Le constat est sans appel : Google génère de moins en moins de clics vers les sites web. Une étude Chartbeat révèle une chute spectaculaire du trafic web en provenance du moteur de recherche, avec une baisse d’un tiers enregistrée récemment. Cette érosion s’explique principalement par l’apparition des résumés générés par intelligence artificielle, les AI Overviews, qui permettent aux internautes d’obtenir des réponses instantanées sans jamais quitter la page de résultats. Les éditeurs de contenus assistent impuissants à cette transformation radicale du référencement, où leur visibilité en ligne s’effrite jour après jour. Pour les professionnels du web habitués à optimiser chaque ligne de contenu pour plaire à l’algorithme de recherche, ce changement bouleverse toutes les règles établies.

Cette mutation du comportement de Google soulève des questions essentielles sur l’avenir de l’écosystème numérique. Comment les sites web peuvent-ils survivre quand le principal distributeur de trafic décide de garder les utilisateurs sur sa propre plateforme ? Quelles stratégies adopter face à cette perte de trafic massive ? Les alternatives émergentes peuvent-elles compenser ce déclin ? L’analyse des données récentes montre l’ampleur d’un phénomène qui redéfinit complètement les bases de la stratégie digitale et remet en question le modèle économique de milliers de sites qui dépendaient du géant américain pour leur audience.

L’effondrement massif du trafic issu de Google : analyse des chiffres

Les données collectées par Chartbeat auprès de plus de 2 500 sites web dressent un tableau alarmant de la situation actuelle. La perte de trafic atteint des niveaux sans précédent, avec une baisse moyenne de 33% du trafic web provenant de Google comparé à l’année précédente. Cette tendance s’avère particulièrement prononcée outre-Atlantique, où les sites américains subissent une chute vertigineuse de 38%, tandis que les plateformes européennes enregistrent une diminution plus modérée mais néanmoins significative de 17%. Ces disparités géographiques s’expliquent notamment par le déploiement progressif des fonctionnalités d’intelligence artificielle, plus avancé sur le marché américain.

Le flux Google Discover, longtemps considéré comme une bouée de sauvetage compensant les fluctuations du référencement traditionnel, ne joue plus ce rôle tampon. Ce service qui proposait des contenus personnalisés aux utilisateurs connaît lui-même une dégringolade, avec un recul de 21% du trafic mondial et 18% en Europe. Les éditeurs qui misaient sur les contenus pratiques du quotidien — programmes télévisés, prévisions météorologiques, guides pratiques — se retrouvent particulièrement pénalisés. Ces formats, auparavant très performants sur Discover, souffrent désormais d’une concurrence frontale avec les résumés générés par IA qui fournissent directement l’information essentielle.

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Les secteurs les plus touchés par la redistribution du trafic

L’impact business varie considérablement selon la nature des contenus proposés. Les sites proposant des informations factuelles simples subissent les pertes les plus dramatiques. Un site météo qui apparaissait autrefois en première position pour « météo Paris demain » voit désormais sa visibilité réduite à néant par un widget Google affichant directement les prévisions. Les plateformes de recettes de cuisine perdent également du terrain face aux résumés IA qui extraient les ingrédients et étapes de préparation sans nécessiter de visite sur le site source. Cette situation crée un paradoxe troublant : Google continue d’aspirer les contenus créés par les éditeurs tout en leur coupant l’herbe sous le pied.

Les médias d’actualité généraliste observent eux aussi une hémorragie de leur audience provenant de la recherche organique. Reuters a mené une enquête auprès de 280 dirigeants de médias dans 51 pays, révélant un pessimisme généralisé quant à l’avenir des relations avec le moteur de recherche. Les responsables interrogés anticipent une dégradation encore plus marquée dans les trois prochaines années, avec une baisse moyenne attendue de 43% du trafic web d’origine Google. Plus inquiétant encore, un cinquième des participants redoutent une chute catastrophique dépassant les 75%. Cette perspective pousse naturellement les éditeurs à repenser entièrement leur stratégie digitale pour ne plus dépendre d’un unique canal d’acquisition.

