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Home Design

Watti, la lampe de bureau robotisée qui anticipe vos besoins en lumière

Dominique Bernard by Dominique Bernard
22 août 2026
in Design
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Watti, la lampe de bureau robotisée qui anticipe vos besoins en lumière
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Avec ses 5 axes motorisés, 45 LED RGB, une caméra 640 × 480 à 30 fps et un coût d’environ 603 €, Watti, imaginée par Nikolay Tyulkin, repense la lampe de bureau en robot lumineux capable, demain, de suivre les gestes et d’éclairer automatiquement la zone de travail.

Watti ne ressemble pas à une lampe de bureau classique

Watti part d’une idée simple : arrêter de traiter l’éclairage comme un réglage manuel. Le prototype imaginé par Nikolay Tyulkin reprend la forme générale d’une lampe articulée, mais remplace les charnières passives par une architecture motorisée à cinq axes. La base pivote, l’épaule s’incline, le coude bouge, le cou s’ajuste et la tête tourne. Selon la documentation du projet publiée sur GitHub, chacun de ces mouvements est pris en charge par un moteur RobStride, avec retour de position vers le système de contrôle.

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Le point fort du concept ne tient donc pas à la lumière seule. Il tient à la combinaison entre mécanique, vision 3D et orchestration logicielle. Là où une lampe de bureau standard éclaire une zone fixe, Watti cherche à suivre l’activité réelle sur le plan de travail. C’est plus ambitieux qu’un simple bras motorisé. C’est aussi plus risqué : tant que l’interprétation de scène reste incomplète, la promesse dépend encore du logiciel à venir.

Une base technique solide, pensée comme un petit robot

Sur la partie matérielle, Watti s’appuie sur un Raspberry Pi 5. Selon Raspberry Pi, cette carte embarque un processeur Broadcom BCM2712 quad-core Arm Cortex-A76 à 2,4 GHz, avec des variantes mémoire allant jusqu’à 16 Go. La plateforme ajoute aussi du PCIe 2.0 x1, du Wi‑Fi double bande et du Bluetooth 5.0. Pour un objet domestique, c’est un niveau de calcul clairement surdimensionné si l’on parle seulement d’allumer une LED. Pour un système qui doit piloter des moteurs, lire un flux RGB-D et exécuter une pile ROS 2, ce choix devient logique.

La lumière provient d’un anneau de 45 LED WS2812 RGB adressables individuellement. La doc du projet confirme ce nombre, tout comme l’usage d’une alimentation externe 24 V, 10 A, abaissée vers 5 V pour la carte via une carte Geekworm X735 V3.0. Cela donne une enveloppe électrique théorique de 240 W côté alimentation. Je le dis clairement : ce chiffre ne reflète pas la consommation réelle en usage courant, non communiquée, mais il montre qu’on n’est pas face à une simple veilleuse USB.

Première métrique dérivée : avec 45 LED pour un coût matériel annoncé d’environ 700 $, le prototype revient à environ 615 € au taux de la BCE (1 EUR = 1,1392 USD), soit environ 14 € par LED. Bien sûr, ce ratio ne décrit pas la valeur lumineuse, puisque le budget couvre aussi les moteurs, l’informatique embarquée et la caméra. Mais il permet de situer Watti : on paie ici l’intelligence mécanique, pas seulement l’éclairage.

La vraie différence vient de la caméra 3D

Watti intègre une caméra Orbbec Astra Mini S. Selon Orbbec et la documentation du projet, ce module capture couleur et profondeur en 640 x 480 à 30 images par seconde. C’est un point clé. Une lampe motorisée peut viser une position enregistrée. Une lampe dotée d’une caméra RGB-D peut, en théorie, comprendre où se trouvent les mains, la surface utile, un objet à assembler ou une page à lire.

À ce stade, le système voit plus qu’il ne comprend. Les flux sont affichés dans le logiciel compagnon, mais les fonctions les plus intéressantes restent sur la feuille de route : suivi des mains, éclairage automatique de la zone de travail, scan 3D. C’est précisément là que Watti peut devenir autre chose qu’un démonstrateur. Sans cette couche d’analyse contextuelle, on obtient surtout une lampe animée. Avec elle, on commence à parler d’un éclairage assisté par perception.

