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Home High tech Apple

Apple et Intel s’allient pour produire des puces aux États-Unis, selon Donald Trump

Stéphanie Dubois by Stéphanie Dubois
18 juin 2026
in Apple
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Apple et Intel s’allient pour produire des puces aux États-Unis, selon Donald Trump
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Apple et Intel avancent sur une alliance industrielle aux États-Unis, avec un bond de 9 % du titre Intel en préouverture après l’annonce de Donald Trump. À ce stade, le partenariat viserait surtout des puces Apple conçues en interne, mais destinées à d’anciens ou à des appareils d’entrée de gamme.

Apple et Intel officialisent un rapprochement industriel aux États-Unis

Donald Trump a affirmé sur Truth Social qu’Apple et Intel ont conclu un accord pour fabriquer des puces destinées à de futurs appareils Apple sur des sites de production américains d’Intel. Le point clé ne porte pas sur le design des puces. Sur ce terrain, Apple garde la main. L’enjeu se situe côté fonderie : Intel rejoindrait la chaîne de fabrication, avec une logique claire de relocalisation partielle et de diversification industrielle.

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À ce stade, le périmètre exact de l’accord reste non communiqué. C’est le principal angle mort de l’annonce. Aucun volume, aucun calendrier précis, aucune famille de puces n’a été détaillé publiquement. En clair, il faut lire cette séquence comme un signal politique et industriel fort, mais pas encore comme un basculement massif de la stratégie silicium d’Apple.

Le marché, lui, a immédiatement réagi. La source d’origine évoque une hausse de 9 % du titre Intel en préouverture. Cette réaction est logique : Intel cherche depuis plusieurs années à crédibiliser son activité de fonderie auprès de clients externes, et décrocher Apple, même sur des puces anciennes ou modestes, donnerait un poids symbolique énorme à cette activité.

Ce que l’accord change vraiment : Apple ne confie pas ses puces à Intel, Apple ajoute un fabricant

Il faut être précis sur ce point, car la confusion est facile. Selon les informations déjà relayées autour du dossier, Intel ne concevrait pas les processeurs des iPhone, iPad ou Mac. Apple continuerait à dessiner ses propres puces. Intel interviendrait comme industriel chargé de la fabrication de certaines références. C’est une nuance décisive.

Selon Ming-Chi Kuo, relayé en mai 2026 par MacRumors, Intel a déjà lancé des tests de production à petite échelle pour des puces d’entrée de gamme ou plus anciennes destinées à des iPhone, iPad et Mac, avec une montée en charge attendue sur 2027 et 2028. La même lecture revient dans plusieurs reprises du dossier : on parle de composants Apple conçus en interne, mais produits chez Intel, pas de “puces Intel” au sens classique du terme.

À mon avis, c’est le scénario le plus crédible. Apple ne va pas risquer à court terme ses puces les plus critiques sur une chaîne industrielle qui doit encore faire ses preuves à très grande échelle face à TSMC. En revanche, attribuer à Intel des puces legacy, des variantes moins stratégiques ou certains composants à faible risque industriel est une décision rationnelle.

Intel Foundry a des arguments techniques, mais pas encore le leadership de TSMC

Le sujet central, c’est la capacité d’Intel à produire des puces suffisamment avancées pour satisfaire Apple. Sur son site officiel, Intel met en avant son nœud Intel 18A, présenté comme son procédé de pointe. Selon Intel, 18A s’appuie sur deux briques majeures : RibbonFET, son architecture de transistors gate-all-around, et PowerVia, son alimentation par l’arrière de la puce. Intel indiquait aussi en 2024 que ses produits pilotes Panther Lake et Clearwater Forest avaient déjà démarré et restaient sur une trajectoire de production en 2025.

Autrement dit, Intel dispose bien d’une base technologique avancée. Mais cela ne suffit pas à mettre l’entreprise au niveau opérationnel de TSMC pour Apple. Produire une puce moderne ne consiste pas seulement à annoncer un nœud gravé plus fin. Il faut garantir les rendements, les volumes, la constance de qualité, les délais, le packaging et la capacité à absorber des commandes gigantesques sans rupture.

