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Home High tech Apple

Apple a évité les droits de douane sur les semi-conducteurs grâce à son accord avec Intel sur les puces

Stéphanie Dubois by Stéphanie Dubois
11 juillet 2026
in Apple
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Apple a évité les droits de douane sur les semi-conducteurs grâce à son accord avec Intel sur les puces
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Menacé par des droits de douane de 100 % sur les semi-conducteurs, Apple aurait obtenu une exemption après avoir promis des investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars aux États-Unis, avec Intel en toile de fond. Une révélation du Wall Street Journal qui éclaire autrement la stratégie industrielle de Tim Cook.

Apple aurait troqué une exemption douanière contre un ancrage industriel plus net aux États-Unis

Le point de départ est simple. Selon le Wall Street Journal, Apple a évité l’an dernier des droits de douane de 100 % sur les importations de semi-conducteurs après des discussions avec la Maison-Blanche, dans un contexte où Tim Cook cherchait à protéger les coûts des iPhone et des Mac. Le cœur politique du dossier, d’après le quotidien américain, tient à une promesse d’investissements supplémentaires aux États-Unis et à un autre nom mis sur la table pendant les échanges : Intel.

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La lecture la plus crédible du dossier est la suivante : l’exemption n’a pas seulement récompensé un effort industriel général. Elle a aussi servi de levier pour rapprocher Apple d’une production de puces plus visible sur le sol américain. Le signal est cohérent avec la stratégie officielle du groupe. Selon Apple Newsroom, l’entreprise a annoncé le 24 février 2025 un engagement de plus de 500 milliards de dollars aux États-Unis sur quatre ans, avec des dépenses couvrant notamment les fournisseurs, les infrastructures pour Apple Intelligence, des centres de données, des sites d’entreprise et des productions Apple TV+. Au taux de référence publié par la Banque centrale européenne le 9 juillet 2026, soit 1 € = 1,1435 $ (donc 1 $ ≈ 0,8745 €), cela représente environ 437 255 357 236 €, arrondis à 437 255 357 236 €, selon la BCE et Apple. ([apple.com](https://www.apple.com/newsroom/2025/02/apple-will-spend-more-than-500-billion-usd-in-the-us-over-the-next-four-years/?utm_source=openai))

Intel n’est plus un simple symbole politique

La nouveauté la plus lourde du récit du WSJ, reprise dans l’extrait fourni, est l’idée qu’Apple prévoirait de faire fabriquer certaines futures puces de Mac et d’iPhone par Intel. À ce stade, le détail des volumes, des nœuds précis, des calendriers produit et des références de puces n’est pas communiqué. Il faut donc rester factuel : Apple n’a pas publié de fiche officielle confirmant quels SoC grand public seraient confiés à Intel. Sur ce point, la mention correcte est bien non communiqué.

En revanche, l’idée d’un recours à Intel Foundry n’a plus rien d’absurde industriellement. Selon Intel, le procédé Intel 18A avançait vers une production de masse au second semestre 2025, avec deux briques techniques majeures : RibbonFET, l’architecture transistor de type gate-all-around, et PowerVia, un réseau d’alimentation par l’arrière du wafer. Intel présente ce nœud comme sa vitrine pour les clients foundry de pointe. Le groupe indique aussi que des produits gravés en 18A sont déjà sur le marché et que son portefeuille de procédés s’élargit. ([newsroom.intel.com](https://newsroom.intel.com/intel-foundry/intel-18a-process-technology-simply-explained?utm_source=openai))

Autrement dit, si Apple veut diversifier sa chaîne, l’option Intel n’est plus seulement diplomatique. Elle devient techniquement exploitable, au moins pour certains composants, certaines variantes régionales ou certains volumes ciblés.

Le vrai sujet n’est pas le design, mais la capacité de production sur le territoire américain

Apple conçoit déjà ses propres puces. Le sujet ici ne porte donc pas sur le retour à des processeurs Intel dans les Mac, mais sur la fabrication. C’est un point essentiel que beaucoup de reprises rapides ratent. Le design reste chez Apple. Ce qui change potentiellement, c’est l’adresse de la fab et le partenaire de production.

La preuve la plus solide d’une stratégie de relocalisation graduelle ne vient d’ailleurs pas de Intel, mais d’autres annonces officielles d’Apple. Selon Apple Newsroom, l’entreprise a indiqué en février 2026 qu’elle était en bonne voie pour acheter bien plus de 100 millions de puces avancées produites par TSMC dans son site d’Arizona en 2026. En août 2025, Apple expliquait déjà que TSMC en Arizona fabriquait des dizaines de millions de puces pour elle avec l’un des procédés les plus avancés disponibles aux États-Unis. ([apple.com](https://www.apple.com/newsroom/2026/02/apple-accelerates-us-manufacturing-with-mac-mini-production/?utm_source=openai))

