À l’épicentre de la rivalité sino-américaine, la question des drones DJI prend une tournure intrigante. Alors que le Département du Commerce des États-Unis retire sa proposition de restrictions sur les drones chinois, la FCC maintient son interdiction sur les nouveaux modèles. Ce contexte complexe soulève des enjeux de sécurité nationale et de géopolitique.

Le retrait des restrictions sur les drones chinois par les États-Unis : La situation compliquée de DJI

Le recul du département du Commerce des États-Unis face à la rigueur de la FCC

La semaine dernière, le département du Commerce des États-Unis a retiré une proposition visant à restreindre, voire interdire, les drones fabriqués en Chine, dans le cadre de son autorité en matière de technologie et de services de communication (ICTS). Ce retrait a été rapporté par des sources fiables et marque un tournant dans la dynamique de la politique sur les drones.

Initialement, cette proposition avait été en discussion pendant plusieurs mois, formellement envoyée à la Maison Blanche pour examen le 8 octobre, avant d’être complètement mise de côté le 19 décembre. Cette même autorité avait été utilisée pour interdire l’accès de véhicules passagers et de camions de fabrication chinoise au marché américain, invoquant des préoccupations en matière de données et de sécurité nationale.

Pendant ce temps, la Federal Communications Commission (FCC) a avancé de son côté. Le 22 décembre 2025, la FCC a intégré les drones fabriqués à l’étranger et les composants critiques à sa liste de matériel couvert, les empêchant de recevoir les autorisations nécessaires pour que de nouveaux modèles soient vendus aux États-Unis. Cela impacte directement DJI, Autel Robotics, et HoverAir.

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Pourquoi cela a-t-il de l’importance : un plan redouté abandonné

D’emblée, le retrait de la proposition du département du Commerce pourrait sembler avoir une valeur symbolique, mais il revêt une signification bien plus profonde. Sa mise en œuvre aurait été catastrophique pour les opérateurs de drones, car elle aurait impliqué des restrictions sur les systèmes principaux de fonctionnement des drones : ordinateurs embarqués, liens de communication, systèmes de contrôle de vol, logiciels, stations terrestres, et stockage de données.

Si ces règles avaient été appliquées, les drones existants de DJI auraient pu devenir illégaux à utiliser, en plus d’empêcher l’importation de nouveaux appareils. Cela contraste fortement avec l’approche de la FCC, qui a permis aux équipements précédemment approuvés de continuer à être utilisés.

Dans une réunion tenue le 11 décembre, DJI a exprimé que des restrictions générales sur les drones chinois seraient « inutiles, conceptuellement erronées, et extrêmement nuisibles pour les parties prenantes américaines ». Leurs préoccupations n’étaient pas infondées; le retour d’informations publié durant la période de consultation a révélé une inquiétude massive parmi les pilotes de drones, les agences de sécurité publique, et les petites entreprises.

Le département du Commerce n’a pas affirmé que DJI avait réussi à les convaincre, mais la décision de ne pas ajouter des restrictions sur la prohibition de la FCC souligne qu’il a opté pour une voie moins perturbatrice.

Les raisons derrière le retrait du plan

Le retrait de cette proposition n’est pas couché dans le hasard. Selon des rapports, la décision est connectée à une volonté de Washington de suspendre certaines actions vis-à-vis de la Chine avant une réunion planifiée entre le président américain et le président chinois Xi Jinping. Cela montre que les drones chinois ne représentent pas une crise de sécurité nationale immédiate.

En effet, les drones semblent relever d’une négociation plus vaste entre les États-Unis et la Chine, plutôt que d’une menace imminente et non négociable pour la sécurité nationale.

Ce que la interdiction de la FCC implique

Malgré le tumulte autour de la situation, les règles mises en place par la FCC sont assez spécifiques et limitées. Voici ce qui est bloqué :

  • Les nouveaux modèles de drones fabriqués à l’étranger ne peuvent pas obtenir l’autorisation d’équipement de la FCC.
  • Les nouveaux composants critiques provenant de fabricants étrangers ne peuvent pas être certifiés.
  • Les futurs drones de DJI sans approbation préalable sont pratiquement exclus.
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En revanche, ce qui n’est pas bloqué comprend :

  • Les drones DJI existants restent légaux à utiliser.
  • Les modèles DJI déjà autorisés peuvent encore être vendus.
  • Aucune flotte actuelle n’est mise à l’arrêt.

