Les Certificados de Ahorro Energético (CAE) jouent aujourd’hui un rôle crucial dans l’efficacité énergétique en Espagne, générant des investissements significatifs et révolutionnant le marché. Régulés par le Real Decreto 36/2023, ils transforment chaque kilowattheure économisé en un certificat négociable, offrant ainsi des opportunités économiques pour de nombreuses industries.
Les Certificats de Récupération Énergétique en Espagne
Les Certificats de Récupération Énergétique (CAE), autrefois réservés à des experts, sont désormais au cœur de l’efficacité énergétique en Espagne. Ce système permet de transformer chaque kilowattheure (kWh) d’énergie économisé en un certificat négociable, offrant ainsi des bénéfices financiers à ceux qui investissent dans des améliorations énergétiques.
Un système CAE en pleine expansion
Le système CAE, introduit par le Real Decreto 36/2023 et développé par l’Ordre TED/815/2023, a rapidement évolué d’une réglementation nouvelle à un outil opérationnel essentiel. En peu de temps, il a généré plus de 18 000 initiatives d’efficacité énergétique, permettant d’économiser plus de 7,5 TWh d’énergie et d’éviter l’émission d’environ 2 millions de tonnes de CO₂.
En termes d’ampleur, il a connu une croissance spectaculaire : le volume de certificats a augmenté de 12 GWh en 2023 à près de 1 900 GWh en 2024, atteignant environ 5 790 GWh dans la dernière période évaluée. Ce succès témoigne de l’adoption croissante par les entreprises et les administrations, qui considèrent le système comme un moyen stable de financer des améliorations et de minimiser les risques liés aux fluctuations des prix de l’énergie.
Diversité des actions et impacts financiers
Les initiatives d’économie d’énergie sont variées, avec plus de la moitié des économies provenant de projets d’envergure dans le secteur industriel. Les autres économies proviennent d’initiatives standardisées dans le secteur résidentiel, telles que la rénovation thermique, le remplacement de chaudières par des pompes à chaleur, et l’amélioration des systèmes de climatisation.
Le système a déjà généré des revenus dépassant 230 millions d’euros pour les propriétaires des économies, avec un prix moyen de 115-140 €/MWh. Ce flux financier a été déterminant pour la mise en œuvre de projets d’efficacité, notamment pour les PME et les secteurs énergivores.
Industrie et transport : des secteurs clés
Le secteur industriel a représenté environ 57% des économies certifiées. Ce succès repose sur l’amélioration des processus thermiques et électriques, l’optimisation de la climatisation et la modernisation des équipements productifs.
Le secteur transport est également en croissance, enregistrant près de 26-27% des économies, soit plus de 1 500 GWh. L’utilisation de véhicules électriques, l’optimisation des itinéraires, et la conduite efficace contribuent à générer des CAE, ce qui permet aux flottes de maximiser leurs économies de carburant.
Un exemple pertinent est celui de Transnaba, une entreprise de transport. Grâce aux améliorations d’efficacité de sa flotte à travers des solutions de télémetrie, la société a économisé plus de 1 000 litres de diesel par an pour chaque véhicule analysé. En conséquence, elle a récupéré plus de 50 000 euros grâce aux CAE en quatre mois.
Rôle des administrations publiques
Les administrations publiques peuvent également certifier et vendre les économies générées par leurs infrastructures. Le Service Aragonais de Santé (SALUD) a été parmi les premiers à exploiter ce potentiel, récoltant 48 482,18 euros de la commercialisation de 310 604 kWh d’économies certifiées, suite à une enchère.
Ces ressources ajoutent une dimension économique et écologique à leurs projets, permettant une réinjection dans de nouvelles initiatives d’efficacité énergétique et améliorant les infrastructures publiques.
Émergence d’un marché dynamique
Le lancement du système CAE a créé un écosystème économique impliquant des fabricants, des distributeurs, des ingénieries et des entreprises de services énergétiques. Plus de 4 000 demandes de certificats ont été traitées en 2025, indiquant l’engagement du secteur à respecter des standards élevés de documentation et de calculs.
En 2025, environ 56% des économies provenaient de sujets délégués, tandis que 44% étaient attribués à des sujets obligés. Cela témoigne d’un marché dynamique où coexistent grandes entreprises et PME spécialisées.