Premier calcul dérivé absent de la source d’origine : si l’on rapporte le cap des 500 milliards de dollars annoncés par Apple sur quatre ans, on obtient une moyenne d’environ 125 milliards de dollars par an, soit environ 109 314 000 000 € par an au taux de la BCE. Cela ne dit rien des dépenses strictement liées aux semi-conducteurs, mais cela donne l’ordre de grandeur politique de l’engagement promis. ([apple.com](https://www.apple.com/newsroom/2025/02/apple-will-spend-more-than-500-billion-usd-in-the-us-over-the-next-four-years/?utm_source=openai))

Deuxième calcul dérivé : les 100 millions de puces avancées mentionnées pour l’Arizona en 2026 représentent un rythme théorique supérieur à 8,3 millions de puces par mois. Là encore, on ne connaît ni le mix exact des composants ni leur destination finale, mais cela montre qu’Apple ne parle plus de tests symboliques. Elle parle déjà d’échelle industrielle. ([apple.com](https://www.apple.com/newsroom/2026/02/apple-accelerates-us-manufacturing-with-mac-mini-production/?utm_source=openai))

Le dossier Intel s’inscrit dans une chaîne américaine déjà en cours de montage

Le scénario le plus logique n’est pas un basculement total d’Apple vers Intel. C’est une addition de capacités. Aujourd’hui, la chaîne américaine d’Apple commence à ressembler à un assemblage industriel par couches : wafers, gravure, packaging, puis intégration produit.

Selon Apple, l’entreprise a annoncé en 2023 un partenariat élargi avec Amkor pour le packaging de puces en Arizona, avec l’objectif de traiter sur place des puces Apple silicon issues de l’usine voisine de TSMC. En février 2026, Apple a aussi indiqué que des wafers produits à Sherman seraient utilisés par ses partenaires de fabrication de puces aux États-Unis, dont TSMC et Texas Instruments. ([apple.com](https://www.apple.com/newsroom/2023/11/apple-announces-expanded-partnership-with-amkor-for-silicon-packaging/?utm_source=openai))

Mon avis est clair : si un accord avec Intel se confirme, il ne faut pas le lire comme un revirement technologique spectaculaire. Il faut le lire comme une extension pragmatique d’un dispositif déjà lancé. Apple cherche une chose : réduire son exposition politique et logistique en répartissant davantage sa fabrication avancée sur le territoire américain.

Pourquoi la Maison-Blanche avait un levier crédible sur Apple

Une taxe de 100 % sur les semi-conducteurs importés aurait été un choc industriel. Selon Associated Press, l’administration américaine expliquait en août 2025 que les entreprises s’engageant à produire aux États-Unis pourraient être exemptées de cette taxe, même si leur production locale n’avait pas encore démarré. Cette précision éclaire le montage politique décrit par le WSJ : la promesse d’investissement et le verdissement industriel local pouvaient suffire à ouvrir la porte à une exemption. ([apnews.com](https://apnews.com/article/4fdca3d1bd93c18a657a2905b037eb29?utm_source=openai))

Le risque pour Apple était concret. Une hausse brutale du coût d’importation des puces aurait fini par remonter dans le prix des terminaux ou dans la marge. Le groupe a évité cette facture directe. Mais l’extrait fourni rappelle un autre problème, bien réel lui aussi : la pénurie mondiale de mémoire.

La mémoire pèse maintenant presque autant que la politique commerciale

Le texte d’origine termine sur un point juste : même sans surtaxe sur les semi-conducteurs, la tension sur la mémoire a fini par présenter l’addition. Et sur ce terrain, les données récentes sont dures. Selon la Semiconductor Industry Association, les ventes mondiales de semi-conducteurs ont atteint un record de 791,7 milliards de dollars en 2025, en hausse de 25,6 % sur un an. Converti au taux de la BCE, cela équivaut à environ 692 267 162 222 €. Le marché grossit vite, mais pas de façon homogène : la demande liée à l’IA aspire une part croissante de la capacité disponible. ([semiconductors.org](https://www.semiconductors.org/global-annual-semiconductor-sales-increase-25-6-to-791-7-billion-in-2025/?utm_source=openai))

Selon SEMI, les expéditions mondiales de wafers en silicium ont progressé de 5,8 % en 2025 pour atteindre 12 973 millions de square inches, alors que les revenus du segment ont reculé de 1,2 % à 11,4 milliards de dollars. Ce décalage dit quelque chose d’important : le volume repart, mais l’équilibre économique reste inégal selon les nœuds et les usages. ([semi.org](https://www.semi.org/en/semi-press-release/semi-reports-2025-annual-worldwide-silicon-wafer-shipments-and-revenue-results?utm_source=openai))

Sur la mémoire elle-même, les chiffres les plus récents montrent une pression forte. Micron a indiqué fin juin 2026 que le développement de la HBM4E avançait avec une production en volume attendue en 2027. En parallèle, des analyses relayées par Axios, sur la base de données Bernstein Research, signalent une hausse d’environ 660 % sur un an des prix de certaines puces DRAM utilisées dans les PC et les serveurs jusqu’en juin 2026. Cela ne signifie pas qu’un iPhone voit mécaniquement sa mémoire grimper de 660 %, mais cela confirme que la chaîne mémoire reste sous forte tension. ([micron.gcs-web.com](https://micron.gcs-web.com/news-releases/news-release-details/micron-technology-inc-reports-record-results-third-quarter?utm_source=openai))

Ce que Apple gagne vraiment avec une production plus locale

Le premier gain est politique. Une part plus visible de fabrication aux États-Unis réduit le risque d’être ciblé comme importateur net de puces stratégiques.

