Xiaomi lance la Mijia Desktop Photo Printer 2 à 699 yuans, soit 107 $ convertis en 94 €, avec un prix public prévu à 122 € et un coût par tirage annoncé dès 0,14 €. De quoi bousculer un marché où les gadgets ont grimpé de 15 à 30 %.
Xiaomi casse les prix sur un segment que les autres marques ont laissé s’installer dans le confort
La nouvelle Xiaomi Mijia Desktop Photo Printer 2 arrive en Chine avec une promesse simple : imprimer des photos en format compact sans faire exploser le budget. Selon la page produit publiée sur la plateforme Xiaomi Youpin, l’imprimante démarre à 699 yuans en financement participatif, puis passera à 799 yuans après la campagne. La source d’origine convertit ces montants à 107 et 122 dollars. Au taux de référence de la Banque centrale européenne du 1er juillet 2026, soit 1 USD = 0,8735 EUR, cela représente environ 93 € puis 107 €, arrondis à l’euro.
Le vrai signal n’est pas seulement le prix d’appel. C’est le positionnement. Sur les imprimantes photo compactes, les grands noms vivent depuis des années sur un modèle classique : matériel vendu assez cher, consommables facturés durablement. Xiaomi essaie de casser cette logique sur les deux tableaux à la fois. La marque baisse le ticket d’entrée et annonce aussi un coût à la photo agressif. C’est une stratégie frontale, pas un simple coup marketing.
Ce que propose exactement la Mijia Desktop Photo Printer 2
D’après le descriptif repris de la fiche de lancement Xiaomi Youpin, la machine utilise une impression par sublimation thermique en 4 couleurs. Elle prend en charge des tirages 4 pouces et 6 pouces, se connecte en Bluetooth aux smartphones, tablettes et ordinateurs, et n’exige pas de réseau Wi-Fi pour lancer une impression. La partie logicielle passe par l’application Mi Home, avec modèles prêts à l’emploi, génération de photos d’identité, filtres LUT et lecture AR de certains clichés. Sur ce point, Xiaomi ne vend pas seulement une imprimante : la marque vend un usage mobile, piloté par appli, cohérent avec son écosystème maison.
Premier apport concret absent de la source initiale : la campagne ne parle pas d’une simple imprimante de poche type gadget. Le support du 6 x 4 pouces, soit le format carte postale standard de 100 x 148 mm utilisé aussi par Canon sur sa gamme Selphy, place d’emblée ce modèle dans une catégorie plus sérieuse que les mini-imprimantes autocollantes 2 x 3 pouces.
Deuxième point utile : l’absence de Wi‑Fi obligatoire peut sembler anecdotique, mais elle simplifie l’usage en vacances, en événement ou sur un stand. Pas besoin d’intégrer l’imprimante à un réseau local. On connecte, on imprime, c’est tout. C’est exactement le genre de détail qui compte plus que la fiche marketing une fois le produit posé sur une table.
Le prix du matériel est bas, mais le vrai sujet reste le coût par photo
Le chiffre mis en avant par Xiaomi est un coût unitaire pouvant descendre à 0,99 yuan sur certains packs papier 4 pouces achetés en volume. La source d’origine l’estime à environ 14 cents de dollar, soit 0,12 € au taux de la BCE. Pour le papier photo 6 pouces dit “professionnel”, la campagne mentionne 2,48 yuans par feuille, soit environ 35 cents de dollar, donc 0,31 €.
Cette lecture change tout. Sur ce marché, le coût total de possession compte davantage que le prix de la machine. Une imprimante photo à 90 € peut vite devenir chère si le papier grimpe trop. À l’inverse, une machine un peu plus coûteuse peut rester rentable si chaque tirage reste raisonnable. Ici, Xiaomi prétend tenir les deux extrémités : prix d’achat contenu et consommables compétitifs.
