vétérinaires et les associations de protection. Découvrez les défis de leur santé et des solutions pour assurer leur bien-être.
Les pugs sont devenus l’une des races de chiens petits les plus populaires en Europe et en Espagne, grâce à leur caractère affectueux, leur taille gérable et leur visage aplati si reconnaissable qui éveille la sympathie presque instantanément. Cependant, derrière cette apparence attachante se cache une réalité vétérinaire qui préoccupe de plus en plus les professionnels et les refuges.
La combinaison de leur morphologie brachycéphale, de l’augmentation des températures estivales et de certains modes de vie urbains fait que de nombreux pugs vivent dans des conditions critiques pendant les mois de chaleur. De plus, étant des chiens très familiaux, ils s’intègrent souvent dans la routine quotidienne de la maison, des voyages et des vacances, ce qui exige de leurs propriétaires un niveau d’attention et de prévention supérieur à celui d’autres races.
Pugs et anatomie brachycéphale : quand la forme du crâne complique la respiration

Les pugs font partie des races brachycéphales, caractérisées par un museau très court, une tête large et un visage aplati. Cet aspect, fruit d’une intense sélection génétique au fil des ans, a un coût évident : l’espace interne du crâne ne s’adapte pas bien à cette réduction du museau.
En pratique, des structures comme le palais mou, la langue ou les cornets nasaux se retrouvent comprimées dans un espace trop petit, entraînant un rétrécissement des voies respiratoires. De nombreux pugs développent le syndrome obstructif brachycéphalique, qui se traduit par des ronflements, des bruits respiratoires remarquables, une fatigue à l’effort minimal et des difficultés à respirer normalement.
Chez les chiens à museau long, une part essentielle de la régulation thermique se fait par le halètement : l’air entre par le nez et la bouche, est humidifié et refroidi, permettant de dissiper la chaleur interne. Chez le pug, ce flux d’air est compromis par une anatomie qui fonctionne comme un « goulot d’étranglement », rendant l’entrée et la sortie de l’air beaucoup plus difficiles.
Ce « entonnoir » interne fait que le halètement est moins efficace et que le chien doit fournir beaucoup plus d’efforts pour obtenir le même effet qu’un autre chien à museau long. À long terme, cela peut engendrer un stress respiratoire constant, aggravé lorsque l’été se profile ou que l’humidité ambiante augmente.
Des organismes professionnels comme l’Association mondiale des vétérinaires de petits animaux (WSAVA) ou l’Association américaine de médecine vétérinaire (AVMA) alertent depuis des années sur le fait que les pugs et d’autres races similaires ont un risque significativement plus élevé de subir des coup de chaleur et des crises respiratoires, même dans des situations qui sont tolérées sans problème par d’autres chiens.
Coup de chaleur en intérieur : un danger plus fréquent qu’il n’y paraît
Le coup de chaleur ou hyperthermie se produit lorsque la température corporelle dépasse la capacité de l’organisme à éliminer cet excès de chaleur. Pour un pug, cette marge de sécurité est particulièrement étroite : de petites variations de l’environnement peuvent déclencher une urgence.
Des scénarios qui semblent inoffensifs — comme être dans une pièce à 28-30 °C sans bonne ventilation, passer quelques minutes dans une voiture à l’arrêt ou gravir des escaliers dans un bâtiment surchauffé — peuvent engendrer une crise sérieuse chez un pug. Il n’est pas nécessaire de faire une promenade au soleil de midi pour que des problèmes surviennent.
Les vétérinaires d’urgence dans divers pays européens décrivent des cas récurrents de pugs arrivant haletants, avec des gencives très rouges ou bleutées, incapables de se tenir debout et avec des températures corporelles dangereusement élevées. Dans de nombreux cas, ces épisodes proviennent d’intérieurs surchauffés ou d’humidité élevée, et non uniquement à l’extérieur.