Région Baisse du trafic Google Baisse Google Discover Prévision sur 3 ans
États-Unis 38% 21% -45%
Europe 17% 18% -35%
Monde 33% 21% -43%

La responsabilité des AI Overviews dans cette transformation

Les résumés générés par intelligence artificielle constituent le facteur principal de cette redistribution du trafic. Lorsqu’un internaute recherche « comment réparer un robinet qui fuit », l’algorithme de recherche Google affiche désormais un encadré détaillé proposant une réponse complète directement dans les résultats. L’utilisateur obtient satisfaction sans jamais cliquer vers un site web, réduisant drastiquement les opportunités de trafic pour les créateurs de contenus. Cette fonctionnalité transforme Google en concurrent direct des éditeurs plutôt qu’en simple intermédiaire facilitant l’accès à l’information.

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Le problème s’aggrave quand ces résumés automatiques contiennent des inexactitudes, voire des informations dangereuses. Les domaines sensibles comme la santé se révèlent particulièrement vulnérables aux erreurs des IA génératives. Un utilisateur cherchant des conseils médicaux peut recevoir des recommandations mal fagotées, incomplètes ou carrément mensongères, sans bénéficier de l’expertise vérifiée qu’offrirait un site spécialisé. Google puise dans les contenus créés par des professionnels mais filtre leur accès, créant une situation où le moteur s’approprie la valeur intellectuelle sans rediriger l’audience vers les sources. Les éditeurs italiens se sont d’ailleurs récemment mobilisés contre ces pratiques qu’ils jugent déloyales.

  • Réduction du nombre de clics nécessaires pour obtenir une information
  • Affichage de résumés complets dans la page de résultats
  • Extraction automatique des données des sites sources
  • Risques d’inexactitudes dans les contenus générés par IA
  • Transformation de Google en destination finale plutôt qu’en passerelle

Les conséquences économiques pour l’écosystème numérique

La chute du trafic web en provenance de Google provoque un effet domino sur l’ensemble de la chaîne de valeur numérique. Les revenus publicitaires, principale source de financement pour la majorité des sites, s’effondrent proportionnellement à la baisse d’audience. Un site qui accueillait 100 000 visiteurs mensuels via la recherche organique et qui en perd un tiers voit mécaniquement ses recettes amputées de 30 à 40%. Cette situation contraint les équipes éditoriales à réduire leurs effectifs, diminuer la fréquence de publication ou baisser la qualité des contenus. Le cercle vicieux s’installe : moins de ressources entraîne une dégradation du classement Google, qui génère encore moins de visites.

Les investissements en SEO, auparavant considérés comme prioritaires, perdent soudainement leur rentabilité. Pourquoi optimiser minutieusement chaque balise meta, chaque structure de lien interne, chaque densité de mot-clé si l’algorithme de recherche affiche finalement un résumé IA qui rend le clic superflu ? Cette remise en question s’étend aux agences spécialisées et consultants SEO qui voient leur proposition de valeur s’effriter. Les budgets autrefois alloués à l’optimisation du référencement sont désormais redirigés vers d’autres canaux d’acquisition, bouleversant tout un pan de l’industrie digitale.

L’impact sur les modèles économiques des éditeurs

Les sites qui dépendaient à plus de 70% du trafic Google pour leur audience se retrouvent dans une situation de survie. Les petits éditeurs indépendants, dépourvus de marque forte et de communauté fidèle, affrontent les pires difficultés. Sans les visiteurs amenés par le moteur de recherche, ils peinent à justifier leurs dépenses d’hébergement web et de production de contenus. Certains envisagent la fermeture pure et simple, tandis que d’autres tentent des pivots stratégiques hasardeux vers des modèles d’abonnement que leur audience limitée rend difficilement viables.

Les grands groupes médiatiques disposent certes de davantage de ressources pour absorber le choc, mais n’échappent pas aux restructurations. Les directions financières scrutent désormais avec scepticisme les investissements dans les équipes dédiées au référencement, questionnant leur pertinence dans ce nouvel environnement. Les journalistes et créateurs de contenus spécialisés dans les formats optimisés pour Google Discover voient leurs postes menacés. Cette transformation accélère la concentration du secteur, où seuls les acteurs disposant de multiples sources de trafic et de revenus peuvent maintenir leur équilibre économique.