Première métrique dérivée : avec un coût annoncé de 0,31 € la photo 6 pouces, Xiaomi reste environ 16 % moins cher que le kit Canon RP-108 sur une base unitaire 10 x 15 cm. Le calcul repose sur le tarif officiel Canon France de 39,99 € pour 108 tirages, soit 0,37 € la photo. L’écart unitaire est donc de 0,06 €, soit environ 16 % au bénéfice de Xiaomi.
Deuxième métrique dérivée : face au prix officiel français de la Canon SELPHY CP1500 à 139,99 €, la Xiaomi Mijia Desktop Photo Printer 2 en campagne à l’équivalent de 93 € coûte environ 33 % moins cher. Ce n’est pas marginal. À ce niveau, on n’est plus dans la simple promotion ponctuelle, mais dans une vraie sous-cotation du matériel.
Canon reste la référence la plus crédible pour juger l’attaque de Xiaomi
Comparer Xiaomi à Canon est plus pertinent qu’une comparaison brute avec une imprimante Zink. Pourquoi ? Parce que Canon Selphy CP1500 joue sur le même terrain : tirages photo dédiés, format carte postale, usage domestique et événementiel, machine compacte. Sur la boutique officielle Canon France, la SELPHY CP1500 est affichée à 139,99 €. Le kit officiel RP-108, lui, coûte 39,99 € pour 108 photos 100 x 148 mm, soit 0,37 € l’unité.
Troisième élément nouveau : selon la fiche officielle Canon, le kit RP-108 comprend bien à la fois le papier et les cartouches couleur, pour un total de 108 impressions. Cela confirme que le coût unitaire de 0,37 € ne dépend pas d’un calcul flou ou d’un accessoire séparé. La donnée est propre et exploitable.
Quatrième élément nouveau : la fiche produit Canon précise aussi que le papier 100 x 148 mm est annoncé comme étanche, résistant aux traces de doigts et aux rayures. C’est un rappel utile, car la comparaison ne se limite pas au prix. La durabilité du tirage compte. Sur la nouvelle imprimante de Xiaomi, ce niveau de résistance n’est pas documenté dans le texte fourni. Il faut donc écrire non communiqué à ce stade.
Cinquième élément nouveau : Canon livre la SELPHY CP1500 avec une cassette papier au format carte postale et un adaptateur secteur dans la boîte. Pour la Mijia Desktop Photo Printer 2, le contenu exact du coffret n’est pas détaillé dans les éléments fournis ici : non communiqué.
HP reste plus portable, mais son économie est moins favorable
La comparaison avec HP Sprocket doit être faite avec prudence. Les formats ne sont pas les mêmes. Sur le site officiel HP Sprocket Printers, le pack de 100 feuilles 2 x 3 pouces est affiché à 49,99 $. Au taux de la BCE, cela représente environ 44 €, soit 0,44 € la photo. Le pack 50 feuilles est à 24,99 $, soit environ 22 €, donc le même ordre de grandeur unitaire.
Le problème pour HP, ce n’est pas seulement le prix. C’est aussi le format. Une photo 2 x 3 pouces reste pratique pour le scrapbooking, le journal créatif ou les souvenirs à coller. Mais on ne joue pas dans la même cour qu’un vrai 4 x 6 pouces. Une comparaison honnête montre donc ceci : HP est plus orienté mini-format adhésif, alors que Xiaomi vise un usage photo plus classique.
Autre apport nouveau : la fiche HP rappelle que le papier Zink est autocollant, résistant à l’eau et ne nécessite ni cartouche ni ruban. C’est un avantage d’usage, mais pas un avantage économique. Même en admettant des fonctions ludiques similaires via application, le coût annoncé par Xiaomi reste plus bas sur un format plus grand.
Le vrai angle mort de la source d’origine : la situation du marché imprimante en 2026
Le texte de départ insiste sur la hausse des prix dans la tech grand public. C’est juste comme angle éditorial, mais il manque un point : le marché des imprimantes n’évolue pas comme celui des smartphones. Selon les dernières données publiées par IDC sur le marché mondial des périphériques d’impression, les livraisons mondiales ont démarré 2026 dans un contexte jugé difficile, avec une pression macroéconomique persistante et des cycles de renouvellement plus longs. Dit autrement, le secteur n’est pas en position de force absolue. Quand la demande ralentit, casser les prix sur une niche peut devenir une arme offensive.