Des facteurs tels que l’obésité, le manque d’exercice régulier, l’âge avancé ou des interventions chirurgicales antérieures dans la région respiratoire augmentent encore ce risque. Un pug en surpoids, vivant dans un appartement mal ventilé et passant de longues heures seul à la maison en été, se trouve dans une situation particulièrement délicate.
Le stress, l’anxiété ou l’excitation augmentent également la fréquence respiratoire. Quelque chose d’aussi simple que le son de la sonnette, l’arrivée de visites ou le jeu intense du chien dans le salon pendant une journée chaude peut rapidement augmenter sa température interne, même sans sortir à l’extérieur.
Ventilateur contre climatisation : ce qui aide vraiment un pug
Beaucoup de familles qui vivent avec des pugs pensent qu’un ventilateur domestique est suffisant pour se rafraîchir pendant l’été. Cependant, pour ces chiens, cette solution est souvent insuffisante, surtout pendant les heures les plus chaudes ou en cas de vagues de chaleur.
Les chiens transpirent peu par la peau ; leur principal système de refroidissement est le halètement. Un ventilateur ne fait que déplacer l’air, mais si cet air est déjà chaud et qu’il y a beaucoup d’humidité, l’organisme de l’animal a très peu de marge pour éliminer la chaleur. Le résultat est que le pug continue d’avoir une respiration difficile, sans réussir à se rafraîchir complètement.
La climatisation, en revanche, modifie des variables clés de l’environnement : elle réduit la température et, dans de nombreux cas, diminue également l’humidité relative. Cela rend le halètement beaucoup plus efficace et permet au chien de ne pas devoir fournir un effort respiratoire de surcroît pour maintenir une température corporelle stable.
Pour de nombreux pugs, une différence de quelques degrés — par exemple, passer d’une pièce à 27 °C à une autre à 23-24 °C — peut signifier le passage d’une respiration forcée constante à une situation relativement calme. Il ne s’agit pas de luxe, mais d’une nécessité physique liée à leur mode de sélection et d’élevage.
Pour cette raison, de nombreux professionnels conseillent aux propriétaires de ces races de surveiller à la fois la température et l’humidité à l’intérieur de la maison. Des environnements très humides compliquent encore plus la thermorégulation, même si le thermomètre n’affiche pas des chiffres extrêmes, ce qui est particulièrement pertinent dans de nombreuses zones côtières d’Espagne et d’autres parties de l’Europe.
Climatisation et éthique du bien-être chez les pugs
Le débat sur l’utilisation de la climatisation se limite souvent à la consommation énergétique ou à l’impact environnemental, mais dans le cas des pugs, la question va au-delà. Ce sont des animaux qui, par leur conception, présentent d’importantes limitations respiratoires, et cela impose une responsabilité supplémentaire à quiconque décide de vivre avec eux.
Des experts en bien-être animal soutiennent que, dans les climats chauds ou les habitations facilement surchauffées, l’utilisation de systèmes de refroidissement efficaces fait partie des soins de base lorsque des pugs sont dans la famille. Il ne s’agit pas tant de « les traiter comme des rois » mais de compenser, dans la mesure du possible, une anatomie qui est clairement désavantageuse face à la chaleur.
Concrètement, de nombreux vétérinaires recommandent comme routine quotidienne en été : maintenir une température intérieure modérée et stable, éviter de laisser le chien seul dans des maisons qui surchauffent sans climatisation, et appliquer des précautions strictes dans la voiture, en vérifiant toujours que l’air froid atteint effectivement l’animal.
Il est également conseillé de réduire au minimum l’exercice et les jeux intenses pendant les heures centrales de la journée, même à l’intérieur, et de fournir de l’eau fraîche de façon continue. Un pug ne devrait pas faire de longues promenades ni d’activités épuisantes lorsque la température augmente, même à l’ombre.
Sans ce type de mesures, le « simple chaud été » que d’autres races supportent avec de l’ombre et de l’eau peut devenir, pour de nombreux pugs, un facteur de risque réel de mort subite. Avoir la climatisation, un accès à des zones fraîches et une supervision rapprochée durant les journées les plus chaudes devrait être considéré comme des mesures préventives de base, et non comme des caprices.