Type de site Dépendance à Google Impact économique Stratégie d’adaptation
Média indépendant 70-85% Critique Diversification urgente
E-commerce 40-60% Significatif Publicité directe
Site de recettes 80-90% Catastrophique Application mobile
Presse établie 30-50% Gérable Abonnements

La remise en question des stratégies SEO traditionnelles

Les professionnels du référencement assistent à l’écroulement de certitudes établies depuis deux décennies. Les techniques d’optimisation on-page, le netlinking, la recherche de mots-clés longue traîne perdent leur efficacité quand l’objectif final n’est plus d’attirer des clics mais de nourrir les résumés IA de Google. Faut-il continuer à produire des contenus exhaustifs de 2000 mots quand seules trois lignes seront extraites pour alimenter l’AI Overview ? Cette question taraude les équipes éditoriales qui constatent l’absurdité d’un système où leur travail enrichit leur concurrent.

Certains experts suggèrent une approche radicalement différente : créer des contenus volontairement incomplets dans leur version publique, réservant l’information complète aux abonnés ou membres inscrits. D’autres recommandent de bloquer l’accès des robots d’indexation de Google aux contenus premium via le fichier robots.txt. Ces stratégies défensives comportent toutefois un risque majeur : disparaître totalement des résultats de recherche et perdre le peu de visibilité en ligne restante. Le dilemme est cornélien : accepter de nourrir gratuitement l’IA de Google ou renoncer à toute présence dans le moteur dominant. Les récentes mises à jour de décembre ont encore complexifié cette équation.

  • Abandon progressif des techniques SEO traditionnelles
  • Questionnement sur la rentabilité des investissements en optimisation
  • Exploration de stratégies de contenus fragmentés
  • Tentation de bloquer l’indexation des contenus premium
  • Réorientation des budgets vers d’autres canaux marketing

Les alternatives émergentes face à la domination Google

Face à cette redistribution du trafic web, les éditeurs explorent fébrilement des canaux alternatifs susceptibles de compenser les pertes. Les plateformes d’intelligence artificielle conversationnelle comme ChatGPT et Perplexity émergent comme de potentiels relais, même si leur contribution actuelle reste marginale. L’étude Chartbeat révèle que ChatGPT génère seulement 0,02% du trafic total de référencement, tandis que Perplexity plafonne à 0,002%. Ces chiffres microscopiques témoignent de la difficulté à remplacer l’empire Google, mais une dynamique positive s’installe progressivement depuis l’été dernier.

Les clics en provenance de ChatGPT progressent rapidement, suggérant un changement naissant dans les comportements de recherche d’information. Les utilisateurs qui interrogent l’IA conversationnelle pour des questions complexes se voient parfois proposer des liens vers des sources approfondies, créant un nouveau type de trafic potentiellement plus qualifié. Contrairement à la recherche Google où l’internaute scanne rapidement plusieurs résultats, l’utilisateur de ChatGPT qui clique sur une référence manifeste un intérêt plus marqué. Cette caractéristique intéresse particulièrement les éditeurs qui privilégient désormais la qualité sur le volume, conscients que l’ère du trafic de masse issu du référencement touche à sa fin.

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Le potentiel des réseaux sociaux et des newsletters

Les réseaux sociaux constituent une voie de diversification évidente, bien que semée d’embûches. LinkedIn affiche une croissance soutenue pour les contenus B2B et professionnels, offrant aux éditeurs spécialisés une alternative crédible à Google. Instagram et TikTok captent l’attention des audiences jeunes mais imposent des formats courts difficilement compatibles avec les contenus éditoriaux traditionnels. Facebook, malgré son déclin relatif en Occident, continue de générer du trafic significatif pour les médias généralistes qui maîtrisent les codes de viralité de la plateforme.

Les newsletters connaissent un regain d’intérêt spectaculaire auprès des éditeurs en quête de relations directes avec leur audience. Posséder une base d’emails permet de s’affranchir des algorithmes changeants et de contrôler la distribution des contenus. Des plateformes comme Substack ont démocratisé ce modèle, permettant à des journalistes indépendants de monétiser directement leur production. Les taux d’ouverture des newsletters bien ciblées dépassent souvent 30%, créant un engagement bien supérieur au trafic de passage provenant de la recherche. Cette approche nécessite toutefois un travail patient de construction d’audience, incompatible avec les stratégies de monétisation rapide via le trafic.