Le 7 janvier 2026, la FCC a mis à jour sa liste de matériel couvert, exemptant certains drones jusqu’au 1er janvier 2027. Ces exemptions incluent les drones figurant sur la liste des drones approuvés par le Department of Defense, ceux respectant une norme de 65 % de contenu domestique, ainsi que des produits ayant reçu des approbations conditionnelles.

Les drones DJI sont-ils « interdits » aux États-Unis ?

Pour la majorité des pilotes, la vérité est : pas encore, mais éventuellement… à moins que la situation ne change. Si vous possédez déjà des drones DJI comme le Mini 3 ou l’Avata 2, vous pouvez continuer à les utiliser. Les modèles approuvés avant le 22 décembre peuvent toujours être achetés et vendus.

Cependant, ce qui est essentiel, c’est le pipeline. À mesure que les flottes vieillissent dans les 12 à 24 mois à venir, les opérateurs qui dépendent fortement du matériel DJI devront prendre des décisions plus difficiles. La réparabilité, les cycles de remplacement et l’accès à de nouveaux capteurs et fonctionnalités de sécurité deviennent des enjeux critiques.

Le retrait du département du Commerce n’atténue pas ces complications ; il signifie simplement que le gouvernement a choisi de ne pas aggraver la situation — pour l’instant.

Réflexions sur la politique des drones des États-Unis

Récemment, plusieurs éléments clés ont été mis en lumière concernant la formulation de la politique sur les drones aux États-Unis :

  • Indépendance des agences : Le département du Commerce et la FCC ont suivi des restrictions qui se chevauchent sans coordination apparente.
  • Flexibilité des règles : Le département du Commerce ayant retiré sa proposition suggère que ces mesures sont des instruments politiques, et non des actions d’urgence.
  • Impact significatif de la politique commerciale : La réglementation des drones est clairement entremêlée avec des négociations plus larges entre les États-Unis et la Chine.
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Tout cela ne crie pas la « menace catastrophique imminente ». Cependant, avec le retrait du département du Commerce, tout repose désormais sur la FCC et sur des considérations géopolitiques. Des questions demeurent sans réponse :

  • Les approbations conditionnelles deviendront-elles plus courantes ou resteront-elles rares ?
  • La règle sur le contenu domestique de 65 % survivra-t-elle au-delà du 1er janvier 2027 ?
  • La réunion Trump–Xi produira-t-elle des concessions qui affecteraient les drones ?
  • Des défis juridiques ou des négociations discrètes modifieront-ils l’application des restrictions ?

Pour l’instant, les drones DJI ne disparaissent pas des cieux américains. Toutefois, cette incertitude peut redessiner les marchés, et cela pourrait précisément être l’objectif de cette conjoncture politique.

Mon avis :

La récente décision du département américain du Commerce de retirer sa proposition de restrictions sur les drones chinois, tout en maintenant les interdictions de la FCC, souligne la complexité de la stratégie géopolitique. Bien que cela offre un répit temporaire aux opérateurs DJI, l’incertitude persiste quant aux futurs modèles, menaçant l’accès et la compétitivité du marché.

Les questions fréquentes

Quelles sont les nouvelles règles concernant les drones DJI aux États-Unis ?

Le département du Commerce des États-Unis a récemment retiré une proposition de règles visant à restreindre les drones fabriqués en Chine, y compris ceux de DJI. Cependant, la FCC applique toujours une interdiction sur les nouveaux modèles de drones étrangers, ce qui signifie que les drones DJI actuels peuvent être utilisés, mais de futurs modèles pourraient être affectés.

Pourquoi le retrait de la proposition du département du Commerce est-il important ?

Ce retrait indique que le gouvernement américain choisit de ne pas ajouter de restrictions supplémentaires sur l’exploitation des drones déjà approuvés. La proposition initiale aurait eu des conséquences significatives, rendant potentiellement illégale l’utilisation de nombreux drones existants, alors que l’approche de la FCC permet de conserver les dossiers existants.

Les drones DJI sont-ils interdits aux États-Unis actuellement ?

Actuellement, les drones DJI ne sont pas strictement interdits. Les pilotes peuvent continuer à utiliser leurs drones existants et à acheter des modèles déjà autorisés. Cependant, l’avenir s’annonce incertain pour de nouveaux modèles, car des restrictions pourraient être mises en place à l’avenir.

Quel impact la politique commerciale a-t-elle sur l’avenir des drones aux États-Unis ?

La politique commerciale américaine influe considérablement sur les règlements relatifs aux drones. Les décisions concernant DJI et d’autres fabricants de drones chinois sont souvent liées à des négociations plus larges entre les États-Unis et la Chine, ce qui crée un climat d’incertitude pour les utilisateurs de drones.

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