Mon avis est simple : la promesse est crédible techniquement, mais pas encore validée à l’usage. Une résolution de 640 x 480 à 30 fps suffit pour du repérage de zone et du suivi gestuel de base. En revanche, pour des gestes fins, des objets partiellement occultés ou des espaces encombrés, la qualité de l’interprétation dépendra fortement du pipeline logiciel, pas seulement du capteur.

Watti Studio fait gagner du temps, même sans lampe physique

L’autre bonne surprise du projet, c’est Watti Studio. L’éditeur fonctionne dans le navigateur et permet de composer des scènes sur une timeline commune, en synchronisant mouvements et effets lumineux. La documentation du projet précise qu’un modèle virtuel de la lampe y est affiché, afin de prévisualiser les poses et les configurations LED sans disposer du matériel complet.

Ce choix change la nature du produit. Watti n’est pas seulement une lampe qui bouge ; c’est aussi une plateforme programmable. On peut imaginer des scènes répétables pour la soudure fine, le dessin, la prise de vue produit, le streaming ou l’inspection de pièces. Une fois la scène prête, elle est empaquetée puis transférée vers le Raspberry Pi, qui l’exécute localement sans connexion permanente au navigateur.

Deuxième métrique dérivée : rapporté aux cinq axes motorisés, le coût matériel annoncé représente environ 123 € par axe sur la base des 615 € convertis. Là encore, ce n’est pas un prix de revient industriel, seulement un indicateur. Mais il montre pourquoi Watti reste pour l’instant un projet de labo ou de maker avancé, et non un produit grand public prêt à entrer en rayon.

Face aux lampes connectées du marché, Watti joue dans une autre catégorie

Pour mesurer l’écart, il faut regarder les références existantes. La Dyson Solarcycle Morph, vendue 549 € sur Dyson France, mise sur les capteurs de présence et de luminosité, le suivi de la lumière du jour et plusieurs modes d’éclairage. La marque affirme aussi que la lampe adapte automatiquement sa luminosité à l’âge de l’utilisateur et suit la température de couleur ambiante. On est donc déjà dans l’éclairage intelligent, mais sans bras robotisé ni vision 3D embarquée.

Autre exemple plus ciblé bureau : la BenQ ScreenBar Halo. Selon BenQ France, elle délivre 800 lux au centre à 45 cm, couvre une zone de 63 x 40 cm à 500 lux, affiche un CRI Ra≥95 et consomme jusqu’à 6,5 W. C’est une approche très différente : éclairage fixe, calibré, sobre, orienté confort visuel sur poste informatique.

Le contraste est net. Watti cherche à déplacer la source lumineuse vers l’action. La ScreenBar cherche à stabiliser la lumière sur un poste écran. Dyson cherche à moduler l’ambiance et le confort au fil de la journée. En clair, Watti n’a pas encore de concurrent direct bien installé dans le commerce.

Il faut aussi lire les chiffres froidement. Avec un coût prototype converti à 615 €, Watti se situe déjà au-dessus du tarif public de la Dyson Solarcycle Morph à 549 €. L’écart est d’environ 66 €. Dit autrement, le prototype Watti coûte environ 12 % de plus que cette lampe premium du marché. Pour un objet encore expérimental, c’est élevé. Pour une plateforme robotique ouverte, c’est finalement assez cohérent.

Les cas d’usage concrets sont plus intéressants que le simple “bureau”

Le texte d’origine parle surtout d’un bureau. C’est trop étroit. Watti prend du sens dans des tâches où la zone d’intérêt se déplace en permanence. Je pense à l’électronique, au modélisme, à la réparation de précision, au dessin technique, au prototypage, à la photographie d’objets ou au streaming maker. Dans ces cas, l’utilisateur change souvent sa posture, masque la lumière avec ses mains ou déplace la pièce en cours de travail.

Avec un suivi de mains réellement fonctionnel, Watti pourrait maintenir l’éclairage sur la zone utile sans qu’on touche la lampe. Avec le scan 3D promis, il pourrait aussi reconstruire grossièrement la géométrie de l’espace de travail pour éviter d’éclairer de biais ou de créer des ombres inutiles. C’est là que le projet devient pertinent. Pas pour lire un mail. Pour assister une tâche manuelle fluctuante.