Le quotidien avec un pug : compagnie intense et soins constants
Au-delà de l’aspect médical, vivre avec un pug implique une relation très proche. Ils sont souvent des chiens affectueux, curieux et protecteurs, très attentifs à ce qui se passe dans la maison et aux mouvements de leurs personnes de référence. Ce ne sont pas des animaux qui supportent bien de passer de longues heures complètement seuls.
Beaucoup de propriétaires racontent comment leurs pugs les suivent de chambre en chambre, se couchent près de leur poitrine ou à leurs pieds dans le lit et réagissent rapidement à tout changement de routine. Cet attachement intense peut les transformer en grand soutien émotionnel, mais cela oblige aussi à établir des limites et des habitudes claires pour éviter que le chien ne vive dans un état d’excitation constant.
Dans les foyers où il y a des personnes malades ou en convalescence, il est fréquent que le pug adopte un rôle protecteur : il se situe à côté, accompagne chaque mouvement et semble toujours être « de garde ». Cette loyauté, très appréciée par les familles, coexiste avec un caractère joueur et, parfois, un peu têtu, qui fait qu’ils obéissent quand ils le souhaitent et font les sourds quand quelque chose ne leur plaît pas.
Leur niveau d’énergie est généralement modéré, mais ils nécessitent une stimulation quotidienne : de petites promenades, des jeux calmes en intérieur, des jouets interactifs et, surtout, du temps partagé. Un pug ennuyé peut devenir destructeur ou développer des problèmes de comportement liés à l’anxiété de séparation.
Avec les enfants, de nombreux pugs montrent une grande patience et un fort désir de participer à tout ce qui se passe autour d’eux. Cependant, il est essentiel d’apprendre aux plus jeunes à respecter leur espace, en particulier pendant les périodes de chaleur ou lorsque le chien est fatigué, pour ne pas le pousser au-delà de ses limites physiques.
Plages, voyages et projets : ce qu’il faut prendre en compte
Beaucoup de pugs adorent sortir de la maison, aller à la plage ou voyager avec leur famille, ce qui devient de plus en plus courant en Europe grâce à l’offre croissante d’hébergements et de services accueillants pour les animaux. Cependant, leur vulnérabilité face à la chaleur oblige à planifier ces activités avec plus de soin que pour d’autres races.
À la plage, par exemple, certains chiens apprécient de courir sur le sable et de se baigner avec un gilet de sauvetage pour plus de sécurité. Il est important de limiter le temps passé au soleil, de fournir des zones d’ombre et de s’assurer qu’ils ne boivent pas trop d’eau salée ou ne mangent pas de sable, surtout s’ils sont jeunes.
Les longs trajets en voiture nécessitent une surveillance constante : le pug doit être bien attaché, dans un transporteur sécurisé ou avec un harnais adapté, loin des courants d’air directs mais avec une climatisation adéquate. Il ne faut jamais le laisser seul dans un véhicule stationné, même « quelques minutes », car l’intérieur peut rapidement surchauffer.
Dans les logements touristiques, il est conseillé de vérifier que la chambre est bien ventilée ou équipée d’une climatisation, et que le chien a toujours accès à de l’eau fraîche. Réduire les promenades pendant les heures centrales de la journée et privilégier des sorties courtes au lever et au coucher du soleil peut faire une grande différence.
Avant d’organiser des voyages exigeants, de nombreux vétérinaires recommandent de faire un bilan complet du pug, en évaluant notamment sa capacité respiratoire et sa tolérance à l’exercice. Dans certains cas, il peut être plus prudent de laisser le chien aux soins d’une personne de confiance dans un environnement frais et contrôlé.
Le rôle clé du propriétaire : prévention, observation et bon sens
Prendre soin d’un pug implique beaucoup plus que de lui fournir de la nourriture et de l’affection. Ces chiens nécessitent des contrôles vétérinaires réguliers, au moins tous les quelques mois, afin de surveiller leur respiration, leur poids et d’éventuelles allergies. Détecter à temps toute détérioration peut éviter des complications graves.
