La réalité des drones autonomes se concrétise près de Shanghai, où A2Z Drone Delivery, une entreprise californienne, déploie 34 docks sur 965 miles carrés. Ce réseau sans précédent transforme la surveillance des ressources en eau et la livraison de nourriture, intégrant sécurité publique et innovation technologique dans un écosystème partagé.
Une société de drones américaine gère un réseau comprenant 34 docks de drones autonomes répartis sur 965 miles carrés en Chine, utilisés simultanément par plusieurs agences gouvernementales.
Ce projet se déroule juste au nord de Shanghai, où A2Z Drone Delivery, un développeur de drones basé à Torrance, en Californie, a achevé la deuxième phase de construction d’un des plus grands réseaux de docks de drones autonomes partagés au monde. Ce qui a commencé comme une expérience centrée sur la surveillance des voies navigables a évolué en une infrastructure aérienne régionale soutenant la sécurité publique, les inspections des transports, les missions de recherche et de sauvetage, et même la livraison de nourriture de dernière minute — tout cela à partir du même réseau de docks de drones surélevés.
Pourquoi ce projet existe-t-il en Chine et non aux États-Unis
À l’instar de nombreux développeurs de drones commerciaux, A2Z teste des opérations autonomes à grande échelle en dehors des États-Unis, où les contraintes réglementaires rendent difficile l’opération de réseaux de drones persistants au-delà de la ligne de vue (BVLOS) à grande échelle. La Chine offre un environnement dans lequel l’autonomie réelle peut être déployée, mise à l’épreuve et raffinée au fil de missions quotidiennes plutôt que d’essais limités.
Cette flexibilité réglementaire a permis aux ingénieurs de A2Z de faire fonctionner ce qu’ils appellent un « utilitaire aérien partagé » — un réseau croissant de AirDocks et de drones Longtail servant plusieurs clients simultanément sur une région de 965 miles carrés.
Le projet a été lancé fin 2024 dans le comté d’Anji, lorsque le Bureau local des Ressources en eau a installé huit AirDocks surélevés le long de près de 23 miles de voies navigables urbaines. Une petite flotte de drones Longtail Patrol a commencé à réaliser des missions entièrement autonomes, inspectant rivières, réservoirs et affluents selon un calendrier régulier.
Avant l’arrivée des drones, ces inspections étaient lentes et exigeaient beaucoup de personnel. Les équipes utilisaient des véhicules et des patrouilles à pied, souvent pendant plusieurs jours, pour effectuer ce que les drones réalisent désormais en environ 90 minutes. Les sections difficilement accessibles du système d’eau — auparavant inspectées peu ou pas du tout — sont devenues partie intégrante de chaque vol de routine.
Les résultats initiaux ont été suffisamment convaincants pour que le réseau de docks ne reste pas limité à la gestion de l’eau longtemps.

Un réseau de drones partagé, pas un système à usage unique
Les premiers intervenants locaux ont commencé à utiliser les mêmes AirDocks pour surveiller les embouteillages et soutenir une réponse rapide aux accidents de véhicule. Lorsque les agences gouvernementales n’utilisaient pas les drones, l’infrastructure n’est pas restée inactive. Au lieu de cela, les restaurants et cafés locaux ont été autorisés à utiliser le réseau avec une flotte séparée de drones Longtail Cargo pour livrer des repas aux hôtels et éco-resorts de la région.
L’idée était simple mais puissante : un ensemble de docks de drones, de nombreuses missions différentes.
La demande a rapidement dépassé le plan initial. Les huit premiers docks ont été étendus à 15 sites d’essai, et après un an d’opérations dans le monde réel, les responsables du comté ont approuvé une deuxième phase majeure.
Cette expansion a ajouté 19 AirDocks supplémentaires, portant le total à 34 stations de docking installées en permanence et étendant la couverture aérienne sur près de 1 000 miles carrés. Avec l’extension, de nouveaux cas d’utilisation sont apparus.
Le département des routes du comté utilise désormais les drones Longtail pour inspecter les routes d’en haut, repérant fissures, usure de surface ou débris sans envoyer des équipes dans un trafic actif. Les services d’urgence utilisent des aéronefs équipés de caméras infrarouges pour des missions de recherche et de sauvetage répétables, particulièrement utiles la nuit ou en terrain difficile.
Chaque AirDock peut automatiquement recharger jusqu’à quatre drones Longtail à la fois, permettant aux aéronefs de se déplacer entre les docks, de se poser pour recharger les batteries ou d’exécuter des missions de “portée infinie” sans intervention humaine.