Un autre usage crédible concerne la démonstration produit. Un bras lumineux programmable, capable d’enchaîner positions et couleurs sur timeline, peut servir à automatiser de petites séquences d’éclairage pour des captations répétitives. Pour un studio léger ou un atelier de création de contenu, l’intérêt n’est pas théorique.

Les limites actuelles sont claires, et elles comptent

Il faut rester factuel. Watti est encore un prototype. La consommation réelle en situation n’est pas communiquée. Le flux lumineux total n’est pas communiqué. La température de couleur utile n’est pas communiquée. L’indice de rendu des couleurs n’est pas communiqué. Le niveau sonore des moteurs n’est pas communiqué. La vitesse de déplacement, la précision angulaire et la durée de vie mécanique ne sont pas communiquées.

Ces absences pèsent lourd. Pour une lampe de travail, le confort ne dépend pas seulement de l’intelligence logicielle. Il dépend aussi de la qualité de lumière, de la stabilité, du bruit et de la sécurité. Une alimentation externe 24 V / 10 A laisse supposer une marge importante pour les mouvements et l’électronique, mais sans chiffres d’usage, impossible de juger le rendement global ou la dépense énergétique réelle.

Autre point à surveiller : la maintenance. Plus on ajoute d’axes, plus on ajoute de points d’usure, de calibration et de panne potentielle. C’est le prix à payer pour sortir du modèle passif de la lampe traditionnelle. Sur un projet open hardware, cette complexité peut être acceptée. Sur un produit fini grand public, elle devient un vrai frein.

Ce que les recherches ajoutent vraiment au sujet

Par rapport au texte source, plusieurs éléments nouveaux changent la lecture du projet. D’abord, la fiche du Raspberry Pi 5 précise le niveau exact de calcul disponible : CPU 2,4 GHz, jusqu’à 16 Go de RAM, PCIe 2.0 x1 et alimentation recommandée en 5 V/5 A côté carte. Ensuite, la caméra Orbbec Astra Mini S confirme officiellement le couple 640 x 480 / 30 fps en profondeur et en couleur. Côté concurrence, la BenQ ScreenBar Halo apporte des chiffres concrets de lux, de couverture et de consommation, tandis que la Dyson Solarcycle Morph fixe un point de comparaison prix à 549 €.

Enfin, la conversion monétaire remet le coût prototype à l’échelle européenne. Les “700 dollars de pièces” deviennent 615 € selon le taux de la BCE. Cela évite un biais fréquent : un prix en dollars paraît abstrait jusqu’au moment où on le place face à une offre commercialisée dans la même zone de prix.

Pourquoi Watti mérite de l’attention, malgré son statut de prototype

Je tranche nettement : l’intérêt de Watti ne repose pas sur son design, mais sur sa façon de redéfinir le rôle d’une lampe. Le marché sait déjà vendre des lampes premium, adaptatives, bien finies et relativement économes. Ce que le marché vend mal, en revanche, c’est une source lumineuse capable de se repositionner d’elle-même en fonction d’une activité réelle.

Si Nikolay Tyulkin publie bien les fichiers matériels, la nomenclature, les schémas électriques, le protocole de communication et des scènes d’exemple, Watti pourrait vite devenir une base de travail crédible pour la robotique domestique légère. Pas forcément comme produit fini. Plutôt comme plateforme à bifurquer : éclairage d’atelier, assistance visuelle, scan de table, automatisation de micro-studio.

Le projet officiel est consultable ici : https://github.com/Nikolay-Tyulkin/Watti.

Mon avis :

Watti impressionne par sa vraie cohérence technique : 5 axes motorisés, ROS 2, caméra RGB‑D et éditeur visuel en font un prototype crédible pour l’éclairage adaptatif. Sa limite est nette : à environ 598 € pour les pièces seules, il reste cher et ses fonctions “intelligentes” clés ne sont pas encore abouties. (investing.com)

Dominique Bernard

Dominique Bernard

Dominique Bernard est rédacteur(trice) spécialisé(e) dans le lifestyle français et les voyages en France. Sur plare.fr, il/elle partage des guides pratiques, des inspirations culturelles et des critiques de gastronomie locale pour aider les lecteurs à découvrir le patrimoine et le savoir-faire français. Son expertise inclut la rédaction d'articles accessibles et bien documentés qui allient conseils pratiques et découvertes authentiques.

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