Et sur ce terrain, TSMC garde une longueur d’avance. Sur son site officiel dédié à l’Arizona, TSMC indique que sa première usine américaine a lancé la production de masse en N4 au quatrième trimestre 2024. La deuxième usine, prévue pour le N3, vise une production de volume au second semestre 2027. Une troisième fab est annoncée pour les technologies N2 et A16 d’ici la fin de la décennie. Cette feuille de route montre une chose simple : TSMC n’est pas seulement présent aux États-Unis, il y déploie déjà une montée en gamme structurée.

Pourquoi Apple a intérêt à ouvrir une deuxième porte industrielle

Apple dépend fortement de TSMC pour ses puces les plus avancées. Cette concentration fonctionne tant que tout va bien. Mais elle laisse peu de marge en cas de tension géopolitique, de goulet d’étranglement industriel ou de négociation tarifaire plus dure. Ajouter Intel dans l’équation, même sur une part limitée du portefeuille, améliore la résilience.

Selon Apple, dans un communiqué de février 2026 sur l’accélération de sa production aux États-Unis, l’entreprise prévoit d’acheter bien plus de 100 millions de puces avancées produites par TSMC en Arizona en 2026. Ce chiffre donne un ordre de grandeur utile : Apple consomme déjà des volumes américains très élevés chez un autre fondeur. Si Intel obtient une part du gâteau, même marginale, cela peut représenter des dizaines de millions d’unités sur plusieurs années.

Première métrique dérivée : si l’on prend ce seuil minimal de 100 millions de puces annoncé par Apple chez TSMC Arizona et les 6 000 emplois directs avancés par TSMC pour ses trois premières fabs en Arizona, on obtient un ratio d’au moins 16 667 puces par emploi direct sur l’année, en se limitant au plancher de 100 millions. Ce n’est pas une mesure de productivité individuelle, mais un indicateur d’échelle industrielle. Il montre à quel point Apple a besoin d’outils de production massifs et stabilisés.

Deuxième métrique dérivée : la montée de TSMC Arizona du N4 déjà en production au N3 prévu au second semestre 2027 implique un décalage d’au moins environ 11 trimestres entre le démarrage industriel confirmé en N4 au T4 2024 et la cible N3 annoncée pour S2 2027. Cela rappelle une évidence souvent oubliée : la relocalisation de la gravure avancée se compte en années, pas en mois.

Le contexte politique pèse lourd dans ce dossier

L’annonce n’arrive pas dans le vide. Selon la Maison-Blanche, le 14 janvier 2026, l’administration Trump a pris des mesures pour protéger la sécurité économique et nationale des États-Unis sur les semi-conducteurs. Le document officiel mentionne notamment un droit de douane de 25 % sur certaines puces de calcul avancé importées, avec des exceptions pour ce qui soutient la construction de la chaîne d’approvisionnement technologique américaine.

Il faut donc lire l’accord Apple-Intel sous un angle politique aussi bien qu’industriel. Produire davantage sur le sol américain sert trois objectifs : réduire le risque géopolitique, améliorer l’image “made in America” et se placer du bon côté du rapport de force réglementaire à Washington.

À mon sens, Apple avance ici avec pragmatisme. L’entreprise ne change pas brutalement de cheval. Elle montre qu’elle peut soutenir la fabrication américaine chez plusieurs partenaires en parallèle : TSMC, Texas Instruments pour certains flux évoqués par Apple, et potentiellement Intel pour une partie de ses puces conçues maison.

Les sites américains d’Intel peuvent-ils absorber ce type de contrat ?

Intel dispose d’une base industrielle solide aux États-Unis. Dans son rapport annuel 2025, l’entreprise indique que ses principales fabs de production étaient situées dans l’Oregon, où Intel 18A est en montée en charge, et en Arizona, avec Intel 7 et la montée en puissance d’Intel 18A. Intel précise aussi sur sa page institutionnelle dédiée à l’Arizona compter 9 600 salariés dans l’État en janvier 2025.

Cette donnée ajoute un élément nouveau absent de la source initiale : Intel n’aborde pas ce dossier depuis zéro. L’entreprise possède déjà une infrastructure, des équipes et des sites capables de servir de base à un contrat Apple, au moins sur des volumes progressifs et des nœuds adaptés à des puces moins critiques.

Il faut toutefois rester lucide. Une présence industrielle forte ne garantit pas automatiquement la capacité à répondre aux standards d’Apple sur des SoC de premier plan. Entre un démonstrateur technologique, une production interne Intel et un contrat Apple à grande échelle, l’écart est immense.

