Seul pick-up grand format à décrocher le Top Safety Pick+ 2025-2026 de l’IIHS, le Tesla Cybertruck a évité 100 % des collisions piétons lors des tests clés, après des modifications lancées en avril 2025, alors que Tesla prépare en parallèle une hausse de 20 % de la production à Giga Berlin.
Tesla Cybertruck décroche le Top Safety Pick+ de l’IIHS, un cas unique chez les grands pickups
Le Tesla Cybertruck vient d’obtenir la distinction Top Safety Pick+ 2026 de l’Insurance Institute for Highway Safety. Selon l’IIHS, il s’agit du seul grand pickup actuellement classé à ce niveau dans sa catégorie. Le label couvre les modèles 2025-2026 produits après avril 2025, soit après une mise à niveau ciblée de la structure avant et du footwell. Cette précision compte, car elle montre que le résultat ne repose pas seulement sur l’architecture d’origine du véhicule, mais aussi sur une correction technique documentée.
Dans le détail, le Cybertruck obtient la note “Good” aux essais small overlap front, moderate overlap front mis à jour et side test mis à jour. Il reçoit aussi une note “Good” pour le système standard de prévention des collisions avec piétons et “Good” pour le front crash prevention vehicle-to-vehicle 2.0. Chez les grands pickups, le contraste est net : selon l’IIHS, le Toyota Tundra se contente d’un Top Safety Pick, tandis que les Ford F-150 et Ram 1500 ne décrochent aucune des deux distinctions. À mes yeux, c’est le point le plus fort du dossier : le Cybertruck ne gagne pas juste un badge, il gagne un écart clair sur ses rivaux directs.
Ce que les modifications d’avril 2025 ont réellement changé
L’IIHS indique que les Cybertruck concernés ont reçu des renforts de soubassement avant et des modifications du footwell pour améliorer la protection en cas de choc frontal small overlap côté passager. Ce détail technique change la lecture du résultat. On n’est pas face à un véhicule figé, mais face à un pickup corrigé après retour d’essai. C’est souvent là que se joue la crédibilité d’un constructeur : non pas au moment de la promesse, mais au moment de la correction.
Selon la fiche d’évaluation de l’IIHS, le véhicule obtient ensuite “Good” sur l’ensemble des mesures passager et conducteur dans ce test, y compris tête/cou, thorax, hanches/cuisses et jambes/pieds. L’organisme précise aussi que la note small overlap s’applique aux modèles 2025-2026 construits après avril 2025. Autrement dit, la version primée n’est pas n’importe quel Cybertruck en circulation. Pour un acheteur, cette nuance est essentielle. Pour un rédacteur, elle évite de sur-vendre.
La prévention des collisions est presque aussi importante que la résistance au choc
Le Cybertruck n’a pas seulement bien résisté aux crash-tests. Il a aussi validé les critères 2026 les plus exigeants sur l’évitement. Selon l’IIHS, son système standard de prévention des collisions avec piétons a obtenu la note “Good”. La source fournie indique même que le pickup a évité chaque collision testée dans les scénarios piéton de jour comme de nuit, y compris le croisement d’un enfant en journée, la traversée d’un adulte de nuit et le scénario d’adulte parallèle de nuit.
C’est un point concret, pas cosmétique. Un grand pickup de plus de 2,9 tonnes à vide peut faire beaucoup de dégâts s’il ne freine pas à temps. Or l’IIHS montre ici que le logiciel et les capteurs du Cybertruck ne servent pas seulement à l’assistance de conduite marketing. Ils pèsent directement dans la note sécurité. Mon avis est simple : sur un véhicule aussi massif, l’active safety n’est pas un bonus, c’est une obligation industrielle.
Fiche technique officielle : un pickup électrique très lourd, très puissant et très rapide
La fiche officielle de Tesla donne plusieurs chiffres utiles que la source d’origine ne détaillait pas. Le Cybertruck existe notamment en version Dual Motor All-Wheel Drive avec 325 miles d’autonomie EPA estimée, 0 à 60 mph en 4,1 secondes, vitesse maximale de 112 mph et capacité de remorquage de 11 000 lb, soit 4 990 kg après conversion. Son poids affiché atteint 6 537 lb, soit environ 2 965 kg. Tesla annonce aussi jusqu’à 132 miles récupérés en 15 minutes sur borne rapide, avec un pic de charge à 325 kW.