Vérification et rigueur technique
Pour maintenir la confiance dans le système CAE, il est essentiel que les économies d’énergie soient correctement mesurées et vérifiées. Les entreprises vérificatrices accréditées par l’ENAC jouent un rôle clé pour garantir que les économies revendiquées correspondent à des réductions réelles de consommation.
Les entreprises comme Dekra Certificación s’assurent que les économies déclarées sont justifiées, évitant ainsi les abus qui pourraient nuire à l’image du système.
Formation et sensibilisation
La promotion du système CAE s’accompagne d’un effort de formation et de sensibilisation. Des associations telles que ANESE organisent régulièrement des cours spécialisés pour enseigner les aspects légaux, économiques et techniques du système. Une formation ciblée a déjà attiré environ 250 professionnels.
De plus, des rencontres sectorielles, comme celle tenue dans le Castillo de Monte la Reina, explorent comment intégrer l’efficacité dans les stratégies commerciales, montrant ainsi que les CAE peuvent transformer les obligations réglementaires en opportunités d’affaires.
Ajustements nécessaires pour l’optimisation
Le succès rapide du système a également mis en évidence des défis opérationnels qui nécessitent une attention particulière. Le Foro CAE 2026 a permis d’identifier des propositions visant à améliorer la plateforme digitale du ministère et à homogénéiser les critères entre communautés autonomes pour réduire les incohérences.
Données, digitalisation et centrage sur le citoyen
Les débats du Forum CAE 2026 ont révélé que l’automatisation et l’utilisation de la technologie sont cruciales pour accélérer la vérification et l’analyse des résultats. L’implémentation de systèmes d’information adaptés permettra de faciliter le suivi des économies d’énergie et de partager les meilleures pratiques entre les régions.
Le système des “fiches d’économie” destinées aux citoyens fait partie des initiatives impactantes, simplifiant les actions d’économie d’énergie pour un public plus large, favorisant l’adhésion et notablement augmentant le nombre de demandes.
Le dévouement des administrations, entreprises et associations pour faire du CAE un modèle de référence s’affirme chaque jour, fascination croissante pour l’efficacité énergétique et le potentiel considérable qu’elle présente en termes économiques, environnementaux et compétitifs.
Mon avis :
Les Certificados de Ahorro Energético (CAE) en Espagne, régulés par le Real Decreto 36/2023, montrent une forte expansion, avec près de 5.790 GWh certifiés en 2024 et environ 230 millions d’euros d’investissements mobilisés. Cependant, des défis subsistent concernant la vérification et l’harmonisation des critères, nécessaires pour maintenir la confiance et l’efficacité du système.
Les questions fréquentes :
Qu’est-ce que les Certificats de Garantie d’Économie d’Énergie (CAE) ?
Les Certificats de Garantie d’Économie d’Énergie (CAE) sont des certificats négociables qui attestent des kWh d’énergie finale économisés par des améliorations de l’efficacité énergétique. Ils sont devenus une méthode clé pour encourager les investissements dans l’efficacité énergétique en Espagne, permettant aux entités de se conformer à des objectifs d’économie fixés par la réglementation.
Comment fonctionne le système CAE en Espagne ?
Le système CAE, régulé par le Real Decreto 36/2023 et l’Ordre TED/815/2023, a rapidement évolué pour devenir un outil opérationnel efficace. Il permet aux entreprises d’obtenir des certificats pour les économies d’énergie réalisées, créant ainsi un flux économique qui facilite l’adoption de pratiques énergétiques durables.
Quel est l’impact des CAE sur les différents secteurs ?
Les industries, en particulier, représentent environ 57 % des économies certifiées, tandis que le secteur du transport contribue à environ 27 %. Les améliorations, comme l’optimisation des routes et l’adoption de véhicules électriques, permettent aux secteurs de réaliser des économies significatives tout en réduisant les émissions de CO₂.
Quelles sont les perspectives d’avenir pour le système CAE ?
Le système CAE continuera à évoluer en réponse aux retours d’expérience et aux suggestions d’amélioration. Les recommandations incluent des ajustements pour simplifier les procédures administratives et garantir une expérience utilisateur plus fluide, permettant ainsi à un plus grand nombre d’entreprises et d’administrations de tirer parti de ce système essentiel pour la transition énergétique.