Le vrai gagnant immédiat n’est pas forcément celui qu’on croit

La lecture facile consiste à dire qu’Intel gagne et que TSMC perd. Je ne partage pas cette analyse. À court terme, le principal gagnant est surtout Apple. La marque ajoute une option. Elle renforce son pouvoir de négociation. Elle améliore son profil politique aux États-Unis. Et elle le fait sans renoncer, pour l’instant, au partenaire qui maîtrise déjà les volumes avancés.

TSMC reste d’ailleurs très solidement installé. Son site officiel Arizona indique un investissement de 65 milliards de dollars pour les trois premières fabs. Converti en euro au taux de référence BCE du 17 juin 2026, où 1 euro vaut 1,1591 dollar, cela représente environ 56 078 000 000 € (taux utilisé : 1 € = 1,1591 $). Ce montant donne la mesure du retard que doit combler tout concurrent sur le sol américain.

Autre conversion utile : les 1,4 milliard de dollars de recettes fiscales totales estimées sur 13 ans pour l’Arizona selon TSMC et le Greater Phoenix Economic Council représentent environ 1 208 000 000 €. Et les 32,9 milliards de dollars d’impact économique total estimé correspondent à environ 28 385 000 000 €. Ces chiffres ne prouvent pas qu’Intel fera aussi bien. Ils montrent en revanche pourquoi les pouvoirs publics américains poussent aussi fort sur la fabrication locale de semi-conducteurs.

Ce qui manque encore pour juger l’accord

Plusieurs points restent non communiqués. D’abord, le type exact de puces concernées. Ensuite, les nœuds retenus. Enfin, les calendriers de montée en charge, les volumes et le partage éventuel entre Oregon et Arizona. Sans ces éléments, personne ne peut sérieusement affirmer qu’Apple transfère une part majeure de ses puces premium à Intel.

Le précédent le plus crédible reste donc celui des puces plus anciennes, moins exposées et plus faciles à industrialiser. Selon les informations relayées autour des travaux de Ming-Chi Kuo, c’est précisément ce segment qui serait visé : des puces d’entrée de gamme ou legacy, avec un ramp-up progressif sur 2027 et 2028. Cette prudence a du sens. Apple teste la capacité d’Intel sans mettre en danger les produits qui pèsent le plus lourd dans ses lancements.

En clair, l’annonce est sérieuse, mais il faut éviter les raccourcis. Non, Intel ne remplace pas TSMC chez Apple. Non, les futurs iPhone haut de gamme ne basculent pas soudainement sur des puces Intel de dernière génération. Oui, Apple élargit sa base industrielle américaine. Oui, Intel obtient un signal de confiance potentiellement majeur. Et oui, la politique industrielle américaine pousse tout le monde dans cette direction.

Pourquoi cette alliance peut compter dès maintenant, même sur des puces modestes

On sous-estime souvent l’intérêt d’une production dite secondaire. Pourtant, fabriquer localement des puces plus anciennes peut suffire à sécuriser des gammes entières d’appareils, des accessoires ou des produits à cycle long. C’est aussi une manière pour Apple de réserver les capacités les plus avancées de TSMC à ses puces premium, là où chaque wafer compte davantage.

Mon avis est simple : si Intel réussit sur des puces modestes, il ouvrira une porte. S’il échoue, Apple aura limité la casse. Cette asymétrie explique pourquoi le dossier est crédible. Pour Apple, le risque semble maîtrisé. Pour Intel, l’enjeu d’image et de montée en compétence est énorme.

Source de référence : Intel Foundry.

Mon avis :

Accord crédible sur le papier : Apple sécurise une deuxième source de production américaine, ce qui réduit sa dépendance à TSMC et renforce son levier industriel. Mais l’impact produit restera limité à court terme : les rumeurs visent surtout des puces anciennes ou d’entrée de gamme, pas les SoC Apple les plus avancés.

Stéphanie Dubois

Stéphanie Dubois

Stéphanie Dubois est une rédactrice spécialisée dans les sujets traités par Plare.fr. Forte d'une expérience en création de contenus et en veille éditoriale, elle aborde avec rigueur les thèmes abordés sur le site, en fournissant des analyses claires et des informations utiles aux lecteurs. Son travail met l'accent sur la qualité rédactionnelle, l'exactitude des faits et l'accessibilité des contenus pour un large public.

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