La version Cyberbeast monte à 320 miles d’autonomie estimée, 2,6 secondes sur le 0 à 60 mph, 130 mph en vitesse de pointe, 11 000 lb de remorquage et 6 863 lb sur la balance, soit environ 3 113 kg. La plateforme conserve cinq places, un écran central de 18,5 pouces, un écran arrière de 9,4 pouces et jusqu’à 16 pouces de garde au sol en mode Extract. Selon la page française de Tesla, la charge utile maximale peut atteindre 1 134 kg et le volume de rangement verrouillable 1 897 litres. Ce ne sont pas des chiffres anecdotiques : ils rappellent que le Cybertruck reste conçu comme un outil, même s’il se vend surtout comme objet techno.
Deux métriques dérivées qui éclairent mieux le produit
Première métrique dérivée : l’écart de capacité de remorquage avec le Ford F-150. Selon Ford, le F-150 2026 peut grimper jusqu’à 13 500 lb, soit 6 123 kg. Face aux 11 000 lb du Cybertruck, l’écart est de 2 500 lb, soit 1 134 kg. En pourcentage, le Cybertruck affiche une capacité de remorquage inférieure d’environ 18,5 % par rapport au maximum annoncé par le F-150. C’est un rappel utile : meilleur en sécurité ne veut pas dire leader sur tous les critères.
Deuxième métrique dérivée : le rendement théorique de recharge rapide rapporté à l’heure. Tesla annonce jusqu’à 132 à 137 miles récupérés en 15 minutes selon version. Cela équivaut à 528 à 548 miles par heure de recharge théorique, soit environ 850 à 882 km/h si l’on convertit. Dans la vraie vie, personne ne recharge une heure entière à ce rythme. Mais la métrique montre un point clair : sur autoroute, le Cybertruck compense une partie de son gabarit par une recharge très agressive.
Face aux concurrents, le Cybertruck domine en sécurité, pas forcément en polyvalence brute
Le comparatif le plus intéressant vient de l’IIHS, car il met toutes les bases sur la même échelle. Le Cybertruck est le seul grand pickup classé Top Safety Pick+. Le Toyota Tundra obtient Top Safety Pick, avec une note “Acceptable” en prévention des collisions avec piétons et sans résultat publié pour le test vehicle-to-vehicle 2.0 sur la synthèse consultée. Le Ford F-150, lui, affiche une note “Poor” au moderate overlap front sur la version crew cab et une note “Poor” pour le système optionnel vehicle-to-vehicle 2.0. Le Ram 1500 affiche aussi “Poor” au moderate overlap front et “Marginal” pour son système standard vehicle-to-vehicle 2.0.
En revanche, si l’on quitte le terrain strict de la sécurité, le Ford F-150 garde un avantage utilitaire net. Selon Ford, son maximum atteint 13 500 lb de remorquage et 2 440 lb de charge utile, soit environ 1 107 kg. Le Cybertruck, selon Tesla France, annonce jusqu’à 1 134 kg de charge utile maximale. L’écart de charge utile est donc faible en faveur du Cybertruck, autour de 27 kg si l’on compare les maxima déclarés. En clair : le pickup de Tesla n’est pas à la traîne pour charger, mais il reste derrière sur le remorquage pur face au meilleur F-150 configuré pour cela.
Le paradoxe réglementaire européen reste entier
La source d’origine insistait sur l’interdiction du Cybertruck sur route ouverte au Royaume-Uni et dans une grande partie de l’Europe. Le fond du sujet tient toujours. Les règles européennes sur les saillies extérieures imposent que la surface externe d’un véhicule ne présente pas de parties pointues, tranchantes ou rigides susceptibles d’aggraver les blessures. Le texte réglementaire consulté via EUR-Lex résume précisément cette logique de protection des usagers vulnérables. C’est le vrai paradoxe du Cybertruck : il excelle dans un protocole américain de protection des occupants et de prévention active, mais son dessin extérieur reste difficilement conciliable avec le cadre européen sur la protection des piétons.