Le deuxième gain est industriel. En multipliant les points d’appui entre TSMC, Amkor, Texas Instruments et potentiellement Intel, Apple améliore sa résilience.

Le troisième gain est commercial. Le groupe peut défendre plus facilement ses prix publics si ses composants critiques échappent à une partie des droits de douane ou des perturbations géopolitiques.

Ce point est d’autant plus stratégique qu’Apple continue d’élargir le périmètre de ses composants maison. Selon Apple, l’iPhone 16e lancé en février 2025 intègre la puce A18 ainsi que le modem cellulaire Apple C1, présenté comme le premier modem conçu en interne par la marque. Le groupe met en avant l’efficacité énergétique de ce duo. C’est un signal fort : plus Apple internalise le design de briques critiques, plus le choix du fondeur et du lieu de production devient un levier stratégique majeur. ([apple.com](https://www.apple.com/fr/newsroom/2025/02/apple-debuts-iphone-16e-a-powerful-new-member-of-the-iphone-16-family/?utm_source=openai))

Intel a aussi besoin d’un client comme Apple

L’intérêt n’est pas à sens unique. Pour Intel, attirer ou simplement afficher Apple comme client foundry renforcerait immédiatement la crédibilité de son redressement industriel. Le groupe a déjà mis en avant plusieurs clients ou design wins autour de sa feuille de route foundry. Selon Intel, Microsoft a choisi un design destiné au procédé Intel 18A. AWS, de son côté, a annoncé avec Intel un cadre pluriannuel et pluri-milliardaire incluant un composant d’interconnexion IA produit en 18A. ([newsroom.intel.com](https://newsroom.intel.com/intel-foundry/foundry-news-roadmaps-updates?utm_source=openai))

En clair, Intel a déjà des arguments clients. Mais Apple changerait la perception du marché pour une raison simple : peu d’entreprises imposent un niveau d’exigence aussi élevé en volume, rendement, consommation et régularité d’exécution.

Les angles morts du récit original

Le texte source soulève une information politique forte, mais laisse plusieurs zones floues. Première zone : quels composants exacts seraient concernés chez Apple ? SoC principaux, modems, puces secondaires, RF, contrôleurs, composants de gestion d’énergie ? Réponse : non communiqué.

Deuxième zone : sur quel procédé Intel ? 18A, variante dérivée, packaging avancé, ou autre nœud plus mature ? Réponse : non communiqué.

Troisième zone : à quel horizon produit ? Là aussi, non communiqué.

Quatrième zone : quelle part des volumes Apple serait réellement transférée vers les États-Unis ? Les annonces officielles d’Apple montrent une montée en puissance industrielle locale, mais elles ne suffisent pas à déduire la part exacte du mix mondial. Réponse : non communiqué.

C’est là qu’il faut être direct. Le dossier est crédible, mais encore incomplet. Le fait utile pour le lecteur n’est donc pas de fantasmer un basculement total. Le fait utile est de voir se dessiner une trajectoire : Apple élargit ses ancrages américains, sécurise son exposition douanière, et prépare une chaîne d’approvisionnement moins dépendante d’un seul couple géographique.

Un seul enseignement compte : Apple achète de la marge de manœuvre

Au fond, l’exemption tarifaire racontée par le WSJ n’est pas une anecdote. C’est un exemple concret de la façon dont la politique industrielle, la fabrication avancée et les prix de l’électronique grand public se croisent désormais. Apple ne cherche pas seulement à fabriquer aux États-Unis pour cocher une case politique. Le groupe achète de la marge de manœuvre sur trois fronts à la fois : le commerce extérieur, la capacité industrielle et la stabilité des coûts.

Et c’est précisément pour cela que le nom d’Intel compte ici. Pas parce qu’il renverrait à l’ancien Mac Intel. Mais parce qu’il pourrait devenir une pièce de plus dans l’architecture de production d’Apple, au moment où les puces sont devenues un sujet de souveraineté autant qu’un sujet de performance.

Source de référence : Apple Newsroom.

Mon avis :

L’idée a du sens: pour Apple, diversifier sa production de puces vers Intel aux États-Unis réduit le risque politique et sécurise l’accès industriel. Mais le signal reste ambivalent: ce partenariat semble d’abord dicté par les tarifs et la géopolitique, pas par une supériorité technique démontrée d’Intel face à TSMC.

Stéphanie Dubois

Stéphanie Dubois

Stéphanie Dubois est une rédactrice spécialisée dans les sujets traités par Plare.fr. Forte d'une expérience en création de contenus et en veille éditoriale, elle aborde avec rigueur les thèmes abordés sur le site, en fournissant des analyses claires et des informations utiles aux lecteurs. Son travail met l'accent sur la qualité rédactionnelle, l'exactitude des faits et l'accessibilité des contenus pour un large public.

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