Investir dans les communautés et l’identité de marque

La construction d’une marque forte émerge comme stratégie centrale pour survivre dans l’ère post-Google. Les sites qui bénéficient d’une reconnaissance de marque voient les internautes taper directement leur URL ou leur nom dans le navigateur, court-circuitant le moteur de recherche. Ce trafic direct, immunisé contre les variations d’algorithme de recherche, représente un actif stratégique inestimable. Les investissements en relations publiques, en présence médiatique hors ligne et en qualité éditoriale distinctive prennent une importance renouvelée.

Les communautés engagées constituent un autre rempart contre la dépendance à Google. Les forums de discussion, espaces commentaires actifs, groupes Discord ou Slack créent des écosystèmes où les utilisateurs reviennent par habitude plutôt que par découverte algorithmique. Un site de cuisine qui anime une communauté passionnée d’échanges de recettes génère un trafic récurrent indépendant du référencement. Cette approche demande des ressources en modération et animation, mais construit une relation durable avec l’audience. Les nouvelles fonctions de recherche en ligne modifient également la donne pour ces communautés.

Canal alternatif Contribution actuelle Potentiel 2026 Complexité mise en œuvre
ChatGPT 0,02% Croissance rapide Moyenne
Newsletters 10-15% Stable/Croissance Élevée
Réseaux sociaux 25-30% Croissance modérée Élevée
Trafic direct 15-20% Objectif prioritaire Très élevée

Les stratégies d’adaptation des acteurs du web

Face à cette transformation brutale, les éditeurs adoptent des postures variées allant du repli défensif à l’innovation audacieuse. Une majorité déclare vouloir réduire progressivement leurs efforts dédiés au SEO traditionnel, considérant que le retour sur investissement n’est plus au rendez-vous. Cette désaffection se traduit concrètement par la dissolution d’équipes spécialisées, la réduction des budgets alloués aux outils d’analyse de référencement et l’abandon des stratégies de contenus exclusivement optimisées pour Google. Le message est clair : les éditeurs ne veulent plus « jouer avec Google » mais apprendre à « faire sans ».

Certains précurseurs tentent des approches radicalement différentes en misant sur la verticalisation extrême. Plutôt que de produire des contenus généralistes en concurrence frontale avec les résumés IA, ils développent une expertise ultra-spécialisée dans des niches où l’IA peine encore à synthétiser correctement l’information. Un site dédié aux techniques avancées de culture hydroponique pour plantes tropicales rares dispose d’un avantage compétitif face aux résumés automatiques, car la complexité du sujet réduit la pertinence des synthèses simplifiées. Cette stratégie de niche sacrifie le volume de trafic web potentiel mais garantit une audience qualifiée et monétisable.

L’exploration des partenariats avec les plateformes IA

Conscients que les chatbots IA représentent l’avenir de la recherche d’information, plusieurs groupes médiatiques négocient des accords directs avec OpenAI, Anthropic et autres développeurs d’intelligence artificielle. Ces partenariats visent à garantir une rémunération pour l’utilisation des contenus éditoriaux dans l’entraînement des modèles ou leur citation dans les réponses générées. Le New York Times a ouvert la voie avec une action en justice contre OpenAI, tandis que d’autres préfèrent la coopération contractuelle. L’objectif consiste à établir un nouveau modèle économique où les créateurs de contenus perçoivent une compensation équitable.

Les éditeurs investissent également les plateformes IA émergentes, même si leur contribution au trafic web reste embryonnaire. Optimiser ses contenus pour être correctement cité par Perplexity ou ChatGPT devient une compétence recherchée, créant une nouvelle forme de SEO adaptée aux IA conversationnelles. Contrairement au référencement Google basé sur des mots-clés et des liens, cette « optimisation pour IA » privilégie la clarté factuelle, les données structurées et les sources clairement identifiées. Les sites qui adoptent rapidement ces standards se positionnent avantageusement pour capter le trafic futur de ces canaux en croissance. L’arrivée de l’IA de Google en France complexifie encore la situation.