Mon avis est simple : Xiaomi choisit une catégorie où les acteurs installés ont peu innové côté modèle économique. Les imprimantes photo compactes se vendent encore sur la promesse émotionnelle du tirage instantané, mais les tarifs du matériel et des recharges ont peu bougé. En entrant avec une logique de volume, de crowdfunding et d’intégration applicative, Xiaomi force les marques historiques à justifier enfin leurs marges.
Des usages concrets qui rendent ce produit plus logique qu’il n’en a l’air
Une imprimante photo compacte n’est pas un produit de masse. C’est précisément pour cela que le prix compte autant. À plus de 140 €, beaucoup de foyers renoncent. Autour de 93 €, l’achat devient impulsif pour plusieurs cas d’usage bien réels.
Albums de famille et déco rapide
Le support du 6 pouces permet d’imprimer pour un cadre standard ou un album sans passer par un labo en ligne. C’est moins flexible qu’une imprimante photo A4, mais bien plus simple pour des tirages immédiats.
Événementiel léger
Mariage, anniversaire, baptême, soirée d’entreprise : une imprimante qui se connecte en Bluetooth sans Wi‑Fi a du sens sur une table d’animation. La source d’origine mentionne en plus des modèles et des fonctions AR via l’application Mi Home, ce qui peut transformer l’objet en borne souvenir basique.
Photos d’identité à domicile
La génération de photos d’identité intégrée est un détail très concret. Beaucoup d’imprimantes compactes laissent cette étape à l’utilisateur ou à des apps tierces. Ici, Xiaomi essaie de réduire la friction.
Création mobile sans PC
Le pilotage par smartphone reste aujourd’hui la norme d’usage pour ce type de matériel. Sur ce terrain, Xiaomi parle le même langage que ses objets connectés : app d’abord, matériel ensuite.
Ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas encore
Plusieurs points restent à confirmer avant d’en faire la nouvelle référence de sa catégorie. La disponibilité internationale n’est pas confirmée. Le calendrier de lancement hors Chine est non communiqué. Les dimensions exactes, le poids, la résolution d’impression, la vitesse par photo, la compatibilité système détaillée et l’autonomie sur batterie éventuelle sont également non communiqués dans les éléments vérifiés ici.
Il faut aussi rester prudent sur les prix des consommables. Le coût de 0,99 yuan la photo 4 pouces dépend d’achats en volume, et les tarifs de crowdfunding ne survivent pas toujours au passage en distribution classique. Mais même avec une remontée modérée, Xiaomi partirait avec une base agressive face à Canon et HP.
Pourquoi cette imprimante peut gêner les marques installées
Le plus dérangeant pour les concurrents n’est pas la fiche technique. C’est l’addition. Une machine à environ 93 € avec impression par sublimation, prise en charge du 4 et du 6 pouces, Bluetooth sans Wi‑Fi et coût par photo annoncé en dessous des références établies, cela suffit à déplacer la discussion. Canon garde aujourd’hui l’avantage de la présence internationale, d’une offre officielle claire et d’une réputation installée sur la qualité photo. HP conserve un angle plus créatif et plus miniaturisé avec le Zink. Mais sur la valeur brute, Xiaomi tape juste.
Le lien d’autorité à retenir reste la page de référence des taux de change de la Banque centrale européenne : https://www.ecb.europa.eu/stats/policy_and_exchange_rates/euro_reference_exchange_rates/html/index.en.html
Mon avis :
Xiaomi frappe juste sur le prix : à 107 $ soit 93 €, ce Mijia casse les tarifs d’un Canon Selphy CP1500 souvent vendu 122 à 140 €, tout en promettant un coût par tirage agressif. Ma réserve reste simple : sans sortie internationale confirmée, son intérêt reste aujourd’hui surtout théorique hors Chine. (ecb.europa.eu)