La nutrition et le contrôle du surpoids sont essentiels : quelques kilos en trop pour un petit chien comme le pug se traduisent par un poids énorme pour son système respiratoire et son cœur. Ajuster les rations, limiter les friandises caloriques et promouvoir des promenades modérées font partie de leurs soins de base.
Il est également essentiel de les protéger de la chaleur directe et d’éviter qu’ils ne se surmènent en jouant, surtout dans des climats chauds comme ceux que l’on trouve dans une grande partie de l’Espagne. Bien qu’ils adorent courir ou plonger dans l’eau, la priorité doit toujours être leur sécurité et leur réelle capacité de récupération.
Au-delà des règles générales, les propriétaires s’accordent à dire que la clé est d’observer le chien jour après jour : comment il respire, combien de temps il met à se calmer après un effort, s’il ronfle plus que d’habitude, s’il montre de l’apathie ou s’épuise facilement. Chaque pug est différent, et apprendre à interpréter ses signaux est fondamental.
Au fil du temps, beaucoup de personnes qui étaient initialement réticentes à vivre avec un chien finissent par reconnaître que leur pug a changé leur manière d’appréhender la vie : ils les obligent à ralentir, à être plus présents et à apprécier la compagnie quotidienne d’un animal qui, malgré ses limitations physiques, offre une loyauté quasi inébranlable.
La réalité de la race présente un visage attachant et un autre plus exigeant : les pugs sont des compagnons intenses, affectueux et souvent amusants, mais ils requièrent une attention sanitaire et environnementale bien supérieure à la moyenne. Comprendre comment ils sont affectés par la chaleur, pourquoi leur anatomie complique leur respiration et quelles mesures concrètes ils nécessitent à la maison et dans la rue permet à ces chiens de profiter d’une vie plus longue et plus confortable, et à ceux qui vivent avec eux de le faire en toute tranquillité, sachant qu’ils prennent des décisions responsables.
Mon avis :
Les pugs, appréciés pour leur tempérament affectueux et leur taille réduite, présentent néanmoins des défis respiratoires liés à leur morphologie brachycéphale, exacerbés en été. Bien que leur compagnie soit enrichissante, les propriétaires doivent investir dans des solutions de climatisation et veiller à leur santé, surtout en période de chaleur.
Les questions fréquentes :
Qu’est-ce qu’un pug et pourquoi est-il si populaire ?
Les pugs sont devenus l’une des races de chiens les plus populaires en Europe et en Espagne grâce à leur personnalité affectueuse, leur taille compacte et leur visage plat qui suscite rapidement la sympathie. Cependant, leur morphologie brachycéphalique soulève des préoccupations de santé, notamment des difficultés respiratoires, surtout en été.
Quels sont les risques liés à la chaleur pour les pugs ?
Les pugs, en raison de leur anatomie, sont particulièrement vulnérables aux coups de chaleur. Des scénarios apparemment inoffensifs, comme rester dans une pièce chaude ou dans une voiture à l’arrêt, peuvent causer de graves problèmes respiratoires. Il est essentiel de surveiller leur température corporelle et leur environnement, surtout en été.
Quelle est la meilleure façon de garder un pug au frais pendant l’été ?
L’air conditionné est souvent recommandé pour les pugs, car il réduit non seulement la température mais aussi l’humidité, rendant le halètement beaucoup plus efficace. Contrairement à un ventilateur, qui ne fait que déplacer l’air chaud, l’air conditionné offre un véritable répit à ces chiens face à la chaleur.
Comment assurer le bien-être d’un pug au quotidien ?
Prendre soin d’un pug nécessite une attention constante à sa santé et à son environnement. Des visites vétérinaires régulières, un régime alimentaire équilibré pour éviter l’obésité, ainsi que des exercices modérés sont essentiels. Évitez les jeux intensifs durant les heures de chaleur et offrez-lui un accès constant à de l’eau fraîche.