La réinvention des formats et de l’expérience utilisateur

L’expérience utilisateur devient un différenciateur majeur dans un monde où Google ne garantit plus l’audience. Les sites qui proposent des interfaces exceptionnelles, des fonctionnalités interactives uniques ou des services à valeur ajoutée fidélisent leur audience indépendamment du référencement. Un média qui développe des calculateurs personnalisés, des simulateurs ou des outils pratiques exclusifs crée des raisons de revenir au-delà du simple contenu informationnel. Ces fonctionnalités ne peuvent être reproduites dans un résumé IA, protégeant le site de la cannibalisation par Google.

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Les formats multimédias immersifs représentent une autre piste d’innovation. Les podcasts, vidéos longues, expériences interactives ou contenus en réalité augmentée échappent par nature à la synthèse textuelle des IA. Un documentaire vidéo de 30 minutes ne peut être résumé efficacement dans un encadré Google, préservant la nécessité de visiter le site source. Cette approche nécessite des investissements production significatifs, mais construit une visibilité en ligne différenciée. Les sites qui réussissent cette transition vers le multimédia réduisent mécaniquement leur dépendance au trafic textuel de la recherche traditionnelle. Les questions de performance technique restent cependant cruciales.

  • Réduction des investissements SEO traditionnels
  • Spécialisation dans des niches ultra-pointues
  • Négociation de partenariats avec les développeurs d’IA
  • Optimisation des contenus pour citation par chatbots
  • Développement d’outils et fonctionnalités exclusifs
  • Pivot vers formats multimédias immersifs
  • Construction d’écosystèmes de services complémentaires

Les implications juridiques et réglementaires du phénomène

La transformation du comportement de Google soulève des questions juridiques complexes touchant à la concurrence, au droit d’auteur et à la régulation des plateformes numériques. Les autorités de régulation américaines et européennes scrutent avec attention les pratiques du géant, notamment l’utilisation des contenus tiers pour alimenter ses résumés IA sans compensation financière. Le Department of Justice américain a déjà établi que Google maintient illégalement son monopole sur la recherche en ligne, créant un précédent juridique exploitable par les éditeurs lésés. Les discussions autour d’un démantèlement éventuel, incluant la cession de Chrome, témoignent de la gravité perçue de la situation.

En Europe, le Digital Markets Act (DMA) offre un cadre réglementaire potentiellement protecteur pour les éditeurs. Cette législation impose aux « gatekeepers » comme Google des obligations de transparence et d’équité dans leurs relations avec les acteurs de l’écosystème numérique. Les éditeurs peuvent théoriquement invoquer le DMA pour contester les pratiques qui détruisent leur visibilité en ligne sans justification légitime. La Commission européenne a d’ailleurs ouvert plusieurs enquêtes sur les pratiques de référencement de Google, suggérant une volonté d’encadrer plus strictement le comportement du moteur de recherche.

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Les recours juridiques envisagés par les éditeurs

Plusieurs actions collectives se préparent ou ont déjà été lancées contre Google par des coalitions d’éditeurs. Les arguments juridiques invoqués incluent la violation du droit d’auteur, la concurrence déloyale et l’abus de position dominante. Les plaignants soutiennent que Google exploite leurs contenus sans autorisation ni rémunération, tout en les privant du trafic légitime qu’ils devraient recevoir. Cette appropriation de valeur sans contrepartie constitue selon eux une pratique anticoncurrentielle qui fausse le marché de l’information en ligne. Les tribunaux devront trancher une question fondamentale : jusqu’où un moteur de recherche peut-il aller dans la présentation de contenus tiers sans basculer dans la reproduction illicite ?

D’autres éditeurs privilégient les négociations amiables en s’inspirant du modèle australien. L’Australie a adopté un « News Media Bargaining Code » obligeant les grandes plateformes à rémunérer les médias pour l’affichage de leurs contenus. Cette législation pionnière a contraint Google et Facebook à signer des accords commerciaux avec les éditeurs australiens, créant un précédent international. Plusieurs pays européens, dont la France avec ses droits voisins, tentent de reproduire ce modèle avec des succès variables. Les montants négociés restent généralement modestes et ne compensent pas totalement la perte de trafic, mais établissent le principe d’une reconnaissance de la valeur des contenus journalistiques. Les suppressions massives de liens par Google compliquent encore les relations.