Le volet de la livraison de nourriture du réseau a également connu une croissance rapide. Les clients des hôtels passent des commandes via une application similaire à Yelp, tandis que le personnel des restaurants apporte les repas préparés au AirDock le plus proche. Lorsque le drone atterrit, il abaisse un treuil intégré, permettant au personnel de fixer la commande sans avoir besoin d’un opérateur de drone formé.
À la destination, souvent située à des kilomètres, le drone abaisse en toute sécurité le colis depuis l’altitude, maintenant les hélices tournantes loin des personnes et des propriétés. La conception surélevée du système AirDock joue un rôle clé ici, permettant un chargement, un déchargement et une recharge en toute sécurité même dans des environnements denses ou boisés.
Inspections de drones propulsées par l’IA, moins de temps perdu
Alors que le réseau s’étendait, les ingénieurs de A2Z ont travaillé avec les départements locaux pour moderniser les caméras embarquées et les flux de données. Les drones combinent désormais des images haute résolution et infrarouges avec une analyse alimentée par l’IA pour détecter les défauts de la route, les efflorescences d’algues ou les signes de pollution de l’eau.
Les zones à problème potentielles sont automatiquement comparées aux données historiques, signalées et enregistrées avec des coordonnées précises. Les inspecteurs reçoivent des alertes ciblées, évitant ainsi de perdre des heures à réviser des images ou à vérifier des zones inchangées. Le résultat est moins de temps passé à chercher et plus de temps consacré à la résolution des problèmes réels.
Malgré la taille du réseau, il ne nécessite pas de grand personnel de contrôle. Grâce à l’interface Mission Dispatch de A2Z, un seul opérateur peut surveiller des flottes de drones de patrouille et de cargo alors qu’ils se déplacent entre les docks et exécutent leurs missions assignées.
Avec quatre départements gouvernementaux partageant désormais la même infrastructure, le coût du matériel et du déploiement est réparti sur plusieurs budgets, rendant tout le système beaucoup plus économiquement viable que des programmes de drones cloisonnés.
Le réseau AirDock du comté d’Anji offre un aperçu de ce à quoi peuvent ressembler les opérations de drones municipaux lorsque l’autonomie, le partage d’infrastructure et l’échelle réelle se combinent. Au lieu de programmes pilotes ou de déploiements uniques, le comté a construit une couche aérienne toujours active qui sert à la fois des agences publiques et des entreprises privées.
Pour les villes américaines qui observent de loin, le message est difficile à ignorer : la technologie pour gérer des réseaux de drones autonomes à l’échelle de la ville existe déjà. La question n’est pas de savoir si cela fonctionne, mais plutôt où les régulations permettront sa mise en œuvre suivante.
Mon avis :
Le projet d’A2Z Drone Delivery à Anji, en Chine, illustre l’efficacité des réseaux de drones autonomes pour des missions variées, allant de l’inspection des infrastructures à la livraison de repas. Toutefois, cette avancée met en lumière les défis réglementaires aux États-Unis, où l’innovation est freinée par des contraintes légales, limitant ainsi l’expansion de telles technologies.
Les questions fréquentes
Pourquoi ce projet existe-t-il en Chine et pas aux États-Unis ?
A2Z Drone Delivery teste des opérations autonomes à grande échelle en Chine en raison des contraintes réglementaires aux États-Unis. La Chine offre un environnement favorable pour déployer des réseaux de drones au-delà de la ligne de vue et affiner la technologie à travers des missions quotidiennes, plutôt que des essais limités.
Comment les AirDocks sont-ils utilisés au-delà de la surveillance des voies navigables ?
Les AirDocks permettent non seulement la surveillance des cours d’eau, mais aussi la réponse rapide aux accidents de la circulation et des projets de livraison de nourriture. Les restaurants et cafés utilisent également le réseau pour livrer des repas aux hôtels et éco-réserves, démontrant ainsi la polyvalence du système.
Quels types de drones sont utilisés dans ce réseau ?
Le réseau utilise des drones Longtail pour diverses missions, y compris des opérations de patrouille et de livraison. Ces drones peuvent inspecter les routes, surveiller la pollution de l’eau et, grâce à leur conception, effectuer des livraisons en toute sécurité sans avoir besoin d’un opérateur formé sur place.
Comment l’intelligence artificielle améliore-t-elle les inspections effectuées par les drones ?
Les drones sont équipés de caméras haute résolution et d’analyse par intelligence artificielle pour détecter les défauts de la route et les signes de pollution. Cela permet de réduire le temps passé à chercher des problèmes en alertant directement les inspecteurs sur les zones nécessitant une attention particulière, rendant ainsi le processus d’inspection plus efficace.