À mon sens, ce paradoxe n’est pas une contradiction. Il dit simplement que deux régulateurs n’évaluent pas la même priorité avec la même pondération. Aux États-Unis, un grand pickup est d’abord jugé sur sa capacité à protéger ses occupants et à éviter des collisions types du marché local. En Europe, l’impact potentiel sur les piétons et cyclistes pèse plus lourd dans l’homologation de forme. Le Cybertruck n’est donc pas “trop sûr pour l’Europe”. Il est surtout trop atypique pour son cadre réglementaire actuel.
Prix officiels : des montants élevés, encore plus visibles une fois convertis en euro
La page consultée de Tesla ne faisait pas remonter le tarif dans l’extrait, donc sur ce point précis : non communiqué sur l’extrait exploitable. En revanche, les prix publics généralement associés aux versions américaines récentes du Cybertruck tournent autour de 75 000 $ pour l’entrée de gamme à transmission intégrale et 99 990 $ pour la version Cyberbeast ; convertis au taux de change de la Banque centrale européenne du 23 juin 2026, soit 1 USD = 1,1392 EUR en cotation USD/EUR, cela représente environ 65 836 € et 87 772 €.
Cette conversion rappelle un fait simple : même sans homologation européenne, le Cybertruck se place déjà sur un territoire tarifaire premium pour un pickup. Et ce niveau de prix renforce l’intérêt d’un bon score sécurité. Quand un véhicule dépasse les 65 000 € convertis, l’acheteur attend autre chose qu’un design spectaculaire. Il attend des preuves mesurables.
Cas d’usage concret : chantier, remorque, flotte premium
Le Cybertruck a un positionnement hybride. Selon Tesla France, sa charge utile maximale de 1 134 kg et son volume de rangement verrouillable de 1 897 litres le rendent crédible pour un artisan, une équipe d’intervention ou un usage loisir avec matériel lourd. Les 4 990 kg de remorquage officiels sur les versions hautes couvrent aussi de nombreux usages tractés : bateau, remorque fermée, engins légers ou van de taille contenue.
Mais le plus crédible, à court terme, reste sans doute l’usage flotte premium ou image de marque sur le marché nord-américain. Pourquoi ? Parce que l’argument sécurité de l’IIHS parle directement aux entreprises, aux assureurs et aux gestionnaires de parc. Un pickup électrique qui coche à la fois la prévention active, la protection en crash-test et la recharge rapide devient plus défendable dans un appel d’offres qu’un simple véhicule vitrine. C’est là que ce prix de l’IIHS peut avoir un effet commercial réel.
Pourquoi cette récompense compte davantage pour Tesla que pour un constructeur thermique établi
Chez Ford, Toyota ou Ram, un bon score sécurité sur pickup reste attendu. Chez Tesla, le Cybertruck partait avec deux handicaps narratifs : un design jugé agressif et une structure en acier inoxydable ultra-rigide qui suscitait la méfiance de nombreux observateurs. Obtenir un Top Safety Pick+ dans ce contexte vaut donc plus qu’une ligne de palmarès. Cela sert à corriger une perception de risque.
Le point clé est là : le Cybertruck ne devient pas subitement universel, ni adapté à tous les marchés. En revanche, il gagne une preuve objective sur le terrain où il était le plus attaqué. Selon l’IIHS, il protège mieux que tous les autres grands pickups actuellement testés selon les critères 2026. Et selon les données officielles de Tesla, il le fait sans renoncer à 325 kW de recharge, jusqu’à 1 134 kg de charge utile, 4 990 kg de remorquage et des performances de sportive. Pour un véhicule aussi clivant, c’est une réponse plus forte que n’importe quel discours marketing.
Source de référence
Fiche officielle IIHS du Tesla Cybertruck 2026
Mon avis :
Avis d’expert : le fait est solide, pas marketing : l’IIHS classe bien le Cybertruck Top Safety Pick+ 2026, seul grand pickup à ce niveau, avec critères renforcés et application aux exemplaires produits après avril 2025. La limite est tout aussi réelle : cette sécurité d’occupants ne règle pas les contraintes européennes de protection des piétons.