Les perspectives de régulation internationale

L’Organisation mondiale du commerce et d’autres instances internationales commencent à s’intéresser aux pratiques des grandes plateformes numériques et leur impact sur l’économie des contenus. Un consensus émerge progressivement sur la nécessité d’établir des règles mondiales harmonisées évitant la fragmentation réglementaire. Les divergences restent néanmoins importantes entre l’approche américaine, traditionnellement favorable aux grandes entreprises technologiques, et la vision européenne privilégiant la protection des acteurs économiques plus fragiles et la diversité médiatique.

Les propositions législatives se multiplient pour encadrer spécifiquement l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la diffusion d’information. Certains parlementaires suggèrent d’imposer aux résumés IA l’obligation d’afficher systématiquement des liens cliquables vers les sources, avec une présentation visuelle garantissant un taux de clic minimal. D’autres recommandent un système de redevance automatique basé sur le nombre d’affichages de résumés utilisant les contenus d’un éditeur. Ces mécanismes visent à restaurer un équilibre économique tout en préservant l’innovation technologique. Leur mise en œuvre concrète se heurte toutefois aux complexités techniques et aux résistances des plateformes concernées. La question de l’avenir du web se pose avec acuité.

Juridiction Cadre réglementaire Statut Impact éditeurs
Union Européenne Digital Markets Act Actif Protections potentielles
États-Unis Antitrust cases En cours Incertain
Australie News Bargaining Code Actif Rémunération établie
France Droits voisins Actif Compensation limitée

Pourquoi Google génère-t-il moins de trafic vers les sites web ?

Google affiche désormais des résumés générés par intelligence artificielle (AI Overviews) directement dans ses résultats de recherche. Ces résumés répondent aux questions des utilisateurs sans nécessiter de clic vers un site web, réduisant drastiquement le trafic de référencement. Cette évolution transforme Google d’intermédiaire en destination finale, captant l’attention sans rediriger vers les créateurs de contenus.

Quelles alternatives peuvent compenser la baisse du trafic Google ?

Les éditeurs explorent plusieurs canaux alternatifs : les newsletters pour créer une relation directe avec l’audience, les réseaux sociaux adaptés à leur cible (LinkedIn pour le B2B, Instagram pour les contenus visuels), les partenariats avec les plateformes IA comme ChatGPT, et surtout la construction d’une marque forte générant du trafic direct. Aucune solution unique ne remplace Google, mais une diversification intelligente permet de réduire la dépendance.

Le SEO traditionnel est-il devenu inutile ?

Le SEO traditionnel perd en efficacité mais ne disparaît pas complètement. Les techniques d’optimisation restent pertinentes pour les requêtes où Google affiche encore des résultats classiques. Cependant, l’investissement massif dans le référencement devient moins rentable, poussant les éditeurs à équilibrer leurs efforts entre optimisation technique de base et développement d’autres canaux d’acquisition. L’optimisation pour les IA conversationnelles représente une nouvelle compétence émergente.

Les résumés IA de Google violent-ils le droit d’auteur ?

Cette question fait l’objet de débats juridiques intenses. Google soutient que ses résumés constituent un usage équitable (fair use) de l’information, tandis que les éditeurs arguent qu’il s’agit d’une reproduction non autorisée privant les créateurs de revenus légitimes. Plusieurs actions en justice sont en cours aux États-Unis et en Europe. Les tribunaux devront établir où se situe la limite entre citation légitime et appropriation illicite dans le contexte de l’IA générative.

Comment mesurer l’impact réel de cette baisse de trafic sur son site ?

Plusieurs indicateurs permettent d’évaluer l’impact : comparer le trafic organique Google année par année dans Google Analytics ou Search Console, analyser la proportion de visiteurs provenant de la recherche versus autres canaux, surveiller les positions pour les requêtes stratégiques, et surtout mesurer l’évolution des revenus (publicité, abonnements, conversions) corrélée au trafic. Des outils comme Chartbeat ou SimilarWeb offrent des benchmarks sectoriels pour contextualiser sa propre situation.

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Bonjour, je m'appelle Nadia et j'ai 36 ans. Je suis une journaliste passionnée par la technologie. Bienvenue sur mon site web où je partage mes articles et mes découvertes dans le monde de la tech.

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